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Vache folle (05)

Voir en bas de page :
Les organophosphorés
L’ESB en déclin

Ecrit le 31 janvier 2001

Les vaches au feu des cimenteries

Les bovins de plus de 30 mois (1) sont conduits à l’abattoir, tués, dépecés, découpés, puis cuits et réduits en farines destinées à brûler, bientôt, dans les fours des cimenteries... Depuis le 2 janvier, 30 572 vaches ont été « abattues pour destruction » en France : 1 365 la première semaine, 12 407 la deuxième, 16 800 la troisième. Ce n’est qu’un début. « 20 000 vaches par semaine, en moyenne, devraient être détruites en France d’ici à la fin juin », estime Pierre Fouillade, directeur de l’Ofival (Office interprofessionnel des viandes), l’organisme chargé de gérer cette singulière opération.

Toutes ces vaches seraient-elles malades, ou pire, « folles » ? On n’en sait rien puisque ces milliers de bêtes ne sont pas soumises au test rapide de détection de l’ESB. Le motif de leur destruction, clairement affiché par les pouvoirs publics, n’est pas sanitaire, mais économique. Elles sont « retirées » au nom d’un règlement communautaire daté du 18 décembre 2000 pour soutenir le marché de la viande bovine.

Le texte stipule : « Les Etats membres achètent en vue de son abattage et de sa destruction (...) tout animal âgé de plus de trente mois qui leur est présenté »

Cette mesure promet de redresser le marché au prix d’une gabegie sans précédent. Le programme « rachat pour destruction » courra jusqu’au 30 juin. Bruxelles, qui provisionne 875 millions d’euros pour cette opération, prendra à sa charge 70 % des frais d’achat de la bête. A chaque Etat membre de régler le solde et les frais d’élimination de l’animal.

En France on prévoit de détruire 450 000 vaches d’ici juin. L’Allemagne a prévu d’éliminer 400 000 bestiaux. L’Irlande prévoit 25 000 bovins par semaine. Au total, estime Franz Fischler, commissaire européen à l’Agriculture, « deux millions de bovins devraient être retirés » dans l’Union Européenne d’ici au 30 juin. Sont plus particulièrement ciblées : les vaches de réforme, laitières et allaitantes. Ainsi, les Etats soulageront le marché d’un énorme volume de viande, à moindres frais.

Cette opération rappelle l’opération « Hérode » qui a éliminé deux millions de petits veaux, dont 300 000 en France, dans le but, aussi, de redresser le marché en 1996. Mais cette fois, il s’agit de bêtes adultes d’environ 300 kilos.

« Gachis » : début janvier, la ministre suédoise de l’Agriculture, Maragreta Winberg, s’indignait de « ce gâchis dans un monde où 800 millions de personnes meurent de faim ».

Trop tard ? Le plus formidable gaspillage de l’histoire de l’élevage est programmé. C’est le prix (collectif) à payer pour une agriculture qui n’a pas su enrayer la maladie de la vache folle. La « politique de la vache brûlée » sera-t-elle la « der des ders », la crise de la vache folle ayant irrémédiablement remis en question le modèle agricole intensif de l’après-guerre ? On peut rêver.

(1) Les statistiques distinguent, sous le terme de bovin, diverses catégories de bêtes : veaux, taurillons, bœufs, génisses, vaches. Les veaux et les taurillons fournissent l’essentiel des bêtes de « moins de trente mois »

Les consommateurs paieront

« Les consommateurs devront payer « l’essentiel » du surcoût de la viande bovine engendré par le dépistage systématique de la maladie de la vache folle » a déclaré Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine à la sortie d’une réunion avec le ministre de l’Agriculture, Jean Glavany, et le secrétaire d’Etat aux PME et à la Consommation, François Patriat.

Selon M. Chevalier, l’augmentation pour le consommateur devrait se chiffrer à environ 2 francs par kilo de steak. Pour ceux qui consomment habituellement un bifteck de 100 g cela devrait donc faire une augmentation de 0,20 F

Le ministre Jean Glavany a souligné que la montée en puissance du régime des tests de dépistage de l’ESB (obligatoires pour tous les bovins de plus de 30 mois) allait permettre de contrôler 40 000 bestiaux par semaine à la fin du mois de janvier. Il a également rappelé que le plan communautaire d’abattage-destruction allait « dégager du marché », en les abattant, les vaches n’ayant pu être testées.

La seule fausse note vient des grandes surfaces. Les supers et autres hypers cherchent-ils à préserver ou à augmenter leurs sacro-saintes marges en doublant leur estimation du surcoût ?


(écrit le 18 avril 2001)

Voici l’évolution des ventes de viandes en France entre mars 2000 et mars 2001 (d’après l’Ofival, ministère de l’agriculture)

– Mouton : - 39,8 %
– Abats : - 29,7 %
– Bœuf : - 14,7 %
– Veau : - 5,7 %
– Porc : - 1,3 %
– Volaille : + 3,3 %
– Cheval : + 22,0 %

Le baisse de la consommation bovine, due à la vache folle, a provoqué une forte surproduction. D’où deux solutions pour l’Union Européenne

– Acheter les bêtes pour stocker la viande
– Ou acheter les bêtes pour les détruire.

Selon un article de Wall Street Journal du 14 mars 2001, repris par Le Monde du 10 avril, le prix à payer est différent :

En cas de stockage : 300 millions d’euros, pour 100 000 tonnes de viande de bœuf, totalement à la charge de l’Union Européenne

En cas de destruction : 260 millions d’euros, pour 100 000 tonnes de viande de bœuf, dont 140 millions à la charge de l’Union Européenne et 120 millions à la charge des Etats membres.

Donc stocker et congeler
coûte plus cher que détruire.

Et c’est choquant de détruire des viandes dont la quasi totalité sont saines, qui auraient pu alimenter les gens qui ont faim.

On a fait beaucoup de bruit autour de la fièvre aphteuse, on nous a dit que la destruction des animaux avait des raisons sanitaires : il fallait éviter la propagation de la maladie. Et tant pis si ce n’est pas vrai ! Et tant pis si cette maladie, connue de longue date, est somme toute une maladie assez bénigne qui, de plus, n’est pas dangereuse pour l’homme.

On a détruit plein de viande, avec bonne conscience. Beaucoup le pensaient tout bas. Certains le disent maintenant tout haut. Et les pays où règne la famine n’ont pas les moyens de dire ou faire quelque chose. Alors dormons sur nos deux oreilles. L’égoïsme mondial se porte bien.

Et ne rêvons pas de manger du poisson : il se fait de plus en plus rare et cher. Le paradoxe de nos sociétés modernes c’est de revenir à l’insécurité alimentaire de nos aïeux !


(écrit le 18 avril 2001)

Les organophosphorés

C’est un dossier troublant que publie « Politis » du 12 avril 2001. Un éleveur anglais atypique, Mark Purdey, s’est intéressé de près aux « organo-phosphorés », des pesticides dérivés directement des gaz de combat neurotoxiques. Il a fait une étude très troublante sur la corrélation entre les zones de traitement contre le varron (1) et les cas d’apparition de la maladie de la vache folle.

Son étude est si troublante qu’il se passe de drôles de choses : d’étranges personnages approchent Mark Purdey, de faux écologistes, des voisins inquiétants, sa maison brûle sans raison apparente, des accidents sans explication convaincante touchent deux de ses proches dont le vétérinaire qui l’aide dans ses recherches.

Mark Purdey s’obstine. Le département des neurosciences de l’Institut de Psychatrie de Londres accepte de travailler sur ses hypothèses et constate que les organophosphorés utilisés contre le varron sont capables de provoquer trois des quatre modifications de la protéine prion qu’on retrouve systématiquement dans le cerveau des vaches folles.

Mais qui produit la quatrième modification ? Mark Purney continue ses investigations dans les endroits du monde où l’on a diagnostiqué de nombreux cas de tremblante du mouton. A chaque fois, il constate des teneurs anormales en manganèse et des déficiences en cuivre, zinc et sélénium, tout cela lié à une pollution industrielle voisine. Et les expériences en laboratoire confirment ses intuitions.

La maladie de la vache folle viendrait donc d’une combinaison entre les organophosphorés et l’excès de manganèse. Les farines animales ne seraient que le moyen de diffuser cette maladie. Le ministre anglais de l’Agriculture semble aujourd’hui décidé à financer sur trois ans un programme d’étude consacré à cette théorie. De son côté Michel Bounias, écotoxicologue et directeur de recherches à l’INRA (institut national de la recherche agronomique) affirme sans hésiter que cette théorie mérite la plus grande attention.

Et l’huile tua ...

En 1981, une épidémie connue sous le nom de « syndrome de l’huile toxique » fit plus de 1000 morts en Espagne et des dizaines de milliers d’intoxiqués. La théorie officielle parla d’huiles de colza dénaturées à des fins industrielles et grossièrement retraitées. Mais des gens qui en avaient consommé ne furent pas malades et d’autres qui n’en avaient pas bu une goutte moururent. Un médecin, le docteur Antonio Muro, suivit, lui, la piste des organophosphorés utilisés comme pesticides sur des tomates. Mais il mourut prématurément et l’Etat espagnol ne souhaita pas poursuivre ses recherches. Ah bon !

(1) C’est une mouche qui pond sur le dos des bovins, qui ne pose aucun problème de santé au cheptel, mais qui gêne les industriels du cuir parce que sa larve provoque des petits trous dans la peau.


Ecrit le 9 février 2005 :

Et la vache se fit chèvre

Elle est morte en 2002, elle était folle, on ne le sait qu’en cette fin du mois de janvier 2005. Qui donc a mangé de la chèvre en folie ? La Commission européenne a annoncé vendredi 28 janvier 2005 que le cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) identifié chez cette chèvre en France était le « premier au monde ».

Le risque de transmission de « la maladie de la vache folle » aux petits ruminants est pris en compte depuis plusieurs années : interdiction des farines animales, retrait à l’abattoir et destruction des tissus à risque abattage des troupeaux atteints de tremblante.

Le dispositif européen de surveillance de la tremblante, mis en place en 2002, a permis d’étudier plus de 140.000 cerveaux de chèvres en Europe, dont 60.000 en France. Un seul cas, a priori, ce n’est pas une épidémie.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) va cependant faire une évaluation quantitative du risque, dont les résultats seront connus pour juillet prochain. En attendant, Bruxelles ne recommande aucun changement dans les habitudes de consommation des produits d’origine caprine.

Il n’empêche, le doute est jeté.


Ecrit le 29 mars 2006 :

 L’ESB en déclin dans le monde : une baisse rassurante

23 mars 2006, selon l’organisme international FAO, l’encéphalopathie spongiforme bovine - (ESB ou maladie de la vache folle) - est en déclin dans le monde.

Au niveau mondial, l’ESB a tué
– 1 646 animaux en 2003.
– 878 animaux en 2004
– 474 animaux en 2005

Pour mieux se rendre compte du chemin parcouru, il suffit de rappeler qu’en 1992, selon l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), plusieurs dizaines de milliers d’animaux ont été victimes de l’ESB.

Et l’homme ?

En 2005, la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob - considérée comme la forme humaine de l’ESB - a tué cinq personnes dans le monde. Les cinq décès se sont produits au Royaume-Uni - pays le plus touché par l’ESB - (18 décès en 2003, 9 décès en 2004).

Pour continuer à faire échec à cette maladie, la FAO, en collaboration avec des experts suisses, a organisé des cours pour un grand nombre de spécialistes en matière de détection, contrôle et prévention de l’ESB et en matière d’alimentation animale et de production de viande à l’échelle industrielle.

La FAO insiste en outre sur la nécessité de systèmes de traçabilité permettant de suivre l’animal depuis sa naissance jusqu’à l’étal du boucher. C’est le cas en Europe. Mais pas partout dans le monde.

voir viande bovine

Pour rire un peu, avant d’être neu-neu, voici la boite à meu :http://boitam.eu/

 Les crises de la viande et les habitudes de consommation

Les filières de la viande ont été à plusieurs reprises perturbées par des crises sanitaires. Le choc est brutal sur la consommation de la viande concernée : les chutes peuvent atteindre 20 à 30 % sur deux ou trois mois. En revanche l’impact de ces chocs sur les habitudes alimentaires dure peu.
http://www.insee.fr/fr/ffc/ficdoc_frame.asp?doc_id=2123

Vaches et bio-diversité : http://vimeo.com/5629970