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Types de salariés

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ECRIT LE 24 MARS 2004 /

Capital humain

Êtes-vous routinier ou manipulateur ? Selon une étude de l’INSEE, de février 2004, s’inspirant des travaux de l’économiste Robert Reich, « A coté du capital physique, le capital humain prend de plus en plus d’importance dans les économies contemporaines ».

Selon Reich, il existe trois grandes catégories d’emplois :
– les travailleurs routiniers
– les manipulateurs de symboles
– les services personnels.

Les « travailleurs routiniers » ont un travail centré sur la reproduction de tâches connues (ouvriers, techniciens, employés administratifs). Ils sont souvent directement menacés par la concurrence des pays à bas salaires.

Les « manipulateurs de symboles » sont porteurs d’innovation (cadres d’entreprises, ingénieurs, journalistes, informaticiens de haut niveau, conseil-assistance aux entreprises).

Les « services personnels », rendus de personne à personne concernent les artisans, infirmiers, employés de commerce, garçons de café, etc ...

Robert Reich met à part deux catégories :
– les services publics
– les agriculteurs

En 1999, près de la moitié (47 %) des 1 276 000 emplois occupés dans les Pays de la Loire sont des « travailleurs routiniers » et, à ce titre, directement exposés à la concurrence internationale.

8 % sont des « manipulateurs de symboles », 25 % sont des « services personnels », 16 % sont des « services publics » et 4 % sont des agriculteurs.

Les travailleurs routiniers représentent 83 % des emplois industriels. On les trouve donc essentiellement dans les territoires à forte tradition industrielle.

Les trois-quarts des « mani-pulateurs de symboles » se trouvent dans les zones urbaines.

La région de Châteaubriant, comme ses voisines du Segréen et de la Mayenne, sont des zones d’emplois à la fois industrielles et agricoles. L’importance de ce dernier secteur, même s’il régresse fortement, atténue le poids économique de l’industrie. Quoi qu’il en soit, le socle d’emploi y repose sur des activités exposées à la concurrence (industrie) ou en déclin historique (agriculture).

(Étude Insee n° 24 de février 2004)

Note de la rédaction : cela fait longtemps que les analystes de tout poil déplorent le niveau de formation relativement faible dans la région de Châteaubriant. Ce n’est pas que les gens soient plus idiots qu’ailleurs. Ce n’est pas non plus qu’ils aient été moins formés qu’ailleurs. C’est tout simplement que les gens formés quittent la région de Châteaubriant pour trouver, ailleurs, un emploi plus intéressant et plus rémunérateur. Ce n’est donc pas le niveau de formation qui peut attirer les entreprises dans la région. C’est plutôt les entreprises qui peuvent retenir les jeunes formés : il suffit de les payer correctement.


Ecrit le 21 avril 2004 :

Billet d’Humeur :
Réflexion sur la modernité :

La modernité c’est le refus de l’immobilisme, c’est donc l’acceptation de la mobilité, de la précarité. Un salarié doit accepter d’être déplacé, embauché en CDD, moins payé dans un travail moins qualifié malgré ses compétences et ses diplômes, et même d’être licencié. Un chômeur doit accepter d’être moins indemnisé, indemnisé moins longtemps, et même plus indemnisé du tout.

Rien à dire : c’est la modernité.

Mais comme on n’a toujours pas abrogé la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, qui affirme que les hommes naissent libres et égaux en droits, j’en déduit que le banquier qui a prêté de l’argent au chômeur a lui aussi le droit d’être moins remboursé, et même pas remboursé du tout, tant que le chômeur n’a pas retrouvé un salaire au moins équivalent au précédent. Même raisonnement pour le propriétaire du logement du chômeur, pour le patron de la grande surface où le chômeur doit aller nourrir sa famille.

Cette égalité de traitement, outre son caractère démocratique, permettrait au chômeur de traverser le désert de la modernité sans s’exposer, lui et sa famille, à la soupe populaire et à la compassion minutée des journaux télévisés.

Voilà qui devrait plaire à ceux qu’inquiète la fracture sociale, n’est-il pas ?

P.M. Bourdaud