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Femmes : une société sans enfants

Ecrit le 7 mars 2007

Vers une société sans enfants

« Même dans les sociétés les plus conservatrices, de nombreux couples décident aujourd’hui de ne pas avoir d’enfants. C’est une bonne chose pour les restaurants et le marché de l’immobilier », s’amuse le magazine américain Newsweek. Cette tendance prend de l’ampleur, de la Suisse à Singapour et du Canada à la Corée du Sud, partout où les jeunes veulent profiter de leur vie d’adulte sans contraintes le plus longtemps possible, souvent au-delà de 40 ans. Une grande partie d’entre eux finissent par ne pas avoir d’enfant du tout ; c’est le cas pour 30 % des femmes sorties de l’université en Allemagne, par exemple.

Au Royaume-Uni, le nombre de femmes qui n’ont pas d’enfants a doublé en vingt ans. « Les Britanniques font passer le travail et les loisirs avant les enfants », titre le quotidien The Guardian, en référence à une étude publiée en mai dernier et qui révèle que seuls 36 % des femmes placent la maternité avant le travail. Au Japon, 56 % des femmes de 30 ans n’ont pas d’enfants, elles étaient 24 % en 1985.

Cette tendance a engendré de nouvelles habitudes culturelles. Au Royaume-Uni, le monde de l’édition exploite ce filon : des livres sur le thème « je suis heureuse sans enfant » fleurissent. Des associations d’entraide ont surgi un peu partout, de Vancouver, où le mouvement No Kidding ! (Pas d’enfant !) rencontre un franc succès, à l’association britannique des adultes sans enfants. Cette tendance a également permis aux animaux de compagnie de se multiplier. Au Japon, « Honda a même créé des voitures équipées de caisse pour chien pour remplacer le siège de bébé », raconte encore Newsweek. Quant aux boîtes à gants de certains nouveaux modèles, elles sont conçues pour recevoir un animal de la taille d’un pékinois !

Dans les grandes villes d’Australie comme dans toutes les métropoles du monde, les agents immobiliers se délectent de la montée de ces nouveaux couples qui se suffisent à eux-mêmes. Une récente étude publiée au Royaume-Uni montre en effet qu’un bien immobilier perd 5 % de sa valeur dès lors qu’il est situé dans un environnement où vivent des adolescents. En outre, la majorité de ces couples ont un pouvoir d’achat élevé et font monter les prix.

« Cette nouvelle norme affecte aujourd’hui toutes les catégories sociales », constate le magazine. Et si ce mode de vie est depuis longtemps présent dans les classes sociales élevées des grandes villes, il est en train de gagner du terrain dans les sociétés plus traditionnelles ou rurales. L’Italie, la Grèce et l’Espagne, qui étaient synonymes de familles nombreuses dans lesquelles les femmes sans enfants étaient ostracisées, ont aujourd’hui un taux de natalité très bas. « Les Italiens ont peur de devenir parents. Ils craignent de ne pas être capables de réussir l’éducation d’un enfant et, pour beaucoup, le choix de ne pas procréer est lié aux problèmes économiques et d’emploi », précise la psychologue Anna Oliviero Ferraris dans La Repubblica.

D’ailleurs, ajoute Newsweek, un quart des Italiennes de 40 ans savent qu’elles n’auront jamais d’enfant. Au Japon, élever un enfant coûte cher, et les hommes ne participent pas beaucoup. Les entreprises encouragent fortement leurs salariées qui ont accouché à ne pas reprendre le travail. « Au Japon, c’est carrière ou enfant », précise Kaori Haishi, auteur du livre à succès Toutes les raisons pour ne pas avoir d’enfants.

Toutefois un retour de bâton risque fort d’intervenir, avec la révolution conservatrice et religieuse qui se dessine. Pour certains leaders politiques ou religieux, cette épidémie de couples sans enfants sape la morale publique. Ils blâment cette tendance qui accélère le déclin des populations, la chute des systèmes de retraite et la montée de l’immigration. Au Japon par exemple, certains commentateurs n’hésitent pas à qualifier de « parasites » les couples sans enfants et les accusent de ne pas être de vrais patriotes. De l’Allemagne à la Russie, des débats sur des sanctions éventuelles envers les couples qui refusent de procréer se multiplient. En Slovaquie, un impôt nouveau est à l’étude pour les personnes âgées de 25 à 50 ans sans descendance.

« Pour les femmes qui ne veulent pas d’enfants, mais qui souhaitent garder la possibilité de procréer un jour, la congélation des œufs est devenue une réalité », note The Guardian, qui précise que de plus en plus de femmes aux Etats-Unis comme en Angleterre font appel à cette méthode, il n’y a pas si longtemps exclusivement réservée aux traitements de la stérilité. « Mais les résultats sont loin d’être assurés », avertit le Los Angeles Times, qui compare la congélation des œufs à un investissement permettant aux femmes d’avoir un enfant au cas où un jour elles changeraient d’avis.

Note du 14 mars 2007 :

Un homme, si je veux, quand je veux

Selon Ouest-France du 7 mars, l’Asie Centrale relégalise la polygamie. Au Kirghizistan, par exemple, un projet de loi a été déposé dans ce sens, « au nom des valeurs traditionnelles ». Comme l’explique Goulnara Ibrahiva, directrice d’une association féministe à Bishkek, « Cette proposition est surtout un moyen pour nombre de députés, ministres, hommes d’affaires ou religieux, de légitimer le mode de vie qui est le leur ». Ce sera au Parlement kirghize de trancher. Mais comme il n’est composé que d’hommes ....

Les députés disent que la polygamie sera un moyen de lutter contre la prostitution. « Mais c’est la pauvreté qui pousse les femmes dans la rue, et pas l’absence de mari » dit encore Goulnara Ibrahiva.

Et si on renversait les rôles ? Et si les femmes étaient autorisées à prendre plusieurs maris qu’elles choisiraient ou répudieraient à leur guise ? Ce serait amusant de voir la réaction des hommes !

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