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Accueil > Thèmes généraux > Condition ouvrière et/ou salariale > Santé et travail > Le travail, c’est la santé ?

Le travail, c’est la santé ?

Ecrit le 15 décembre 2004

 Le travail c’est la santé... ?

Le bilan 2003 présenté par la Caisse régionale d’assurance maladie (Cram) des Pays de la Loire indique une tendance à la diminution des accidents du travail.

Par contre, les maladies professionnelles augmentent : en cinq ans, leur nombre a doublé pour atteindre 4615 cas en 2003.

Le Bâtiment et travaux publics et l’agro-alimentaire sont les secteurs les plus particulièrement concernés.

Malgré la mise en place, depuis trois ans, d’un plan de prévention des risques professionnels, la région des Pays de la Loire est actuellement la plus touchée de France !

Mal informés des réalités de l’entreprise, les ouvriers intérimaires sont plus touchés que les salariés de l’entreprise.

Les accidents du travail ont diminué de 5 % par rapport à 2002 avec 44 545 accidents entraînant au moins une journée d’arrêt de travail. Ce qui concerne près d’un salarié sur 20.

Les accidents routiers sont les plus graves ; ils représentent la première cause de décès.

31 personnes sont mortes sur la route en 2003, soit sur le trajet domicile-entreprise , soit pendant leur journée de travail.

Tous types d’accidents confondus, 43 décès ont été recensés. Une mortalité en hausse, aggravée par la chute de la passerelle des Chantiers de l’Atlantique.


Ecrit le 5 octobre 2005 :

 Sécurité et santé au travail

Chaque année, 2,2 millions de personnes meurent du fait d’accidents ou de maladies liés au travail

C’est ce que dénonce le rapport du Bureau international du Travail intitulé :
Travail décent - Sécurité au travail, Rapport introductif au XVIIe Congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail, (Orlando, États-Unis)
paru le lundi 19 septembre

Même si le nombre de maladies et de décès a quelque peu baissé dans les pays industrialisés, le rapport du BIT mentionne que les accidents, notamment les accidents mortels, semblent eux en augmentation (10% par rapport à l’estimation du XVIe congrès de 2002).

C’est le cas dans quelques pays asiatiques où le phénomène est lié au développement rapide et à la forte pression engendrée par la mondialisation en matière de concurrence.

L’Organisation Internationale du Travail n’accepte pas que les blessures et maladies soient considérées comme des « risques du métier ». Dans le contexte de la mondialisation, le nouveau défi est de garantir qu’un nombre croissant de travailleurs bénéficie d’un travail sûr et salubre.

La dignité au travail

« La sécurité et la santé sont des éléments vitaux pour assurer la dignité au travail », déclare M. Juan Somavia, Directeur général du BIT.

« Et pourtant, chaque jour, en moyenne 5 000 hommes et femmes dans le monde perdent la vie du fait d’accidents ou de maladies liés au travail. Un travail décent est un travail effectué en sécurité, et nous sommes bien loin d’atteindre ce but. »

Le rapport du BIT souligne que le paludisme et les autres maladies contagieuses liés au travail, de même que les cancers causés par des substances dangereuses prennent de plus en plus d’importance, principalement dans les pays en développement.

La majorité de la population active manque de mesures préventives dans le domaine de la sécurité et de la santé, de compensation en cas d’accident ou de maladie et n’a pas accès aux services de santé sur le lieu de travail.

« La vérité est que, dans certaines parties du monde, beaucoup de travailleurs vont mourir faute de bénéficier d’une culture suffisante de la sécurité »,
regrette Jukka Takala, directeur du programme SafeWork du BIT.

« C’est le prix à payer pour un développement mal contrôlé. Nous devons agir rapidement pour renverser cette tendance. »

 Le nombre de décès liés au travail est largement sous-estimé

Le rapport du BIT constate que les systèmes de collecte des informations et de gestion de la sécurité et la santé dans beaucoup de pays en développement sont peu performants et même se détériorent.

L’Inde, par exemple, dénombre 222 accidents mortels et la République tchèque 231, alors que, dans ce dernier, le nombre de travailleurs représente 1% du nombre de travailleurs indiens.

Le BIT estime à 40 000 le nombre réel d’accidents mortels en Inde.

Chaque année, les substances dangereuses causent la mort d’environ 440 000 travailleurs. L’amiante, à elle seule, tue 100 000 travailleurs.

Au Royaume-Uni, selon les statistiques nationales, chaque année 3 500 personnes perdent la vie à cause de ce matériau - dix fois plus que le nombre de morts accidentelles.

L’Union européenne estime à 120 000 le nombre d’accidents mortels dans l’Union Européenne des 15, causés par une activité professionnelle. Pour les Etats-Unis, l’estimation est de 103 000.

Alors que les maladies professionnelles sont le principal problème des pays industrialisés, les risques d’accident prévalent dans les pays en développement, dans les secteurs comme les mines, la construction ou l’agriculture. Ces secteurs sont devenus moins importants dans les pays industrialisés où l’activité s’est développée dans les secteurs plus sûrs comme la banque ou le commerce.

Un autre constat du rapport : les plus jeunes des travailleurs (15-24 ans) ont tendance à souffrir plus d’accidents non mortels et de maladies que leurs aînés âgés de plus de 55 ans.

Les femmes sont plus touchées que les hommes par les maladies contagieuses comme le paludisme lié à l’agriculture, les infections bactériennes et virales, et des problèmes squeletto-musculaires. Les hommes meurent en grande partie du fait d’accidents, de maladies des poumons et de cancers liés au travail, ainsi que ceux dus à l’amiante.

La situation est aggravée dans certaines parties du monde par le VIH/Sida.

L’espérance de vie dans les pays en développement et les économies en transition a plongé bien en dessous de l’âge officiel de la retraite, (65 ans), et même en dessous de l’âge moyen de la retraite effective, (59-61 ans dans les pays industrialisés).

M. Takala souligne que la plupart des travailleurs n’ont jamais vu ni médecin ni inspecteur du travail.

De nouveaux problèmes émergent, comme les facteurs psychosociaux, la violence, les effets de l’alcool et les drogues, le stress, la cigarette, et le VIH/Sida aggravent le taux de morbidité et de mortalité mondial. Fumer, qui touche la plupart de ceux qui travaillent dans les restaurants, les activités de loisir et les secteurs de service, causerait 14% du total des décès consécutifs à une maladie, c’est-à-dire 200 000 décès.

 Le BIT estime à 28 millions de morts le nombre de décès dus au VIH/Sida depuis le début de l’épidémie

La prévention

Pour prévenir et réduire le nombre d’accidents et de maladies professionnels, l’action internationale, nationale, régionale et au niveau de l’entreprise est un préalable.

Les inspecteurs du travail ne devraient pas être perçus comme une nuisance ou une menace pour les affaires ; de fait les pays qui ont un bon système d’inspection du travail sont aussi les plus compétitifs.

Pour Jukka Takala, les médias mentionnent beaucoup les quelque 500 000 personnes qui meurent dans des guerres chaque année. Mais les plus de 2 millions de personnes qui meurent sur leur lieu de travail sont à peine évoqués - sans parler des autres victimes qui souffrent des suites d’un accident du travail ou d’une maladie chronique.

Le Congrès mondial est une occasion de mettre en lumière l’ampleur de ce problème, ce n’est pas seulement une réunion d’experts. Il faut que les médias et les décideurs accordent à ces questions une meilleure place dans l’agenda politique que cela n’a été le cas jusqu’ici.

Plus d’informations sur le Programme SafeWork de l’OIT et le rapport de l’OIT pour le Congrès mondial :
http://www.ilo.org/safework.

R. Le Gall


Ecrit le 21 juin 2006 :

 Service de santé au travail, bilan 2004

A Châteaubriant le service médical inter-entreprises (SMIE) a compétence sur les 19 communes de la CCC   pour toutes les activités professionnelles (sauf l’agricole et la fonction publique). Il s’intéresse aussi aux entreprises du bâtiment des cantons de Riaillé et St Mars la Jaille.
Le centre médical principal est situé rue des Tanneurs à Châteaubriant, mais il existe des centres médicaux fixes (Kuhn, Focast, Novembal, Viol, Saria, Atlas, FMGC) et des locaux annexes (mairies, maisons de retraite et autres) et des centres annexes d’entreprises (ABRFI, maisons de retraites de Rougé, Issé, St Julien, clinique Ste Marie, etc)

Au 31 décembre 2004, l’effectif surveillé était de 732 entreprises  :
– 601 entreprises de 1 à 10 salariés
– 98 entreprises de 11 à 49 salariés
– 32 entreprises de 50 à 299 salariés
– 1 entreprise de 300 salariés et plus.

Environ 8506 salariés ont été vus en 2004 dont 4411 soumis à une surveillance particulière. Il faut compter 380 salariés non vus.

Sur ces 8506 salariés, on compte 1274 salariés d’entreprises intérimaires en 2004 (contre 1132 en 2003).

Le service médical inter-entreprises s’appelle désormais « Service de Santé au Travail ». Les visites médicales systématiques doivent avoir lieu tous les deux ans (et non plus tous les ans), sauf pour les salariés soumis à une surveillance renforcée.

A signaler que, pour la région de Châteaubriant, les surveillances renforcées sont plus élevées que la moyenne : 52 % contre 20 %. Cela est sans doute dû au fait que la région conserve un secteur industriel relativement important (le secteur tertiaire, par exemple, ne nécessite pas la même surveillance).

Compte-tenu du caractère impératif du « tiers-temps » que les médecins du travail doivent passer dans l’entreprise, et de l’incompressibilité des « activités connexes », le médecin du travail ne peut pas réaliser l’ensemble des visites de surveillance médicale des salariés. C’est pourquoi des visites ont été reportées.

Service de santé au travail : 4 médecin(e)s

Quatre médecins (femmes) exercent au Service de Santé, à raison de 494 h par mois. Ils ont été amenés à faire des heures complémentaires, en 2004 ... et ils n’ont pas pu tout faire : 380 visites ont été reportées au début de 2005.

L’un d’eux, par exemple, suit 1782 salariés dont 67 % doivent bénéficier d’une surveillance spéciale (bruit, agents cancérogènes, travail sur écran, vibrations, etc).

Parmi ceux-ci, 542 salariés sont soumis à plusieurs cancérogènes : amiante, poussières de bois, silice, rayonnements ionisants, goudrons, chrome. A noter que le suivi de ces salariés se fait même après leur départ à la retraite.

« Les visites médicales annuelles sont orientées vers l’information des salariés sur les risques professionnels, notamment les cancérogènes, ainsi que sur la prévention et les moyens de protection existants. Les salariés sont demandeurs d’information sur les risques toxiques » dit ce médecin.

Un bilan

Au total, sur 9131 salariés examinés (dans ce nombre, il y a des salariés qui ont été vus plusieurs fois) :

8481 ont été déclarés aptes au travail, sans restriction
477 ont été déclarés aptes, sous certaines conditions (aménagement ou changement de poste)
173 ont été déclarés inaptes.

La surveillance médicale et ses conséquences

Positif : un plombier-chauffagiste atteint d’une sciatique, a pu changer de poste et devenir technicien-métreur.

Positif : le médecin du travail a pu rencontrer la Direction de Focast, avant les licenciements, et obtenir une reconnaissance d’invalidité pour des salariés qui n’auraient pas retrouvé du travail.

Négatif : un salarié reconnu en maladie professionnelle dès 1998 (asthme) a été remis à un poste empoussiéré ! L’asthme a récidivé. Mais l’avis médical risque de déboucher... sur un licenciement !

Négatif : des salariés n’ont pu être reclassés et ont été mis en arrêt maladie ou ont été licenciés.

Tableau 57

La quasi totalité des maladies professionnelles déclarées relèvent du « tableau 57 » : troubles musculo-squelettiques. Parmi celles-ci le syndrome du canal carpien touche essentiellement le secteur agro-alimentaire.

Souffrance mentale

Depuis la loi sur le harcèlement moral, les salariés abordent plus facilement le thème de la souffrance mentale au travail.

« Est-ce le témoin d’une dégradation des relations au travail ? ou le fait que les salariés osent enfin parler de ce qu’ils vivent depuis longtemps » se demande un médecin. « Ce sont des visites très longues, demandant une grande écoute de la part du médecin du travail. A nous ensuite de faire la part des choses afin d’aider le salarié en état de souffrance ».
Un autre médecin relève : « Un bon nombre de salariés présentent des signes parfois importants de souffrance mentale réactionnelle aux conditions de travail. Mais ceci n’est pas encore répertorié dans un tableau de maladie professionnelle ».

« Le travail a évolué, s’est intensifié. Les entreprises ont plus de difficultés financières ( ?) et le travail s’en ressent avec des retentissements importants sur les salariés : états dépressifs, insomnies, arrêts maladie. Dans de telles conditions, je contacte l’Inspection du Travail pour avoir une action commune ».

Des chiffres

Le Service de Santé au Travail comprend, en outre, du personnel de secrétariat (4 personnes pour 525 h, et une suppléante qui peut faire 60 h à 121 h par mois)) qui effectue des pré-visites médicales et des examens complémentaires (audiométrie, ergovision). Il ne chôme pas !

D’après les rapports des médecins du travail, 4673 salariés sont soumis à une surveillance particulière, dont 4468 ont un risque de TMS (troubles musculo-squelettiques)

28 risques de maladies professionnelles ont été décelés, conformément au tableau officiel que l’on peut trouver ici :
http://inrs.dev.optimedia.fr/mp3/
.

Par rapport à l’année 2003, on note une forte augmentation du nombre de salariés soumis à des risques particuliers.

Les principaux risques :

Risques 2003 2004
Bruit 2460 salariés 2733 salariés
Agents biologiques 1020 990
Travail sur Ecran 850 1129
Agents cancérogènes 590 768
Outils-vibrations 520 671
Poussières de fer 390 482
Silice 330 331
Travail de nuit 310 467
Poussières de bois 230 271
Huiles, graisses 230 350

Les risques les plus fréquents dans la région de Châteaubriant sont :

– ► 4468 salariés risquent des affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail (RG 57) (3950 en 2003)

– ► 1523 risquent des affections chroniques du rachis lombaire provoquées par la manutention manuelle de charges lourdes (RG 98) ou par des vibrations transmises au corps entier (RG 97) : soit 895 + 634 salariés (1170 en 2003)

– ► 862 risques d’eczéma, rhinite et asthmes professionnels (RG 66 et RG 84) (800 en 2003)...

Les chiffres de 2009

Santé et restructurations : le rapport de l’Hires, 2009