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Vache folle (02)

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Ecrit en novembre 2000 ?

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Qui sont les vaches folles ?

Il est particulièrement intéressant de constater que 90 % des vaches folles sont des « laitières », destinées à la production de lait et alimentées jusqu’en 1996 par des farines animales pour stimuler leur production. Cela représente 4 millions de bovins en France. Ces vaches laitières, vendues comme « bêtes de réforme » à la fin de leur carrière, représentent environ 300 kg de carcasse et sont payées 5000 à 6000 F la bête.

Il y a une autre catégorie de vaches, les allaitantes, qui produisent des veaux pour la filière viande. Elles sont essentiellement nourries à l’herbe. Quand elles sont vendues comme « race à viande », elles représentent 500 kg de carcasse à l’abattage pour environ 12 000 F.

Ces précisions « race laitière », « race de viande » figurent actuellement sur l’étiquette des morceaux que l’on achète en France. Mais à partir du 1er janvier 2002, s’appliqueront les règles européennes en matière d’étiquetage et on n’y trouvera plus ces indications-là !

En attendant, si l’on suit la demande du Président de la FNSEA, d’abattre toutes les bêtes nées avant le 15 juillet 1996, c’est 10 à 15 % des vaches laitières qui devraient être éliminées et 80 % du cheptel des bêtes à viande !

Dioxines etc

Avec des conséquences graves ... pour la santé des Français : actuellement les usines d’incinération ne peuvent pas faire face à cette masse de farines animales et de bêtes qu’il faudrait abattre. De plus, et c’est autrement plus grave, l’incinération entraîne la production de dioxines ... toxiques pour l’organismes humain.

Le pire dans cette histoire de vaches folles, c’est que la psychose collective est sélective. Elle porte sur la viande rouge alors que « il a été jusqu’à présent impossible de reproduire l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) à partir de viande rouge » dit le Directeur Général de la Santé en France. En revanche les dérivés de la viande bovine ne finissent pas tous dans les boucheries « Il y a les raviolis, les gélatines, les sauces et les biscuits ». même les gélules de médicaments sont faitees à partir de gélatine issue de la filière bovine !

Et si on augmentait la surface en herbe ?

La solution, simple, pour nourrir les bestiaux, serait de revenir aux pratiques ancestrales : l’herbe des prés. La France dispose de vastes surfaces pour produire les plantes protéagineuses nécessaires : tournesol, colza, féveroles, lupin, soja. C’est donc tout simple, mais pas si facile :l’Europe, et donc la France, ne peut pas augmenter sa production, sur une simple décision. Elle est tenue depuis 1992 par un engagement pris avec les Etats-Unis. De plus, les aides européennes attribuées à ce type de culture sont en baisse : 84 euros par tonne en 1999, 74 prévus en 2001 et 63 en 2002. Du coup les surfaces européennes en protéagineux diminuent ! Le ministre de l’agriculture peut tenter de faire rouvrir le dossier mais ses collègues européens ne semblent pas prêts à le suivre, pour ne pas augmenter le budget attribué aux productions agricoles. Alors on va importer des protéagineux d’Amérique, largement à base d’OGM (organismes génétiquement modifiés). Cela ne produira peut-être pas la maladie de Creutzfeldt-Jakob, mais ce sera une autre maladie, ou des malformations génétiques ....

Mais qui a dit que les farines ...

Mais qui a dit que les farines animales étaient excellentes pour alimenter les vaches. Comme dit André Sinenberg, c’est contre nature ! Quant aux agriculteurs, ils sont bien incapables de fabriquer ces maudites farines dont les scientifiques et les chimistes avaient garanti l’innocuité. Mais ce sont les éleveurs qui paient maintenant les pots cassés, comme les pauvres gens qui vont être malades .

Dans le cochon tout est bon.

C’est donc le désarroi total chez les producteurs de viande, à commencer par ceux qui ont misé sur la qualité, sur l’élevage traditionnel, extensif et sur herbages naturels, avec un cahier des charges drastique, et qui se trouvent pénalisés comme les autres. Il y a chez eux une véritable détresse qui peut conduire à des dépressions voire à des suicides, mais de ces morts-là on n’en parlera pas. C’est ce qu’a expliqué André Sinenberg lors des dernières journées gastronomiques de Châteaubriant. Il a expliqué aussi qu’il y a toujours eu, ici ou là, des « vaches folles », à l’époque on disait des « vaches méningées » mais on n’en faisait pas le décompte avec publicité médiatique.

Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres. Les filets de dinde marchent très bien en ce moment. « Pourtant, à cette époque de l’année ce sont des dindes d’élevage et il y a de fortes chances qu’elles aient mangé des farines animales » dit un boucher parisien dans « Le Monde » du 10.11.2000. Un certain nombre de poissons d’élevage (truite, saumon) sont aussi nourris aux farines animales.

Le porc marche bien : en un mois le prix au kg a grimpé de 8,06 F le kg (5 octobre), à 9,30 F (9 novembre). On dit pourtant que certains élevages de porcs utilisent aussi les farines animales, celles qu’on accuse de donner la folie aux vaches.

Conclusion, comme dit l’Eclaireur, il vaudrait mieux que le consommateur cesse de s’alimenter comme ça, il ne mourrait pas de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, mais tout simplement ... de faim

voir farines animales

voir OGM

voir viande bovine

Vaches et bio-diversité : http://vimeo.com/5629970