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Médicaments (02)

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(écrit le 25 juin 2002) :

 Anti-inflammatoire vedette : le Celebrex

Le Celebrex est un médicament lancé en 2000 qui représente le troisième poste de dépenses de la Sécurité sociale pour les médicaments. Ce produit du laboratoire Pharmacia a représenté, en 2001, un montant remboursé de plus de 125 millions d’euros.

La direction générale de la santé, la direction de la Sécurité Sociale et l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, ont saisi, mercredi 19 juin 2002, la Commission de transparence pour demander le réexamen du dossier de cet anti-inflammatoire « nouvelle génération » commercialisé en mai 2000

Selon la revue British Medical Journal, les auteurs de l’étude présentée par le laboratoire Pharmacia, ont uniquement communiqué les résultats (favorables) obtenus au bout de six mois, mais ont omis de rendre publics ceux obtenus après un an de traitement, qui ne démontrent aucun avantage pour les patients.

Ce type d’anti-inflammatoire est utilisé, depuis longtemps et à grande échelle, pour soulager les douleurs des personnes souffrant d’arthrose ou de maladies comme la polyarthrite rhumatoïde, mais avec des effets indésirables : risques d’ulcères et d’hémorragies digestives. Le Celebrex est censé être moins dangereux, mais ce n’est pas prouvé. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’il a un prix en moyenne quatre fois plus élevé que les anti-inflammatoires non stéroïdiens traditionnels.


Ecrit le 14 mai 2003 :

617 médicaments déremboursés

Le gouvernement a décidé en plein week-end de Pâques de réduire de 65 % à 35 % Ie taux de remboursement de 617 médicaments dont le service médical rendu a été jugé « modéré ou faible ». Ainsi le Ministère de la Santé espère-t-il alléger les dépenses de l’assurance maladie de 400 millions d’euros en année pleine.

Contrairement aux précédentes baisses qui concernaient des médicaments au service médical rendu insuffisant, il s’agit cette fois de produits qui constituent le « noyau dur » de la pharmacopée et qui sont souvent prescrits par les médecins.

La Mutualité Française - Loire-Atlantique constate une fois de plus que c’est la politique du transfert de charge qui est menée en imposant des coûts supplémentaires aux mutuelles et aux ménages. Le coût additionnel pour les mutuelles complémentaires correspond à une hausse d’environ 6.5 % des remboursements du poste pharmaceutique. Ce qui aura pour conséquence d’accroître les cotisations des adhérents mutualistes.

La Mutualité Française - Loire-Atlantique « s’élève » contre ces déremboursements partiels dont les premières victimes sont les assurés sociaux, car ils ne feront qu’augmenter les difficultés d’accès aux soins de tous ceux qui ne peuvent, pour des raisons financières, s’offrir une couverture complémentaire.

La position de La Mutualité Française - Loire-Atlantique a toujours été claire en la matière, les médicaments au service médical rendu insuffisant, qui n’ont aucune efficacité thérapeutique (835 sont classés dans cette catégorie) ne devraient plus être remboursés. En revanche les médicaments utiles doivent être correctement pris en charge. Les finances de la Sécurité sociale s’en porteraient encore mieux puisque l’on estime l’économie ainsi réalisée à 600 millions d’euros.

La Mutualité Française - Loire-Atlantique s’inquiète de cette décision qui va à l’encontre du bon sens et de l’intérêt des assurés sociaux et qui semble préfigurer ce que sera la nouvelle organisation du système de santé annoncée, à savoir un transfert massif des charges vers les ménages. Cela les mutualistes n’en veulent pas. Il est temps de proposer aux Français une véritable reforme structurelle de la santé et de l’assurance maladie qui privilégie la solidarité et l’accès aux soins.
Communiqué du 6 mai 2003

voir médicaments déremboursés


Ecrit le 6 août 2003 :

Déremboursements

Le Conseil d’Etat a annulé, mercredi 23 juillet, la baisse du taux de remboursement (de 65 % à 35 %) de dix médicaments (Cervoxan, Geram, Olmifon, Nootropyl, Gevatran, Tanakan, Ginkogink, Tramisal, Fonzylane, Praxilène) commercialisés par sept laboratoires pharmaceutiques. Une décision similaire avait déjà été prise le 20 juin par la haute juridiction pour deux vasodilatateurs (Duxil et Trivastal).

Dans sa décision, le Conseil d’Etat a, une nouvelle fois, fait valoir le « défaut de motivation » des avis de la commission de la transparence.

Pour éviter une remise en cause des déremboursements, le gouvernement a fait adopter, dans le cadre d’un projet de loi sur le sport, jeudi 17 juillet, un amendement empêchant que la « légalité » des déremboursements décidés « avant le 1er juillet 2003 » puisse être « contestée » pour cause « d’irrégularité des avis rendus par la commission de la transparence ».

Le Conseil constitutionnel, n’a pas apprécié ce « cavalier législatif » - nom donné à des articles sans rapport avec les projets dans lesquels ils sont insérés : il a censuré cette disposition. C’est qu’il n’aime pas le sport ? ou les cavaliers ? Le ministère de la santé a indiqué que « la mesure de validation nécessaire sera donc présentée à nouveau au Parlement à l’automne dans un véhicule législatif approprié ». Ils en ont des façons de causer ces gens-là ! ... un véhicule législatif !


écrit le 15 octobre 2003

Médicaments : Optez pour le bon usage !

Chacun a une relation complexe avec les médicaments, amis ou ennemis, potions ou poisons ?

Le médicament est ami lorsqu’il facilite la vie, fait disparaître la douleur, calme l’angoisse, permet d’éviter les grossesses non désirées, garantit une meilleure santé en abaissant les taux de sucre, cholestérol, tension artérielle, lorsqu’il maintient le virus du SIDA ou de l’herpès sous contrôle, améliore le souffle ou facilite le transit intestinal ...

Il devient plus difficile à accepter lorsqu’il donne des douleurs d’estomac, des vertiges, des diarrhées ou des transpirations, lorsqu’il faut le prendre pour une longue période, lorsqu’on se sent « esclave » de sa prise régulière et coupable lorsqu’on l’a oublié.

Les personnes âgées, qui ont fait face à d’autres pertes (cheveux, dents, vue, robustesse physique, notamment) l’acceptent un peu mieux, mais oublient néanmoins régulièrement leurs petites pilules.

Trop c’est trop

Et si l’on prenait trop de ces pilules, gélules, potions, sirops, cachets et autres comprimés ? Il semble en effet que les Français (et les médecins !) aient pris de mauvaises habitudes. Par exemple, en médecine de ville, les antibiotiques représentent plus de 80 millions de prescriptions dont 30 millions seraient inutiles car prescrites dans des infections virales. De plus, l’usage excessif d’antibiotiques développe des résistances bactériennes.

On évoque de plus en plus le rôle des médicaments dans la surmortalité des personnes âgées, par exemple lors de la canicule de l’été dernier : certains médicaments entraînent des chutes, des déshydratations (médicaments diurétiques), des troubles du comportement (somnolence) qui, en réduisant la vigilance, augmentent les risques.

Depuis de nombreuses années, la Mutualité Française mène une politique offensive sur les médicaments. « Nous souhaitons proposer une offre basée sur le bon usage du médicament en remboursant ce qui est utile et en offrant de nouveaux services aux adhérents » affirment Yves Le Gall et Jean-Paul Leduc, délégués de la Mutualité à Châteaubriant .
Un moyen de sensibilisation : le théâtre : sept représentations seront données sur la Loire-Atlantique : des saynètes, expliquant avec humour et pertinence notre rapport aux médicaments, sont jouées par les comédiens de la compagnie « Entrée de Jeu ». Ils invitent les spectateurs à prendre place sur scène et à tenir le rôle d’une maman paniquée avec son nourrisson en pleurs ou d’une personne âgée perdue face à une prescription trop longue et trop complexe... (Vendredi 17 octobre à 14 h à la Halle de Béré   à Châteaubriant ).

Un débat permettra d’Informer les usagers sur :
– le service médical rendu
– les problèmes liés à la surprescription
– l’utilisation des génériques.

Médicaments : + 72% entre 1992 et 2002
28.6 milliards d’euros de dépenses pour le poste médicaments en 2002.
Sommes nous plus malades qu’il y a dix ans ?

Les médicaments présentent souvent un facteur favorisant des chutes. Ils peuvent provoquer une chute de tension, surtout en position debout, une baisse de la vigilance, des troubles visuels, des besoins fréquents d’uriner.

La chute est à l’origine de plus de 60% des accidents observés après 60 ans.

Environ 1/3 des sujets de plus de 65 ans font au moins une chute par an.
5% des chutes s’accompagnent de fractures et 5 à 10 % d’autres traumatismes motivant des soins.

L’usage excessif des antibiotiques en France explique le nombre croissant de bactéries résistantes aux traitements (les antibiotiques détruisent certaines bactéries mais développent aussi l’activité de certaines autres).

Se soigner par antibiotique quand ce n’est pas utile (lors d’une infection entraînée par un virus) entraîne des dépenses qui auraient pu être évitées mais finit aussi par poser, en France, un sérieux problème de santé publique : ainsi plus de 50 % des pneumocoques, bactérie retrouvée par exemple dans les otites, sont maintenant résistants à la pénicilline.

En 2002, la dépense totale de santé atteint 165.4 milliards soit une hausse de 6.5 % par rapport à 2001.

En une année, plus de 10 milliards d’euros ont été injectés dans le système de santé.

Il n’est donc pas inutile de réfléchir à la politique de santé, et notamment à l’usage des médicaments. C’est ce que propose la Mutualité.



Ecrit en septembre 2001 :

Industrie pharmaceutique : Un homme à abattre

Cela aurait pu fournir la trame d’un roman policier. Malheureusement pour German Velasquez, un Colombien âgé de cinquante-trois ans, directeur du Programme d’action pour les médicaments essentiels à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les faits sont bien réels. Ils justifient la mise sous protection de son domicile, du côté français de la frontière avec la Suisse.

Au couteau

Le 26 mai 2001, alors qu’il se trouve à Rio de Janeiro, dans le cadre de ses fonctions à l’OMS, il est attaqué dans la rue et dévalisé. Armé d’un couteau, son agresseur lui laisse en souvenir une plaie au bras de seize centimètres. Deux jours plus tard, German Velasquez se trouve à Miami, à la veille d’une réunion de l’OMS consacrée aux restructurations internes. Alors qu’il se promène, le soir, dans Lincoln Road, deux hommes l’agressent. Ils braquent un pistolet sur lui, le menacent de mort, et le frappent à coups de pied. En partant, l’un des deux hommes lance : « On espère que tu as retenu la leçon de Rio. Arrête de critiquer l’industrie pharmaceutique ! ». German Velasquez signale aussitôt l’agression à la police de Miami, et informe le siège de l’OMS, à Genève, ainsi que les Nations Unies à New York.

Coups de téléphone anonymes

Dix jours plus tard, un correspondant anonyme appelle German Velasquez à minuit à son domicile, et lui demande en anglais : « Tu as peur ? ». Et lorsque le responsable de l’OMS demande à qui il a affaire, il s’entend répondre : « Miami, Lincoln Road. »

Le service de sécurité de l’OMS met alors immédiatement en place une protection.

Parallèlement, les autorités judiciaires françaises sont alertées : le procureur de la République de Bourg-en-Bresse est saisi d’une plainte. L’ambassade de France à Genève intervient auprès du ministère de l’intérieur à Paris, qui autorise la mise sur écoute du téléphone de German Velasquez.

Le 19 juin 2001, nouveau coup de téléphone anonyme. Cette fois-ci le même homme avise explicitement le fonctionnaire de l’OMS de ne pas assister le lendemain à une réunion de l’O.M.C.(Organisation mondiale du commerce), où doit être débattue la question du droit à la santé et des droits de propriété intellectuelle sur les médicaments. German Velasquez y représentera malgré tout le Dr Gro Harlem Brundtland, directrice générale de l’OMS.

Menaces

Survenant dans les mois qui ont suivi la défaite judiciaire de trente-neuf laboratoires pharmaceutiques face à l’Afrique du Sud, il apparaît clairement que les menaces proférées contre German Velasquez ne sont pas le fruit du hasard. Titulaire d’un doctorat en économie obtenu à la Sorbonne, le Colombien est l’un des meilleurs experts, et un infatigable défenseur de l’accès des pays les moins riches aux traitements.

Il a en particulier rédigé, avec Pascale Boulet, une brochure pour l’OMS intitulée « Mondialisation et accès aux médicaments », dans laquelle est disséqué l’accord sur les Aspects du droit de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC, également connu sous le sigle Trips, voir plus loin).

Les auteurs y signalent en particulier les brèches que peuvent constituer, pour les pays en voie de développement, deux dispositions de cet accord : les licences obligatoires et les importations parallèles.

Pressions

La direction de l’OMS a subi de nombreuses pressions, américaines notamment, pour que cette brochure ne soit pas diffusée et pour que l’économiste colombien soit renvoyé, mais elle a tenu bon. De plus, German Velasquez passe pour avoir aidé le gouvernement sud-africain dans l’élaboration de la loi sur les médicaments que les multinationales ont tenté en vain de bloquer.

En tout cas, on confirme auprès des autorités judiciaires françaises qu’une instruction a été ouverte au mois de juillet.

Paul Benkimoun
d’après le Monde du 23 août 2001)


Ecrit le 30 janvier 2008

 Médicaments sous surveillance : Taranabant

Après le médicament anti-obésité, Rimonabant, refusé aux USA pour avoir provoqué quatre suicides, des troubles de l’humeur, des idées suicidaires et des phobies soudaines, on apprend qu’un autre médicament anti-obésité, le Taranabant, produirait un sur-risque de même nature. Depuis la mi-janvier 2008, ;les labos américains sont tenus de rechercher, lors des essais de médicaments, les effets secondaires psychiatriques. En France, et en Europe, on attend encore.