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Femmes : recensement

Écrit le 23 septembre 2002

Femmes : recensement

Selon le dernier recensement de population, 1651 000 femmes et 1 571000 hommes résident dans les Pays de la Loire. La part des femmes dans la population (soit 51,2 %) est constante depuis 40 ans.

Meilleure hygiène de vie ou plus forte résistance, les femmes vivent plus longtemps : en France en 2001, leur espérance de vie à la naissance est de 83 ans contre 75,5 ans pour les hommes. A 75 ans, leur espérance de vie est de 13 ans, trois ans de plus que celle des hommes au même âge.

Pays de la Loire et Poitou-Charentes se situent en tête des 22 régions de France en termes d’espérance de vie des femmes à la naissance avec un « avantage » de 8 mois sur la moyenne nationale. La nature rétablit en quelque sorte le déséquilibre puisqu’il naît un peu plus de garçons que de filles. Conséquence logique de ces constats, les femmes sont en moyenne plus âgées que les hommes.

Plus de garçons que de filles
et plus de femmes que d’hommes

Jusqu’à l’âge de 30 ans, les hommes sont ainsi plus nombreux que les femmes. Ensuite, jusqu’à 55 ans, les proportions s’équilibrent. Au-delà, les femmes sont majoritaires dans la population. Elles représentent 54 % de la tranche 60-74 ans et les deux tiers des plus de 75 ans. Leur proportion dans la région est légèrement inférieure à la moyenne française (51,2 % contre 51,4 %) du fait de départs de jeunes femmes dans les années 1980.

Ainsi, on trouve plus d’hommes que de femmes dans la tranche 30-39 ans, contrairement au niveau national.

Les filles quittent plus tôt le domicile parental : à 22 ans la moitié n’habitent déjà plus chez leurs parents, il faut attendre 25 ans pour les garçons. A cet âge de 25 ans, plus d’une femme sur deux vit en couple contre un homme sur trois. Deux femmes sur dix sont mères à 25 ans et deux sur trois à 30 ans.

À partir de 30 ans, et pour une période d’une quarantaine d’années, la vie en couple concerne autant les hommes que les femmes.

Toutefois, entre 40 et 49 ans, une femme sur dix élève seule ses enfants, situation très rare pour un homme. La monoparentalité, en progression constante, représente désormais une famille sur huit. Elle concerne toujours quasi exclusivement les femmes. Elle s’explique d’abord par le divorce et la garde des enfants le plus souvent confiée dans ce cas à la mère ; aussi par la surmortalité masculine qui accroît les risques de veuvage.

Après 75 ans, près des deux tiers des hommes vivent en couple contre seulement un quart des femmes. Cinq sur dix vivent seules, contre deux hommes sur dix. Les femmes sont également deux fois plus nombreuses à cohabiter avec une ou plusieurs générations et à vivre en collectivité : en 1999, 18 % d’entre elles se trouvent dans une institution contre 8 % des hommes. (tout ceci est lié à la plus grande longévité des femmes)

La solitude a progressé à tous les âges : à 30 ans, 12 % des femmes vivent seules contre 8 % en 1990. À 50 ans, cette proportion est passée de 6 % à 9 %. Dans les Pays de la Loire, trois ménages sur dix ne comptent qu’une personne, six fois sur dix il s’agit d’une femme.

La réussite scolaire

Les filles réussissent mieux à l’école et font des études plus longues. En conséquence, elles sont plus diplômées. Les taux de scolarisation, au-delà de l’âge de l’enseignement obligatoire, sont plus élevés pour les filles que pour les garçons.

Cet écart est dû, pour l’essentiel, aux choix différents en matière d’orientation à l’issue du collège. Les garçons choisissent davantage la filière d’apprentissage. Les filles se décident plutôt pour des études secondaires longues et des études supérieures. Au dernier recensement, à 18 ans, 90 % des jeunes filles des Pays de Loire sont scolarisées contre 78 % des garçons. Plus de 17 % des garçons de 18 ans sont apprentis, proportion bien supérieure à la moyenne nationale. Au même âge, seules 5 % des filles sont en apprentissage, comme dans le reste de la France. À l’âge de 20 ans, 44 % d’entre elles poursuivent des études supérieures contre seulement un tiers des garçons.

Au sein de la classe d’âge 25-34 ans, un tiers des femmes contre un quart seulement des hommes possèdent un diplôme de l’enseignement supérieur. Concernant la proportion des bacheliers dans cette classe d’âge, l’écart est de neuf points en faveur des femmes, contre six au plan national. Cet « avantage » féminin est donc là amplifié en Pays de la Loire.

Pour les générations âgées de 35 à 44 ans, l’écart reste favorable jusqu’au niveau bac + 2 (19 % des femmes contre 17 % des hommes). En revanche, pour les générations plus anciennes, on trouve plus de bacheliers que de bachelières.

Les filles continuent de privilégier les séries littéraires, technologiques, tertiaires ou médico-sociales. Elles s’orientent moins souvent vers les filières scientifiques que ce soit au lycée ou dans l’enseignement supérieur. Ainsi, elles ne représentent qu’à peine un quart des effectifs des écoles d’ingénieurs. [Ceci est lié aux difficultés que font les entreprises pour embaucher des femmes sur des emplois d’ingénieurs et de scientifiques en général]

Un record d’activité

Au dernier recensement de la population, près de 668 000 femmes des Pays de Loire étaient actives, leur nombre s’est accru de 76 000 personnes (+ 13 %) entre les recensements de 1990 et de 1999. Par active, on entend la population disposant d’un emploi et celle qui en recherche un de façon effective. Deux nouveaux actifs sur trois sont des femmes. Pour 100 hommes actifs, on compte désormais 85 femmes contre 80 en 1990.

La croissance de la population active féminine s’explique à la fois par des raisons démographiques (les générations qui arrivent sur le marché du travail sont plus nombreuses que les sortantes) et par une augmentation des taux d’activité féminins. La proportion d’actives dans la population âgée de 15 ans ou plus est ainsi passée de 47 % en 1990 à 49 % en 1999. Le taux d’activité masculin a baissé de 63 % à 62 %.

Parmi les femmes âgées de 25 à 49 ans, 85 % sont actives en 1999, contre 96 % des hommes du même âge. Cette proportion est la plus forte des régions de France. Elle était de 79 % en 1990 et de 68 % en 1982. Pour les hommes, cette proportion a légèrement reculé. La tendance aux resserrements des taux d’activité masculin et féminin est manifeste, l’écart passant de 20 points en 1982 à 11 points en 1999. L’augmentation des taux d’activité féminins est particulièrement sensible entre 35 et 49 ans avec un gain de 10 points durant la période récente. Les femmes n’interrompent plus leur activité professionnelle pour s’occuper des enfants.

Entre 50 et 59 ans, deux femmes sur trois sont actives contre quatre hommes sur cinq. En dix ans, le taux d’activité féminin de cette tranche d’âge a progressé de 10 points. Il s’agit des générations de femmes entrées dans la vie active dans les années 1960 et qui ont pu interrompre momentanément leur vie professionnelle pour élever leurs enfants. Avant 25 ans, un quart des femmes et un tiers des hommes sont actifs. Le taux d’activité plus faible des jeunes filles s’explique pour partie par la durée plus longue de leurs études.

L’emploi féminin
enclenche une dynamique

Le lien entre activité féminine et maternité apparaît distendu. Le taux d’activité des femmes ne diminue qu’avec le troisième enfant et surtout le quatrième (une mère sur deux est alors inactive). Les femmes sont plus actives dans les Pays de la Loire que dans le reste de la métropole. Jusqu’à 55 ans les taux d’activité ligériens sont toujours supérieurs. La Vendée est le seul département dont le taux d’activité féminin (47,2 %) est inférieur à la moyenne nationale (48,7 %). Toutefois, c’est dans ce département et celui de Loire-Atlantique que l’activité féminine a le plus progressé.

Depuis une vingtaine d’années, c’est essentiellement le domaine des services qui procure des emplois aux femmes.

En retour, l’emploi féminin enclenche une dynamique : en exerçant une activité professionnelle, les femmes ont abandonné plusieurs tâches domestiques permettant en cela l’émergence de nouveaux services. Leur travail sert la croissance dont on connaît l’importance en termes de créations d’emploi.

Hors de la norme du temps plein

La population féminine disposant d’un emploi s’est accrue entre 1990 et 1999 de 71000 personnes dans la région, passant de 503 000 à 574 000. Dans le même temps, la population masculine en emploi n’augmentait que de 40 000.

La hausse de l’emploi féminin durant la dernière décennie s’est accompagnée de profondes mutations sur le monde du travail. La part du salariat a continué de croître (87 % des emplois contre 85 % en 1990), les emplois salariés progressant et l’emploi non salarié poursuivant sa baisse. Le nombre d’aides familiales, notamment agricoles, a été divisé par trois en neuf ans.

Les formes particulières d’emplois -contrats à durée déterminée, intérim, stages et contrats aidés - prennent une importance croissante. Les entreprises ont de plus en plus recours à ces formes d’emplois temporaires en raison de leur facilité de gestion, notamment pour s’adapter aux fluctuations de l’activité. Les emplois temporaires touchent davantage les femmes : une salariée sur six occupe un tel emploi contre un salarié sur huit. Au sein de ces formes particulières d’emploi, les femmes sont bien plus souvent concernées par les stages et contrats aidés liés à la politique de l’emploi. Les hommes sont, quant à eux, deux fois plus souvent en intérim, situation dans laquelle les perspectives de déboucher sur un emploi stable apparaissent plus favorables.

La précarité de l’emploi féminin est moins fréquente au plan national où un emploi sur sept (contre un sur six ici) est concerné. Le recours aux CDD est, en particulier, plus répandu qu’ailleurs dans les Pays de la Loire.

Qu’elles l’aient choisi en particulier pour élever leurs enfants ou bien qu’elles le subissent, 212 000 femmes travaillent à temps partiel dans les Pays de la Loire, soit 37 % des actives occupées contre 6 % des hommes. En 1990, 28 % seulement des femmes exerçaient leur activité à temps partiel.

La forte progression de l’emploi féminin s’est donc traduite par un développement massif de ce type d’emploi impulsé notamment par des mesures d’allégement de cotisations sociales. Le temps partiel est lié à la situation familiale (plus fréquent pour les femmes vivant en couple) et au nombre d’enfants : si un tiers des femmes travaillent à temps partiel quand elles élèvent un seul enfant, cette proportion frôle la moitié dès le deuxième enfant.

Globalement, les deux parents travaillent dans deux familles sur trois. Quand celle-ci compte quatre enfants ou plus, cela ne se rencontre plus qu’une fois sur quatre.


Accès moins fréquent
aux postes de direction

De façon générale, les femmes occupent moins souvent que les hommes un statut d’employeur (2 % contre 7 %). Elles sont moins souvent salariées du secteur privé (63 % contre 67 %) et leur emploi relève plus souvent du secteur public (28 % contre 17 %). Les études poursuivies par les filles les prédisposent à occuper des emplois à large dominance tertiaire et les éloignent des emplois dans l’industrie.[ à moins que ce ne soit la difficulté à entrer dans l’industrie qui pousse les filles à faire des études à dominance tertiaire]

Les femmes sont ainsi majoritaires dans le tertiaire, les secteurs les plus féminisés étant ceux de l’éducation, la santé et l’action sociale (74 % des emplois sont occupés par des femmes) et des services aux particuliers (64 %). Ces deux secteurs regroupent dans les Pays de Loire quatre femmes sur dix qui occupent un emploi. Entre 1990 et 1999, deux créations nettes d’emploi féminin sur trois ont été le fait de l’éducation, la santé et l’action sociale.

Les femmes sont également majoritaires dans l’administration, les activités financières ainsi que dans l’industrie des biens de consommation, notamment dans le textile-habillement où elles occupent trois postes sur quatre. Ce secteur a perdu un cinquième de ses emplois entre 1990. Toutefois, à cette exception près, les femmes sont nettement minoritaires dans le reste de l’industrie manufacturière, les transports et la construction.

Cependant, le poids de l’industrie dans l’emploi féminin est supérieur à la moyenne nationale en Vendée, Sarthe et Maine-et-Loire.

Pour les femmes comme pour les hommes, les Pays de la Loire se distinguent de la moyenne nationale par un poids plus important des agriculteurs et des ouvriers et par un déficit relatif de cadres supérieurs et moyens. Ce déficit relatif est plus prononcé pour les femmes : pour les cadres supérieurs il est d’un tiers, contre un quart pour les hommes. Pour les cadres moyens, le décalage par rapport à la France pour les femmes est de 12 % contre 5 % pour les hommes. Les femmes des Pays de Loire accèdent certes plus souvent que par le passé aux postes de direction mais toujours ici moins que les hommes : dans la fonction publique régionale, ce type de poste est occupé par une femme une fois sur dix contre plus de deux sur dix au plan national. Dans les entreprises privées, l’écart est un peu plus faible : en Pays de Loire un emploi de direction sur vingt est occupé par une femme contre un sur quatorze en métropole.

Les activités exercées par les femmes demeurent peu diversifiées. On le constate à travers la concentration des professions : 20 postes parmi les 455 de la nomenclature regroupent la moitié des emplois occupés par des ligériennes alors que les 20 professions les plus pratiquées par les hommes ne regroupent qu’un quart des emplois masculins. Toutefois la situation évolue : en 1990, 16 professions regroupaient la moitié des emplois féminins et 42 les trois-quarts contre 61 en 1999.

Exerçant des métiers moins diversifiés que ceux des hommes, les femmes des Pays de Loire sont aussi proportionnellement plus nombreuses à occuper des emplois non qualifiés. Un tiers des emplois féminins sont non qualifiés contre 20 % des emplois masculins, en 1999 comme en 1990.

Chômage

Parmi les femmes âgées de 25 à 49 ans diplômées du supérieur, seules deux sur dix sont cadres contre quatre hommes sur dix. Parmi les détentrices du baccalauréat, quatre sur dix occupent un emploi de cadre moyen ou supérieur contre plus de six hommes sur dix. Pour être cadre, les femmes doivent statistiquement être plus diplômées. Huit cadres féminins sur 10 sont diplômées du supérieur contre sept sur dix parmi leurs homologues masculins.

Les femmes sont également plus fréquemment au chômage. Au recensement de 1999, le taux de chômage féminin est supérieur de 65 % à celui des hommes, six chômeurs sur dix étant des femmes. Toutefois, les taux de chômage se sont rapprochés en neuf ans.

Les jeunes femmes sont plus souvent sans emploi : pour les moins de 25 ans, le taux de chômage des femmes est, au dernier recensement, de 28,2 % contre 16,4 % pour les hommes. Conséquence, l’écart du taux de chômage entre jeunes femmes et jeunes hommes est particulièrement élevé en Pays de la Loire.

Source : INSEE des Pays de Loire Septembre 2002 - Etude de Serge Traboul et Marie Jo Moulin - 02 40 41 75 75

Initiatives de femmes

égalité professionnelle

premiers chiffres de recensement, 2004, dans la région de Châteaubriant