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Femmes en Iran


Ecrit le 20 décembre 2006

 Femmes en Iran

L’Iran, une civilisation millénaire, on y trouve des ruines qui remontent à 4000 - 3400 ans avant notre ère,

Mais maintenant, en Iran, c’est la barbarie, contre les femmes. Parce qu’elles sont femmes.

Qu’on ne s’y trompe pas : il s’agit ni plus ni moins que de les gommer symboliquement ou physiquement de la surface de la terre ou du pays. Le vêtement même qui leur est imposé en fait des être uniformes et informes, sombres, parfois hideux voire inquiétants, et aussi des handicapées. Comme des prisonniers, comme les juifs, il les désigne, ostensiblement, et de loin : si, dans une foule, on ne peut de prime abord distinguer les sexes, ici, au contraire, ils sont pointés avec une évidence quasi obscène.

Le livre d’Hélène Larrivé, « Femmes en Iran » raconte l’histoire de certaines de ces femmes, pendues ou lapidées pour « actes incompatibles avec la chasteté » : c’est-à-dire pour une mèche de cheveux qui dépasse sous le voile, pour une amourette innocente ou même pour ... un viol.

Selon le code pénal iranien, le terme « adultère » désigne toute relation intime ou sexuelle entre un homme et une fille/femme non mariés... et il est aussi utilisé lorsqu’une fille est accusée d’avoir commis « des actes incompatibles avec la chasteté », ce qui peut par exemple inclure le viol ! Or, la peine pour « adultère » est la mort. Donc une fille qui a été violée peut ensuite être lapidée pour « adultère » : son violeur aura tout intérêt à la charger, il sera toujours entendu contre elle... et moins lourdement condamné.

Par exemple on ne condamne pas ou peu les clients des prostituées. Ils sont considérés comme des victimes de provocatrices, tandis qu’elles, en revanche, n’échappent pas à la lapidation.

 Journaliste

Zarah Kazemi est née en Iran en 1948. Exilée à Paris puis à Montréal, celle qu’on surnommait Ziba (la belle) a décidé d’entreprendre en 1999 un retour aux sources. Elle n’en revint pas.

Elle aurait pu vivre douillettement au Canada qui l’avait accueillie et dont elle avait la nationalité, entourée de sa famille. Elle avait échappé à l’enfer. Elle décida d’y retourner. Elle n’en revint pas.

Le 24 Juin 2003 au cours d’un reportage devant la prison d’Evin, elle fut arrêtée. Quinze jours plus tard, envoyée pour des vomissements de sang ( !) aux urgences de l’hôpital militaire de Baghiatollah à Téhéran, un des mieux équipés au pays, elle était déclarée morte... et, en dépit des demandes de rapatriement de son corps par sa famille, immédiatement enterrée. Les autorités iraniennes annoncèrent que son décès était dû à « une baisse de tension et à une chute... » Un accident !

En fait, elle avait été violée et torturée à mort. Le médecin qui l’examina et qui demanda ensuite l’asile politique au Canada - il l’obtint- donne ici la liste de ses blessures : interminable, insoutenable.
Nez fracturé, les deux yeux tuméfiés, d’énormes ecchymoses sur le visage jusqu’aux oreilles ; le crâne fendu à l’arrière ; trois profondes coupures de plusieurs centimètres sur le cou, comme si quelqu’un avait planté ses ongles dans sa nuque ; son omoplate droite tire sur le mauve ; des contusions couvrent presque tout son abdomen ; sa cuisse gauche est bleu foncé ; ses pieds sont dans un état effroyable, son gros orteil droit, réduit en bouillie ; des ongles de doigts et d’orteils ont été arrachés et elle a deux doigts cassés ; l’arrière de ses jambes laisse voir de profondes lacérations et surtout des marques extrêmement violentes aux parties génitales témoignent de viols réitérés. Le Dr Aazam ajoute que ses blessures ont été causées sur une assez longue période, certaines marques étant plus anciennes que d’autres.

« On m’a dit que c’était une journaliste. C’était mon devoir de trouver un moyen d’en parler. » De moyen, il n’y en avait qu’un, la fuite, l’exil, la demande d’asile. Le docteur Aazam a tout laissé derrière lui pour témoigner et à présent il doit vivre caché.

 Des images horribles :

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Publié par les éditions
http://larrive.info/

Livre : « Femmes d’Iran »
Par Hélène Larrivé
galerie Archype, Anduze
http://helenelarrive.blogspot.com/

Le live Femmes d’Iran peut être commandé ici : http://larrive.info/ ou chez tous les libraires


 Julie Feld

Note du 5 février 2006 : article du journal Le Monde du 5 février :

Elle parle pour Rukhsana, qui habitait à Nottingham, Royaume-Uni. Cette femme était pakistanaise, mère de deux enfants, et enceinte d’un troisième, après une relation extra-conjugale. La honte jetée sur la famille fut telle que son frère l’a étranglée tandis que sa mère la maintenait pour l’empêcher de se débattre.

Elle évoque d’une voix posée Guldunya, jeune Turque de 22 ans que l’époux de sa cousine a mise enceinte, qui s’est sauvée parce qu’elle savait ce qui l’attendait, et que ses frères ont retrouvée. Ils lui ont tiré dessus, ne l’ont que blessée, puis l’ont achevée sur son lit d’hôpital.

Elle parle doucement, aussi, au nom des femmes irakiennes, prisonnières politiques libérées de la prison d’Abou Graïb. La plupart d’entre elles ont été violées en cellule. Les familles sont allées voir les imams pour évoquer cette terrible situation. Après délibération, autorisation a été donnée aux pères et aux frères de tuer ces détenues rendues à la vie. En Irak, précise-t-elle, ces victimes sont clairement identifiables : leurs corps abandonnés dans la rue sont nus, lacérés, et amputés d’une main. A ce moment du récit, sa voix gronde : elle explique que « la main coupée constitue la preuve donnée par la famille au chef de la tribu que la femme a bien été tuée et que l’honneur du clan a été ainsi préservé ».

Julie Feld est avocate au barreau de Bruxelles et réclame justice pour les femmes victimes des crimes d’honneur sur tous les continents : « Elles n’avaient aucun droit de leur vivant, qu’elles aient ici un lieu où l’on parle de leur mort ! »

Dimanche 4 février 2007, elle ne plaide pas devant un tribunal, mais participe au concours international de plaidoiries pour les droits de l’homme, organisé pour la dix-huitième année consécutive par le barreau, le Mémorial pour la paix, et la ville de Caen. Pour sa défense, Me Feld a remporté le deuxième prix, parmi les dix candidats finalistes.

La plaidoirie de Julie Feld pour être téléchargée ici : http://www.memorial-caen.fr/fr/concours_2007/index.php?option=com_content&task=view&id=16&Itemid=22

ou encore ICI

Réflexions sur la violence conjugale :
_ http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/violenceconju/dossier.asp