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Farines animales (02)

(écrit le 27 mars 2002))

De la fréquence des coups de foudre

Les Éts Richet (transports), situés Route de Juigné à Châteaubriant, ont fait une demande d’autorisation pour le stockage permanent de 1150 tonnes de farines dans un entrepôt de 1200 m2 qu’ils n’utilisent pour aucune autre activité industrielle et de stockage. L’enquête publique se déroule jusqu’au 28 mars 2002 et le dossier est consultable aux Services Techniques (rue du Commandant Bachellerie).

Les Transports Richet, c’est 16 salariés pour un chiffre d’affaires annuel de 9 millions de francs environ. Une autorisation provisoire de stocker des farines animales « à bas risque » a été donnée le 17 mai 2001 (sans que la population soit informée et consultée, ce qui ne paraît pas normal !). Elle arrive à expiration en fin mai 2002, d’où l’actuelle enquête publique.

Big Bag !

Les farines stockées viennent de la Saria à Issé, entreprise qui transforme le mélange sang+ eau en provenance des abattoirs. Il s’agit de farines dites « à bas risques » qui sont conditionnées « en big-bags » (gros sacs de 1,25 tonnes) : les farines à bas risques sont censées ne pas présenter de risques sérieux de maladies transmissibles aux animaux et aux hommes

Les 1200 m2 d’entrepôt sont séparés en 4 aires de stockage dont une est laissée libre au cas où il faudrait isoler un big-bag. Les big-bags sont séparés du sol par des palettes en bois, et entreposés sur deux couches. Des couloirs de séparation de 2,5 m de large permettent la circulation d’engins.

Les risques :

Le risque principal est celui d’un échauffement des sacs, résultat d’une auto-inflammation par oxydation chimique. Pour limiter ce risque, il y a un suivi permanent de la température du stock de farine, d’une part à l’aide de 5 sondes à tête thermo-sensitive qui peuvent être plongées au cœur des big-bags, d’autre part à l’aide d’un appareil à infra-rouge qui permet de « balayer » le stock tout en restant à l’extérieur, afin de déceler l’apparition éventuelle d’un point chaud.

Les mesures de température sont faites une fois par semaine et les résultats sont consignés dans un registre. La température des farines ne doit pas dépasser 35°. Concrètement, même aux plus fortes chaleurs de l’été dernier, la température des farines est restée comprise entre 15° et 20°. Et si par hasard l’un des sacs dépassait les 35° il serait particulièrement surveillé et isolé, et un ventilateur aiderait à son refroidissement.

Une autre contrôle permanent porte sur l’humidité : celle-ci doit être inférieure à 15 %. « L’absence de variation de la température sur le site, permet d’affirmer que l’humidité ne varie pas. En effet, une reprise d’humidité de 1 % correspond à un échauffement de 10 degrés » dit le rapport soumis à enquête.

Ce rapport d’enquête publique examine les risques de pollution du site de stockage :

– les rongeurs ? des postes d’appâtage ont été mis en place et sont contrôlés une fois par mois.

– Les inondations : pas de crainte a priori puisque le silo est situé sur un plateau en altitude

– L’incendie du bâtiment ? Toujours possible, surtout s’il y a acte de malveillance ; les eaux utilisées dans ce cas sont susceptibles d’être polluées par les farines animales. Pour éviter qu’elles rejoignent le milieu naturel, un mur (pas encore réalisé) est prévu pour bloquer les eaux et permettre de créer une zone de rétention de 250 mètres-cubes en utilisant le décaissement existant. On estime à 240 m3 la quantité d’eau qui serait nécessaire pour éteindre l’incendie

– Les odeurs : le rapport estime qu’elles sont limitées puisque les camions sont nettoyés une fois par semaine et ne restent pas sur le site.

0,0012 coups de foudre

– La foudre ? Les services compétents estiment que la fréquence est de 0,0012 coups par an !

– Un séisme ? Les spécialistes interrogés ont répondu sans rire que « la sismicité est égale à zéro mais non nulle » !

– La chute d’un aéronef ? Evidemment, évidemment, ça peut arriver si un OVNI est signalé dans le coin ...

Cela dit, le rapport est plutôt rassurant. Mais tous les rapports soumis à enquête publique sont rassurants. Jusqu’au jour où ... Si donc vous avez des craintes à formuler, allez vite les inscrire sur le cahier d’enquête publique. Vous avez jusqu’au 28 mars 2002.

BP  


Note du 6 juillet 2005 :

Farines : depuis la crise de la vache folle les farines animales sont interdites dans l’alimentation des animaux. Il a fallu stocker celles qu’on ne pouvait détruire. Les Éts Richet, situés aux Cohardières, route de Juigné à Châteaubriant, ont mis un entrepôt à disposition : 1200 tonnes stockées entre 26 mars et le 27 avril 2001 soit 960 big-bag de 1250 kg. La Préfecture de Loire-Atlantique a lancé un avis de marché, le 24 juin 2005, d’une part pour transporter et détruire ces farines par incinération, d’autre part pour nettoyer et désinfecter l’entrepôt. Le financement sera assuré par le ministère de l’Agriculture

voir aussi : vache folle

Et les cochons mangeront des PAT