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Qui a affaibli le code du travail ?

Ecrit le 14 octobre 2009

Mais qui a affaibli le code du Travail ?

« Y a t-il obsolescence du droit du travail ?” demande Nicolas Demorand à Xavier Darcos à propos des suicides à France-Télécom. »Bien sûr« répond X. Darcos pourtant ministre du travail, en lançant un »plan de lutte contre le stress au travail" !

Mais qui a affaibli le Code du Travail et ses usages, toutes ces dernières années ? La droite et le Medef.

Voilà des années que les inspecteurs du travail expliquent que ce ne sont plus les coups de grisou qui tuent, mais les accidents cardiaques et vasculaires liés au travail.

Voilà des années qu’ils dénoncent des heures supplémentaires impayées.

Voilà des années qu’ils tirent le signal d’alarme sur les pratiques managériales, sur l’allongement épuisant des durées du travail.

Voilà des années qu’il y a eu des articles, des dizaines de livres là-dessus (France Télécom, “la machine à broyer” de Dominique Deceeze date de 2004, “Carnets d’un inspecteur du travail” date de 2002, “La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi pas le travail” date de 2006..) 

Avant, on pouvait garantir les « éléments substantiels » (fonction, lieu) du contrat de travail, contre les changements arbitraires. Mais la loi quinquennale de MM Balladur-Giraud, dés 1994, s’est attaquée à cela, inversant, au détriment des salariés, les moyens de l’employeur de l’imposer.

Avant, les conventions entraient dans les détails des grilles de métiers, de salaires avec des niveaux, des coefficients, selon les qualifications. Qui a laissé le patronat supprimer cela en laissant les conventions étendues sans ces indispensables chapitres ? C’est la droite, en passant le Code du Travail à l’acide des exigences du Medef. C’est le directeur général du travail, aujourd’hui envoyé en pompier à France Télecom alors que c’est le même qui a été l’auteur de la catastrophique “recodi-fication” technocratique, antidémocratique, du Code du Travail du 1er février 2005 au 1er mai 2008.

Qui a poussé à remplacer la notion de “qualification” selon les diplômes et les carrières, par “l’employabilité” ?

Qui a livré des cinquantenaires à l’usage “d’entretiens individualisés” par notations et objectifs arbitraires où de jeunes cadres biberonnés aux résultats qu’ils n’ont pas encore atteints, “saquent” des professionnels expérimentés, détruisent des humains “à la tête du client”, d’après des

objectifs absurdes inatteignables, parce
qu’ils ne correspondent pas aux nouvelles normes DRH ?

“Travailler plus pour gagner plus” n’est pas seulement un slogan mensonger, trompeur, démagogique puisque les salariés gagnent moins, sont poussés au chômage partiel, au Pôle emploi, au stress, à la dépression, au suicide, mais c’est un slogan mortifère.

Il faut travailler moins pour travailler moins, mieux et tous.

Il faut garantir les qualifications d’après les diplômes nationaux, imposer des échelles de métiers et de carrières, protéger les élements du contrat de travail, garantir contre les licenciements et les notations abusives.

Il faut en revenir aux 35 h voire 32 h : car tant qu’il y a 3 millions de chômeurs, 2000 de plus par jour, tant que Sarkozy, qui supprime 100 000 postes dans la fonction publique, alimente le chômage “avec ses dents”, il faut une échelle mobile des heures de travail pour partager le travail qui existe, tout en haussant des salaires que les richesses énormes des entreprises permettent tout-à-fait de payer.

 


Inspecteur du travail

 

Gérard Filoche