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Humour sans voile

Ecrit le 7 janvier 2004 :

 Vœux ... et humour dévoilé

Une semaine déjà : la règle veut que nous ayons jusqu’à la fin de janvier
pour présenter des vœux.

Voici donc le premier numéro de La Mée pour 2004, trente-troisième année de parution. L’occasion de présenter aux lecteurs nos meilleurs vœux : l’année 2003 fut très pénible (événements tragiques, voire extrêmes, forte régression sociale). 2004 sera peut-être meilleure ?

La Mée continuera à dévoiler une partie de ce qui est caché (elle ne sait pas tout, hélas), à donner la parole à ceux qui ne l’ont pas autrement, à dénoncer les injustices et les atteintes aux libertés.

La Mée n’oublie pas que le plus grave dans nos sociétés hyper-informées, hyper-médiatisées, c’est l’oubli. C’est pourquoi elle reviendra régulièrement sur des sujets qu’il serait tellement plus confortable d’oublier : le problème palestinien par exemple, ou la situation sociale faite aux ouvriers, aux sans-grade de notre société.

Les réflexions qui remontent des abonnés (au moment de leur réabonnement) disent que c’est ça que les lecteurs attendent.

Pour autant, tout en étant un journal sérieux, La Mée ne se prend pas au sérieux. C’est pourquoi elle publiera des textes de fantaisie, l’été par exemple, ou à la période des fêtes de fin d’année. Ce sera le cas en particulier dans ce numéro.

Donc, bonne année à tous
Continuez à nous interpeller
A envoyer des infos
A suggérer des sujets d’articles
La Mée,
c’est ensemble que nous la faisons.
Le comité de rédaction.


 De palette en goélette

J’ai toujours été séduit par la peinture. Les David, Manet, Millet, Monet, Renoir, Delacroix, Goya, Rembrandt et beaucoup d’autres m’ont enthousiasmé.

Lors d’un récent passage à Paris, je me suis donc offert un de ses plus beaux temples : Le Louvre. Ah quel délice ! J’arpentais les galeries avec un groupe et un guide. Devant les principaux tableaux nous avions un commentaire. Nous arrivâmes devant l’inévitable Joconde. Il me sembla que Mona-Lisa me souriait. Une idée saugrenue me traversa l’esprit : elle me prend peut-être pour Léonard ?

Tous les styles y passèrent et enfin, ce fut l’abstrait et le cubisme. Je me tordais de rire devant le génie farfelu de Dali. Le guide s’arrêta devant un Miro et dit : « Voilà un cornichon sur une boite d’allumettes ». Une rombière avec un grand chapeau à plume d’autruche et trois couches de poudre de riz sur le nez s’écria : « Oh ! Quelle horreur ! ». Un monsieur dit : « Mais ce cornichon est rouge et la boite est verte ? » . Juan l’a peint spécialement pour les daltoniens.

Puis voici un Picasso ! « Femme faisant sa toilette » « Oh ! Quelle horreur ! » dit à nouveau la dame. Le même monsieur s’exclame : « On ne voit que du noir, il s’agit sûrement d’une Africaine ». Non c’est une Européenne mais qui est très sale ! Elle est peinte de dos, on ne lui voit même pas le blanc des yeux ? Non parce qu’elle les ferme. Qu’est ce que c’est que le triangle rose ? Elle tire la langue !

Lorsque le guide s’arrêta à nouveau, la dame dit : « Oh ! Quelle horreur. Il est de qui celui là ? ». Le guide lui répondit : « Mais Madame ce n’est pas un tableau, c’est un miroir ». Plus loin devant un Raphaël, un petit garçon tenant sa mère par la main demanda : « Dis maman, pourquoi le petit garçon tout nu n’a pas de zizi, on lui a coupé ? ». « Mais non, il n’en a pas besoin, c’est un chérubin, mon ange ! »

Sur le chemin du retour, défilaient dans ma tête toutes ces merveilles et je me demandais si l’illustre Picasso et certains autres n’avaient pas pris un malin plaisir à barbouiller n’importe quoi sur leurs toiles maintenant que leur célébrité était acquise. J’arrivai assez tard chez moi mais en pleine euphorie picturale.

La nuit commençait à étendre ses voiles. Je descends de ma voiture, je lève les yeux vers le ciel, la lune était voilée. Je me dis c’est mauvais signe, il va pleuvoir sous peu. Je rentre ma voiture dans le garage, je fais une fausse manœuvre et j’emboutis mon vélo. Je claque la portière et profère un juron : j’avais voilé ma roue avant.

Je monte l’escalier, pas de lumière dans la cuisine. J’appelle : Gertrude es-tu là ? Gertrude tu dors ? Hou, hou, Dudude ? Rien, silence complet. J’aperçois sur la table un billet avec quelques mots griffonnés. Ma femme me dévoile qu’elle en a marre de me voir, été comme hiver, avec mon foulard rouge autour du cou et qu’elle retourne chez sa mère en attendant de prendre le voile chez les petites sœurs de la miséricorde.

Le choc est terrible. Mes jambes flageolent, je tangue et je m’échoue brisé sur le canapé. Je sanglote et les larmes me voilent les yeux. Pour me réconforter, je me verse une bonne rasade de whisky. Cela me donne un coup de fouet. J’allume la télé et qu’est ce que je vois ? Un voilier et tous les grands navigateurs avec Ellen Mac Arthur perchée sur le mât de misaine, Olivier de Kervauson sur le mât d’artimon et les autres dans les haubans clamant à pleine voix : La voile, la voile, vous ne nous empêcherez pas de hisser la grande voile ! Laurent Bourgnon annonce que le Syndicat des chars à voiles se joint à eux et soutient leur revendication. Florence Arthaud du haut du grand cacatois scrute l’horizon et crie dans son porte-voix : alerte à bâbord, une bande de marsouins venant de Lann-Bihoué cingle droit sur nous. J’éteins mon poste pour ne pas voir l’abordage.

Je suis déboussolé et je me dis : inutile de te voiler la face, il faut réagir et vite. Je prends donc la sage résolution de dormir, la nuit me portera conseil. Je m’allonge et je me mets à compter non pas des moutons mais des voiles.

Une, deux, trois, quatre, cinq voiles, 50, 100 (carré blanc) 800, 1000, 1610, 1789, 1918, 1968 voiles.

Les voiles de toutes les couleurs s’embrouillent, je baille et le compteur a des ratés.

1999, 2000, 2001, 2002, 2003 je vois le mot Fin. Un coup de vent de force huit fait chavirer la voile. J’ai juste le temps de crier : « Sauve qui peut, larguez la chaloupe » et je sombre dans les voiles de Morphée. Glouglou, glouglou, glouglou-ou, glouc.

Je m’enfonce inexorablement. J’entrevois une méduse, un hippocampe et une pieuvre dansant la Sardane autour d’un Symphysodon Acquifasciata Haraldi (poisson-disque) et je disparais dans les abysses glauques du royaume des algues et des coraux.

En cette fin d’année 2003 plutôt morose, j’ose espérer que mes élucubrations vous dérideront un peu. Bonne année 2004 à tous

Paul CHAZE


Ecrit le 7 janvier 2004 :

La chaîne

Régulièrement chacun reçoit des courriers en chaîne :
chaînes de prières, chaînes publicitaires,
prévoyant des avantages mirifiques à ceux qui les poursuivent
et des catastrophes à ceux qui les interrompent.
Voici la petite dernière ...
Pour vous aider à commencer l’année 2004
avec le sourire

Cette chaîne fut commencée la nuit du 4 août 1789, lors d’un vote mémorable appelé « abolition des privilèges ». Depuis elle s’est propagée de proche en proche.

Ceux qui l’ont interrompue ont vu renaître les passe-droits, les pots-de-vin et prébendes, les préséances et les prévarications, les stock-options et les fonds de pension, tandis que se multipliaient les combines, les arnaques, les coups de pub, les coups fumants, les coups tordus et les coups de piston.

Ceux qui l’ont poursuivie ont vu souffler la liberté, l’égalité et la fraternité, la solidarité et l’amitié entre les peuples.

S’il vous plaît, ne brisez pas la chaîne, envoyez-la à quelques millions
de vos amis.....

Le voile, le foulard et le bonnet