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Racisme (03) : lettre ouverte à Mme la Coiffeuse

Ecrit le 5 juillet 2006 :

 Lettre ouverte à Madame la coiffeuse

à Madame la coiffeuse anonyme
de Châteaubriant ,

Merci à vous de contribuer à faire connaître Châteaubriant. Après M. Marie qui a eu droit à un reportage au journal de TF1 à qui il a déclaré : « J’enc..... le syndicat », vous participez à la célébrité de la ville de Châteaubriant ; on parle de vous et de nous dans la presse régionale, dans les journaux nationaux de France-Inter et même sur Internet (1).

Grâce à vous , on sait que les Castelbriantais constituent une « clientèle rurale » , des ploucs et des bouseux à qui il ne plairait pas de se faire coiffer par une jeune coiffeuse noire. Vous pourriez même apposer sur la vitrine : « Salon réservé à la clientèle blanche » . Ainsi que vous le déclarez au tribunal correctionnel : on se sent mieux avec des gens de sa couleur et pourtant comme le dit votre avocat , vous n’êtes pas raciste . On se sent mieux aussi avec des gens de la même religion et du même pays et du même village . Avec de telles idées , les guerres civiles et les guerres tout court ont un bel avenir.

Savez- vous, madame la coiffeuse , qu’il y a moins de différence génétique dans l’ADN entre un Blanc et un Noir qu’entre deux Blancs appartenant à des groupes sanguins différents ? En conséquence accepteriez- vous de recevoir une transfusion sanguine ou un don d’organe d’une personne de couleur ? Et puisque la coiffeuse noire que vous avez refusée à l’embauche a préféré changer de métier pour devenir aide-soignante, si un jour vous êtes hospitalisée, accepterez-vous qu’elle vous donne des soins ou exigerez une infirmière blanche ? Vous aurez le loisir de réfléchir à ces questions au cours du stage de citoyenneté que le procureur a requis pour vous .

Maurice Pucel , lecteur blanc !

(1) L’Express, Le Nouvel Obs, L’Humanité, Yeca, Culture-femme, Breizhoo, Libération, le Monde et même un journal suisse !

La coiffeuse de Châteaubriant, qui a reconnu, à la gendarmerie Je ne veux pas de noire a été condamnée pour discrimination :

– 3000 euros d’amende (dont 1500 avec susrsis)
– 1500 euros à la jeune femme noire
– 1000 euros à SOS Racisme
– 800 euros pour frais



Ecrit le 6 octobre 2004

 De Haie à Haine : La mort en promesse

Alain DELEURME est chargé d’insertion, à Châteaubriant, avec l’organisme Culture et Liberté. Il vit à Rezé avec sa femme Zineb. Une famille « appréciée pour sa gentillesse, sa courtoisie et surtout sa discrétion » comme témoigne un habitant du quartier.

Mais QUOI ? Comment se prénomme l’épouse ? Zineb ?

Dame oui ! Alain a épousé une Algérienne qui a donné le jour à quatre beaux enfants.

Une Algérienne ! Mais vous n’y pensez pas !
Depuis juin 2001, le couple Deleurme est victime des propos et actes racistes des voisins M. et Mme X.

Tout a commencé par une affaire de haie qu’Alain Deleurme a taillée de façon réglementaire (constat de la mairie). A partir de ce jour le voisin X, bien connu ou plutôt mal connu dans le quartier, s’est déchaîné : insultes (sale race, sale bougnoule, retourne dans ton pays), crachats au visage et sur les volets, mégots et préservatifs jetés dans le jardin, menaces de mort. Des habitants du quartier, lors d’une attaque plus violente que les autres, ont produit des témoignages écrits, dans les formes prescrites par la loi. La police, appelée, a mis plus d’une heure pour intervenir (1)

« Allons-nous attendre qu’il y ait des morts ? » disent les habitants. On en est là : aux risques de mort pour la famille Deleurme. Un jour c’est M. X qui suit en voiture la jeune fille Aïcha Deleurme sur une centaine de mètres, et lui coupe la route par une manœuvre dangereuse. Une autre fois c’est Mme X qui « accompagne » Sabrina Deleurme, âgée de 11 ans, pendant 10 longues minutes au retour de l’école « pétasse, connasse, de toutes façons tu crèveras ». De plus la famille X multiplie les dénonciations calomnieuses contre la famille Deleurme. Harcèlement.

« Restez calmes » dit la société qui gère les logements du quartier. « Mais cela fait trois ans que nous le sommes » répond Alain Deleurme. La société propose alors à M. Deleurme de le reloger ailleurs ... Est-ce aux victimes de partir ?

Les enfants Deleurme sont traumatisés, ils ont perdu toute confiance dans la justice et dans la police qui, censées protéger les citoyens, font preuve d’un attentisme prudent.

M. Deleurme, qui a largement informé sur son affaire, et qui est soutenu par de nombreuses associations (une manifestation est prévue samedi 16 octobre 2004 15 h à Rezé, place du 8 mai) , entreprendra une grève de la faim à la mi-novembre, si les autorités ne mettent pas fin à cette situation de racisme.

B.Poiraud


Ecrit le 26 octobre 2004 :

Méchant quotidien

Au Luxembourg, une mère congolaise se suicide dans l’indifférence. La famille Delvaux-Mufu Mpia était victime d’ostracisme au quotidien.

Oberwampach (luxembourg) : une bourgade d’une centaine d’habitants. Parmi eux : Olivier Delvaux, ingénieur, sa femme Maggy et leurs trois enfants.

Maggy Mufu Mpia est belgo-congolaise, noire. Les trois enfants sont métis. Le garçon se fait traiter de « sale noir ». Une des fillettes est parfois « oubliée » par le chauffeur de car. La maman s’insurge quand on veut placer ses enfants dans les classes les plus faibles, sous prétexte qu’ils parlent mal l’allemand, la deuxième langue du pays. « Un jour, une prétendue psychologue nous a lancé violemment : "Il est hors de question de donner plus de chance à votre fille qu’à un Luxembourgeois ! », raconte Olivier Delvaux.

Noire donc pas Luxembourgeoise ? Le couple veut se mettre à son compte, il ouvre un garage mais les primes prévues prennent du temps. Maggy Mufu Mpia s’est immolée par le feu sur une place de la capitale, victime du racisme et d’un ostracisme au quotidien.

A Rezé où il habite, Alain Deleurme, salarié castelbriantais, a refusé de laisser les choses se dégrader à ce point.

Avec son épouse (d’origine algérienne) et sa fille aînée, avec le soutien de plusieurs organisations dont La Ligue des Droits de l’homme, il a organisé une manifestation de refus du racisme, dont il est victime depuis 3 ans de la part d’un voisin, et dont d’autres sont victimes.

manif_Deleurme
Manif à Rezé le 16 octobre 2004

150 personnes se sont déplacées pour la manifestation, dont une dizaine de Castelbriantais.

Le groupe est allé en défilé jusqu’à la mairie pour demander que celle-ci, enfin, fasse quelque chose avant que la situation ne s’aggrave, avant qu’il n’y ait mort d’homme.

Le maire [une municipalité dite « de gauche » ] a jugé bon (enfin !) de recevoir les plaignants. On attend la suite.


(1) Les citoyens ont bien remarqué que, en général, la police se déplace vite quand des biens sont menacés (cambriolage par exemple), mais est prudente quand les hommes sont menacés (bagarre)...


Ecrit le 24 mai 2005

Dans le cas ci-dessus le tribunal a tranché :

Le voisin irascible et raciste a été condamné à 200 euros d’amenade et aux frais de justice

Il devra verser en outres :
– 350 euros à Madame Deleurme
– 150 euros à SOS Racisme pour frais de procédure
– 150 euros à la Licra pour frais de procédure


 Chronique du racisme ordinaire

Peau noire et humiliation quotidienne

J’étais Miss de France et j’ai subi le racisme