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Adolescence (06) et sexualisation. Maman, c’est quoi : faire une pipe ?

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Ecrit le 21 mai 2008

 Maman, c’est quoi faire une pipe ?

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Eliby-pipe

Un matin, au petit déjeuner, la gamine est en communication avec un petit copain. Elle raccroche et dit ingénument à sa maman : « Maman, c’est quoi faire une pipe ? ». La Maman est bien ennuyée. « Qu’est-ce que je réponds ? » - « Elle est bien trop jeune pour parler de ça, mais où ira-t-elle chercher une réponse ? » - « J’espère qu’elle ne se sentira pas obligée de faire cela ? ».

Ce genre de situation est fréquent. Les jeunes, au début de leur sexualisation, ont des réflexions que les adultes jugent inattendues. Odette Nilès se souvient qu’elle avait promis « un patin » à Guy Môquet. « Mais je ne savais pas ce que c’était ».

Dans le couloir, une petite fille pleure. « Pourquoi pleures-tu ? » - « Il m’a traitée ! » - « Qu’est-ce qu’il t’a dit ? » - « Il m’a dit que j’étais une pute ! ». Putain, elle ne savait pas ce que cela voulait dire !

Ce qui n’apparaît que sous la forme d’une question de vocabulaire est en réalité le début d’un processus, normal, de sexualisation, avec le décalage qui existe entre filles et garçons de différents âges.

 Sexualisation ?

On a utilisé longtemps le terme de « sexualité ». En réalité le mot « sexualisation » semble plus adapté pour décrire le cheminement de l’adolescent vers l’âge adulte.

La puberté et la sexualisation sont deux événements majeurs dans la vie adolescente. La puberté est une évolution biologique ; hormones, règles, éjaculations etc. La sexualisation est un ensemble de phénomènes psychologiques et culturels (désirs, fantasmes).

Ces événements marquent une rupture subite avec l’enfance : l’adolescent perd le monde des enfants sans pouvoir entrer dans le monde des adultes. Il est traité autrement par son entourage sans être responsable des modifications qui transforment son corps.

La fillette de 10-11 ans doit faire face aux développements de son corps, elle est en face d’une poitrine qui prend forme, qui attire le regard parfois désireux d’un garçon ou les commentaires ironiques d’un autre ou d’une autre. Le garçon a la voix qui mue, et un début de pilosité qui provoque parfois des réflexions amusées. La sexualisation exige de l’adolescent de savoir gérer son image et de trouver une adaptation psychologique et sociale.

L’adolescence est le début de l’érotisation de l’autre. Pour des raisons inconnues de lui, l’adolescent commence à trouver curieux le comportement de sa camarade, d’aimer passer du temps avec elle, puis il peut être intrigué par les seins de sa camarade, désirer les voir, les toucher etc.

La sexualisation commence donc par érotiser l’autre, non pas les parties génitales de l’autre, mais le corps entier. Mais aussi son comportement, sa façon d’être. Le sourire d’un garçon est érotisé avant que l’adolescente désire un contact génital ou sexuel avec lui.

L’adolescent (garçon ou fille) se trouve devant un autre problème nouveau : personne ne peut l’aider. C’est un passage douloureux par exemple pour un adolescent lorsqu’un-une camarade refuse de sortir avec lui. Il est seul pour la première fois face à un problème qu’il ne maîtrise pas. Ni ses parents si ses copains peuvent l’aider.

La violence des idées (et des hormones !), associée au sentiment d’impuissance et de solitude, peut engendrer chez les adolescents des réponses violentes pour bloquer cette sexualisation psychologique douloureuse et une puberté non maîtrisable. Ces réponses peuvent être symboliques ou réelles : agressivité, dépression, anxiété, stress ou d’un genre plus grave : anorexie, boulimie, automutilation. Certaines difficultés de la puberté peuvent mettre la vie en danger.

 Je réponds quoi ?

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Sexualisa

Maman, c’est quoi faire une pipe ? « Il ne sert à rien de donner un sentiment de culpabilité à votre fille. Après tout, elle n’est pas responsable de ce qu’elle entend. De plus, votre attitude respectueuse lui permettra de constater qu’elle a bien fait de vous en parler, même si cette question suscite une certaine gêne. Il est important de lui répondre afin de lui transmettre une vision respectueuse de la sexualité. En parlant des sentiments qui peuvent être liés à des actes sexuels tels que la fellation, vous donnez à votre fille une vision plus appropriée et complète de la sexualité, une vision qui tient compte des émotions, et de l’amour. »

Source :guide d’accompagnement pour les parents des fillettes pré-adolescentes :
http://www.ydesfemmesmtl.org/sexualization_fr.html#

 Une conférence

« L’impact de la puberté sur le corps et la rencontre avec l’autre sexe contraignent chacun des adolescents à imiter, à bricoler, à inventer avec les moyens du bord. En effet, aucune transmission familiale, aucun discours universel ne peuvent venir recouvrir ce qui s’aperçoit : il y a un trou dans le savoir. Malgré les marchands de bonheur, tout ce qui peut s’acheter pour dire comment aimer et comment désirer, il n’y a pas de logiciel sexuel qui vaille. Pas de programme sexuel, ni de formule mathématique à découvrir dans la nature. »

Conférence à Châteaubriant,
jeudi 29 mai 20h30
au Foyer-restaurant,

avec le psychiatre Bernard Porcheret, à l’invitation de la Maison des Adolescents


Ecrit le 21 mai 2008

 Huppé

Deux enfants de 11 et 12 ans regardent ensemble un film porno sur un DVD et décident de reproduire les scènes sur la petite sœur de l’un d’entre eux. Elle a 10 ans. Ils filment leurs ébats sur téléphone portable et diffusent à tout leur collège.

Ah, si cela s’était passé dans une banlieue, on aurait crié tout de suite à la dépravation et à la nécessité de sanction. Et on aurait dit que les parents, sûrement, sont irresponsables, dépassés. Mais voilà, c’est dans un coin huppé des Yvelines que cela s’est produit . « Ce ne sont pas des enfants livrés à eux-mêmes. Ils évoluent comme tous les enfants de ce collège dans des milieux sociaux plutôt favorisés », commente un gendarme. « Les parents sont effondrés. »

« Nous sommes en train de mettre en place un travail pédagogique d’instruction civique et de morale, lié à l’utilisation des images. » dit l’Inspecteur d’Académie. L’utilisation des images, seulement ? Une bonne éducation sexuelle, parlant d’amour et de respect de l’autre, serait plus judicieuse ….


Ecrit le 28 mai 2008

 Selon que vous serez puissant ou misérable…

Quand j’entends Outreau, j’entends Montfort-l’Amaury, et cette histoire sordide d’actes sexuels entre mômes de 11-12 ans inspirés par des cassettes pornos (où les avaient-ils trouvées ?), filmés et diffusés à des dizaines de petits voyeurs du même âge. Ce qui n’est pas rien, non ? Je veux dire : ces actes, et leur diffusion. Des dizaines qui ont regardé ça comme on regarde un jeu vidéo ou une série télé.

Que vont devenir ces enfants, comment vont être traités leurs parents : on ne sait pas.
– Parce qu’on est fatigué du voyeurisme ?
– Parce qu’on a du mal à concevoir cette version porno du vert paradis des amours enfantines ?
– Ou parce que, si on peut se répandre en commentaires outrés sur les pouilleux outrageurs d’Outreau car pédophiles, consanguins et chômeurs, on ne dira rien des BCBG de Montfort-l’Amaury ?

Lors des émeutes urbaines de 2005, une école primaire de V… avait été incendiée. Immédiatement, ce n’avait été qu’un cri dans la population contre les « racailles » colorées du cru.

Quand on apprit qu’en fait les incendiaires étaient des enfants de familles fort gauloises et bien sous tous rapports, hop, silence dans les rangs, et le maire de droite alla jusqu’à assurer de sa compassion les parents des incendiaires. M’étonne qu’il l’aurait fait s’il s’était agi de M. et Mme Bamboula ou de M. et Mme Ben Bicot.

 

Un lecteur

 


Ecrit le 28 mai 2008

 Adolescence : apprendre à supporter la haine

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L’Eclai

Dommage pour ceux qui ne sont pas venus : une très intéressante soirée a eu lieu le 24 mai 2008 au Grand Auverné, avec le groupe « Solidarités » , autour de la question : « Adolescent : facile ? » avec la participation de Pierre Poitou, un psychologue de l’Ecole des Parents et de la Maison des Adolescents. Des mises au point bien utiles pour la quarantaine de grand-parents qui étaient là (femmes et hommes). Quelques élus aussi. Mais sans doute trop peu de parents : trop dans la tête dans le guidon pour avoir le temps de penser à autre chose que la vie quotidienne ?

L’adolescence, ça commence à la puberté, « C’est même dégueulasse » dit le psychologue : premières érections spontanées des garçons, premières pertes blanches des filles, boutons, le corps change, la physionomie change, l’adolescent est empoté, déstabilisé, il lui faut du temps pour prendre ses repères.

C’est le temps où l’adolescent est hyper-dépendant du regard des autres. Il s’essaye à ce qu’il va devenir, en prenant des risques parfois. « Le risque zéro n’existe pas ». Il ne s’identifie plus aux parents avec lesquels il prend de la distance, tout en cherchant la bonne distance, une bonne distance … variable ! C’est le temps des copains, de l’aide et de la pression du groupe. « Suis-je normal ? » se demande l’adolescent. « Dois-je gober ? » questionne une jeune fille en voyant que, dans son groupe, tous les autres prennent de l’ectasy les soirs de « fête ».

La drogue, l’alcool inquiètent les familles. « Pourquoi ont-ils besoin d’un produit pour faire la fête ? ». [Et pourquoi nous, adultes, avons-nous aussi besoin d’un produit pour rencontrer les autres : un bon repas, un bon vin]. Drogue et alcool sont, au début, des occasions de plaisir partagé. Comment permettre aux jeunes de trouver d’autres plaisirs (repas familial, films, échanges, responsabilités) ?

En face de l’adolescent, il faut que l’adulte soit lui-même. Qu’il apprenne à supporter la haine que déclenche le « non » qu’il doit dire à son enfant. Qu’il sache aussi manifester son inquiétude et ne pas rester seul face à un jeune qui va mal. Des groupes de parole peuvent aider à passer le cap … La Maison des Adolescents peut apporter son aide - 02 40 20 89 65.


Ecrit le 28 mai 2008

 Les ados vont bien

A l’occasion d’un forum à Paris le 21 mai 2008, une enquête a été menée auprès de 847 jeunes de 15 à 18 ans. Ceux-ci expriment leur bien-être ainsi : 96 % d’entre eux disent avoir beaucoup d’amis, 79 % peuvent parler facilement avec leurs parents ; 78 % se sentent bien à l’école ; 71 % sont satisfaits de leur situation.

Mais 42 % des jeunes pensent qu’ils sont souvent sous pression ; 18 % sont souvent mal dans leur peau ; 17 % des adolescents expriment le fait d’avoir des difficultés à aller vers les autres.

Ceux qui disent rencontrer plus de difficultés (mal-être, insatisfaction, pression… ) sont ceux qui bénéficient d’un moindre dialogue avec les adultes, et aussi ceux qui ont eu une moyenne scolaire au dernier trimestre inférieure à 10/20. (Comme quoi les jeunes ne se désintéressent pas de leurs études !). Ils ont plus souvent le sentiment d’appartenir à une classe sociale défavorisée.

87 % des ados sont sensibles à la solidarité. Pour tous, être solidaire c’est en premier lieu aider les personnes en difficultés au quotidien et être attentif à son entourage proche en période difficile

Les parents constituent la première autorité respectée par les adolescents (pour 70% d’entre eux), loin devant les professeurs (52%), les forces de l’ordre (48 %) et les hommes politiques (24 %).

Les principaux risques qu’ils signalent : les drogues, les rapports sexuels non protégés, la consommation régulière d’alcool.

http://www.forum-adolescences.com/Forum4/Download/synthese.pdf

Adolescence, sexe et vidéo

 

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