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Contraception, IVG, pilule du lendemain

Ecrit en 1999

 Norlevo : la pilule du lendemain

NORLEVO : c’est une pilule contragestive en vente libre, sans ordonnance, dans les pharmacies, depuis le 1er juin 1999, et non remboursée par la Sécurité Sociale. Son rôle est d’empêcher l’implantation de l’œuf fécondé dans l’utérus. Dans les pays où elle est déjà commercialisée, cette nouvelle pilule a permis d’enregistrer une diminution des avortements, ainsi qu’un meilleur recours à des méthodes contraceptives classiques.

Composée d’un progestatif seul, c’est-à-dire sans ajout d’oestrogènes, elle est sans effet secondaire grave, ce qui explique pourquoi elle a été mise en vente libre.

Active au cours des 72 heures suivant un rapport sexuel non protégé, cette contragestion est efficace à 99 % si elle est prise dans les 24 premières heures et à 85-95 % ensuite.

L’arrêt des campagnes d’information sur la contraception, et l’ignorance de l’existence de cette pilule contragestive, expliquent pourquoi il y a encore 10 000 grossesses non désirées chaque année chez les adolescentes (et 6000 avortements environ)

La libéralisation du Norlevo

Un quasi-consensus s’est dégagé jeudi 5 octobre 2000 à l’Assemblée Nationale sur la contraception d’urgence, c’est-à-dire sur la libéralisation de la distribution du Norlevo, la « pilule du lendemain ».

Le texte vise à autoriser les pharmaciens à délivrer le médicament sans prescription médicale et à permettre aux médecins de le prescrire aux mineures sans autorisation parentale, deux pratiques actuellement tolérées. Il autorise aussi les infirmières scolaires à le délivrer

Pour les avocats du texte, il s’agit d’éviter des grossesses non désirées et des avortements, en facilitant l’accès à une contraception d’urgence considérée sans danger pour autant qu’elle n’est pas utilisée couramment.

En 1997, on a enregistré quelque 20 000 grossesses de mineures, dont la moitié non désirées, selon la députée Marie-Françoise Clergeau (PS), rapporteur de la Délégation aux Droits des Femmes. Quelque 6700 ont donné lieu à des avortements. « Pour nous, la détresse d’une adolescente, c’est de commencer sa vie d’adulte soit par une grossesse non désirée, soit par un avortement » explique Hélène Mignon, rapporteur (PS) de la commission des affaires sociales. « Il nous paraît beaucoup plus naturel et intelligent de leur permettre de prendre rapidement les mesures qui s’imposent. Tout ce qui permet d’éviter des avortements est bon à prendre », renchérit Marie-Thérèse Boisseau (UDF).

 COMMENT TROUVER LA PILULE DU LENDEMAIN

Elle s’appelle Norlevo®, ou Vikela®, Vika®, Duofem®

1) En Pharmacie :
· Sans prescription. Prix public : 7,93 €
· Sur prescription. Remboursé à 65% sur la base du prix public
· Gratuit : pour les mineures justifié par la simple déclaration orale faite aux pharmaciens par l’intéressée (JO du 10 janvier 2002) qu’il y ait ou non prescription.

2) Dans les centres de planification et d’éducation familiale :
· Gratuitement à toute personne qui en fait la demande.

3) Dans les infirmeries scolaires :
Gratuitement après entretien avec l’infirmière scolaire


Ecrit en octobre 2000

 IVG, interruption volontaire de grossesse

Martine Aubry, ministre de la solidarité, a présenté un projet de loi, au Conseil des Ministres du 4 octobre 2000, concernant l’IVG et la contraception. En voici les grandes lignes :

– Le délai légal pour pratiquer une IVG (interruption volontaire de grossesse) passerait de dix à douze semaines de grossesse, soit quatorze semaines après les dernières règles, comme dans de nombreux autres pays européens. Cela devrait permettre, selon Mme Aubry, d’éviter 80% des 5000 départs annuels de femmes hors délai à l’étranger.

– Les mineures enceintes, qui motiveraient leur incapacité à obtenir une autorisation de leurs parents pour avorter, pourront se faire accompagner par un adulte de leur choix, un proche ou un membre d’association familiale. On compte 10 000 grossesses d’adolescentes, non désirées, par an.

– En matière de contraception, l’obligation d’une autorisation parentale faite aux mineures pour obtenir une prescription médicale serait supprimée.

– Les sanctions pénales liées à la propagande et la publicité sur l’IVG seraient supprimées, comme n’étant pas compatibles avec la politique d’information et de prévention qui doit être menée en la matière.

– La loi permettrait d’adresser une circulaire officielle aux chefs de services de chirurgie-obstétrique chargés d’organiser les IVG dans leur service, même s’ils refusent de les pratiquer à titre personnel. La pratique des IVG « est une mission de service public », estime Martine Aubry, selon laquelle, à terme, tous les hôpitaux publics du pays compteront un centre d’orthogénie opérationnel toute l’année.

– Afin de favoriser le recours à l’IVG médicamenteuse à un stade précoce de la grossesse, la pratique des IVG en ville ou pour partie en ville sera autorisée, « par des praticiens identifiés et ayant passé convention avec un établissement de référence, dans le cadre d’un réseau de soins ville-hôpital ». Le ministère a demandé aux responsables de la sécurité sanitaire d’examiner les possibilités d’élargir les indications de la mifégine (pilule abortive) jusqu’à 63 jours après les dernières règles au lieu de 49.
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– En revanche, les recours à l’IVG en dehors du cadre légal resteront sanctionnés dans le code pénal, pour protéger les femmes, mais les médecins ayant pratiqué un avortement illégal ne seront plus interdits d’exercer.

Interrogations

Ce projet de loi provoque des réactions dans des sens tout-à-fait opposés. Les adversaires de tout avortement (qu’il s’agisse de pilule du lendemain, pilule abortive, ou IVG) restent hostiles. Mais ce qui fait le plus réfléchir, ce sont les réactions de personnes ou de groupes favorables à l’avortement et qui posent des questions d’éthique.

Des médecins, hommes et femmes, s’inquiètent : « Si les femmes peuvent décider seules, ce sera une hécatombe » disent-ils, craignant que les femmes ne désirent avorter pour des raisons de convenance personnelle (on a entendu « pour ne pas gâcher leurs vacances »), ou parce que le sexe de l’enfant ne leur conviendrait pas, ou pour toutes sortes d’autres raisons.

Les Alternatifs de Loire-Atlantique rétorquent : « Ainsi seul le corps médical serait à même de décider pour les femmes, éternelles mineures »

Le journal Le Monde du 5 octobre 2000 cite le témoignage de deux femmes, médecins, féministes de toujours, qui pratiquent des avortements depuis vingt ans à St Dizier parce que, disent-elles « Nous avions vu trop de souffrances : les trous percés dans l’utérus avec des aiguilles à tricoter. Le persil ou les pastilles de permanganate dans le vagin pour se faire saigner... »

« Si, depuis vingt ans, nous assurons la totalité des IVG à Saint-Dizier, c’est que nous sommes persuadées que les femmes doivent disposer de leur corps. (...) »

Mais allonger les délais, c’est, pensent-elles, une solution de facilité. « Tout le monde va dire que c’est un grand progrès pour les femmes ! Mais l’IVG est toujours vécue comme un échec ! Politiquement, pour nous qui votons à gauche, il y a de quoi être en colère. Comment, en l’an 2000, dans une nation riche, peut-il y avoir autant d’avortements qu’en 1975 ? Moi je veux que les femmes viennent me voir à 7 semaines de grossesse, et surtout qu’elles ne tombent pas enceintes sans le vouloir ! »

Le gouvernement, assurent-elles, ne « fait pas son boulot, qui est de mettre l’éducation à la sexualité à la portée de tous, dès le plus jeune âge » : « En 1999, sur 211 avortements à Saint-Dizier, 30 concernaient des jeunes filles mineures... ».

Mère de trois enfants, grand-mère déjà, le docteur Chantal Chevallier rêve d’une permanence gynécologique assurée une fois par semaine dans les lycées ; et encore d’affiches placardées, dès le collège, sur le mode « Deux jours de retard ? Faites un test de grossesse à l’infirmerie », pour que les jeunes filles arrivent plus tôt à l’hôpital.

Mais l’école, bien plus que dans les années 70, est une forteresse, regrettent les deux femmes. Seul le lycée privé de la ville les a régulièrement conviées, ces dix dernières années, à venir parler aux élèves. « D’accord pour un allongement des délais d’IVG, mais alors avec un effort massif d’éducation, dès la maternelle, comme aux Pays-Bas, pour que ce droit soit le moins possible utilisé », poursuit le docteur Chevallier.

Car pour aucune des deux gynécologues, un avortement à 12 semaines de grossesse n’est aisément envisageable. « Quinze centimètres de la tête aux pieds... C’est un petit d’homme avec des doigts, des yeux, un sexe » explique l’une d’elles. « On pourra dire qu’on n’a pas refusé grand monde, dans notre carrière. Mais là, franchement, je suis pas sûre de pouvoir... Déjà qu’à 10 semaines, je bougonne. Ça me fait mal. Alors, à 14 semaines ... »

Pourtant, dans certains pays, comme l’Espagne, l’Angleterre, les Pays-Bas et la Suisse, le délai d’avortement est 22 semaines. Mais ces pays comptent beaucoup moins d’IVG que chez nous, parce que la contraception est mieux pratiquée.


 Contraception : info-jeunes

Les moyens de contraception

Développé par les fédérations belges de centres de planning familial, le site internet Loveattitude propose aux jeunes une vidéo et une fiche d’information sur les différents moyens de contraception existants.


Ecrit le 18 février 2004

 Naître dans les fers : Horreur ...

Peut-on se faire la belle en accouchant ? On ne sait jamais, a dû juger l’équipe de surveillance qui a accompagné une détenue à l’Hôpital sud-francilien d’Evry (Essonne) dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier dernier. Mme P. avait refusé la présence dans la salle de travail d’une femme de l’administration pénitentiaire. A la place, on lui a mis les menottes. Cet accouchement inhabituel a été révélé par l’Observatoire international des prisons (OIP) selon lequel des faits du même genre se produisent fréquemment.

Ce « menottage » aurait été l’occasion d’un « vif échange entre les médecins et l’équipe chargée de la surveillance », selon la direction de l’hôpital. « Le corps médical a été très choqué », a précisé Mme Morin, la directrice, soulignant qu’il y avait « régulièrement des conflits entre le personnel médical et celui de surveillance sur la manière dont les détenus sont contraints ».

Dignité ?

Une enquête de l’Inspection des services pénitentiaires a été enclenchée par la chancellerie. M. Perben a demandé à l’administration pénitentiaire « de donner des instructions écrites aux directeurs d’établissement afin que les femmes détenues accouchent dans la dignité ». A l’avenir, a-t-il promis, « la surveillance des femmes détenues qui accouchent en établissement hospitalier sera assurée à l’extérieur de la salle d’accouchement »...

On se réveille !!!

De son côté, l’OIP a saisi l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et alerté plusieurs parlementaires pour qu’ils saisissent la Commission nationale de déontologie de la sécurité. Ce que s’est empressé de faire le député PS de l’Essonne Julien Dray. Dans une lettre à Pierre Truche, son président, il demande « que toute la lumière soit faite sur ces événements et qu’à l’avenir une règle claire puisse être édictée ».

Dans une autre missive adressée au ministre de la Justice, le député socialiste estime que « cette pratique [est] consternante »

« Comment imaginer qu’une femme en train d’accoucher puisse représenter une menace ? », ajoute-t-il.


Ecrit le 4 décembre 2013

 Avortement : un site internet

Alors que l’accès à une information objective relative à l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) est fondamental pour garantir l’accès à ce droit des femmes et dans de bonnes conditions, et alors qu’internet constitue l’un des outils majeurs dans la recherche d’information, notamment chez les jeunes... le Haut Conseil à l’Egalité Hommes-Femmes constate que les anti-IVG sont les plus visibles sur Internet

Alors que l’accès à l’avortement semblait être un droit acquis de longue date, il est l’objet de remises en cause, rarement frontalement, toujours insidieusement. En effet, c’est moins le droit à l’avortement qui est aujourd’hui attaqué, que la légitimité des femmes à y recourir.

Le Haut Conseil propose de créer un site internet dédié à l’avortement à destination des femmes et des professionnels ; de mettre en place un numéro national « guichet unique » anonyme et gratuit ; de mettre en place une équipe IVG de veille et d’animation ; d’organiser une campagne nationale d’information concernant la question du droit à l’avortement

Le site internet d’information sur l’avortement

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