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Transgéniques : un singe et des aliments

écrit le 9 janvier 2002

 Des OGM dans un tiers des aliments

Sur 103 aliments très courants contenant du maïs et du soja, 36 contiennent des OGM (organismes génétiquement modifiés), selon les analyses pratiquées par le mensuel « 60 Millions de consommateurs » publiées dans son numéro de janvier.

Sur ces 103 aliments, dont certains de très grandes marques, des traces d’OGM ont été détectées dans 14 biscuits apéritifs (sur 18 testés), 3 sauces (sur 17), 4 biscuits sucrés (sur 15), 2 polentas (sur 2), 1 steack de soja, 2 céréales pour petit-déjeuner (sur 14 analysés), 9 aliments pour animaux domestiques (sur 9) et 1 plat cuisiné (sur 22).

Les fabricants des produits analysés ne sont toutefois pas en infraction avec la réglementation sur l’étiquetage, puisque l’indication de la présence d’OGM n’est obligatoire que pour les aliments contenant plus de 1 % d’OGM. Cependant le mensuel de l’Institut National de la Consommation s’interroge sur la traçabilité et les moyens d’installer une filière sans OGM.

Sur les 36 échantillons testés positifs, un

seul contient une quantité de matériel génétiquement modifié supérieure à 1%. Il s’agit de l’aliment pour chien « Complément riche en céréales et légumes » de la marque Leader Price contenant une quantité d’environ 15 % de soja OGM identifié comme étant du soja Roundup Ready de Monsanto, d’après le mensuel. Mais les aliments pour animaux ne sont pas soumis à la réglementation sur l’étiquetage.

En France, le soja transgénique Roundup Ready de Monsanto peut être commercialisé, mais pas cultivé. De même, quatre maïs transgéniques sont autorisés, dont trois peuvent être vendus et cultivés.

Pour les 35 autres échantillons, précise « 60 millions de consommateurs », la quantité d’OGM est inférieure à 1 %. Pour 25 d’entre eux, la contamination est inférieure à 0,1 % et pour les 10 autres, il est impossible d’être plus précis.

Selon le journal, les résultats de ces analyses sont troublants et démontrent que « les produits que l’on pourrait croire sans OGM, car non étiquetés, en contiennent tout de même ». La bataille contre les OGM est loin d’être gagnée et les produits en contenant « grignotent » peu à peu le marché.


Ecrit en janvier 2001

 Un singe transgénique

Avez-vous vu comme il est mignon ? Le premier singe transgénique est né, il s’appelle ADNi (nom fait à partir de ADN) . Il est né il y a trois mois dans une université américaine.

Le numéro du 12 janvier 2001 de l’hebdomadaire américain Science (cité par Le Monde du 13 janvier) donne les détails de cette création. Selon ses auteurs, cette dernière « peut laisser espérer une longue lignée de primates spécialement créés pour la mise au point de traitements pour des maladies telles que le sida ou le cancer du sein ».

L’équipe américaine a, au moyen d’un vecteur viral, réussi à insérer un gène de méduse dans le patrimoine héréditaire d’un ovule prélevé sur une femelle de singe Rhésus. Cette espèce appartient au genre macaque, de la taille d’un chien de chasse. Cela ne s’est pas fait sans mal puisqu’il a fallu modifier puis féconder in vitro 224 ovules pour produire 40 embryons portés par 20 mères, obtenir 5 gestations qui ont produit 3 singes mâles sains et deux morts-nés, tandis qu’une autre grossesse n’a pas été menée à terme.

Recherches sur Alzheimer  

Au-delà des explications techniques qu’ils fournissent, les auteurs de cette publication soulignent l’intérêt potentiel de telles créations. Ils estiment notamment que l’on pourrait facilement introduire, par exemple, un des gènes impliqués dans la maladie d’Alzheimer   pour accélérer les recherches sur un vaccin contre cette affection.

« De cette façon, nous espérons combler le fossé scientifique existant entre les souris transgéniques et l’homme » et il serait alors « possible d’obtenir de meilleurs résultats avec un nombre réduit d’animaux, tout en accélérant la mise au point de traitements en médecine moléculaire », explique M. Schatten, qui avait réussi en 1999 la création de Tetra, premier singe cloné.

« Les singes comme ADNi et Tetra, obtenus par clonage, nous permettront de déterminer rapidement et sans risque si les nouvelles thérapies sont sûres et efficaces » dit-il encore. Il reste l’immense problème moral posé par ces manipulations génétiques, par ce processus qui, en comblant le fossé qui sépare l’homme des souris transgéniques, pourrait bientôt rapprocher de l’homme les singes humanoïdes.

En effet, pour de très nombreuses maladies, les seuls animaux permettant actuellement des expériences sont les souris. Des rongeurs affectés par l’obésité, le diabète ou des cancers ont été génétiquement créés, mais « les primates sont le fin du fin des modèles expérimentaux », a rappelé un biologiste de l’université de Pennsylvanie

Les experts soulignent en effet que les singes fonctionnent comme l’homme : Les rongeurs réagissent principalement par l’odorat, les primates, comme nous, utilisent beaucoup plus le sens de la vue, communiquent entre eux par les sons et les gestes, et mémorisent des informations.

Des recherches sur les affections du cerveau, comme les maladies d’Alzheimer   ou de Parkinson, seraient donc beaucoup plus utiles si elles étaient réalisées sur des singes.

Pour d’autres maladies, telles que la mucoviscidose, « il n’existe aucun modèle animal satisfaisant reproduisant le syndrome tel qu’il apparaît chez l’homme », a noté pour sa part une responsable des Instituts nationaux de la Santé (NIH), qui ont financé une partie des recherches sur ADNi.

Enfin, le passage du singe à l’homme pour des essais de modification génétique posera un problème de fond : "Si vous vous trompez, le défaut (génétique) pourrait se répandre à l’infini », note un scientifique.

Avec d’énormes risques pour l’homme.

voir OGM