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La ministre et le cancer

Ecrit le 27 novembre 2013

La ministre et le cancer

Une mammographie de routine, la nécessité de pousser les analyses, Ponctions, verdict. Rendez-vous à l’Institut Curie le 28 février. Le protocole : chimiothérapie, puis chirurgie, puis radiothérapie : Dominique Bertinotti, ministre, est malade du cancer. Nous sommes en plein débat à propos de la loi sur le mariage pour tous.

Dominique Bertinotti n’en parle qu’au Président de la République à qui elle demande le silence. Puis, après sa deuxième chimio, elle se fait raser la tête et achète une perruque. Assemblée nationale, une centaine de paires d’yeux qui vous dévisagent. Des caméras qui vous scrutent. « Summum du summum, une question m’est adressée. Vous vous levez, vous êtes filmée, il y a un public qui ne regarde que vous. On vous a répété que la perruque était très bien faite mais vous êtes sûre qu’elle va tomber. Là, je me souviens, je me suis dit : “Reste neutre, il ne faut surtout pas que tu bouges”. Pas de réactions dans l’hémicycle. Elle se rassoit, presque heureuse. »J’ai pensé : c’est bon, ça peut passer.".

En cent soixante-dix heures de débats sur le mariage pour tous entre l’Assemblée et le Sénat, où elle était en première ligne derrière la garde des sceaux, Christiane Taubira, personne ne s’est rendu compte de rien. Pas facile pour autant ! « J’étais obligée de m’occuper de moi deux fois plus. J’ai remonté mon heure de réveil pour me pomponner. Plus ça se détériore, plus vous vous maquillez. J’ai eu droit à : “Tu as vraiment bonne mine !” “Ta coiffure est très réussie !” C’est bon à prendre… »

Tout ceci, elle le raconte dans un article du Monde du 22 novembre. « Pour aider à faire évoluer le regard de la société sur cette maladie dont le nom est terriblement anxiogène. Pour montrer que, dans certains cas, on peut avoir un cancer et continuer une vie au travail. Pour qu’il y ait moins de peur, plus de compréhension. Pour qu’on réfléchisse sur les inégalités face au coût des traitements de confort, comme le vernis spécial pour les ongles ou la perruque, qui sont si importants. »

Bravo Mme Bertinotti !