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Novembre 2003- Situation globale de l’emploi

Ecrit le 19 novembre 2003 :

 Manifestation commune : samedi 22 novembre 2003
14 h 30 Théâtre de Verre  

Les appels à cette manifestation se multiplient en parallèle :

Pour la CGT :
« 500 emplois sont menacés, ce sont 2000 personnes concernées, une multitude d’artisans, de PME, de commerces, qui vont perdre des emplois à l’aube des fêtes de Noël »

Pour la CFDT :
« C’est l’état d’urgence. L’ensemble de la population est invité à venir manifester pour l’emploi dans le pays de Châteaubriant   »

Pour CFDT-CGT de Focast :
il faut « faire prendre conscience aux différents pouvoirs publics décideurs que l’avenir de FOCAST à court terme ne se fera pas avec 190 salariés ! Il est hors de question de laisser la machine judiciaire mettre des hommes et des femmes dans la rue, sans emploi et avec des ressources diminuées, pendant que d’autres ne se préoccupent de l’emploi qu’à la veille des échéances électorales ».

Les Partis de Gauche :
(Parti socialiste, Parti Communiste Français, Verts et Mouvement Républicain et Citoyen) appellent aussi à ce rassemblement.

L’Action Catholique Ouvrière :
Cela fait de nombreuses années que l’ACO ne s’était pas exprimée à propos de la situation sociale. Sans appeler explicitement à la manif’ du 22 novembre, son communiqué témoigne donc d’un malaise grandissant : « Nous entendons les angoisses que ces licenciements en chaîne engendrent. Des angoisses et parfois des drames qui passeront inaperçus :

« On nous licencie pour de pures raisons financières. La logique boursière nous broie. » - « Avec quels revenus allons-nous vivre ? » - « Quel reclassement espérer à mon âge ? »

Nous savons que des salariés vont se retrouver en situation de grande précarité, d’exclusion sociale de fait. La dépression s’est abattue sur certains foyers. Passionnés d’humanité, fidèles à nos engagements et à nos solidarités dans le monde du travail, nous sommes malgré tout porteurs d’une flamme d’espérance. Nous sommes, en effet, croyants, à la fois, en la force du collectif humain et en la force du souffle de Dieu dans nos vies. Nous en sommes également témoins : (...)

C’est l’espérance des travailleurs qui défendent leur dignité dans leurs organisations syndicales et politiques ou dans les associations,

Leur espérance d’une économie dont l’homme serait le centre au lieu du profit qui dévaste notre monde
et qui, dans la diversité des projets, dans leurs débats, veulent faire vivre un monde de justice et de fraternité. »

(communiqué ACO, 13.11.2003)

En dernière minute : la FSU, la confédération Paysanne et l’association des commerçants appellent aussi à cette manifestation


Ecrit le 26 novembre 2003 :

 Ca ne pouvait pas tomber plus mal

C’est au moment où la situation de l’emploi s’aggrave dans la région de Châteaubriant qu’on apprend qu’Alain Hunault, maire depuis seulement deux ans, vient déjà d’être élevé au grade de chevalier de l’ordre national du mérite (une distinction à la même hauteur que la Légion d’Honneur).
(Presse Océan du 21 novembre 2003)

Il sera intéressant de voir le faste donné à la réception qui officialisera cette distinction, et d’entendre célébrer les réalisations ayant motivé cette reconnaissance du Ministère de l’Intérieur. Les castelbriantais « d’en bas » ne seront sûrement pas invités.

Selon Presse Océan du 20 novembre 2003 Jean Paul Pierrès, Président de l’ADIC « association des Industriels », s’inquiète de la crise que connaît le Bassin d’Emploi de Châteaubriant et parle de 450 à 500 emplois supprimés à terme


Ecrit le 26 novembre 2003 :

 Situation économique castelbriantaise

Les élus du groupe d’opposition à la mairie de Châteaubriant
ont écrit au Sous-Préfet :

Le Pays de Châteaubriant   fait face aujourd’hui à une conjoncture préoccupante (...) cela nous engage à vous consulter afin qu’une démarche de Pays puisse être envisagée pour obtenir la mise en place d’une seule cellule de reclassement pour l’ensemble des salariés concernés.

Cette démarche de Pays vise trois objectifs principaux :
– La mobilisation commune des organismes du bassin d’emploi
– La mise en commun des solutions de reclassement
– Une optimisation des coûts liés aux actions de reclassement

Le Pays de Châteaubriant   mérite, en ce moment difficile, la mobilisation de toutes
ses forces vives pour affronter l’avenir (...). 10 novembre 2003


Ecrit le 26 novembre 2003 :

 Un millier de manifestants ont dit ...OUI à...

Un millier de manifestants dans les rues, ce samedi 22 novembre 2003. (600 selon la gendarmerie). Le plaisir d’être ensemble malgré les circonstances.

Toutes professions mélangées, des jeunes, et de beaucoup moins jeunes : indice supplémentaire du vieillissement de la population locale. Il y a quelque 20 ans on n’aurait pas vu, comme cette fois-ci, une banderole de retraités ....

Reproches

Dans la semaine, l’association des commerçants, ACTION, avait appelé à être solidaire de la manifestation et à fermer les magasins le temps du défilé. Le responsable d’ACTION a été abasourdi d’entendre les reproches, à lui adressés, par le maire ! Il a cependant maintenu son appel. Des commerçants étaient présents dans le défilé, et environ la moitié des commerçants de la rue Aristide Briand et d’autres rues ont spontanément éteint les lumières voire tiré le rideau de fer, le temps du défilé. Certains ont même affiché sur la porte un message de solidarité.

La manif’ était « bon enfant » comme on sait le faire à Châteaubriant. Novembal et Focast ont largement manifesté leur présence. Quelques maires, conseillers généraux ou régionaux étaient présents. Pas un élu de la majorité municipale de Châteaubriant : sans doute pour eux cette manifestation était-elle trop « marquée ».

« Marquée » ? Est-ce donc anormal de réclamer le maintien de l’emploi pour tous ? S’il avait été intelligent, le maire de Châteaubriant aurait dû être présent, avec son écharpe : il aurait été respecté ! Et approuvé ! Car cette manifestation n’était aucunement dirigée contre lui. Réclamer un emploi, ce n’est pas faire de la politique !

Comme disait le tract distribué par l’ACO (Action Catholique Ouvrière) :
Dans vos colères, vos dégoûts
Surtout ne baissez pas les bras
Face à l’argent roi. (...)

La machine à broyer
On finira par l’enrayer.

Peuple d’ici ou d’ailleurs
Par la lutte on connaîtra
Des jours meilleurs

Oui à l’emploi

Chaque organisation syndicale a donné son point de vue sur la situation actuelle. Disant non à la désertification, non aux licenciements, non au libéralisme, oui à un développement ferroviaire et routier, oui à l’emploi et à l’industrie, point d’appui de la vie économique locale.

Pour la CFDT : « Si l’hypothèse de 500 suppressions d’emploi se confirme pour les mois qui viennent cela reviendra à une augmentation minimum de 40% de chômeurs par rapport au nombre de demandeurs d’emploi inscrits en mars 2002. Et ce, dans une période où les offres d’emploi sont en constante diminution ». Parlant de la souffrance des salariés licenciés, du sentiment d’inutilité occasionné par la perte d’un emploi, du gâchis des savoir-faire et des compétences, la CFDT dit qu’il est temps de faire comprendre aux patrons que « la responsabilité de gestion d’une entreprise n’est pas limitée à la gestion d’intérêts financiers mais qu’elle englobe la gestion des hommes et de leur devenir dans la vie sociale locale »

Pour la CGT, « la casse de l’emploi dans les entreprises répond à une logique, celle de la rentabilité, qui fait de l’emploi la variable d’ajustement de la gestion de l’entreprise (...). La CGT ambitionne un avenir dynamique pour l’industrie castelbriantaise » et refuse de s’en remettre à ceux et celles « qui se revendiquent le pouvoir de décider de notre avenir ».

La CGT-Force Ouvrière souhaite « faire prendre conscience aux acteurs économiques et sociaux locaux que le moment est venu de rechercher et proposer des solutions, afin de redynamiser le secteur industriel et commercial » (...). La manifestation doit « montrer notre envie et notre détermination à vivre et travailler au pays ».

La CFTC remarque : « La France, et pas seulement celle d’en bas, souffre. Cessez de la provoquer et de l’agresser, par des fermetures de société et des plans sociaux à répétition. Le Castelbriantais doit être déclaré « zone sociale sinistrée » et tout licenciement et fermeture d’usine doivent être stoppés ».

Oui à l’homme

La Confédération Paysanne a tenu à être présente, « témoignage public de notre solidarité » et montre comment se font les pertes d’emplois agricoles dans les cantons de St Julien, Moisdon, Nozay, Derval, Rougé et Châteaubriant :
– 1989 : 4493 actifs
– 2000 : 2428 actifs

L’agriculture a donc perdu 2000 emplois en onze ans (...). Le mal a une même origine, c’est le libéralisme, avec pour seule logique le produit, la croissance, la concurrence. Où cela nous mènera-t-il ? Dans cette logique le travailleur, l’homme, comment est-il pris en compte ? »

Même accent mis par la FSU sur l’homme : « Quand l’homme existe enfin à sa place d’homme, le monde s’enrichit ».

L’Amicale Laïque et les Partis de Gauche par leur présence ont montré qu’ils se sentaient aussi concernés.

Tous ont dit vouloir « continuer la lutte pour conserver tous les emplois salariés et non salariés »


Ecrit le 28 janvier 2004 :

 L’emploi en panne :
Reconversion prioritaire

Malgré tous les discours officiels (locaux disant que la situation de l’emploi à Châteaubriant est meilleure qu’ailleurs, le Sous-Préfet a annoncé, le 23 janvier 2004 que le Conseil Régional a décidé de qualifier le bassin d’emploi de Châteaubriant en tant que « Bassin de reconversion prioritaire » ce qui aura notamment pour effet d’augmenter la prime régionale à l’emploi par poste qui serait créé.