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Femmes et commerce

Ecrit le 7 mars 2007

 Des hommes dans les rayons

« Les métiers dits ou réputés féminins sont toujours, par ce qui ne peut être le fait du hasard, ceux où les salaires sont les moins élevés. A contrario, lorsqu’un secteur se « masculinise », la tendance à l’augmentation des salaires est plus marquée ». dit le rapport parlementaire du 6 février 2007 .

Dans son avis du 26 février 2007, le Conseil Economique et Social note aussi : « on ne peut qu’encourager à une embauche plus équilibrée entre les sexes dans toutes les catégories professionnelles.

Il conviendrait en effet de réussir à surpasser le déterminisme qui voudrait par exemple que les emplois les plus en relation avec la clientèle - les caissières ou hôtesses de caisses - soient essentiellement occupés par des femmes ».

Voilà donc un combat à mener :
la parité dans le commerce,
davantage d’hommes dans les rayons, ou aux caisses.

Ce serait bien si cela aboutissait à l’augmentation des salaires, mais il y a deux problèmes plus urgents :
– 1.- la question des horaires de travail
– 2.- la perspective de disparition des caissières

En effet, et le CES le reconnaît : « Le commerce présente une spécificité. Les amplitudes d’horaire d’ouverture des magasins sont grandes, parfois de 7 à 21 heures. Parallèlement, le nombre des salariés travaillant à temps partiel est très important, particulièrement dans les grandes structures de la distribution. »

 Les horaires atypiques

Le CES demande d’éviter « la banalisation des horaires atypiques au-delà des fonctions qui les nécessitent absolument.(...) et de développer « la polyactivité organisée » c’est-à-dire l’appel à un « personnel nombreux dans des fonctions diversifiées » avec une plus grande possibilité de déroulement de carrière.

« A cet égard, il faudra être très attentif au devenir des métiers de caissières - cette profession « emblématique » de la grande distribution représente par exemple de 20 à 30% des effectifs d’un magasin particulièrement dans les grandes structures.
Elle peut se définir comme une population stratégique étant à la fois le dernier voire le seul contact avec le client.

Il y a lieu dans ces conditions, d’être particulièrement attentif à la l’évolution de cette fonction dont les tâches seront forcément redéfinies compte tenu de l’existence d’outils technologiques très performants, tels que l’identification par radio fréquence (RFID), dont l’introduction massive aurait pour conséquence une « déshumanisation » des magasins. » dit le Conseil Economique et Social (CES).

« Enfin, les fonctions dédiées à l’accueil, au conseil et au service de la clientèle doivent être mieux valorisées, sachant qu’elles mobilisent des qualités autant d’organisation, d’autonomie, d’initiatives que, naturellement, relationnelles » dit encore le CES.

 La disparition des caissières

Déjà Auchan envisage de supprimer les caissières ! Comme ce serait bien : des magasins ouverts le dimanche, avec seulement des RFID en embuscade !

La RFID : radio frequency identification est une méthode pour stocker et récupérer des données à distance en utilisant des marqueurs appelés « radio-étiquettes », c’est-à-dire des sortes d’étiquettes qui peuvent être collées ou incorporées dans des produits. On met le produit dans le chariot et hop, il est enregistré. Il n’y a plus qu’à payer à la sortie !

Un magasin sans personnel ! Juste des clients ! La merveille des merveilles !

Caissière

Les avis sont partagés, qu’en pensez-vous ?

« Hôtesse de caisse est un boulot pénible et usant, sans véritable valeur ajoutée autre que passer des articles à la douchette, c’est très bien si ça disparaît un jour ».

« Caissière, c’est un métier difficile. La moitié des clients ne répondent même pas à ton bonjour. Et s’il y a du monde, ils râlent ! C’est un métier où il faut supporter les courants d’air (les portes s’ouvrent et se ferment), pouvoir rester assis pendant des heures, repérer les éventuels fraudeurs, soulever des kilos de produits et surtout ... garder le sourire ! »

« Caissière, c’est un métier de contact, la seule occasion de parler un peu pour des gens seuls. Parler d’eux-mêmes, parler aussi des événements, donner un conseil de temps en temps, ... le temps de ranger les courses et d’utiliser la carte de paiement. Et puis c’est aussi, le moyen de gagner sa vie ».

 Dé-humanisé

Le monde moderne est merveilleux : on se sert tout seul à la pompe à essence, on retire du fric ou une cassette vidéo au distributeur automatique, on poinçonne son billet soi-même, on fait ses achats sur ordinateur, et on supprime les caissières dans les magasins !

Bientôt les gens n’auront plus qu’une chose à faire : dépenser leur fric avec des automates. La belle vie !

Mais comment auront-ils du fric s’ils ne trouvent plus d’emploi ?
Ah ça ! C’est un autre problème !

Histoire :

Le premier supermarché est né en 1958 à Rueil. Carrefour a ouvert sa première grande surface à Annecy en 1960. Auchan a débuté à Roubaix en 1961.

Voir le livre l’aventure des premiers supermarchés - par F. Carluer-Lossouarn


Ecrit le 14 mars 2007

Une vendeuse, si je veux, quand je veux

Il y aurait quelque chose à faire sur le commerce

Myriam a 30 ans, deux enfants encore très jeunes. Elle cherche du travail pour mettre un peu de beurre dans les choux-verts. Un magasin de la région castelbriantaise propose 18 heures par semaine. Mardi et jeudi de 15h à 19h30. Et mercredi non-stop de 9 h 30 à 19h30 avec une pause d’une heure. Et être disponible à tout moment de la journée, les autres jours.

Une jeune femme de Pouancé n’est pas prise car, dit le gérant, elle habite trop loin. C’est que, s’il l’appelle, elle doit être là tout de suite Et pas dans vingt minutes.

Une jeune fille de Châteaubriant refuse le poste : 515 € nets par mois, cela ne permet pas de vivre. Cette jeune fille aurait bien pris le poste si elle avait eu la promesse d’obtenir ensuite un temps plein. Mais non, non, dit le gérant, ce sera toujours 18 heures. Et puis il y a cette foutue nécessité d’être disponible à n’importe quelle heure : il n’est donc pas possible de trouver un mi-temps ailleurs, pour compléter. Travailler plus pour gagner plus. Cette jeune fille ne souhaite que cela.

Myriam a-t-elle ses chances alors ? Eh bien non car les horaires l’obligent à trouver une nourrice qui, le soir, veuille bien aller chercher les enfants à l’école et les garder jusqu’à 19h30 (compte-tenu des trajets cela fait 3 h les mardi et jeudi) et qui les garde toute la journée du mercredi (soit 11 h). Total 17 heures de garde pour chacun.

Bénéfice ?

– 18 heures de travail au SMIC : 644 € bruts
– 17 heures de garde pour chacun des enfants : à raison de 3,80 € par enfant (coût moyen brut) cela représente 559 € bruts.

Résultat : 85 € bruts dans le mois ! Et moins encore quand il faut compter les frais d’essence pour se rendre au boulot.
et toujours cette foutue obligation d’être disponible à toute heure.
Travailler plus pour gagner plus. Myriam commence à comprendre que ce n’est pas possible.

« On ne trouve personne » dit le gérant « les femmes ne veulent pas travailler ».