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Fichage (01)- délation

Ecrit le 21 janvier 2004

 Délation : Le temps des corbeaux

On croyait la délation oubliée. Mais le Monde du 10 décembre 2003 révèle que, chaque année, les administrations reçoivent par centaines des lettres dénonçant un parent, un voisin, un « ex » ou un patron.

Déla

Les uns usent de majuscules pour brouiller les pistes : « MONSIEUR LE DIRECTEUR, JE VOUS SIGNALE QUE MONSIEUR (...) FAIT DU TRAVAIL AU NOIR ET IL FAIT DES FAUSSES FACTURES AUX GENS ET IL FAIT PAS SES DÉCLARATIONS D’IMPÔTS ET IL PAIE PAS DE REDEVANCE TÉLÉVISION. IL FAUT L’ARRÊTER C’EST PAS NORMAL JE VOUS DONNE SON ADRESSE (. ..) ET SON N° DE VOITURE. »

D’autres dactylographient leurs lettres et les truffent - délibérément ? - de fautes d’orthographe. Exemple : « Je teins a vous signaler que M. (...) qui habite (...) travail chez M. -suivent un nom et une adresse- depuis plus de 2 ans, ce M. (...) travail sans être déclaré même ce qui parai qu’il touche le RMI, la vie de ce M. (...) est très confortable, voiture, terrain, chevaux de courses, de la fraude sur toute la ligne, je vous remercie de faire le nécessaire à cette fraude fiscal : sincères salutation. »

Une troisième catégorie emploie un style plus châtié mais aussi davantage passe-partout : « Monsieur l’Inspecteur, il pourrait être intéressant pour vous de vous pencher sur le dossier du propriétaire de l’hôtel (...). Il est effectué de nombreux achats d’alcools anisés à l’épicerie du village en liquide ; en août 2002, des cartons d’alcool et des magnums de whiskys ont été rapportés de la frontière espagnole », etc.

« Partout où elle sévit, et quelle que soit sa cible, la délation affectionne l’ombre et le secret. Justicière sans morale, elle court les rues, les villes, les campagnes. Principaux destinataires de ces courriers, les services publics et les administrations. Pas un flot de lettres, mais un flux régulier de dénonciations » dit le journaliste du Monde

Les disciples du Corbeau

Le phénomène est marginal - surtout en comparaison des trois à cinq millions de courriers expédiés par des « bons citoyens » pendant la seconde guerre mondiale, selon André Halimi, auteur de « La Délation sous l’Occupation » (éd. Alain Moreau) -, mais il a toujours ses disciples zélés.

 Caractéristiques des mouchards

Les mouchards ? Un membre de la famille. Un riverain. Un « ex »... Une mère révèle ainsi à sa caisse d’allocations familiales (CAF) que sa fille, prestataire de l’allocation parent isolé, est « à la colle avec un homme ». Un père désireux de revoir (à la baisse) la pension alimentaire versée à sa fille étudiante signale à l’Urssaf que cette dernière a un petit job. On informe le maire d’une petite commune de l’extension illicite d’une propriété privée. Le principal d’un collège grenoblois est mis en garde contre une jeune femme, candidate à un poste de contrat emploi-solidarité dans son établissement. Etc.

Seule une minorité de « corbeaux » consentent à signer leurs dénonciations.

Pourquoi dénonce-t-on ? Rivalités professionnelles et jalousies personnelles inspirent largement ces courriers. A ceux qui dénoncent ainsi, sous couvert de louables intentions, un standardiste du ministère des finances réplique qu’ils doivent s’attendre à faire l’objet d’une enquête destinée à vérifier si eux-mêmes sont en règle. « Beaucoup raccrochent », constate-t-il, amusé.

Dans beaucoup d’administrations, il a été donné consigne de ne tenir aucun compte de ce genre de missives, exception faite des signalements d’enfants en danger (deux lettres en dix ans). Une pratique hors la loi ? « Pas du tout. Je suis viscéralement opposée à ce qu’un Etat de droit utilise des informations émanant de basses impulsions. Nous possédons d’autres moyens de contrôle. » dit un chef de service.

« Les lettres anonymes génèrent un mouvement de rejet » signale une vérificatrice des impôts travaillant en région parisienne, en évoquant les dénonciations malintentionnées ou racistes. Le chef du service décide en fonction de son éthique s’il les jette ou s’il les fait suivre.

En revanche, les lettres signées sont toujours examinées et traitées. Les services fiscaux, ou encore ceux du recouvrement au Trésor exploitent toutes les lettres présentant une apparence de sérieux. A charge pour les services départementaux d’enquête - les brigades de contrôle et de recherches (BCR) - de vérifier les informations. A condition que le jeu en vaille la chandelle... et que la correspondance soit argumentée et circonstanciée.

Un sport comme un autre ?

La délation, sport national ? Pas si sûr. Ainsi, l’Angleterre a recours, dans certains quartiers, au dispositif « Neighbourhood Watch » (surveillance de voisinage), notamment afin de lutter contre l’insécurité. En Suisse, les localités ne jugent pas non plus d’un mauvais œil le zèle des habitants signalant qui des manquements au tri ou à l’incinération des déchets, qui des draps pendant aux balcons. Ces exemples suffisent à démolir l’idée d’une « exception française » de sinistre mémoire. Mais, depuis peu, la tendance s’accentue, avec l’ouverture de lignes spéciales dans certaines entreprises privées. Et l’appel, comme à Douai (Le Monde du 25 novembre 2003), à des citoyens qui seraient des relais pour la police, des « confesseurs qui pourraient faciliter certaines révélations ».

 En Colombie

Du Courrier International et de El Mundo (Madrid), cette info : en Colombie, le capitaine Yesid Gomez Vera, policier à la retraite, installe tous les jours son confessionnal dans l’un des quartiers de la ville de Mariquita. Comme à l’église, les gens racontent ce qu’ils savent ou ce qui les perturbe. « Ils nous disent où il y a du trafic de drogue, nous signalent la présence de délinquants, nous parlent des violences conjugales. Les gens racontent ce qu’ils n’osent pas déclarer au commissariat » explique le capitaine. Sauf qu’à la différence de l’église, les « fidèles » dénoncent les péchés des autres et savent qu’il n’y aura pas de secret professionnel. La délation organisée : la France n’a pas encore pensé à ça !

Irish Times du 14 janvier 2004 « Allô ! mon voisin est un criminel »

L’Irlande vit une révolution inquiétante, estime le journal The Irish Times. « Il n’y a pas si longtemps, les conducteurs irlandais n’hésitaient pas faire un appel de phares aux voitures roulant trop vite et venant en sens inverse pour les prévenir de la présence d’un radar. Maintenant, le conducteur irlandais décroche son téléphone afin d’en rendre compte aux autorités. »

Ainsi, explique le quotidien de Dublin, en deux ans, Traffic Watch, une ligne spéciale mise en place par la police dans le sud-est de l’Irlande, a été si efficace, avec près de 8 000 appels - pour 500 poursuites judiciaires -, qu’il va être étendu à tout le pays. « C’est certes un développement rassurant dans notre lutte contre la violence routière, se rassure The Irish Times, mais n’est-on pas devenu un peuple de balances ? »

Autrefois très laxistes et réfractaires à l’autorité, les Irlandais multiplient aujourd’hui les appels au fisc, aux compagnies d’assurances, aux douanes ou à la police pour dénoncer leurs collègues de bureau ou leurs voisins. Et le numéro le plus composé en Irlande est celui de Crimestoppers. Depuis 1998, ce service, calqué sur un programme développé aux Etats-Unis, a permis de recouvrer pour 2 millions d’euros de biens volés. Malgré ces succès, l’indic conserve une image détestable en Irlande, car il rappelle les temps de la colonisation britannique et, plus récemment, les assassinats ciblés de catholiques en Irlande du Nord...

 En FRance

En France aussi il est question de rémunérer officiellement les indicateurs de police. Merci Sarko !

(Et si vous êtes contents de cet article, prenez votre mobile et tapez « oui » par SMS (service de message en short) au 44110 ! Sinon, tapez « non », il ne vous en coûtera que 50 € l’appel... )


écrit le 21 janvier 2004

 Fichage et flicage : Que sont nos libertés devenues ?

Nous sommes au siècle de l’hypermobilité. Les avions, les trains, vont de plus en plus vite, les télécommunications aussi (internet). Et voilà que l’hyper-mobilité entraîne l’immobilisme, la peur justifie une multitude de contrôles qui freinent les communications. Le monde est fou.

Quelques exemples :

En Grande-Bretagne, la mobilisation antiterroriste a en effet atteint, autour des fêtes de Noël, un niveau sans précédent dans les aéroports. Des avions ont été bloqués 2 jours pour l’un, 4 jours pour l’autre, en raison « de menaces terroristes ». Un vol vers Ryad a été annulé. Un examen de la liste des passagers est systématiquement effectué par le Bureau fédéral d’investigation (FBI), les passagers sont fouillés, les hommes d’équipage sont l’objet d’investigations. Toujours en Angleterre les aéroports sont placés sous haute surveillance, policiers équipés de gilets pare-balles et armés, patrouilles régulières équipées de jumelles, interdiction de stationner les véhicules devant les terminaux.

L’annulation de vols de British Airways a relancé la polémique sur la décision américaine d’imposer aux compagnies britanniques la présence de gardes armés à bord de certains vols commerciaux à destination des Etats-Unis.

Le programme américain US-VISIT oblige, depuis le 5 janvier 2004, les voyageurs entrant aux États-Unis à fournir des informations biométriques (empreintes digitales et photographie pour reconnaissance faciale), sauf s’ils sont ressortissants d’un des 27 pays (dont la France, et encore ... lire ci_contre) bénéficiant pour l’instant du programme dit de "visa simplifié »

Les plus hautes autorités américaines confirment leur intention de tester leur système CAPPS-II (pré-filtrage des passagers assisté par ordinateur) : le Commissaire européen Frits Bolkestein a annoncé le 16 décembre dernier que l’Union Européenne transfèrerait aux autorités US jusqu’à 34 champs de données personnelles contenus dans les dossiers concernant chaque passager voyageant vers les Etats-Unis en empruntant des compagnies aériennes européennes.

La ligne Maginot

Les Etats-Unis redoutent une attaque aérienne aussi importante voire pire que celles du 11 septembre 2001. La France désormais fait voyager des policiers armés sur certains vols, de même que la compagnie allemande Lufthansa qui emploie depuis les attentats du 11 septembre des agents armés ; le Canada s’y est dit favorable, tout comme l’Espagne, « au cas par cas ». D’autres pays, comme Israël, la Jordanie et l’Iran y ont recours depuis plusieurs années.

Mais certains gouvernements (danois, portugais, sud-africain, russe, suédois), l’Association internationale pour le transport aérien (IATA) et des syndicats de pilotes s’y opposent, redoutant des échanges de tirs en plein ciel et plaidant pour un renforcement des contrôles au sol.

Singapore Airlines et l’australien Qantas vont mettre en œuvre la directive américaine interdisant aux passagers de s’attarder devant les toilettes dans les appareils à destination des Etats-Unis.

L’avionneur européen Airbus (groupe EADS) a annoncé en décembre qu’il allait développer des systèmes de défense anti-missiles pour les avions civils avec des senseurs électroniques capables de reconnaître les objets volants s’approchant de l’appareil et de déclencher automatiquement des contre-mesures, des leurres par exemple.

British Airways discute avec BAE Systems de la mise en place d’un dispositif laser capable de détourner de leur cible des missiles, selon le quotidien The Guardian.

La Lufthansa a équipé les cockpits de tous ses appareils de portes blindées et commencé à installer des caméras à leur entrée. Sur Aeroflot les portes menant à la cabines de pilotage sont également blindées.
La Fédération allemande du personnel des pilotes de ligne plaide pour qu’un avion ne puisse pas décoller si le nombre de bagages en soute ne correspond pas au nombre enregistré sur la liste des passagers.

Cette sécurité renforcée a entraîné de nombreux retards et a eu parfois des effets insolites. Une passagère française a été brièvement interpellée mardi à Paris où elle devait prendre un vol vers Cincinnati (Etats-Unis), car le manteau chauffant qu’elle portait contenait des composants métalliques qui ont intrigué les services de sécurité.

Il n’y a qu’un pays qui garde la tête froide devant ce déferlement de précautions : le Brésil. Par dérision et rétorsion, ce pays a imposé de nombreux contrôles aux citoyens américains arrivant par avion, provoquant des protestations des Etats-Unis.

Dans les années 30, la France avait édifié une ligne Maginot pour protéger son sol contre l’invasion allemande. La ligne était bien faite. L’assaillant l’a contournée !

De même, les USA imposent des mesures draconiennes en matière de sécurité aérienne. L’atteinte aux libertés individuelles est flagrante. La prochaine attaque terroriste utilisera d’autres voies que les airs.

Et si l’on éradiquait les causes du terrorisme, ce ne serait pas plus simple ?

Un philosophe spécialiste d’Auschwitz
refuse le « tatouage » américain

Le philosophe italien Giorgio Agamben, professeur à l’université de Venise et à celle de New York et connu pour ses travaux sur Auschwitz, a décidé de ne plus assurer ses cours aux Etats-Unis pour ne pas subir ce qu’il appelle le « tatouage politique » désormais imposé par les Américains. Dans Le Monde daté des 10-11 janvier 2004, Giorgio Agamben a appelé les intellectuels européens à refuser les mesures prises récemment par les autorités américaines : relevé d’empreintes digitales depuis le 5 janvier aux visiteurs étrangers et, à partir de 2006, « identifiants biométriques » comme les empreintes digitales sur les nouveaux visas et passeports délivrés par ce pays.

« Personnellement je n’ai nullement l’intention de me soumettre à de telles procédures et c’est pourquoi j’ai annulé sans attendre le cours que je devais faire en mars à l’université de New York », a-t-il annoncé

« Je voudrais suggérer que le tatouage est sans doute apparu à Auschwitz comme la manière la plus normale et la plus économique de régler l’inscription et l’enregistrement des déportés dans les camps de concentration », a écrit le philosophe « Le tatouage biopolitique que nous imposent maintenant les Etats-Unis pour pénétrer sur leur territoire pourrait bien être le signe avant-coureur de ce que l’on nous demandera plus tard d’accepter comme l’inscription normale de l’identité du bon citoyen dans les mécanismes et les engrenages de l’Etat. C’est pourquoi il faut s’y opposer », a-t-il ajouté.


Ecrit le 21 janvier 2004

 Triangles de couleur

L’administration Bush cherche à classifier tous les voyageurs en fonction du risque qu’ils sont susceptibles de représenter pour la sécurité aérienne, une mesure qui inquiète des défenseurs du droit à la vie privée.

Cette classification sans précédent sera établie à l’aide de trois couleurs - vert, jaune, rouge - attribuées à chaque visiteur peu après la réservation de son billet, sur la base de données personnelles.

En fonction de la couleur attribuée, le visiteur subira un contrôle de routine (vert), plus sévère (jaune) ou se verra interdit d’embarquement (rouge) vers les Etats-Unis. (mais le billet d’avion ne sera pas remboursé ! Business oblige !)

« Si vous êtes ’rouge’, vous ne volerez pas et vous serez confronté à des représentants de l’ordre », plus spécialement du FBI, a expliqué Mark Hatfield porte-parole de TSA (transport security administration). « Si vous êtes ’jaune’ ou ’vert’, le processus sera renouvelé à chaque fois que vous acheterez un billet, et l’information ne sera pas mémorisée » dans le système, a-t-il souligné.

Mais, a averti Mark Hatfield, si un voyageur est apparenté par erreur à un terroriste présumé, « il ne sera pas en mesure d’embarquer tout de suite, il devra parler à des représentants de l’ordre, et il lui sera donné une occasion d’établir qu’il y a erreur sur la personne, s’il pense que c’est le cas ». On arrive ainsi à un système très dangereux : soupçon généralisé, chacun devant prouver qu’il n’est pas un terroriste.

Une idée : on pourrait suggérer aux autorités américaines de demander aux voyageurs de porter des triangles verts, jaunes ou rouges sur leurs vêtements. Ce serait plus facile pour tout le monde.

Etoile jaune
Triangles de couleur.
Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?

La lutte contre le terrorisme va bientôt légitimer toutes les atteintes aux libertés individuelles. Mais on ne dit rien ?

 Coupables origines

Le 16 décembre 2003, la direction du personnel navigant commercial d’Air France, division Amérique, a envoyé à ses agents une note précisant les exigences des États-Unis à l’arrivée ou au départ de leur territoire, y compris lors des escales, à l’encontre de tous les personnels navigants, qu’ils soient commerciaux, comme les stewards et les hôtesses de l’air, ou techniques comme les pilotes, et à l’égard de tous les voyageurs, originaires d’une liste de dix pays.

Ces ressortissants français « indésirables », soumis à des procédures « spécifiques » sont ceux qui sont nés en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Libye, au Liban, en Syrie, en Irak, en Iran, en Indonésie et en Égypte. A priori, ils sont tous suspects de terrorisme. Mais la liste n’est pas définitive, elle peut évoluer au gré des fantasmes de l’administration Bush.

Air France s’engage « à mettre en œuvre » pour son personnel, « les moyens appropriés pour faciliter les formalités : orientation vers un circuit spécifique, transport séparé, le cas échéant, etc. ».

De fait, les agents concernés, dès leur arrivée sur l’aéroport américain, sont soumis à un entretien individuel avec le personnel de la sécurité (Transport Security Agency) et peuvent rester ainsi bloqués, isolés, deux à quatre heures. Selon Air France, ces entretiens se déroulent « de façon courtoise pour 90 % des cas ». Et les autres ? La compagnie considère n’avoir pas à discuter ces contraintes dans la mesure où elles sont imposées par les autorités américaines. Air France, qui n’en est quand même pas arrivée à faire officiellement elle-même le tri d’office, demande aux 324 personnes concernées d’informer, lors de leur prise de service, le central qui gère le personnel navigant.

On n’a pas encore pensé à imposer une étoile jaune à ces personnels. Peut-être en arrivera-t-on à licencier ces Français nés ailleurs que sur le sol de France ?

« Aujourd’hui, nous avons de plus en plus de témoignages de gens obligés de se soumettre aux prises d’empreintes digitales et oculaires, alors qu’actuellement, officiellement, ces mesures ne touchent pas les ressortissants français pour qui elles ne devaient être applicables qu’en octobre prochain. Tout est ainsi. Tout dépend de l’agent américain. Les entretiens peuvent durer dix minutes, mais peuvent aussi durer quatre heures. Nous présenterons prochainement un bilan de tous ces témoignages. Quand on m’a communiqué cette note, je n’en revenais pas. Et la direction ne bouge pas. Les intérêts stratégiques, politiques, commerciaux. Peut-être, mais accepter ces discriminations éhontées n’est pas possible » dit le représentant de la CGT de Air France

Comment répliquer à cela ? Ni la Cour européenne des droits de l’homme, ni la Cour de justice de la communauté européenne ne sont appropriées. La Cour internationale de justice n’est pas reconnue par les États-Unis. Reste, peut-être, l’ONU. En tout état de cause, et pour une efficacité plus rapide, l’association de défense des droits de l’homme, avec le syndicat d’Air France, entend bien saisir les groupes parlementaires, ainsi que le précise son secrétaire général, Mouloud Aounit, pour interroger le gouvernement sur cette violation évidente du droit et obtenir la condamnation, par le gouvernement français, de ce diktat.

Émilie Rive (journal L’Humanité)


Ecrit le 25 février 2004

 Fichage et conduite automobile : Les 12 péchés médicaux

Au nom de la Sécurité Routière (légitime) le Pr Henry Hamard a détaillé, le 18 février 2004, la liste de douze contre-indications « absolues » à la conduite automobile. Un système de contrôle, qui ne vise pas seulement les personnes âgées, sera mis en place avant fin 2004. A terme, pour avoir le droit de rouler, il faudra obtenir de son médecin traitant un « certificat de non contre-indication médicale à la conduite ».

« Le prix de cette consultation sera sans aucun doute supérieur au prix d’une consultation habituelle. Elle ne sera pas remboursée. Elle ne coûtera pas à la Sécurité sociale », a déclaré Henry Hamard.

En plus des candidats au permis de conduire, tous les conducteurs devront à terme se soumettre à cette visite médicale et faire une déclaration sur l’honneur mentionnant leurs éventuelles pathologies.

La déclaration sur l’honneur, document officiel en trois exemplaires, entraînera la responsabilité de l’automobiliste. Un exemplaire sera conservé par le conducteur, un autre par le médecin traitant et le troisième sera transmis au Préfet.

Qu’en est-il du secret médical ? Un médecin aura-t-il l’obligation de signaler un patient qu’il estimera dangereux sur la route, qui ne veut pas lâcher son volant ?

Quelle sera la responsabilité pénale du médecin dans un éventuel accident de la route ?

Quel sera l’usage fait, par le Préfet, du dossier médical des conducteurs ? Tant qu’on est en démocratie, il y a peu de risques (quoique ...). Mais en cas de régime totalitaire toujours possible ? Sous Hitler, de nombreux handicapés ont été supprimés parce qu’ils étaient handicapés. Mais où commence le handicap, où est la limite de la « maladie mentale » ? En URSS, en Chine, de nombreux opposants ont été internés comme « malades mentaux ».

Au nom de la sécurité, allons-nous continuer à accepter qu’on diminue les libertés individuelles ?


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