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Ecole publique de St Aubin des Châteaux

[->2798 ] [->364 ] Ecrit le 30 mai 2007 {{{Jean Pierre Timbaud à l'école de St Aubin}}} Faut-il s'enorgueillir d'être illettré ? Non. _ Faut-il s'enorgueillir d'avoir fait de longues études ? Pas plus. Tout est affaire d'histoire personnelle. Aux âmes bien nées la valeur n'est pas liée au nombre des diplômes.
Jean-Pierre Timbaud est né en 1904. La famille vivait alors à six dans trois pièces à Paris. Ainé de quatre enfants, Jean Pierre quitte l'école à 8 ans. Son père est mobilisé en 1914, l'enfant devient soutien de famille. A douze ans on le retrouve ouvrier dans une fonderie à Decazeville. A 18 ans il entre aux Jeunesses Communistes. En 1924, lors de son régiment, il fait le mur pour aller distribuer des tracts contre la Guerre du Rif, ce qui provoquera une réaction du Ministère de la Guerre.
La crise de 1929 frappe durement les ouvriers. Fondeur passionné de son métier, syndicaliste, Jean Pierre Timbaud devient secrétaire du syndicat des métaux en 1931 : « il faut alors aller, quasiment chaque jour, parler devant les grands bagnes métallurgiques de la région parisienne. Et il faut, toujours, éviter la police, semer les RG en filature, indiquer de faux lieux pour les distributions de tracts, qui se tiendront en fait à l'autre bout de Paris... Certaines manifestations sont interdites mais ont quand même lieu, il faut alors y amener les participants par petits groupes ... ». Le Front populaire, la guerre d'Espagne, la montée du fascisme en Europe : Jean-Pierre Timbaud sera spectateur et acteur de cette époque. Le 18 octobre 1940, il est arrêté. Aincourt, Fontevrault, Clairvaux .. Timbaud est vêtu comme un bagnard, comme un « droit commun » de l'époque. Puis, en mai 1941 il est envoyé au camp de Choisel à Châteaubriant où il sera vite l'homme de confiance des détenus face à l'administration du camp, et aussi un des fédérateurs du camp, de ceux qui maintiennent le moral et la discipline librement consentie de ces hommes emprisonnés pour leurs idées. Le 22 octobre 1941 il est abattu parmi les 27 Otages de la Sablière suite à l'exécution du lieutenant colonel Hotz à Nantes. Il sera enterré à St Aubin des Châteaux avec Maximilien BASTARD (19 ans) et Huynck KON Han. {{{St-Aubin}}} Jacqueline Timbaud avait 13 ans en 1941. « Maman m'avait dit : si tu reçois une lettre de Papa, datée du 20 octobre, c'est bon ». Le 22 octobre 1941, Jacqueline chantait : une lettre de son père était arrivée. Mais, le soir, une voisine lui apprenait la terrible nouvelle ... A St Aubin, l'instituteur public était René-Guy Cadou. Bouleversé, il écrivit un poème à la mémoire des 27 fusillés.
2006-2007, la municipalité cherche un nom pour son école publique. L'instituteur Jean-Jacques Catreux soumet le nom « Jean-Pierre Timbaud » qui est accepté à l'unanimité par le Conseil Municipal le 18 décembre 2006. Samedi 26 mai 2007 a eu lieu l'inauguration officielle en présence de Jacqueline Timbaud et d'Odette Nilès (Présidente de l'amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé). Cérémonie très simple avec les enfants de l'école publique, le Conseil Municipal et un porte-drapeau, le Président de l'Amicale Laïque et des membres du Comité du Souvenir. « Nous avons un devoir de mémoire face à la barbarie nazie. La vigilance est toujours de mise » dit le maire Michel Rétif. Odette Nilès lit la lettre de Guy Môquet et celle de Jean-Pierre Timbaud : « Ma main ne tremble pas. Je suis un honnête travailleur. Toute ma vie j'ai combattu pour une humanité meilleure ». Les enfants disent avec émotion le poème de René Guy Cadou « instituteur dans notre école » et lisent les dernières lettres de Huynck KON HAN à son épouse « Aujourd'hui j'aurai vécu. Maintenant il te faut vivre », et de Maximilien BASTARD à ses parents et à ses petites soeurs « Ne pleurez pas. Réfléchissez aux causes de ma mort ». Jacqueline Timbaud évoque très brièvement son père, mais aussi la solidarité des Castelbriantais de l'époque envers les prisonniers politiques du camp de Choisel. Jean Jacques Catreux rappelle que, à la suite de la Guerre, le Conseil National de la Résistance mit en place de nouveaux droits pour les travailleurs et la Sécurité Sociale pour tous. Enfin les enfants chantent Le Chant des Partisans. ------------------- {{{Crocodile}}} Cette cérémonie s'inscrit dans le travail de mémoire que mène l'école publique de St Aubin des Châteaux. Elle n'a rien à voir avec les larmes de crocodile d'un quelconque Sarkozy qui ne pleure pas quand il fait expulser des enfants de sans-papiers cueilli par la police dans une école ou à la porte d'une école. Le souvenir de Guy Môquet est lié à celui du programme du Conseil National de la Résistance (CNR) dont la société française s'éloigne de plus en plus. En mars 2004, à l'occasion du 60e anniversaire de ce programme, des Résistants survivants ont lancé un appel à « faire vivre et transmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle ». Etrangement cet appel n'a pas été relayé par les grands médias. Il est vrai qu'il est plus important d'appeler à la suppression de l'impôt sur les grandes fortunes, que d'appeler à la Sécurité sociale et aux retraites généralisées, au contrôle des « féodalités économiques », au droit à la culture et à l'éducation pour tous, à une presse délivrée de l'argent et de la corruption, à des lois sociales ouvrières et agricoles, sans se « laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie ». Il faut, disent les Résistants, sans cesse se rappeler que « le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l'intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales ». « Nous appelons ... à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous ». ------------- Ecrit le 16 novembre 2016 {{{Les oeillets rouges}}} Le 26 mai 2007, l’Ecole Publique de Saint-Aubin des Châteaux prenait le nom de Jean-Pierre Timbaud « Si je meurs, je voudrais qu’on dépose un bouquet d’œillets rouges sur ma tombe. ». Depuis 10 ans, ils y sont, les œillets rouges sur la stèle des trois fusillés à Saint-Aubin des Châteaux ! Car l’Ecole Publique Jean-Pierre Timbaud, représentée par l’équipe enseignante et l’Amicale Laïque, n’a jamais oublié d’accomplir son devoir de mémoire. C’est donc par ce bouquet d’oeillets déposé par les élèves du cours moyen dans le cimetière de Saint-Aubin des Châteaux où furent déposés les corps de Jean-Pierre TIMBAUD, Maximilien BASTARD et Huynh Khuong AN, que l’école a choisi de remémorer tous les ans, aux élèves, cette page tragique de notre Histoire. Pour entretenir le devoir de mémoire. « Nommer l’école publique du nom de Jean-Pierre Timbaud ! Cette idée m’est apparue comme une évidence, à cette époque, lorsque, directeur de l’école, j’invitais mes élèves et leurs parents à venir nous rejoindre, nous les comédiens du Théâtre Messidor, pour participer à l’évocation artistique créée et mise en scène par Alexis Chevalier et à la cérémonie de la commémoration de la Sablière. Pour permettre à toutes et à tous, de réactiver et de faire partager, tous les ans, la mémoire de l’événement tragique qui avait frappé leur jeunesse, à eux aussi, les gens du Pays de Châteaubriant. Aujourd’hui, encore et toujours, cet événement appartient aussi à l’Histoire des gens du pays. Ce matin, 4 novembre 2016, les élèves de l’école Jean-Pierre Timbaud se sont approprié un morceau de leur histoire avec attention, curiosité, respect et gravité ! » dit Jean-Jacques Catreux [->2798] [->364 ]

Ecrit le 30 mai 2007

Jean Pierre Timbaud à l’école de St Aubin

Faut-il s’enorgueillir d’être illettré ? Non.
Faut-il s’enorgueillir d’avoir fait de longues études ? Pas plus. Tout est affaire d’histoire personnelle. Aux âmes bien nées la valeur n’est pas liée au nombre des diplômes.

Jean Pierre Timbaud

Jean-Pierre Timbaud est né en 1904. La famille vivait alors à six dans trois pièces à Paris. Ainé de quatre enfants, Jean Pierre quitte l’école à 8 ans. Son père est mobilisé en 1914, l’enfant devient soutien de famille. A douze ans on le retrouve ouvrier dans une fonderie à Decazeville. A 18 ans il entre aux Jeunesses Communistes. En 1924, lors de son régiment, il fait le mur pour aller distribuer des tracts contre la Guerre du Rif, ce qui provoquera une réaction du Ministère de la Guerre.

Départ pour le cimetière

La crise de 1929 frappe durement les ouvriers. Fondeur passionné de son métier, syndicaliste, Jean Pierre Timbaud devient secrétaire du syndicat des métaux en 1931 : « il faut alors aller, quasiment chaque jour, parler devant les grands bagnes métallurgiques de la région parisienne. Et il faut, toujours, éviter la police, semer les RG en filature, indiquer de faux lieux pour les distributions de tracts, qui se tiendront en fait à l’autre bout de Paris... Certaines manifestations sont interdites mais ont quand même lieu, il faut alors y amener les participants par petits groupes ... ».

La tombe des trois Fusillés

Le Front populaire, la guerre d’Espagne, la montée du fascisme en Europe : Jean-Pierre Timbaud sera spectateur et acteur de cette époque. Le 18 octobre 1940, il est arrêté. Aincourt, Fontevrault, Clairvaux .. Timbaud est vêtu comme un bagnard, comme un « droit commun » de l’époque. Puis, en mai 1941 il est envoyé au camp de Choisel à Châteaubriant où il sera vite l’homme de confiance des détenus face à l’administration du camp, et aussi un des fédérateurs du camp, de ceux qui maintiennent le moral et la discipline librement consentie de ces hommes emprisonnés pour leurs idées.

Le 22 octobre 1941 il est abattu parmi les 27 Otages de la Sablière suite à l’exécution du lieutenant colonel Hotz à Nantes. Il sera enterré à St Aubin des Châteaux avec Maximilien BASTARD (19 ans) et Huynck KON Han.

St-Aubin

Les enfants disent le poème de René Guy Cadou

Jacqueline Timbaud avait 13 ans en 1941. « Maman m’avait dit : si tu reçois une lettre de Papa, datée du 20 octobre, c’est bon ». Le 22 octobre 1941, Jacqueline chantait : une lettre de son père était arrivée. Mais, le soir, une voisine lui apprenait la terrible nouvelle ...

A St Aubin, l’instituteur public était René-Guy Cadou. Bouleversé, il écrivit un poème à la mémoire des 27 fusillés.

Jean Yves Cavé, Jean Seroux, Odette Nilés, Michel Rétif, Jacqueline Timbaud, Jean-Jacques Catreux, Jean-Yves Barb

2006-2007, la municipalité cherche un nom pour son école publique. L’instituteur Jean-Jacques Catreux soumet le nom « Jean-Pierre Timbaud » qui est accepté à l’unanimité par le Conseil Municipal le 18 décembre 2006. Samedi 26 mai 2007 a eu lieu l’inauguration officielle en présence de Jacqueline Timbaud et d’Odette Nilès (Présidente de l’amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé).
Cérémonie très simple avec les enfants de l’école publique, le Conseil Municipal et un porte-drapeau, le Président de l’Amicale Laïque et des membres du Comité du Souvenir.

« Nous avons un devoir de mémoire face à la barbarie nazie. La vigilance est toujours de mise » dit le maire Michel Rétif.

Odette Nilès, Jacqueline Timbaud

Odette Nilès lit la lettre de Guy Môquet et celle de Jean-Pierre Timbaud : « Ma main ne tremble pas. Je suis un honnête travailleur. Toute ma vie j’ai combattu pour une humanité meilleure ».

Les enfants disent avec émotion le poème de René Guy Cadou « instituteur dans notre école » et lisent les dernières lettres de Huynck KON HAN à son épouse « Aujourd’hui j’aurai vécu. Maintenant il te faut vivre », et de Maximilien BASTARD à ses parents et à ses petites soeurs « Ne pleurez pas. Réfléchissez aux causes de ma mort ».

Jacqueline Timbaud évoque très brièvement son père, mais aussi la solidarité des Castelbriantais de l’époque envers les prisonniers politiques du camp de Choisel.
Jean Jacques Catreux rappelle que, à la suite de la Guerre, le Conseil National de la Résistance mit en place de nouveaux droits pour les travailleurs et la Sécurité Sociale pour tous.

Enfin les enfants chantent Le Chant des Partisans.


Crocodile

Cette cérémonie s’inscrit dans le travail de mémoire que mène l’école publique de St Aubin des Châteaux. Elle n’a rien à voir avec les larmes de crocodile d’un quelconque Sarkozy qui ne pleure pas quand il fait expulser des enfants de sans-papiers cueilli par la police dans une école ou à la porte d’une école.

Le souvenir de Guy Môquet est lié à celui du programme du Conseil National de la Résistance (CNR) dont la société française s’éloigne de plus en plus.

En mars 2004, à l’occasion du 60e anniversaire de ce programme, des Résistants survivants ont lancé un appel à « faire vivre et transmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle ». Etrangement cet appel n’a pas été relayé par les grands médias.

Il est vrai qu’il est plus important d’appeler à la suppression de l’impôt sur les grandes fortunes, que d’appeler à la Sécurité sociale et aux retraites généralisées, au contrôle des « féodalités économiques », au droit à la culture et à l’éducation pour tous, à une presse délivrée de l’argent et de la corruption, à des lois sociales ouvrières et agricoles, sans se « laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie ».

Il faut, disent les Résistants, sans cesse se rappeler que « le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales ».

« Nous appelons ... à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous ».


Ecrit le 16 novembre 2016

Les oeillets rouges

Le 26 mai 2007, l’Ecole Publique de Saint-Aubin des Châteaux prenait le nom de Jean-Pierre Timbaud « Si je meurs, je voudrais qu’on dépose un bouquet d’œillets rouges sur ma tombe. ». Depuis 10 ans, ils y sont, les œillets rouges sur la stèle des trois fusillés à Saint-Aubin des Châteaux ! Car l’Ecole Publique Jean-Pierre Timbaud, représentée par l’équipe enseignante et l’Amicale Laïque, n’a jamais oublié d’accomplir son devoir de mémoire. C’est donc par ce bouquet d’oeillets déposé par les élèves du cours moyen dans le cimetière de Saint-Aubin des Châteaux où furent déposés les corps de Jean-Pierre TIMBAUD, Maximilien BASTARD et Huynh Khuong AN, que l’école a choisi de remémorer tous les ans, aux élèves, cette page tragique de notre Histoire. Pour entretenir le devoir de mémoire.

« Nommer l’école publique du nom de Jean-Pierre Timbaud ! Cette idée m’est apparue comme une évidence, à cette époque, lorsque, directeur de l’école, j’invitais mes élèves et leurs parents à venir nous rejoindre, nous les comédiens du Théâtre Messidor, pour participer à l’évocation artistique créée et mise en scène par Alexis Chevalier et à la cérémonie de la commémoration de la Sablière. Pour permettre à toutes et à tous, de réactiver et de faire partager, tous les ans, la mémoire de l’événement tragique qui avait frappé leur jeunesse, à eux aussi, les gens du Pays de Châteaubriant. Aujourd’hui, encore et toujours, cet événement appartient aussi à l’Histoire des gens du pays.

Ce matin, 4 novembre 2016, les élèves de l’école Jean-Pierre Timbaud se sont approprié un morceau de leur histoire avec attention, curiosité, respect et gravité ! »
dit Jean-Jacques Catreux