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Femmes : égalité homme-femme

écrit le 23 septembre 2002

 Guili-Guili

Tout Paris en rit : le Canard Enchaîné, dans son édition du 18 septembre 2002, raconte, procès-verbaux à l’appui, comment Bernadette Chirac a mis de l’ordre dans la rue.

La scène se passe le 10 juillet, dans la rue de l’Elysée qui jouxte le palais présidentiel. Vers 22 h 50, le couple Chirac entend le cri d’une femme. Bernadette Chirac, qui pense à une agression sort alors dans la rue pour apostropher un des gardiens de la paix en faction devant le Palais Présidentiel. Au lieu d’un sanglant fait divers, elle découvre un gardien de la paix qui a fait des chatouilles à une jeune gardienne de la paix, stagiaire !. Ce jeu de mains - et de vilains ? - à quelques mètres du palais présidentiel provoque en tout cas la colère de Mme Chirac, qui, selon l’un des fonctionnaires cité par Le Canard, promet de signaler l’incident à qui de droit.

Alerté par le cabinet du président de la République (rien que ça !), le préfet de police de Paris (rien que ça !), demande un rapport à l’inspection générale des services (IGS), la « police des polices » (rien que ça !) . Il en résulte un rapport de 34 pages (rien que ça !)

Le Préfet de Police constate que l’affaire, qui « n’est pas une affaire d’Etat » (ouf !) a révélé seulement « un certain laisser-aller dans la tenue des fonctionnaires ». Des sanctions mineures sont prévues, telle la mutation des fautifs dans d’autres services. Il n’est cependant pas question de convoquer le conseil de discipline, seul habilité à décider de la suspension ou de la révocation de policiers. On craint quand même que la jeune policière stagiaire ne soit pas titularisée, pour son cri dans la nuit.

Le second incident révélé par Le Canard évoque un courrier électronique insultant adressé le lendemain du premier tour de l’élection présidentielle par un électeur à Jacques Chirac, et indirectement à son épouse qualifiée de « rombière » ce qui, selon le dico, veut dire « bourgeoise d’un âge mûr, ennuyeuse, prétentieuse et un peu ridicule » . L’auteur de l’insolente lettre a été convoqué au commissariat du 19e arrondissement et a dû longuement s’expliquer sur ce dérapage verbal. Mme Chirac n’est pour rien dans ce branle-bas policier, indique cependant l’Elysée. Et pour cause : elle ne lit jamais elle-même directement son courrier électronique. Sans doute, comme son mari, a-t-elle du mal à manier « la souris ».


Ecrit le 10 novembre 2004 :

 La cause des femmes

La septième édition des Rendez-vous de l’histoire de Blois s’est tenue du 14 au 17 octobre 2004 sur le thème « Les femmes dans l’histoire ».

Madame Simone VEIL, ancien ministre d’État, en était la présidente d’honneur, tandis que Madame Gisèle HALIMI en ouvrait les débats.

La conférence inaugurale de Gisèle Halimi

D’emblée, elle pose la question :

Y-a-t-il une cause des femmes ? ... ce qui pose la question de la nécessité du féminisme. Fait-elle partie de l’histoire des femmes ou de l’histoire en général ?

Pour Gisèle Halimi, les femmes auraient tort de croire que la division de la société en classes est sans influence sur leurs luttes.

Elle affirme que, même si aujourd’hui les textes juridiques en faveur des femmes sont nombreux, il faut les confronter à la réalité.

Elle évoque, parmi tant d’autres, des problèmes que subissent les femmes.

Le travail, la discrimination économique et le partage des tâches :

Si en France, 55 % des travailleuses-travailleurs sont des femmes, leurs salaires et leurs carrières restent en arrière de ceux des hommes.

Ces inégalités reflètent un parti pris philosophique du monde du travail dans lequel celui des femmes est considéré comme secondaire ou d’appoint... Même si l’indépendance économique est la pierre de touche de l’indépendance des femmes.

La femme, à égalité de statut économique, social et culturel, subit une discrimination en tant que femme ; les femmes souffrent d’un coefficient différentiel négatif à peu près dans tous les domaines ; d’où la création, en sociologie, de l’ ISDH (indice sexo-spécifique de développement humain).

Les violences conjugales :

1 femme tous les 6 jours meurt des suites de violences conjugales en France.

L’éducation et la culture :

D’après les articles 26-27 de la Déclaration des droits de l’homme, le savoir est un pouvoir. Mais : 63% des analphabètes dans le monde sont des femmes en 1990 et en 2000, 63,7 % sont des femmes, même si en valeur absolue les chiffres sont globalement en baisse.

L’égalité citoyenne :

Dix textes internationaux l’affirment, dont une convention anti-sexiste. Leur contenu rappelle la stricte égalité des sexes dans les affaires publiques.

La représentation féminine en Suède dans les assemblées se situe entre 37 et 47 % ; dans le monde, elle est de 15,5 %, tandis que la France fait partie des lanternes rouges européennes : en 1995, 6 % de femmes aux élections législatives, en 2004 , 12,3%. Au Sénat, 17,5 % depuis septembre 2004. Au parlement européen : 43 % de femmes sur l’ensemble des pays membres.

Les raisons
du retard français :

Le droit de vote tardif (avril 44), avec des situations incongrues : 3 femmes ministres sans droit de vote sous le Front Populaire ! ... Le champ du politique est encore considéré par les hommes comme une chasse gardée !

La culture et les mœurs imprégnés de tabous religieux, ainsi la théorie des sphères construite au 19e siècle :
- la sphère privée pour les femmes ;
- la sphère publique pour les hommes.

Le rôle des philosophes des lumières : si le souffle de la liberté et du progrès est issu des lumières, c’est une philosophie qui en exclut les femmes.

Ainsi, la révolution française a édicté l’exclusion de la femme de la vie publique.
L’attitude des mouvements féministes à l’égard de la politique n’est pas toujours claire : la demande des femmes d’entrer en politique n’est pas une constante de leurs revendications.

Ainsi, Simone de Beauvoir considère que le lieu du pouvoir n’est pas au Parlement.

La division des mouvements féministes :

Gisèle Halimi oppose son combat « aux mains sales » à celui des féministes « aux mains propres », comme les mouvements alternatifs qui ont créé d’autres lieux de pouvoir harcelant les lieux de pouvoir masculin, ou encore d’autres mouvements considérant que les femmes n’ont rien à gagner dans ces lieux politiques.

Pour elle, ces féministes « aux mains propres » ont retardé la prise de conscience des femmes par rapport à la participation et à l’analyse du pouvoir politique.

L’accession à l’égalité politique en France :

La première tentative : les quotas, votée puis annulée par le conseil constitutionnel au nom de la différentiation de communautés (femmes / hommes).

La bataille de la parité : son application a été difficile puisqu’elle a impliqué une modification de la Constitution en 1999. La loi a été votée en janvier 2000 : elle met en place la notion d’égal accès à la vie politique et impose aux partis de contribuer à ce principe...

Sauf que les partis ont transgressé cette notion de parité, notamment les grands partis comme l’UMP (18% de femmes) et le PS (35%) aux dernières élections législatives.

Ainsi ont-ils choisi de « se payer » des candidats hommes au prix d’une sanction financière... Il y a là trahison de l’esprit de la loi sur la parité.

Mon corps m’appartient :

Les femmes du second vingtième siècle ont eu un engagement par rapport à l’autonomie spécifique de leur corps (avortement, contraception, lutte contre le viol). Le premier combat, « mon corps m’appartient », apparaît comme une revendication de responsabilité et de liberté.

Gisèle Halimi rappelle le procès de Bobigny (octobre-novembre 1972) qu’elle qualifie de procès politique où les accusées ont mis en accusation la loi répressive de 1920. A partir de ce moment, plus aucune condamnation pour « avortement illicite » n’a été prononcée... !

A l’époque, 2 à 3% des femmes utilisaient la pilule car la loi Neuwirth de 67 n’avait toujours pas eu ses décrets d’application !
AUJOURD’HUI :

Y-a-t-il de nouveaux défis pour la cause des femmes ?

Le premier défi : les lois (bien sûr votées !) concernant les femmes ne sont pas souvent appliquées.

Le deuxième défi : c’est l’émergence d’une poussée de masculinité dénonçant les « nouveaux maîtres du monde » que seraient les femmes, les gays, les alter-mondialistes, qui se traduit par l’arrivée médiatique de nouveaux opposants et opposantes (contestation du rapport national d’enquête sur les violences faites aux femmes) accusant les féministes de « formater, voire domestiquer les pulsions sexuelles masculines ».

Le troisième défi : le danger du regain des intégrismes religieux (toutes les religions monothéistes ont infériorisé les femmes). Le plus visible actuellement est l’intégrisme islamiste qui ravale les femmes à l’infériorité et les renvoie à un ghetto social, à un apartheid sexuel.

Gisèle Halimi pose des questions :

« Les jeunes générations de femmes se reconnaissent-elles dans le projet féministe ? »

L’association « ni putes ni soumises » refuse l’étiquette féministe et refuse tout contact avec le féministe historique.
Par contre, d’autres mouvements comme le mouvement Africa se reconnaissent comme féministe.

Elle pose la question de la recherche historique féministe qui équivaut à l’introduction du « genre » en histoire. Le genre c’est le rôle social des sexes ; c’est la construction culturelle des sexes. L’histoire des femmes doit s’écrire selon l’histoire des genres.

La cause des femmes n’est-elle que celle des femmes ?
Les mouvements féministes ne profitent-ils qu’aux femmes ?

L’histoire des femmes ne s’inscrit-elle pas dans une histoire universelle ?

C’est l’image de l’iceberg et des racines immergées : les luttes féministes remettent en cause l’organisation de la société tout entière.

En conclusion :

Dans leur lutte pour l’acquisition de la dignité citoyenne, les femmes ont provoqué des mutations radicales, notamment dans la deuxième moitié du vingtième siècle.

La cause des femmes est donc bien dans cette histoire universelle qui est la nôtre.

B et RLG

Nous n’avons pu, à notre grand regret, assister à la conférence de clôture de Madame Simone VEIL.

... Il fallait rentrer à la maison !

Nos amis blésois nous ont fait part de l’accueil enthousiaste et chaleureux qu’elle a reçu à son arrivée à l’hémicycle de la Halle aux Grains.


Ecrit le 10 novembre 2004 :

 Qui est Gisèle Halimi ?

Avocate engagée dans les grandes causes qui ont secoué la France depuis la guerre d’Algérie, Gisèle Halimi est sensibilisée très tôt à la condition féminine et au droit des peuples à disposer d’eux mêmes, dans un combat pour l’égalité et les libertés fondamentales.

Gisèle Halimi est née en 1927 en Tunisie. Après des études de droit à Paris, elle devient avocate en 1948 et commence à se faire connaître en prenant la défense de syndicalistes tunisiens et en devenant l’un des principaux avocats du FLN.

C’est à partir des années 70 que Gisèle Halimi va livrer son combat le plus emblématique : elle fonde le mouvement « Choisir - La cause des femmes », signe « le Manifeste des 343 », défend la jeune Marie-Claire au procès de Bobigny, cette jeune fille qui s’est faite avorter à la suite d’un viol.

Élue députée en 1981, elle soutient activement le combat pour l’abolition de la peine de mort.

Ambassadrice de la France auprès de l’UNESCO, à partir de 1985, conseillère spéciale à l’Assemblée générale de l’ONU, en 1989, Gisèle Halimi est sur tous les fronts et intervient régulièrement dans le débat public.


Ecrit le 12 janvier 2005 :

 Egalité professionnelle : Putain ! encore 5 ans !

Promise déjà en 2002, l’égalité professionnelle homme femme a de nouveau été promise par J. Chirac, le 4 janvier 2005, pour dans 5 ans. Encore un bluff de plus ! ... vu que tout est déjà dans la loi, sauf les moyens et la volonté de la faire appliquer !

La loi 83-635 du 13 juillet 1983 puis celles du 10 juillet 1989 (89-488) et du 2 août 1989 (89-531) toutes prises sous la gauche et visant à l’égalité professionnelle hommes-femmes dans le cadre de la directive CEE du 9 février 1976, ont toutes donné les moyens de progresser vers le but proclamé.

Pourtant en 2005, il y a toujours 27 % d’écart moyen de salaires entre hommes et femmes à qualification égale, à ancienneté et compétences égales.

Et il n’y a que 7 % de femmes « cadres supérieures » contre 93 % d’hommes. De plus en plus de femmes enceintes ou de retour de congés maternité sont victimes de discrimination ! Sur 15 % de salariés à temps partiels, 85 % sont des femmes et 80 % des non qualifiées.

Donc les lois votées et introduites dans le Code du travail
ne sont pas appliquées !

Pourquoi ?

1) parce que le patronat ne veut pas, n’en a pas le souci, n’en a pas la culture. Ni les grands, ni les petits patrons. Ce n’est ni par négociation, ni par conventions, ni incitations, ni bénévolat, etc. mais par l’obligation légale, la contrainte réelle, avec sanctions que pourra progresser l’égalité.

2) parce que les jurisprudences lentes et homéopathiques ne peuvent changer une situation massive, permanente, prolongée, d’exploitation et de discrimination contre les femmes salariées. Ce n’est pas chacune, une par une, qui peut affronter son employeur et gagner procès après procès !

3) parce que dans le privé les syndicats sont trop faibles et qu’il leur faut accord et soutien des salariées concernées, lesquelles hésitent, dans ce climat de chômage et de chantage à l’emploi, à faire valoir leurs droits.

4) parce que les principes, modalités pour « à travail égal salaire égal » déjà contenus dans le Code du travail ne sont pas accompagnés de pénalités correspondantes, fermes et faciles à mettre en œuvre.

Il faut pouvoir disposer de moyens de sanctions rapides et forts sinon cela n’avancera pas, comme on le voit depuis plus de 20 ans !

5) parce que les évolutions managements ultra-libérales en vogue, poussent à la discrimination, à l’individualisation des salaires, et refusent négociations, grilles collectives, reconnaissance des diplômes et des acquis de l’expérience.

Au lieu de promouvoir une politique harmonisée, juste, négociée, collective des salaires, la mode est à l’éclatement des grilles, des droits, « à la tête du client » et les femmes trinquent, mais pas seulement elles (maintenant on voit des hommes côte à côte, même qualification, même travail, qui sont payés différemment, selon leurs prétendus « mérites », en fait selon qu’ils sont bien ou mal vus, syndiqués ou non, etc).

Même ce qu’il y a de bien depuis longtemps dans la loi (et les directives européennes) ne passe pas faute de sanctions appropriées !

Même le renversement de la charge de la preuve en matière de discrimination (directive 97/80/CE du 15 décembre 1997 qui renversait la présomption, l’employeur devant établir que la différence de traitement entre hommes et femmes était objectivement justifiée) n’a pas été confirmé avec clarté et vigueur, si bien que les employeurs plaident leur irresponsabilité.

Alors chaque année, un rapport doit être fait (art L 432-3-1 du Code du travail) concernant la situation comparée des hommes et des femmes dans une entreprise : il est transmis à l’inspecteur du travail et communiqué à tout salarié qui en fait la demande... Mais il n’est pas fait !

Est nul le licenciement d’une salariée qui a introduit une action en justice pour faire valoir ses droits ( L 123-6)...
... mais qui peut le faire, sans préjudice pour sa carrière, sa promotion ?

Les organisations syndicales représentatives dans l’entreprise peuvent aller en justice à la place des salariées individuellement, sans avoir à justifier un mandat de l’intéressée... Mais si elles le font, la salariée mise sous pression (toute salariée est subordonnée) subira les contre-coups...

Le texte de la loi sur l’égalité professionnelle doit être affiché dans l’entreprise... Il l’est souvent, jauni ou illisible, mais cela demeure sans suite...

Des infractions sont prévues (empri-sonnement d’un an et/ou amende de 25 000 F) selon le Code du travail, plus selon le Code pénal... mais qui les applique ? le juge lorsqu’il est saisi par la salariée ou les syndicats... mais comme les menaces sont trop grandes sur l’emploi et la carrière, cherchez les jugements ! Il faut un an voire deux s’il y a appel, qui peut vivre dans l’entreprise pendant ce temps-là ?

Proposition simple : l’inspection du travail devrait recevoir les moyens d’agir et les juges de sanctionner fort :

« Extérieure » aux salariés et aux syndicats concernés, aux enjeux des rapports sociaux de l’entreprise, l’inspection devrait recevoir la possibilité d’enclencher des procédures en référés pour demander aux juges de placer sous forte astreinte toute entreprise qui ne répond pas aux obligations légales en matière d’égalité professionnelle.

Ainsi lorsqu’un bilan annuel établit la disparité, l’inspecteur, pourrait-il saisir le juge vite ! Le juge pourrait-il placer sous astreinte forte après un délai soumis à sa décision permettant la régularisation, l’entreprise qui ne corrige pas les disparités salariales, et les autres faits de discrimination ! (Notes : cette proposition avait déjà été introduite dans des textes du Parti socialiste dans ses conventions de 1996 , mais hélas, pas adoptée...)

Les inspecteurs ont déjà le droit d’engager des référés dans deux cas : situations dangereuses, danger imminent de chute ou d’enfouissement dans les chantiers et pour faire respecter l’interdiction du travail salarié dominical... C’est donc possible d’étendre ce champ d’intervention de la saisine du juge par référé par l’inspecteur... Mais encore faut-il aussi donner des moyens à l’inspection par le doublement de ses effectifs, de ses sections, de ses moyens et secrétariats... .

Communiqué de Gérard Filoche
Démocratie et Socialisme, 5 janvier 2005

Gérard Filoche est auteur des livres : « Le travail jetable » Ed. Ramsay, « Les carnets d’un inspecteur du travail 2004 » Ed Ramsay, « On achève bien les inspecteurs du travail » Ed JCGawsevitch


Note du 28 février 2009

 Chef ou sous-chef ?

Les femmes peuvent-elles être chef ou sous-chef ? Oh non !

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Chef ou sous-ch

Voir document ci-contre

voir aussi page 1574

Wangari Maathai, Prix Nobel de la Paix