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l’enfant-médicament

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 L’enfant médicament

On peut faire des enfants pour toutes sortes de raisons. Pour se faire épouser. Ou pour toucher les allocs. Aux Etats-Unis, une fillette atteinte d’une forme de leucémie a reçu, il y a quelques jours, une greffe de cellules provenant du cordon ombilical de son frère. Ce dernier a été créé à cette fin et sélectionné à partir de la technique du « diagnostic pré-implantatoire ». En France, où trois équipes hospitalières peuvent poser ce diagnostic, les lois de bioéthique n’autorisent pas de telles pratiques.

Révélée par le Washington Post dans son édition du 3 octobre, cette tentative concerne un couple américain de l’Etat du Colorado, parents d’une petite fille, Molly, âgée de six ans et souffrant d’une anémie de Fanconi, forme grave de leucémie nécessitant le recours à une greffe de certaines cellules-souches capables de régénérer sa moelle osseuse et ainsi de reconstituer ses lignées de cellules sanguines.

Il s’agit de greffer chez l’enfant malade des cellules-souches présentes dans le cordon ombilical d’un enfant dont le système immunitaire est compatible avec celui du malade. Dans le cas présent, le donneur n’était pas un enfant compatible dont on a utilisé les cellules du cordon ombilical, mais un enfant conçu par fécondation in vitro et que l’on a implanté dans l’utérus de la mère de Molly en fonction de ses caractéristiques génétiques.

En somme, on a proposé aux parents de Molly, couple fertile, d’avoir recours à une technique d’insémination artificielle pour mettre au monde exactement l’enfant désiré. Les biologistes de la reproduction ont pu obtenir quinze embryons issus des cellules sexuelles des parents de Molly. Parmi eux, deux présentaient, aux yeux des généticiens, les meilleures caractéristiques pour devenir des donneurs. C’est l’un de ces deux embryons qui, après son implantation et son développement intra-utérin, a permis la naissance du petit Adam, le 29 août. Un mois plus tard, le 26 septembre, les cellules provenant du cordon ombilical d’Adam ont été injectées dans la circulation sanguine de Molly .

Celle-ci est aujourd’hui toujours hospitalisée et, selon un porte-parole de l’établissement hospitalier, on saura dans les deux semaines à venir si l’intervention est une réussite. Si tel n’était pas le cas, une nouvelle tentative, toujours à l’aide de cellules prélevées sur le corps d’Adam, pourrait être envisagée, a précisé la porte-parole.

Commentant son expérience lors d’une conférence de presse, la mère de Molly a expliqué qu’elle avait eu la sensation « d’être la lionne défendant sa portée » et qu’elle « allait sauver Molly contre vents et marées. »

Créer Adam pour sauver Molly : tant mieux pour Molly, mais la technique employée ne peut que poser question dans la mesure où elle ouvre la porte, avec bonne conscience, à toutes sortes de manipulations et choix génétiques sur l’être humain.des mères et de leurs enfants.


(écrit le 7 février 2002)

 Du sang dans le cordon

Voilà du nouveau, du tout chaud, du bien saignant : le stockage du sang de cordon ombilical attise les convoitises. Aux Etats-Unis des pressions sont exercées sur les futurs parents pour les inciter à congeler et à stocker le sang du cordon ombilical de leur nouveau-né.

Totipotentes

Pour une somme allant jusqu’à 1750 € (11500 F) sans compter des frais de stockage de 115 € par an (750 F par an), les spécialistes expliquent aux parents que le sang du cordon ombilical contient des cellules souches « totipotentes » qu’on pourrait utiliser un jour pour soigner des maladies aujourd’hui incurables, voire pour fabriquer des tissus et des organes de remplacement avec les propres cellules du patient, ou pour guérir les frères et les sœurs du donneur, et même ses parents.

Ces campagnes publicitaires commencent à porter leurs fruits auprès de parents qui ne veulent pas se reprocher un jour de ne pas l’avoir fait.

Et le simple fait de convaincre 10 % des parents des quatre millions d’enfants qui naissent tous les ans sur le territoire américain permettrait de créer un marché de plus de 500 millions de dollars .

La société Cryo Cell International a même cassé les prix.
Pour 275 dollars (environ 2000 F), elle vend le kit de récupération du sang, la procédure de congélation et la première année de stockage. Il faut ensuite débourser 50 dollars (350 F) par an.

Comme par hasard, le cours de l’action Cryo Cell International, cotée en Bourse, est passé de moins de 1 dollar à la fin de l’année 1999 à près de 5 dollars aujourd’hui. Le sang du cordon délie donc les cordons de la Bourse !

L’académie américaine des pédiatres a mis solennellement en garde ses membres. « Au moment d’une naissance, les familles sont particulièrement vulnérables à des campagnes de publicité jouant sur l’émotion et peuvent demander un conseil à leur médecin », rappelle cette société savante. « Aucune étude, ajoute-t-elle, ne prouve aujourd’hui qu’un enfant peut avoir besoin dans l’avenir de stocker ses propres cellules. »