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Congrès des maires, 10 novembre 2003

Ecrit le 19 novembre 2003 :

 Z’avez pas vu l’ministre ?

Il est jeune (ou il le paraît), il est beau (c’est un point de vue), grand, mince. Il a l’air intelligent puisque c’est un Ministre.

Oui ! Les maires de l’arrondissement de Châteaubriant ont eu l’insigne honneur d’accueillir M. Hervé Gaymard, Ministre de l’agriculture et des affaires rurales, à leur congrès qui s’est tenu extraordinairement le 10 novembre 2003.

Pourquoi cet honneur ? Parce que le maire de Rougé, Jacques LEMAITRE, est candidat aux prochaines cantonales, après que Francis MARTIN, homme de droite aussi, ait été écarté. Le ministre est donc venu, sans le dire, pour soutenir Jacques Lemaitre. On annonce aussi la venue future de François Fillon. Mais ça sert à quoi ces venues de ministres ? Jacques Lemaitre sera peut-être élu et, après, les problèmes demeureront.

Quels problèmes ? A l’assemblée des maires de l’arrondissement, que dirige Alain Hunault, on n’a pas entendu parler d’aucun problème. Rien sur les salariés menacés de chômage, rien sur les producteurs de porcs ou de lait. Le mot EMPLOI n’a même pas été prononcé.

Jacques Lemaitre a pourtant utilisé l’expression « développement économique »,disant qu’il fallait aider à la mise en place de voies de communications. « Ruraux de la montagne, ruraux des plaines, soyons ambitieux » a-t-il dit. C’était beau.

 C’est l’bouquet !

Le Ministre, lui, a parlé de son projet de loi déposé le 2 septembre 2003. « Dans son bouquet rural, a-t-il dit, il y a trois séries de sujets :
1.- l’attractivité économique
2.- la question du foncier, agricole ou non
3.- Les services publics et les services au public »

L’attractivité, pour lui, dépend des infrastructures classiques (rail, routes) et des infrastructures numériques (haut débit, téléphonie mobile). Il a parlé des zones de revitalisation rurale et de l’habitat. Mais pas de l’emploi.

La question du foncier, c’est la lutte contre la déprise agricole et les terrains en friches, et toutes les lois urbanistiques (la loi SRU, les SCOT  , les réserves foncières). Le Ministre en est resté au niveau de la théorie, sans parler des gens qui vivent et font vivre les territoires ruraux.

En ce qui concerne les services publics, M. Gaymard a regretté les « inexorables retraits de services publics en milieu rural » et il s’est prononcé pour « le dialogue et la coopération au plus proche du terrain ». Les élus qui se plaignent de la diminution des horaires de la Poste ont pu constater le manque de dialogue !

En ce qui concerne les services au public, le Ministre a parlé des médecins libéraux, des infirmières et des kinés et des vétérinaires. « Il y a une baisse des installations, liée à un système de mode de vie et d’astreinte ». (pas pour les paysans ?)

Après ça, on est passé aux questions « de la salle », questions prêtes d’avance et personne d’autre que les personnes désignées n’a été à même de causer.

 Tu causes, tu causes

Christian de Grandmaison, président de la CC de Nozay, a parlé de la diminution des horaires de La Poste dans notre région. Réponse du ministre : « il y a des besoins objectifs et des besoins subjectifs. La hantise du déclin est un besoin subjectif. Ne vous inquiétez pas, nous faisons des expérimentations dans 4 départements. »

Michel Houllier, président de la CC de Derval a signalé que la dotation globale de fonctionnement (DGF) est plus faible en milieu rural qu’en milieu urbain. Le ministre n’a rien répondu de clair à ce sujet, sauf qu’il n’était pas question d’harmoniser.

Joël Dauvé, maire de Petit Mars, a abordé la préservation de l’eau. Réponse du ministre : « On a des problèmes d’adduction d’eau, d’assainissement, d’irrigation, de qualité des eaux. Il faut remettre les choses à plat ». On n’en saura pas plus.

Gilles Heurtin, maire de Blain, a parlé du déficit de notre région en équipements pour personnes âgées et pour handicapés, et pour les jeunes en formation. Réponse du ministre : « C’est au niveau local qu’on sait le mieux faire. Il faut une meilleure adéquation des financements et des besoins ». Voui, mais comment ?

Jean Luc Harousseau, Président du Conseil Régional (vous voyez, y’avait du beau monde !) a reparlé des routes, des voies ferrées* et du haut débit et demandé si les collectivités territoriales auront les moyens de cette politique. Réponse du ministre : « le gouvernement travaille sur un transfert de fiscalité ». Mme Gisèle Gautier, Sénatrice, posant quasiment la même question, a eu la même réponse.

Charles Gautier (sénateur, arrivé une heure après le début de la réunion), s’est inquiété des transferts de charges vers les collectivités. Pendant qu’il parlait, Alain Hunault chuchotait à l’oreille du ministre, lui disant sans doute que ce trouble-con-sensus était un affreux socialo-commu-niste. Message compris : le Ministre a reproché à Charles Gautier de « faire de la démagogie et de la critique systématique ».

Il y avait aussi deux députés dans la salle. Ils n’ont pas pu parler car le ministre, déjà attendu ailleurs, est reparti.

 Passez-lui la parole

Le Président Alain Hunault a pris la parole pour dire que le Sous-Préfet allait parler de la loi du 2 juillet 2003. Le Sous-Préfet a pris la parole pour dire seulement une phrase : « je passe la parole au directeur de la DDE ». C’était d’un drôle !

Et le directeur de la DDE a causé longtemps de la loi « U et H », traduisez « Urbanisme et Habitat », qui date du 2 juillet 2003, et modifie la loi SRU, notamment sur les SCOT   et les PLU  , l’opposabilité, la gestion du parcellaire, les procédures de révision. Vous ne comprenez rien à ce charabia ? C’était pas fait pour les citoyens, c’était fait pour les maires... et surtout c’était pour faire sérieux et passer le temps, vu que les maires ont déjà lu ça sur le résumé de la loi qu’ils ont reçu !

Alain Hunault a alors posé une question sur le PLU   et sur le PADD. Mais c’était pour faire bien, vu que, au moment de la réponse, il n’écoutait pas la réponse : il causait avec son voisin.

 Encore du beau monde

Sur ce, deux heures après le début de la réunion, est arrivé le Président du Conseil Général, André Trillard, pour dire qu’il n’avait rien à dire vu qu’il revenait de huit jours de voyage au Liban. Mais il avait dû lire quand même les journaux et voir que des gens s’inquiètent à propos du futur aéroport de Notre Dame des Landes. Et il a eu alors cette phrase admirable : « Les élus sont pour nous des interlocuteurs qui permettent que des discussions fines deviennent des discussions intelligentes ». C’était beau !

Serge Poignant, Président des maires du département (encore du beau monde !) a dit aux élus présents qu’ils avaient eu de la chance d’avoir un ministre, « pour une réunion passionnante et sûrement exceptionnelle ». Tu parles ! Après ça, le soir, le ministre, le député Hunault et surtout Jacques Lemaitre, sont passés à la télé régionale. Et un coup de publicité, un !

En sortant, un maire a dit : « Cette réunion a au moins eu un avantage : elle nous a empêchés de fumer pendant deux heures et demi ».

Citoyens, si vous saviez ce qui se passe dans ces réunions qu’on vous présente à grands sons de trompe ! C’est creux mais ça sonne si bien !

BP  

(*) Heureusement qu’il a parlé de la voie ferrée Nantes-Châteaubriant. Ca évite qu’on l’oublie. Mais, à part ça, rien n’évolue de ce côté-là. On n’en est encore qu’au début des études préliminaires !


Ecrit le 3 novembre 2005 :

 Assemblée des maires
La sécurité en question

Assemblée des maires de l’arrondissement, samedi 22 octobre 2005, autour de « la sécurité » avec exposés des gendarmes et du secrétaire général de la Sous-Préfecture. Pas de chance : il en ressort que la délinquance est en augmentation à Châteaubriant, Blain et Nort sur Erdre.

2002 2003 2004
Châteaubriant 1010 1238 1254
Blain 1114 1135 1160
Nort s/Erdre 1405 1258 1276

Châteaubriant voit la délinquance
augmenter fortement :
+ 22,6 % en 2003 (par rapport à 2002)
+ 1,3 % en 2004 par rapport à 2003

Blain est en augmentation aussi, mais moindre (+ 4 % en deux ans), tandis que Nort, où la délinquance a baissé en 2003, enregistre un petite remontée en 2004.

(ndlr : la gendarmerie n’a pas voulu communiquer ces chiffres, par écrit, à la presse. Il a fallu les noter à la volée. Heureusement qu’un élu a posé des questions : cela a permis de les examiner plus longtemps)

La nuit

En Loire-Atlantique, 97 % du territoire est surveillé par la gendarmerie (213 communes sur 221), mais la délinquance y est moins forte qu’en ville.

La région de Châteaubriant est caractérisée par son étendue et par le nombre des interventions nocturnes : 1940 interventions en 2004 pour des conflits de voisinage, des bagarres et des accidents, « une situation sociale difficile ».

Globalement l’arrondissement de Châteaubriant est plutôt calme ... et éloigné de la pression policière. Les grands axes de circulation sont aussi des axes de délinquance. Les frontières avec les autres départements sont très appréciées des délinquants !

Cet aspect de calme, conduit la population à un manque de méfiance. La gendarmerie a donc à déplorer des cambriolages des habitations, le jour, et des petites industries, la nuit, là où un peu plus de vigilance aurait pu dissuader les cambrioleurs.

Sur les 9 premiers mois de 2005, les gendarmes déplorent la très nette hausse des vols simples (dont il est très difficile de trouver les auteurs). Les personnes âgées sont les plus vulnérables (attention aux faux policiers et aux faux agents des eaux !).

Traitement social

Réflexion intéressante : les gendarmes notent que les délinquants peuvent être d’abord des victimes : « certains jeunes sont contraints de voler parce qu’ils sont eux-mêmes victimes de racket ou parce qu’ils ont été approchés par les pourvoyeurs de drogue ».

En ce qui concerne les CLSPD (conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance), la gendarmerie note : « leur création doit répondre à un réel besoin » et
estime qu’il est nécessaire d’avoir « un traitement social pour les jeunes en situation d’exclusion ». Boum, une pierre dans le jardin du maire de Châteaubriant.

Le colonel Degez remarque aussi que « les gens du voyage sont souvent nos compagnons de jeu » et qu’il serait nécessaire de les fixer un peu, en aménageant des terrains d’accueil corrects. Boum, une deuxième pierre dans le jardin du maire de Châteaubriant .

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Assemblée des maires, 22.10.

Les maires en insécurité permanente

Le secrétaire général de la Sous-Préfecture, M. Dugravot, a longuement parlé des procédures à suivre pour faire appel aux commissions de sécurité qui doivent donner leur avis pour les établissements recevant du public. Cette intervention a provoqué des réactions chez les élus. Certains ont déclaré, sous les murmures d’approbation de leurs collègues : « les commissions de sécurité ouvrent le parapluie, elles donnent facilement un avis défavorable, c’est alors au maire de prendre ses responsabilités ». M. Heurtin, maire de Blain, a ajouté : « Quand la commission donne un avis défavorable pour un collège privé, c’est à moi de faire fermer l’école ? Alors que je n’ai aucun moyen de faire faire les réparations ? ».

Le Sous-Préfet a eu alors cette répartie « rassurante » : « Il appartient au maire d’exercer les diligences qui sont en son pouvoir. Ensuite, s’il y a problème, le procureur définira les responsabilités » !

Ce qui montre bien que c’est au maire de tout assumer, alors qu’il souhaiterait une responsabilité partagée. « le maire est en péril permanent, avec une épée de Damoclès au dessus de la tête. J’attendais des conseils, je ne les ai jamais eus ». a dit un maire.

Cette réunion des maires s’est bornée à des chiffres, à des constats. Sans plus

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