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Les 20 ans de l’ADIE - décembre 2008

Ecrit le 3 décembre 2008

 L’ADIE est présente sur le Pays de Châteaubriant  

L’ADIE est une association créée il y a 20 ans (décembre 1988) par Marie Nowak pour faire du microcrédit un outil de lutte contre l’exclusion. Cette association a permis la naissance de 51 000 petites entreprises (62 000 emplois créés) au sujet desquelles Marie Nowak a déclaré : « Je rends hommage au talent, au courage et à l’énergie des Chômeurs et Rmistes qui sont sortis de l’exclusion en créant une entreprise, ainsi qu’à la solidarité de l’ensemble des partenaires publics et privés ».

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ADIE - 20

 Exclus du système bancaire

C’est qu’en effet l’ADIE s’adresse aux personnes exclues du système bancaire, à la suite d’accidents de la vie (divorce, perte d’emploi) ou d’accident bancaire (surendettement) : 43 % des clients de l’ADIE sont chômeurs, 43 % sont RMIstes et 14 % sont des travailleurs pauvres.

La caractéristique majeure du microcrédit accordé par l’Adie est d’aider aussi bien des personnes qui savent à peine lire et écrire (21%), que celles qui ont fait des études universitaires (22%), et qui, dans un cas comme dans l’autre, n’ont pas accès au crédit bancaire.

Les personnes s’adressant à l’ADIE viennent spontanément (par ouï-dire) ou sont envoyées par des partenaires (ANPE, assistants sociaux, chambre des métiers, etc). « Ils ont un projet, ils viennent nous voir pour l’exprimer, pour définir de quoi ils ont besoin. Nous leur conseillons d’abord d’aller vers leur banque car ils peuvent y trouver des prêts avantageux. Mais nous savons, par exemple pour un bénéficiaire du RMI, quelles peuvent être les réponses des banques, et donc nous ne les renvoyons pas vers un système qui les a déjà exclus. C’est donc l’ADIE qui prête ».

L’ADIE prête en moyenne 2000 € sur 15 mois ; à un taux élevé : 9.70 % environ « Car cet argent nous devons l’emprunter nous-mêmes et financer notre action ». Emprunter à l’ADIE n’est pas financièrement avantageux, mais cela ouvre la porte de subventions de la Région et du Conseil Général, et cela procure un accompagnement.

 Accompagnement

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Nicolas Garnier,

L’association est présente sur le Pays de Châteaubriant   : « Nous nous déplaçons à domicile » explique l’animateur Nicolas Garnier. « Pour nous, il faut aller au delà des accidents bancaires : il y a du savoir-faire, des envies de réaliser. Nous sommes prêts à soutenir les porteurs de projet, même s’il y a eu un premier échec de création d’entreprise ».

Nous avons d’abord un accompagnement collectif » dit Nicolas Garnier : expliquer le rôle de l‘ADIE, donner les clés pour bien démarrer, pour bien gérer son budget, assurer une formation informatique. « Nous pouvons même fournir des ordinateurs à prix très réduit ». Respecter les obligations légales, anticiper les charges sociales et fiscales, préparer le développement de l’entreprise grâce à une bonne relation bancaire et identifier les perspectives commerciales : cela ne s’invente pas ! C’est là que l’ADIE a un rôle à jouer pour la pérennité de la micro-entreprise.

« Et puis nous avons un accompagnement individuel, permanence administrative, permanence commerciale, conseils de professionnels », ceci étant généralement assuré par des bénévoles.

« Ce qui fait la différence entre un bon projet et un moins bon, c’est le porteur, sa personnalité, son enthousiasme, son soutien familial ». Paradoxalement il arrive que l’ADIE soutienne des projets en sachant qu’ils ne réussiront pas : « Parce qu’un échec n’est jamais certain. Parce qu’un échec est le moyen, pour un porteur de projet, de se rendre compte de ses erreurs et de passer à autre chose. Nous n’avons pas le droit de juger de l’opportunité de tel ou tel projet à partir du moment où nous savons que nous allons être remboursés ».

L’ADIE fait presque toujours appel à une personne-caution dans l’entourage de l’emprunteur. « Sa présence est un élément de soutien et de valorisation du travail du créateur ». Mais dans des cas particuliers, pour les gens du voyage par exemple, l’Adie a mis en œuvre un système de témoins. Chaque emprunteur fournit deux témoins de moralité, un emprunteur connu de l’Adie et un emprunteur potentiel : une défaillance de remboursement se traduit par l’impossibilité d’emprunter pour les deux témoins.

L’ADIE évalue aussi l’environnement personnel du futur créateur : sportif, culturel, communautaire. « Cela nous permet de cerner le besoin auquel souhaite répondre le créateur d’entreprise, et de d’évaluer le soutien affectif ou professionnel dont il pourra bénéficier ».

Alors les résultats ? « Très bons puisque 80 % des personnes à qui nous attribuons des prêts sortent des minimas sociaux, soit en consolidant leur micro-entreprise, soit en retournant vers le salariat » dit Nicolas Garnier.

L’opinion des clients est que :
– l’accès au crédit est plus important que le coût du crédit,
– le montant des échéances reste compatible avec leur revenu,
– le coût du crédit est faible, par rapport à l’ensemble des services apportés par l’ADIE.

 Des emplois créés à faible coût

Dans un pays où le nombre de personnes en situation précaire (chômeurs, bénéficiaires d’aide sociale, travailleurs pauvres) atteint 7 millions, la création d’emplois est la première priorité.

Le coût moyen de l’appui à la création d’une micro-entreprise est évalué par l’Adie à 2 000 euros, comprenant l’ensemble des coûts opérationnels (non compris le montant du crédit et des prêts d’honneur qui sont remboursés). Même en ajoutant une prime régionale et le coût moyen du risque, le coût total pour les Pouvoirs publics ne dépasse pas 3 000 à 3 500 euros, alors que le coût moyen d’un chômeur est supérieur à 20 000 euros par an.

Chaque entreprise financée par l’Adie crée en moyenne 1,2 emplois au cours de ses années de démarrage. Certaines de ces entreprises se développent et, devenues clientes des banques, peuvent créer plusieurs dizaines et parfois centaines d’emplois.

 Création et développement

L’ADIE apporte deux types de prêts : création et développement. Les montants sont peu élevés (moyenne 2000 €), le taux de remboursement avoisine les 95 % en Loire-Atlantique.

Tailleur de pierres, DJ, sandwicherie, coiffeur à domicile, électricien, forgeron, gérant de camping, élagueur, tapissier, dépanneur à domicile, ostéopathe, orthophoniste … le champ des métiers est étendu. « Les gens que nous aidons sont très contents, parce que nous leur avons fait « crédit » (= confiance) ». Quand l’entreprise réussit, ce qui est souvent le cas, cette confiance restaurée permet aux clients d’obtenir de nouveau des crédits bancaires.

Au-delà des résultats chiffrés, le véritable succès de l’ADIE est d’avoir changé le regard de l’opinion publique sur les chômeurs et les bénéficiaires de l’aide sociale, en prouvant leur capacité à créer leur propre emploi, à emprunter et à rembourser les prêts.

Contact : ADIE : 0 800 800 566
(gratuit à partir d’un poste fixe)


Ecrit le 18 février 2009

 613 micro-crédits

En 2008, en France, l’Adie (Association pour le Droit à L’Initiative   Economique) a accordé près de 13 000 microcrédits à des micro-entrepreneurs exclus du crédit bancaire

• +30% de microcrédit par rapport à 2007
• Près de 12 000 emplois créés
• Un taux d’insertion de 80%

En région Pays de Loire, 613 microcrédits ont été accordés générant 503 entreprises et 612 emplois.

Sur la région de Châteaubriant, en 2008, 12 créateurs ont été soutenus dont 9 nouveaux (les 3 autres ont obtenu un renouvellement). Dix d’entre eux sont en zone rurale, c’est à dire hors de Châteaubriant. Sur ces 12 personnes on compte 5 RMIstes, 3 personnes sans aucune aide sociale, et 4 bénéficiaires de l’ARE (allocation Assedic). Les femmes sont encore trop peu nombreuses (4 sur 12)

Renseignements au 0 800 800 566 (gratuit à partir d’un poste fixe)