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Femmes : umoja, le village sans hommes

Ecrit le 7 mars 2007

Umoja, le village sans hommes

Umoja est un village du Kenya qui ressemble de loin à des milliers d’autres, avec ses cases de terre et de bouse sèche disposées en rond autour d’une petite place centrale. Mais il a une particularité : il n’est habité que par des femmes.

« Il y a dix ans en effet, un groupe de femmes est venu s’installer sur un terrain d’herbes sèches, dont personne ne voulait, et a fondé le village d’Umoja qui veut dire ‘unité’ en swahili » raconte The Washington Post du 9 juillet 2005.

Les femmes qui vivent là ont toutes été violées par des soldats britanniques, puis répudiées par leur mari qui prétendait qu’elles avaient jeté la honte sur leur famille et leur communauté. Rebecca Lolosoli a décidé un jour de leur donner la possibilité de se regrouper dans un village, tout en décidant qu’aucun homme ne serait autorisé à y vivre.

Au fil des années, le village est devenu florissant et la quarantaine de femmes qui l’animent ont créé un centre culturel et un camping pour les touristes qui viennent visiter la réserve nationale de Samburu.

Le revenu du camping et des produits artisanaux que fabriquent ces femmes, a permis la construction d’une école.

La réputation du village est telle que de nombreuses femmes de tout le pays viennent y rechercher de l’aide, si bien qu’il a fallu embaucher ... des hommes ... pour aller chercher le bois nécessaire à la cuisine, tâche habituellement dévolue aux femmes.

De l’aide

Dans ce village l’excision et le mariage forcé ne sont que de vieux souvenirs.
Rebecca Lolosoli conseille une fillette de 13 ans qui est demandée en mariage par un homme d’une quarantaine d’années : « Tu es une petite fille, il est vieux. Les femmes n’ont plus à supporter ce genre d’absurdités ».

« La femme n’est rien ici » dit-elle en faisant référence aux traditions de son pays. « Qu’on ait tort ou qu’on ait raison, on n’a pas le droit de répondre aux hommes ou de parler devant eux. Il faut que cela change. Les femmes doivent exiger des droits ». Dans la tribu des Sumburu, la femme n’a pas droit à la propriété, c’est elle qui constitue la propriété de son mari. « A Umoja, nous sommes libres et nous possédons même du bétail » dit Rebecca.
Ce genre de propos déplaît fortement aux hommes, qui ont proféré des menaces de mort contre Rebecca lorsqu’ils ont appris qu’elle était invitée à une conférence internationale à New-York sur les droits des femmes !

« L’homme est la tête et la femme le cou. Or une tête ne peut pas demander à un cou de donner son avis », s’étrangle le chef du village voisin qui n’accepte pas que des trouble-fête comme Rebecca remettent en cause les fondements mêmes de la culture de sa communauté. !

Des hommes ont essayé, en vain, de faire interdire le village. D’autres, dans un moment de dépit, ont construit leur propre village juste en face d’Umoja ... mais n’ont pas réussi à attirer les touristes dans leur propre camping.

Evolution

L’attitude des femmes d’Umoja va peut-être déboucher sur une évolution de la législation du Kénya : les femmes auront le droit de refuser un mari, d’exiger réparation en cas de harcèlement sexuel, de refuser l’excision et poursuivre les violeurs en justice. Mais entre l’évolution de la loi et l’évolution des mentalités, il faut souvent attendre plusieurs générations !

Source : http://www.mantaprod.com/

On peut y voir des photos et une vidéo à ce sujet.

Un documentaire sur Umoja sortira à l’été 2007