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Femmes et précarité

Ecrit le 7 mars 2007

8 mars, journée internationale de la femme. Fête des femmes .... Pour faire oublier que les autres jours de l’année les femmes ne sont pas à la fête.

Dans un rapport présenté le 6 février 2007, l’Assemblée Nationale a fait le point sur le thème « Femmes et précarité »

 Les précaires sont surtout ouvrières

La précarité (c’est-à-dire la fragilité dans l’emploi, la situation familiale, ou encore le logement) touche désormais de larges catégories d’ouvriers mais elle présente des caractéristiques spécifiquement féminines qui s’expliquent par les discriminations subies par les femmes dès l’orientation professionnelle et la formation, ensuite sur le marché du travail, puis au moment de la retraite.

 Halo de pauvreté

Le seuil de pauvreté est actuellement de 788 euros par mois pour une personne vivant seule. En France, 6,86 millions de personnes, soit environ 12 % de la population, étaient pauvres en 2004

En outre, il existe autour de ce seuil un « halo » de pauvreté, constitué par les personnes qui n’ont pas de revenus suffisants pour assumer les charges de leur ménage, quelle qu’en soit la composition.

Etre pauvre c’est être dépourvu du nécessaire, c’est-à-dire des moyens de se loger, se nourrir, se vêtir, se soigner et de subvenir à ses besoins élémentaires.

Mais dans notre société de consommation, être pauvre, c’est aussi ne pas avoir accès à la consommation de masse ; dans notre société individualiste, c’est encore souffrir d’isolement ; dans notre société de compétition, c’est enfin ne pas avoir la bonne formation ou la bonne éducation.

Comme dit Véronique Mougin dans son livre « Femmes en galère », « Etre pauvre (...) C’est vivre sans savoir de quoi demain sera fait. C’est devoir se raconter et se justifier sans cesse pour avoir accès à l’assistance. C’est aussi, pour toutes les précaires, être l’objet d’un éternel soupçon (est-elle bien capable d’élever ses enfants ? ne profite-t-elle pas du système ?) et léguer sa précarité à sa progéniture. »

Les femmes vivent plus souvent que les hommes sous le seuil de pauvreté, et, parmi elles, les jeunes femmes (de 18 à 29 ans) sont les plus touchées.

Un chiffre effrayant : 70 % des SDF de 16 à 18 ans sont des filles !

Pour autant il ne faut pas généraliser : La situation des femmes sur le marché du travail est en effet contrastée :
– entre les « gagnantes » (bien insérées, disposant d’emplois stables et correctement voire très bien rémunérées)
– et les « perdantes » (travailleuses à bas salaires et subissant le plus souvent un temps partiel contraint),

 L’enfant-handicap

Mais de toutes façons la présence d’enfants modifie considérablement la situation des femmes.

Une étude de l’INED en septembre 2006 révèle que « Dans les douze mois qui suivent une naissance (...) les changements sont très différents chez les pères et les mères : 39 % des mères qui travaillent déclarent que leur activité professionnelle a été modifiée par la naissance, qu’il s’agisse d’un changement de statut, d’horaires, d’intensité du travail ou d’un retrait du marché du travail. Ce n’est le cas que de 6 % des pères. »

Les situations les plus graves sont vécues par les femmes chefs de famille monoparentale .

Elles sont de plus en plus nombreuses dans ce cas, fragilisées sur le marché de l’emploi et devant se contenter d’un niveau de vie souvent modeste et d’une dépendance économique forte vis à vis de la pension de l’ex-conjoint et des diverses allocations sociales.

La femme doit-elle alors devenir femme au foyer, ou travailleuse pauvre ? Avec des répercussions sur la retraite ...

 Les femmes âgées

La pauvreté des femmes âgées concerne à la fois des femmes qui ont été pauvres durant leur vie et des femmes pour lesquelles la retraite ou le veuvage sont synonymes de paupérisation. Le rapport parlementaire estime que la pauvreté des personnes âgées en général, et des femmes âgées en particulier, va certainement augmenter dans les prochaines années.

Selon une étude de la DREES, le montant de retraite des femmes dans le secteur privé était en 2004 inférieur de 38 % à celui des hommes !

Heureusement il existe deux mécanismes permettant aux retraités précaires, en majorité des femmes, de percevoir une pension minimale : le minimum contributif, et l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) dite « minimum vieillesse ».

Mais les taux sont en dessous du seuil de pauvreté : 563 € pour le premier et 625 € pour le deuxième.

On commence ainsi à voir des femmes âgées qui font des « petits boulots », comme sortir le chien, arroser les plantes, faire les courses ... ou recourent au Resto du Cœur pour parvenir à survivre.

Même les femmes de milieux favorisés peuvent basculer dans la pauvreté, en cas de divorce notamment, mais aussi du fait de l’allongement de la durée de vie et, en corollaire, de l’accroissement des problèmes de santé.
La faiblesse des revenus est particulièrement problématique lorsque les personnes âgées doivent intégrer une maison de retraite, où le prix de journée est trop élevé
(rappelons à ce propos que le coût moyen d’une maison de retraite est de 400 euros supérieur à la pension de retraite moyenne).

 Combattre la précarité des femmes

Le rapport dresse des constats, hélas connus, et répète qu’il est urgent de tout mettre en œuvre pour combattre la précarité des femmes, ... d’autant plus que lutter contre la pauvreté des femmes, c’est aussi s’attaquer à la pauvreté des enfants

L’incitation à l’emploi des femmes est un des moyens de lutter contre leur précarité, dans la mesure où seul le travail assure leur autonomie et leur permet de faire face aux ruptures familiales.
La Délégation recommande ainsi qu’une réflexion en profondeur soit entreprise tant sur l’amélioration du système de garde des enfants que sur l’aménagement d’un congé parental plus flexible, partagé entre les deux parents et mieux rémunéré.
et aussi une réflexion sur les conditions de travail à temps partiel dans certains secteurs d’activité (amplitudes horaires trop fortes, horaires souvent décalés et imprévisibles).

On trouvera ce rapport officiel ici :http://perso.orange.fr/journal.la.mee/femmes-et-precarite.pdf

 Com’Com’   et parité

A propos de la parité hommes-femmes dans les assemblées, le rapport parlementaire regrette : « contrairement aux annonces faites par le Président de la République en janvier 2006, le projet de loi ne prévoit aucune obligation de parité pour la désignation des délégués des communes dans les intercommunalités ; étant devenues des lieux de pouvoir, celles-ci ne doivent pas rester à l’écart des évolutions ».

Dans la région de Châteaubriant il y a du travail à faire sur cette question

 Mini-manif le 8 mars 2007

Le groupe d’Amnesty de Châteaubriant, pour la journée sur les droits des femmes invite jeudi 8 mars 2007à :

– un (bref) rassemblement devant la mairie de Châteaubriant à 12h45 pour demander au gouvernemnt une politique pour protéger efficacement les femmes des différentes violences. (vous pouvez venir avec votre sandwich). C’est une action nationale relayée aussi à Châteaubriant.

– à 20h30 au cinéma pour Water : un film indien sur les femmes à l’époque de Gandhi. Ce film sera précédé d’une plaidoirie de lycéennes


Ecrit le 8 mars 2013

Rapport femmes et précarité (résumé).

Femmes et précarité : le rapport complet