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ADN, ARN

Ecrit en 2002

TTCCAACTATACCACRACGTCTGTCTTGGATAATG

Cette succession de quatre lettres représente une très petite portion de la très longue molécule d’ADN.

Les lettres A,T,C,G représentent 4 composants chimiques :
A Adénine
T Thymine
C Cytosine
G Guanine
L’ordre de ces composants constitue le message génétique.

Chaque gène (c’est-à-dire chaque portion de chromosome) peut être considéré comme un « mot » écrit avec les quatre « lettres » A,T,C,G, un mot très long puisqu’il comprend en moyenne 1000 « lettres » parfois beaucoup plus. Ce mot contient tout le programme de construction d’une molécule chimique précise. Il suffit qu’une « lettre » soit changée pour que la construction soit modifiée.

Décoder un gène, c’est trouver l’ordre exact des quatre lettres.

Un ordre qui a son importance : une seule lettre changée et tout change. Exemple :

manger le chocolat et ranger le chocolat
ce n’est pas la même chose !


(écrit le 16 septembre 2002)

ADN et ARN

L’ADN c’est le principal constituant des chromosomes. Il est composé de quatre « bases » désignées par les lettres A,C,G,et T. L’enchaînement de ces lettres détermine le message héréditaire : couleur des cheveux, des yeux, prédisposition à certaines maladies, etc. Au total, trois milliards de ces « bases » composent le génome humain.

Le gène c’est une petite portion de la molécule d’ADN qui contient les informations dont la cellule a besoin pour vivre

L’ARN c’est le messager, le traducteur, celui qui traduit les gènes de l’ADN en protéines qui vont agir directement sur l’organisme.

Mais les recherches actuelles montrent que certains fragments d’ARN peuvent « jouer » sur les gènes, les neutraliser, les mettre en sommeil.

L’espoir est d’utiliser l’ARN pour rendre des cellules résistantes au virus du sida ou de la poliomyélite.

C’est dans les années 1955 que le biochimiste français Mirko Beljanski commença à percer le rôle de l’ARN. Lui en voudrait-on d’avoir eu raison trop vite et d’avoir fait de l’ombre à des scientifiques à la mode ?


Ecrit en juillet 2002

Notre patrimoine décrypté

Une étape majeure dans l’histoire de l’humanité : lundi 26 juin, la première ébauche du génome humain a été présentée par les pays impliqués dans ce projet mondial.

On l’avait tout d’abord attendue pour 2001, puis pour cette année, puis pour le mois de juin. Cette fois, on y est ! Lundi 26 juin, Roger-Gérard Schwartzenberg (à ne pas confondre avec Léon, le médiatique cancérologue !) et Jean Weissenbach, respectivement ministre de la recherche et directeur général du Génoscope, ont présenté le bilan de la participation française au séquençage du génome humain.

Le même jour, des annonces similaires ont été faites à Londres, Tokyo, Pékin, Washington et dans toutes les capitales des pays impliqués dans ce projet mondial

Grâce au programme international, financé depuis dix ans par 18 pays, l’essentiel des trois milliards de paires de bases qui composent notre patrimoine héréditaire est désormais décrypté et va pouvoir être mis à la disposition de tous, et permettre aux scientifiques du monde entier de s’atteler à la compréhension de ce grand livre de la vie.

Ainsi le séquençage du génome est quasiment achevé.

Une saine concurrence

L’être humain comporte 23 paires de chromosomes, cela fait 64 emplacements où se trouvent 30 000 à 100 000 gènes. Le « séquençage du génome » c’est en quelque sorte la cartographie de ces gènes qui déterminent notre patrimoine héréditaire. C’est le moyen de comprendre les mécanismes du vivant, de dépister voire d’empêcher des milliers de maladies

Si chaque laboratoire avait travaillé dans son coin, il aurait encore fallu 50 ans, au moins, pour y arriver.

En octobre 1990, Hubert Curien, ministre de la recherche et de la technologie, annonce le lancement d’un programme national. Ce choix portera chance à la recherche française, comme le feront les opérations d’incitation à la charité publique. Forte du financement gouvernemental, forte, surtout, de l’existence du Généthon, structure hors du commun créée sur le même type que le Téléthon une équipe de recherche, dirigée par Daniel Cohen et Jean Weissenbach, annonce en 1992 avoir réalisé une première et grossière cartographie du génome.

En 1993, les mêmes chercheurs français publient la première carte physique de « 90 % du génome humain ». En 1995, la revue Nature propose un premier bilan, sous la forme d’un épais « Annuaire du génome » rédigé par deux cents chercheurs. Une carte à grande échelle couvrant plus de 75 % de nos chromosomes, une autre, plus fine, portant sur quatre d’entre eux (les chromosomes 3, 12, 16 et 22), le séquençage partiel de plus de 30 000 gènes. Le projet mégalomaniaque a bel et bien pris sa vitesse de croisière.

C’est à ce moment que se manifeste celui qui va lui donner son second souffle : Craig Venter, « l’enfant terrible » du génome. En 1995, cet américain annonce avoir séquencé partiellement plus de 60 000 gènes humains, dont 40 000 inconnus jusqu’alors. Venter, en bon chercheur, se déclare tout à fait désireux que ces données soient accessibles à tous. Mais l’homme de science est aussi homme d’affaires, et pose une condition : que revienne à la société privée qu’il a créée, HGS, un droit prioritaire sur leurs retombées financières

La compétition farouche, et qui risque d’être fratricide, qui se joue entre le public et le privé a pour effet immédiat de provoquer une formidable accélération des recherches.

Mais la stratégie de séquençage de Craig Venter comporte une faille. Rapide et peu coûteuse, elle ne livre pas la séquence complète de l’ADN, mais seulement une séquence à « trous », qui, de surcroît, est éparpillée en milliers de fragments. Alors la recherche publique, dont la technique de séquençage, plus lente et plus coûteuse, peut offrir en revanche un décryptage intégral de l’ADN fait appel aux pouvoirs publics qui débloquent des fonds importants.

Et voilà comment la concurrence des instituts privés et publics a permis d’accélérer les recherches et d’aboutir à la connaissance du patrimoine génétique humain.

Le risque des intérêts privés

Ce qui est obtenu actuellement, c’est le séquençage du génôme, c’est-à-dire l’étude de fragments de 1500 bases environ. C’est un bon début, mais il reste beaucoup à faire pour relier ces fragments entre eux, repérer tous les gènes : leur localisation et leur fonction.

Alors naîtront de nouveaux procédés, pour guérir le diabète par exemple, ou l’hémophilie, ou la mucoviscidose. Le premier succès de la thérapie génétique, c’est la guérison des « enfants-bulles », cette année. Les progrès attendus sont immenses et les intérêts économiques colossaux.

Il se déroule donc tout un débat pour savoir s’il faut breveter les gènes humains.

Le risque existe : une directive européenne sur les biotechnologies ouvre la voie à la confiscation du savoir génétique par de grands groupes privés. La position de la France, et de nombreux chercheurs, c’est qu’il ne faut pas breveter le vivant.

Un exemple : « il est normal que le procédé de fabrication de l’insuline par génie génétique soit brevetable. Mais il ne saurait être question de breveter, ni le gène de l’insuline, ni l’insuline elle-même » dit Jean Paul Geai, rédacteur en chef de la revue « Que Choisir ».

Le patrimoine génétique de l’homme ne doit pas être privatisé. La directive européenne doit être modifiée. Aucun Etat membre n’a encore transposé cette directive dans son droit national. Les Pays-Bas et l’Italie l’ont même attaquée devant le Cour Européenne de justice.

La France, qui exerce depuis le 1er juillet la présidence de l’Europe, doit réclamer une renégociation de ce texte communautaire, pour que les gènes de l’homme ne deviennent pas la propriété privée de grandes groupes industriels qui ne chercheraient à développer que leurs intérêts commerciaux.