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Erbray : le maire garde les enfants

Ecrit le 26 novembre 2008

 Service minimum à l’école d’Erbray : le maire en grève

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Jean Oierre Juhel, Marie Geneviève Haulbert avec les enf

Le ministre est sympa pour les maires : « Débrouillez-vous ! » leur a-t-il lancé en les renvoyant à leurs responsabilités. « Que font les maires le matin, tôt ? En fin de journée ? Le mercredi ? Dans les cantines ? Ce service, ils peuvent aussi l’assurer de temps à autre lorsqu’il y a grève » (déclaration de M. Darcos le 19 novembre à l’Assemblée Nationale).

Eh bien c’est justement ce qu’a fait Jean Pierre Juhel, maire d’Erbray, le 20 novembre. Avec sept conseillers « dispo-nibles et volontaires » il a organisé un relais, toutes les deux heures, pour surveiller 23 gamins (les familles avaient pu garder chez eux les autres élèves des 5 enseignants grévistes). Et ce « à titre exceptionnel seulement ».

« J’ai reçu des relances de l’Inspection Académique et de la Préfecture. J’ai été menacé de procédure devant le tribunal administratif car je refuse d’organiser le service minimum à l’école ». Il ne s’agit pas de désobéissance civique ou de « mauvaise tête ». « C’est que la loi est floue, j’ai posé des questions, je n’ai pas eu de réponse ».

La municipalité d’Erbray s’étonne en effet de devoir faire appel à du personnel non formé, un adulte pour 15 enfants, alors que le taux d’encadrement est d’un adulte pour 6 ou 8 pour le personnel ATSEM. Elle s’étonne aussi du flou entourant la responsabilité de ce personnel occasionnel en cas d’accident.

« En assurant la garde des enfants, en ce 20 novembre jour de grève, nous ne jouons pas les briseurs de grève, nous sommes venus accompagner l’action des enseignants grévistes, en montrant que la loi votée par le Parlement est absurde, inapplicable en l’état » dit JP Juhel. Le Président de l’association des maires de France, l’UMP Jacques Pélissard, reconnaît lui aussi que « la loi est difficile à appliquer, surtout dans les communes rurales ».

Un peu partout en France c’est le bordel ! Le tribunal administratif de Toulouse a enjoint à la mairie, qui n’avait pas organisé le Service Minimum lors de la grève du 7 octobre, de « déposer dans un délai de quatre jours la liste des personnes affectées au service d’accueil ».

D’autres villes sont menacées d’une amende de 10 000 euros par jour… ! Mais la pression de l’Etat ne semble pas impressionner ces communes rebelles.

 Observatoire national

Il a été institué auprès du Ministère de l’Intérieur un « Observatoire national du comportement … canin » (loi n°2008-582). Les maires, pour s’occuper « tôt le matin, en fin de journée » seront priés d’observer les chiens dans leur commune. Pour ceux qui auront l’air agressif (les chiens, pas les maires), les maires devront ordonner aux maîtres de se rendre chez le vétérinaire qui fera un test de comportement (pour les chiens, pas pour les maîtres) pouvant déboucher sur des journées de formation (pour les maîtres, pas pour les chiens)…. Ouah ! Ouah !