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Patronat

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date ?

Le coup de force

du Patronat

Ainsi donc le Patronat, pardon le MEDEF, (mouvement des entreprises de France) a concrétisé son ignoble chantage en décidant de quitter la gestion de l’ensemble des Organismes Sociaux (jusqu’ici gérés paritairement avec les Syndicats)

Il s’agit prioritairement de la Sécurité Sociale aux niveaux national, régional, départemental ou local, à savoir

la CNAF (Allocations Familiales),
la CNAV (Retraites Sécurité Sociale ),
la CNAM. (Assurances Maladie),
l’ACOSS / URSSAF (Trésorerie et Cotisations Sécu),
l’UCANSS (Gestion du Personnel Sécurité Sociale)

La Sécurité Sociale a été conçue par le Conseil National de la Résistance et créée en 1945 par De GAULLE, Président du Gouvernement Provisoire de la République et son Ministre du Travail Ambroise CROIZAT : imaginée au départ comme un dispositif de protection sociale national, étendu à tous les citoyens et financé par l’impôt, la Sécurité Sociale resta limitée aux salariés du secteur Privé, les Agriculteurs, les Artisans-Commerçants et les régimes particuliers ayant refusé de s’y affilier. Le budget de la Sécurité Sociale est depuis voté par l’Assemblée Nationale et les exclus (dans leur ensemble) viennent d’y être rattachés par Martine AUBRY et Lionel JOSPIN .

Ce retrait du MEDEF concerne aussi trois autres régimes paritaires :

l’UNEDIC / ASSEDIC (Chômage),
l’ARRCO (Retraites complémentaires du privé)
et l’AGIRC (Retraites complémen-taires des cadres) .

Et si on disait :

chiche !

Là première réaction qui vient à l’esprit, c’est de dire "Chiche ! et bon débarras » : on ne voit pas pourquoi les patrons gèrent et géreraient l’argent exclusif des salariés.

Car c’est de l’argent exclusif des salariés qu’il s’agit. La fameuse cotisation patronale est un mythe .

La cotisation dite patronale et la cotisation dite salariale forment un tout qui est du salaire indirect ; et en comptabilité d’entreprise quand on calcule le prix de revient d’un salarié, c’est cotisations et charges comprises.

C’est comme si, dans l’obligation où il est de provisionner les congés payés de ses salariés le patron émettait en contrepartie la prétention de gérer les dits congés à sa place !

Le beurre

et l’argent du beurre

Mais où veut donc en venir le patronat ? Oh ! c’est tout simple ; le Patronat veut pêle-mêle réduire les prestations et les cotisations des organismes sociaux, en particulier dans les domaines de la prestation sociale (santé), de la retraite et du chômage. Le Patronat veut faire échec à la loi des 35 heures. Le Patronat veut privatiser, au moins partiellement les retraites et la santé et probablement (mais cela, il ne le dit pas) mettre la main sur le pactole que représentent les cotisations sociales . Le Patronat veut supprimer le Contrat de Travail à durée indéterminée (contrat d’embauche définitive, si tant est qu’une embauche soit définitive dans le régime privé). Le Patronat veut mettre en place des retraites à la carte, remettre en cause le SMIC et le SMIG et enfin parachever le démantèlement du Code du Travail

Un patronat

arrogant

Et le Patronat choisit bien son heure , au moment où mondialisation et Europe libérale obligent, la privatisation et la loi du marché et le tout libéral constituent la référence suprême et absolue, au moment où la moindre des banques et l’ensemble des média agitent les miroirs du boursicotage et répandent la culture de l’enrichissement facile, au moment enfin où deux millions de chômeurs entretiennent encore la docilité et où tous les Syndicats confondus ne pèsent pas 10 % des travailleurs d’un secteur privé de plus en plus morcelé et de plus en plus éparpillé .

A coup de force, rapport de forces

Certes, il y a une Majorité et un Gouvernement de Gauche . Mais une démocratie politique n’est qu’une démocratie formelle quand le pouvoir économique et le pouvoir financier lui échappent de plus en plus . On ne peut que souhaiter bien du courage à Lionel JOSPIN et à son équipe mais cela ne saurait suffire. A un coup de force on ne peut répondre que par un rapport de forces