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L’horreur sociale : merci patron

Ecrit le 19 novembre 2003

 L’horreur sociale

On nous rebat les oreilles avec cette grande idée de « la réhabilitation du travail ». Si donc le travail est la valeur centrale de la vie, ne faut-il pas, coûte que coûte, le rendre possible à tous, et dans des conditions humainement supportables ?

Comme dit Dominique Méda, auteur du livre « Le travail, une valeur en voie de disparition » : réhabiliter le travail, « cela consisterait d’abord à en offrir à tous », en supprimant « les emplois déshumanisants, sans garanties, sans droits, mal payés » et à développant le travail décent : « un travail convenablement payé et protégé, permettant des adaptations permanentes des compétences et des reconversions, permettant à tous, hommes et femmes, de concilier vie professionnelle et vie familiale, présentant des conditions de travail telles que les personnes soient capables de travailler aussi longtemps qu’elles le souhaitent ».

Les patrons l’ont bien compris ... pour eux-mêmes : ils exigent d’énormes contreparties à leur travail :

Pas de patron à 10 000 € par mois

Entendu mercredi 29 octobre 2003 par la Commission des lois de l’Assemblée nationale, dans le cadre de la mission d’information sur le droit des sociétés, Ernest-Antoine Seillière a recommandé d’éviter toute loi encadrant la rémunération des grands patrons.

Le président du Medef estime que toute loi de plafonnement de la rémunération des patrons du CAC 40, qui était en moyenne de 1,8 million d’euros en 2002, aurait un effet contre-productif. « Si les grands patrons sont payés comme des parlementaires », soit environ 10 500 euros par mois, « vous n’aurez plus une seule grande entreprise en France », a lancé M. Seillière, qui a gagné 1,37 million d’euros en tant que président de Wendel Investissement en 2002 (soit 115 000 euros par mois, ou 749 000,00 F par mois)

Si les grands patrons ne peuvent se contenter de 10 500 € par mois (comme les députés), pourquoi donc les salariés devraient-ils se satisfaire d’un SMIC brut dix fois moins élevé ?.

Hélas, le pire n’est pas encore le salaire : le pire ce sont les conditions d’emploi et de travail. Dans un livre qui vient de pa-raître, Gisèle GINSBERG donne la parole à « ceux d’en bas », ceux qu’on n’écoute jamais. Ils dressent un tableau sombre des conditions de travail en France : précarisation, hiérarchie de plus en plus pesante, harcèlement. Les salariés se sentent laminés, abandonnés face à la peur : peur du chômage, des réprimandes, de la concurrence des collègues.

Une souffrance sociale, un mal-être traduit par ce cri du cœur, sommaire et brutal : « Je hais les patrons » (1)

Voici des extraits de ce livre.


 Boulot blues

Annie est caissière dans une grande surface du sud de la France. Depuis vingt ans elle est postée derrière sa caisse trente heures trente par semaine pour 804 euros net (5 273,89 francs) par mois, ancienneté comprise. Cela fait des années qu’elle demande à travailler davantage, mais sans résultat. Ici, sur les quatre-vingt-dix caissières, seule... une a un emploi à temps plein. L’emploi partiel non choisi est une politique délibérée de management pour rendre le personnel plus modulable, plus malléable, et pour essayer de le tenir avec la promesse d’heures supplémentaires rémunérées.

Donnant-donnant : Mais ils ne donnent rien

La grande majorité des femmes employées dans cette grande surface sont en CDD. Elles sont prévenues au dernier moment - une semaine à l’avance pour les plus chanceuses, le vendredi pour le lundi pour les autres - du renouvellement ou non de leur contrat.

« La plupart du temps, pour te forcer à venir un jour férié ou de repos, on te dit : « Si tu viens, et que tu ne fais pas d’histoires, ton contrat sera renouvelé sans problème. » En gros, on te fait comprendre que c’est donnant, donnant, sauf que eux ils ne te donnent rien... Ici, on n’est pas traitées comme des êtres humains. On connaît nos plannings de travail une semaine à l’avance. Et encore ! Parce que souvent on te le modifie encore à la dernière minute selon le bon vouloir du responsable. Pour la vie de famille, pour les rendez-vous chez le médecin, pour nos gamins, on ne peut rien prévoir. Ce n’est pas rare qu’on nous appelle les jours de repos pour nous demander de venir parce que Unetelle est malade. On peut toujours refuser, bien sûr, mais gare alors aux brimades ! »

Pipi

Les pauses sont de six minutes toutes les heures, à prendre quand l’hôtesse de zone le décide (...) « montre en main, pas une minute de plus. Les pointeuses sont là, d’ailleurs, pour tout vérifier. Dans la salle de repos, on a toujours l’oeil rivé à la pendule. Tu parles d’une détente ! En dehors de nos pauses, si on veut aller aux toilettes, il faut demander la permission. Et vaut mieux éviter, même si y a pas grand monde aux caisses, car on nous fait des remarques. Mais des fois on est obligés d’insister et de dire : « Ça presse, c’est urgent. » Vous pouvez pas imaginer comme c’est humiliant ! ».

« Mais ce qui m’est le plus difficile à vivre, c’est l’obligation de rester calme, souriante, zen en apparence, alors que je suis complètement lessivée. Être caissière, c’est très, très fatigant, vous ne savez pas a quel point. Si les clients s’en rendaient compte, ils seraient peut-être un peu plus sympas avec nous. Mais, bon, c’est chacun sa merde, je sais bien ! (...) »

Le panneau

« Ce qui est terrible aussi c’est de me sentir contrôlée en permanence, comme si, par définition on était des grosses paresseuses et des tire-au-flanc... Si on ne respecte pas la consigne du célèbre « SBAM » (Sourire, Bonjour, Au Revoir et Merci et ceci dans l’ordre s’il vous plaît !), on se fait taper grave sur les doigts. Ils t’envoient régulièrement des faux clients qui te testent. il y a aussi les « hôtesses de zone », qui sont géographiquement au-dessus de nous et qui nous surveillent d’en haut. (...). Quand on a été contrôlée, on est convoquée, parce que notre SBAM est noté, comme à l’école ! En fonction du résultat de ces « tests », on a droit à des réprimandes, des menaces, des sanctions, ou bien des félicitations, ou encore des « Peut mieux faire ». »

Mais le pompon, c’est le panneau ! C’est vraiment révoltant ! Les noms des cinq meilleures caissières du magasin sont affichés dans le couloir du personnel : sont mises en avant celles qui sont allées le plus vite, qui ont fait le moins d’erreurs de caisse, qui ont été les plus aimables, les plus disponibles... « Ce sont les critères des chefs, bien entendu ! Ils t’organisent des challenges d’une semaine à l’autre : « Qui sera la caissière de la semaine, du mois, de l’année ? » Ils apostrophent les filles et leur disent : « Sibylle, tu es troisième cette fois, la semaine prochaine il faut absolument que tu sois première... Et toi, Sylvie, tu vas pas te laisser faucher le leadership ! Au boulot, les filles. Remuez-vous »

« On dirait qu’ils s’adressent à du bétail pour la foire aux bestiaux ! Ils entretiennent un climat de compétition entre nous, et ce qui est moche et déprimant, c’est que ça marche. T’as des jeunes qui n’arrivent jamais à être dans les cinq premières et que ça rend littéralement malades. Elles se disent qu’elles sont nulles. »

Magasins, bureaux, ateliers, chantiers, etc., la déshumanisation est jouée partout gagnante. La gestion des « ressources humaines » vers toujours plus de flexibilité et d’efficacité en termes de productivité est synonyme non seulement de déréglementation, mais aussi de fortes contraintes sur le personnel, de coercition, de chantage à l’emploi.

Tu bosses et tu te tais

Aujourd’hui, la rigidité est passée aux commandes. La société du travail se décline de plus en plus sur le mode du « Tu bosses et tu te tais ».

L’intensification du travail, la violence des rapports sociaux dans les entreprises, la précarisation des emplois, l’absence de contre-pouvoir provoquent des dégâts sur la vie, la santé, l’équilibre psychologique des salariés de ce pays.
On commence à peine à mesurer l’ampleur des dommages. Les spécialistes sont alarmistes, mais personne, surtout pas les « décideurs », ne souhaite les entendre.

Si les corps sont instrumentalisés, les intelligences le sont aussi, en dépit d’un discours managérial qui se veut ouvert, égalitaire, du genre : « On est tous dans la même galère. Main dans la main, nous gagnerons la bataille. »

Le manager a tendance à se délecter de lieux communs, à se gargariser de propos très convenus et consensuels, qui disent que le salarié est autonome, que ses tâches se sont enrichies, que la polyvalence de son travail est un plus, que ses marges d’initiatives sont plus grandes, etc. Bizarrement, le salarié de base ne vit pas les choses sous cet angle. Sa réalité revêt un tout autre visage : lui, il se sent contrôlé, jugé en permanence, infantilisé, voire réprimé.

Avec la densification du travail, la chasse aux temps morts est devenue le sport favori des patrons... Les petits chefs sont chargés de cette basse besogne, qu’ils exercent souvent avec un zèle déconcertant. Les pauses café, les pauses déjeuner, les arrivées, les départs sont surveillés à la minute près.

Les échanges entre collègues, essentiels pour installer du « liant social », sont modérément appréciés. (...) Dominique Huez, président de l’association Santé et Médecine du Travail, confirme l’importance de ces petits interludes volés au temps qui passe : « Pour pouvoir travailler avec les autres, il faut des moments de rencontre qui créent un minimum de recul sur ce qu’on fait et ce qu’on vit. L’organisation actuelle du travail fait disparaÎtre ces moments-là. On n’a plus le temps de penser ce que l’on fait avec les autres. Du coup, on est fragilisé ».

Ins-tru-men-ta-li-ser

« Rajoutez à ça la flexibilité ! Celle-ci m’inquiète beaucoup : on ne peut construire sa vie au travail et même hors travail dans l’incertitude. Et actuellement les employeurs et seulement eux ont les cartes en main pour organiser le travail. [ ... ] L’organisation dans les entreprises est de plus en plus totalitaire. Elle tend à formater et à instrumentaliser psychiquement les Hommes. Et l’absence d’intervention à l’intérieur de l’entreprise (les syndicats, les médecins du travail, les CHSCT, etc.) aura, si cela reste en l’état, de plus en plus de répercussions dramatiques sur le fonctionnement social. »

Des plages pour parler

Le professeur Davezies est formel : jamais comme aujourd’hui la question de la démocratie au cœur du monde du travail n’a été autant d’actualité. « Jamais il n’a été autant urgent de parler sur le travail, son intensification, ses règles, ses contraintes, ses exigences, et jamais on n’a autant évacué cette discussion. [ ... ] La question du temps est essentielle : il faudrait récupérer du temps pour souffler, pour bavarder tout simplement. Quand les gens se parlent, ils réalisent un processus d’ajustement. Il faut restituer aux salariés des plages pour parler. »

Le monde du silence

La démocratie s’arrête généralement aux portes de l’entreprise... La citoyenneté n’y a pas vraiment droit de regard. Au milieu d’un brouhaha artificiel surnage le silence ! L’entreprise, c’est effectivement, le plus souvent, le monde du silence, de la peur, de l’arbitraire, de l’autocensure, de la soumission, de la collaboration, de la domination, de la manipulation... Cet univers constitue un État dans l’État.

Irresponsable

Libres citoyens dans leur cité, les salariés ne le sont plus, ou à peine, quand ils endossent leur costume de « subordonnés » et de subalternes. Chacun élit son maire, son député, son président de la République, et pourtant l’individu (surtout celui situé en bas de l’échelle sociale), quand il retourne à son bureau, son atelier, est subitement considéré comme un irresponsable, incapable de participer aux décisions, ou même tout simplement de donner son avis, avec en prime, parfois, sa dignité bafouée et son équilibre psychique susceptible d’être mis en danger.

Les conséquences de cette situation, le docteur Maria Gonzalès les voit tous les jours. Médecin du travail dans le Bas-Rhin, elle entend des salariés qui pleurent, qui se plaignent d’aller au travail la peur au ventre, la boule dans la gorge. « ils disent qu’ils n’en peuvent plus, que l’ambiance au travail est pénible, et ça, c’est quelque chose d’assez nouveau. Les médecins passent beaucoup de temps, en consultation, à écouter des gens qui ont besoin de parler, d’évacuer toute l’angoisse ».

Arrogance patronale
Mal-être au travail
Chacun pour soi
Syndicats, connaît pas !
Les 35 h, avancée ou marché de dupes ?
Les rebelles.

Tels sont les chapitres de ce livre

 « Je hais les patrons »
(Gisèle Ginsberg, Ed. Seuil).

« Pour beaucoup, le temps où l’on parlait d’épanouissement au travail n’est plus qu’un lointain souvenir (...). Il y avait la satisfaction du travail bien fait, le charme des amitiés professionnelles, la force de la solidarité, le contentement, le moment venu, de pouvoir passer le flambeau, en même temps que son savoir faire ».....


Ecrit le 19 novembre 2003
Restructurations

(De L’Humanité du 13 novembre) : La production subit toujours les restructurations. La production industrielle est toujours à plat. L’INSEE indique un léger mieux, + 0,4 % en septembre par rapport à août, mais l’évolution reste tout de même négative sur un an : - 1,9 %.

Du côté de l’offre, face aux lourdes dettes financières et à la faiblesse de la croissance, les entreprises se restructurent à marche forcée. Tout l’appareil productif est mis sous tension pour récupérer au plus vite des gains de productivité. Aucun secteur n’échappe à cette gestion calamiteuse. Celui des biens d’équipement voit sa production régresser de 4,2 % sur un an malgré le rebond de septembre (+ 0,4 %). Beaucoup de grands équipementiers comme Alstom sont touchés.

De même, si le secteur des biens intermédiaires progresse assez nettement en septembre (+ 2,3 %), la régression de la production y est très sensible sur un an (- 3 %). Ici, de nombreuses entreprises revoient à la baisse leurs activités en France pour délocaliser les productions à la recherche de faibles coûts du travail. C’est particulièrement vrai dans le secteur des composants électriques et électroniques.

La faiblesse de la production industrielle est à rechercher aussi du côté des quatre facteurs de la demande globale :
– La consommation des ménages, après avoir été le dernier moteur de la croissance, s’essouffle. Les dernières enquêtes d’opinion réalisées auprès des ménages montrent un moral de ces derniers en baisse.
– Le verrou d’un euro fort continue de peser sur le deuxième facteur de demande, les exportations.
– La faiblesse de l’investissement, troisième facteur de demande, plombe l’activité.
– Enfin, le quatrième facteur de demande, la consommation des administrations publiques, risque lui-même de faiblir au vu des coupes budgétaires réalisées par le gouvernement Raffarin.


Ecrit le 26 octobre 2004 :

 Merci patron

Merci patron, Merci patron
Quel plaisir de travailler pour vous
On est heureux comme des fous

chantaient les Charlots en 1971. Trente-trois ans, les choses ont bien changé, en pire. Il n’est même plus sûr que les salariés aient envie de plaisanter.

Selon le Courrier International du 16 au 22 septembre 2004, à propos du « Nouveau chantage à l’emploi » : « Face à la mondialisation, certaines entreprises occidentales proposent une alternative cruelle : délocaliser ou revenir sur les acquis sociaux. Pour les salariés, mis en compétition directe avec leurs homologues des pays émergents, l’avenir est sombre ; pour garder leurs emplois, il faudra travailler plus et gagner moins ».

« Comme le montre U.S.A. TODAY, l’employé idéal prendrait presque les traits du prisonnier : un travailleur motivé, stable et pas cher. Faute d’un sursaut, ce bouleversement du marché du travail risque de déboucher sur la régression des pays développés.”

« L’EMPLOI est la grande VICTIME qui s’amorce dans les pays développés :
– LES SALAIRES baissent,
– LE CHÔMAGE augmente
– et LA PRECARITE aussi.
LA MONDIALISATION pousse les entreprises A REDUIRE LE COÛT DU TRAVAIL.

Le coût d’une heure de travail ouvrier est en 2003 de 21,33 dollars aux Etats-Unis et de 17,42 dollars en France. En 2002 de 26,19 dollars en Allemagne et de 2,38 dollars au Mexique. Le salaire mensuel d’un Sénégalais qui fait du télémarketing pour une société française est de 275 dollars (moins de 2000 francs) et celui d’un prisonnier américain pour le même travail est de 185 dollars (un peu plus de 1000 francs) .

« 70 % des ouvriers américains dont l’emploi a été délocalisé trouvent un autre travail dans les 6 mois, mais seulement 40 % des ouvriers allemands.

33 % des heures supplémentaires des femmes sont rémunérées au sein de l’Union Européenne contre 50 % des heures supplémentaires des hommes. »

En somme tant la mondialisation que la fameuse économie sociale de marché dont on nous rebat les oreilles, ce serait plutôt le nivellement par le bas, et la croissance ne profite guère aux salariés. Au fait, qu’est devenue la planification économique qui était jadis « l’ardente obligation » ? ?

 La Vie privée du salarié appartient au patron

Plus rien ne doit échapper, désormais : du balayeur au directeur le salarié doit être prisonnier de son travail, prisonnier de son entreprise. La société Novartis vient d’innover en ce domaine, en édictant un « code de conduite » visant à limiter les « conflits d’intérêt »

Par exemple, un salarié doit demander une autorisation s’il a l’intention d’épouser une personne travaillant chez un concurrent, ou en relation d’affaires avec lui. Le salarié doit également signaler ses activités hors de l’entreprise. Novartis d’ailleurs met en garde : toute activité « qu’elle soit de type gouvernemental, politique ou bénévole, peut générer une baisse de la productivité et de l’efficacité d’un collaborateur créant ainsi un conflit d’intérêts ».

Ne vous couchez pas trop tard (parce que vous avez eu une réunion), ne consacrez pas votre dimanche à accompagner une équipe de foot, n’organisez pas une pièce de théâtre : tout cela prend du temps et de l’énergie. Le salarié doit rester entièrement disponible, pour l’entreprise.

Le secrétaire (CFDT) du comité d’établissement de Novartis Pharma France et la fédération FO, ont saisi le tribunal des référés de Nanterre qui leur a donné raison en disant, dans un jugement du 14 octobre 2004, que ces dispositions constituent « un trouble manifestement illicite en ce qu’elles portent atteinte à la vie privée du personnel » et présentent un « risque pour la santé mentale du personnel ».

Novartis a décidé de faire appel.

(Novartis est un leader mondial dans la recherche et le développement
de produits innovants pour la santé humaine et animale) . La société à été crée en 1996, à la suite de la fusion des deux groupes suisses
Ciba-Geigy et Sandoz.


Ecrit le 31 août 2015 :

On connaissait le chantage à l’emploi, les salariés contraints de réduire leurs salaires ou d’allonger leur temps de travail pour empêcher une délocalisation, ceux qui se voyaient proposer de conserver leur emploi mais... en Roumanie et pour 300 euros par mois, etc.

Voici une nouvelle illustration du peu de marge de manœuvre des salariés. Une orfèvrerie mosellane, qui délocalise sa production vers la Chine, veut imposer le silence à ses salariés licenciés - notamment vis-à-vis de la presse - en les menaçant de les priver de leurs indemnités de licenciement.

Ils ont dû s’engager à ne pas contester la procédure devant les Prud’hommes, à ne pas « participer ou s’associer, directement ou indirectement à une quelconque action, procédure ou mouvement contraire aux intérêts de la société ou à ses dirigeants (tel que blocage, occupation, entrave à la circulation, article de presse) », stipule le document que s’est procuré TF1.fr.

En cas de non-respect de cet accord, les anciens salariés devront rembourser l’entreprise.

Ce texte est « anormal » et comporte des « dispositions illégales qui touchent aux droits fondamentaux des personnes », a estimé M. Michel Bernard, sous-préfet de Metz-Campagne.

Un Sous-Préfet comme ça, ça devient rare de nos jours !

Dans cette orfèvrerie, le silence est d’or’, comme les bijoux.

BP  

Travailler quand on est malade

entreprise et vie privée