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Femmes d’Afghanistan

(écrit le 14 mars 2001)

Femmes en Afghanistan : Les deux Bouddhas

« Toutes les statues situées dans les différentes régions du pays doivent être détruites. Ces statues ont été utilisées comme des idoles et des divinités par les incroyants qui leur rendaient un culte. Aujourd’hui ces statues sont respectées et peuvent redevenir des idoles alors que seul Dieu, le tout puissant, doit être vénéré et toutes les fausses divinités doivent être annihilées.

En conséquence, l’Emirat Islamique d’Afghanistan (nom officiel du régime des Talibans), a chargé le ministère pour la promotion de la vertu et la lutte contre le vice, et le ministère de l’information et de la culture (...) de détruire toutes les statues, de façon qu’à l’avenir personne ne leur rende de culte ni ne les respecte »

Ainsi disparaissent les milliers de témoignages de l’art bouddhique préislamiste, et notamment les deux Bouddhas sculptés il y a 1500 ans dans la falaise de Bamiyan. Le Pakistan a appelé les autorités de Kaboul à la retenue. Les nations islamistes ont toutes condamné ces actions de destruction, craignant le risque qu’une telle décision rétrograde fait peser sur l’image de l’Islam dans le monde. Des musées du monde entier ont offert d’accueillir les statues. De nombreux Afghans cultivés ont pleuré devant ces destructions, non pas à cause des bouddhas, mais parce que l’on porte atteinte à un héritage historique dont les Afghans sont fiers. Mais rien n’y a fait, le « Chef suprême » Mohhammad Omar s’en est pris aux statues de bois et de pierres.

La population, elle, n’a pas le luxe de se mobiliser alors qu’elle lutte quotidiennement pour assurer sa survie, victime à la fois de la sécheresse et des combats. Une assistance internationale massive serait nécessaire dans ce pays où la guerre civile dure depuis 20 ans, On n’en prend pas le chemin et les femmes sont plus particulièrement l’objet de répression de la part des Talibans fanatisés.

A ce sujet, un de nos lecteurs nous écrit :

La « Communauté Internationale » s’indigne du sort réservé aux Bouddhas d’Afghanistan. Elle a raison, et ce n’est pas moi, vieux mécréant pourtant, qui oublierai combien sont importants pierres et monuments quels qu’il soient, combien on doit les protéger (allez, je fais une exception pour la Tour « Bretagne » à Nantes, les guillemets c’est pour dire que ça m’énerve de voir associer si beau pays à chose si moche). Mais, en Afghanistan comme ailleurs, avant les pierres, il y a le sort des hommes et pire, celui des femmes, que les Talibans traitent comme des sacs de patates peints en bleu et fermés tout pareil (et encore, les sacs, on ne les prive pas d’éducation ni de soins, on ne leur interdit pas de sortir seuls dans la rue, on ne les tue pas). Alors, chère « Communauté Internationale », faites en autant pour ces chefs-d’œuvre en péril qui, quelque part, sont aussi nos mères, nos sœurs, nos filles. Et faites-le, non en paroles, mais en actes. Ces fous ont des soutiens actifs, comme le Pakistan. Et qui soutient le Pakistan ? Euh, ça serait pas un pays dont le nom commence par « Etats » et finit par « Unis » ?

Pierre Marie Bourdaud

Quelle différence y a-t-il entre un Taliban « dur » et un Taliban « tendre » ?

Le Taliban « dur » s’attaque aux statues de pierre. Le Taliban tendre ne s’attaque qu’aux femmes.


(écrit le 6 mai 2001)

Femme algérienne : une cruauté gratuite

J’ai lu un article de « OUEST-FRANCE » du Jeudi de l’Ascension, 24 mai 2001, l’expulsion d’une jeune Algérienne, la veille de son mariage, alors que tout était prêt, y compris les papiers administratifs, de plus enceinte de 5 mois.

Je viens dans votre journal protester contre cette application de la loi qui révèle une cruauté gratuite.

Cela m’a fait le même effet que la hache du CRS défonçant la porte de l’Eglise Saint-Bernard à Paris, sur l’ordre de Jean Louis Debré, alors ministre de l’intérieur, pour déloger les sans-papiers, grévistes de la faim.

Cruauté, car comme prêtre, témoin privilégié de nombreux mariages, j’ai vu tout le poids humain, affectif, sentimental d’une telle démarche de mariage : projet de vie commune réfléchi, espérance de construire deux vies ensemble, don de soi à l’autre pour le meilleur et pour les moments plus durs.

J’imagine aussi l’angoisse antérieure de Nadia et de Mélik pour rechercher et présenter les divers éléments de leur dossier pour le mariage civil, dans la situation précaire de Nadia. Et enfin sans doute, le « ouf » de soulagement, quand tout était prêt et la voie ouverte à leur union.

Cruauté de l’application de la loi dans cette circonstance. Ceux qui ont décidé ces conditions et ceux qui les ont exécutées ont-ils oublié leurs sentiments le jour où ils ont contracté leur propre union ? S’ils s’en souviennent, que penser d’eux ?

Cruauté gratuite : expulser Nadia, dans un avion spécial affrété par le ministère de l’Intérieur,- à quel prix d’ailleurs - au moment où elle devait se marier, peut-on trouver cruauté plus forte ? - Le prix de son expulsion aurait été plutôt bien venu dans la corbeille de la mariée !

Car il faut savoir que le visa pour son retour qu’on lui promet comme une simple formalité administrative, n’est pas du tout assuré. L’administration française n’est pas sans savoir, en tout cas les associations qui soutiennent les démarches des sans-papiers le savent, que l’Algérie est un pays troublé administrativement, que le consulat français est débordé, et que le visa de Nadia peut être espéré dans un ou deux ans !

Puisque l’administration française savait la situation de Nadia, au lieu de la considérer comme une délinquante et d’invoquer « un strict respect des règles en vigueur », pourquoi ne pas apprécier sa volonté d’être française et fermer les yeux sur son cas ? Pourquoi à l’inverse cette cruauté gratuite ?

Je pense avec mes amis que le Ministère de l’Intérieur a voulu faire un signe fort de sa politique de refus d’accorder la régularisation aux demandeurs d’asile. Tant pis si c’est inhumain et choquant ! « Dura lex sed lex ! » (1) .Quel bénéfice politique recherche-t-il de tels agissements ? D’un point de vue international, est-ce une belle vitrine pour les droits de l’homme dont tant de personnes et de peuples ont besoin ?

Yves-Louis DANIEL, Prêtre

(1) Dura lex, sed Lex :
la loi est dure, mais c’est la loi

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