Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Santé, questions générales > Médicaments > Médicaments : le gâchis

Médicaments : le gâchis

ADN, ARN, voir page 1498

Ecrit le 23 janvier 2008

 Génétiques : Gêne et Tique !

Contrairement à d’autres pays d’Europe, la France tire un profit minimal des médicaments génériques. Tel est le résultat principal d’une étude comparative menée par IMS Health, un organisme de recherche sur la santé, concernant les prix de ces produits au sein de l’Union européenne (UE).

Prix de revient à la production, marges des pharmaciens, nombre de produits concurrents sur une même molécule, prix de vente officiels, etc. : l’étude de IMS Health montre que l’assurance-maladie française paie les médicaments génériques deux fois plus cher que les Scandinaves et les Anglais. La palme revient aux Suisses qui les paient trois fois plus cher.

 RAPPORT DE FORCES

L’étude montre aussi que les rapports de forces entre distributeurs (grossistes et pharmaciens) et fabricants jouent un rôle dans la composition du prix. En Grande-Bretagne, où le distributeur est puissant (chaînes de pharmacies), les prix à la fabrication sont dix fois moins élevés qu’en Suisse où le fabricant impose sa norme - Sandoz est le numéro deux mondial du générique.

En France, où la distribution est émiettée, le produit sorti d’usine se paye sept fois plus cher qu’en Grande-Bretagne. Ces prix fabricants conditionnent ensuite les marges des grossistes : les prix affichés dans l’Hexagone sont ainsi quatre fois plus élevés qu’outre-Manche.

Le classement final établi par IMS Health montre que les patients scandinaves et anglais tirent le meilleur profit de l’utilisation des génériques, les Français arrivant en queue de peloton.
(Source Le Monde)

 Prescriptions de médicaments : Le gâchis

La nouvelle étude du magazine Que Choisir confirme l’irrationalité des prescriptions de médicaments en ville, déjà constatée dans une étude diffusée au mois de septembre : « les médecins ne prescrivent pas toujours les médicaments les moins chers, voire même les plus efficaces ».

Au total, sur seulement 5 classes de médicaments (14 % des prescriptions de ville) et à qualité de soins au moins équivalente, 1 milliard d’euros aurait pu être économisé de 2002 à 2006 (200 millions/an).

Concernant les médicaments utilisés dans la prévention ou les suites d’un accident cardio-vasculaire, (459 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2006), la forte progression des dépenses de cette classe (+ 88 % de 2002 à 2006) est principalement le fait d’un médicament, le Plavix®.

Or, dans un nombre de cas important, l’aspirine à faible dose - 27 fois moins chère - devrait être substituée au Plavix !

– A qualité de soin équivalente,
– c’est une économie de 350 millions
– d’euros qui aurait pu être réalisée
– sur la période 2002-2006,
– soit 70 millions d’euros par an.

Ce surcoût vient s’ajouter aux 660 millions d’euros de gâchis constatés sur les prescriptions de ville de 2002 à 2006 (132 millions par an) dans le traitement de maladies telles que les reflux gastro-oesophagiens, l’arthrose et l’hypertension.

Ces résultats font écho au constat sans appel récemment dressé par la Cour des Comptes puis par l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS). Il apparait notamment que la prescription est trop largement influencée par l’industrie pharmaceutique et que celle-ci oriente la prescription des médecins. On compte en effet en France 1 visiteur médical pour 9 médecins libéraux, soit deux fois plus qu’en Angleterre ou en Allemagne et quatre fois plus qu’aux Pays-Bas.

L’UFC-Que Choisir estime inconcevable que le ministère de la Santé ne prenne pas la mesure de ces deux grands rapports publics et n’envisage pas une réforme profonde de la politique du médicament. « Nous suggérons la mise en place de 1700 visiteurs médicaux publics dont le coût annuel est estimé à 200 millions d’euros, et qui pourrait être financé par la taxe sur les laboratoires pharmaceutiques » (communiqué)

 Un blog santé

Claude
Frémont
ancien
directeur
de la
CPAM  
de Nantes
a lancé
un blog sur
les questions
de santé (1) :

On y parle en particulier du laboratoireSanofi-Avantis et de son médicament le Rimonabant.

« Un cabinet d’avocats américain a engagé une procédure au nom de tous les actionnaires de Sanofi-Aventis, accusant le laboratoire français d’avoir dissimulé les effets secondaires de son médicament contre l’obésité, Rimonabant (commer-cialisé en Europe sous le nom d’Acomplia). Les autorités sanitaires américaines ont dû en effet refuser d’homologuer le médicament, en raison de ses effets secondaires psychiques… et ...l’action a cédé 7% au cours des deux séances qui ont suivi cette décision. (Les Echos, 4 janvier 2008) ».

Autorisé en France, l’Acomplia est remboursé à 35 %, mais à 100 % dans le cadre du diabète. Il est classé dans la catégorie des « médicaments d’exception » La fiche d’information thérapeutique signale ceci, à la rubrique « effets indésirables » : « Selon les données disponibles, jusqu’à 10 % des patients traités par rimonabant ont présenté des troubles dépressifs ou des troubles de l’humeur avec symptômes dépressifs et jusqu’à 1 % ont présenté des idées suicidaires »…

Par pages entières, il fait cependant l’objet de placards publicitaires dans tous les quotidiens et hebdomadaires médicaux.

http://www.claude-fremont.fr/


NOTES:

(1) http://www.claude-fremont.fr/