Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Presse, radio, télé, médias > télépoubelle

télépoubelle

Page1627

écrit le 9 octobre 2002

Ce soir je serai la poubelle, pour aller danser, eh, eh, eh !

Ca va se savoir

Une femme révèle à son mari qu’il n’est pas le père de son enfant ; un homme annonce à sa femme qu’il est homosexuel ; un jeune homme avoue à son frère qu’il couche avec sa femme... La dernière idée de la « télévision-poubelle » à la française, est diffusée sur la première chaîne du câble et du satellite, RTL 9 (groupe AB), depuis début septembre. L’émission s’appelle « Ça va se savoir » et est présentée par Simon Monceau.

Le concept est simple : des inconnus viennent raconter leur vie privée. De « La grande famille » sur Canal+ à « C’est mon choix » sur France 3, en passant par « Bas les masques » ou « Ça se discute » sur France 2, les chaînes françaises se sont déjà essayées à ce type d’émissions. L’exercice n’est donc pas nouveau, mais. dans « Ça va se savoir », les intervenants règlent leurs comptes, avec force cris et injures, devant un public surchauffé qui fait que, finalement, le spectacle est dans la salle.

L’émission vit de la polémique qu’elle suscite, mais ce que les spectateurs ne savent pas c’est qu’elle fait appel à des comédiens « pour amorcer la pompe ». C’est d’ailleurs écrit, discrètement, au générique de fin qui précise qu’une partie des historiettes est interprétée par des intermittents du spectacle.

Dans les plaquettes de présentation du groupe, il n’est fait aucune allusion à la participation de comédiens. « Ça va se savoir » y est présenté comme « une télé-réalité en public qui déchaîne les passions », consacrée à des « anonymes qui viennent faire des révélations inattendues à leur entourage ». Or tout est faux, sauf les faits : il s’agit « de faits réels recueillis auprès de gens qui n’osent pas venir sur le plateau. Du moment que nous respectons l’histoire qui a été envoyée, il n’y a pas de mensonge » disent les producteurs.

Les « acteurs » font l’objet d’une préparation en bonne et due forme. Un fil conducteur leur est distribué, et tout bon comédien sait qu’il y a une montée dramatique à respecter : la découverte, la stupéfaction, l’incompréhension, et ainsi de suite jusqu’à l’altercation. Car tout est fait pour provoquer le clash … dans la salle, où le public, chauffé à blanc par la production, est invité à laisser libre cours à ses sentiments. « Quand je suis entré, le public hurlait : « Frappe-le ! Frappe-le ! » On se serait cru dans une arène » raconte un comédien.

Les producteurs ont trouvé un moyen de montrer de la violence sans être censurés, de montrer des gens, conditionnés pour cela, qui s’engueulent et on présente le tout comme un magazine de société. ! Et les téléspectateurs, pauvres gogos, gobent tout et n’importe quoi. C’est ainsi que, insidieusement, on modèle les sentiments et le comportement des gens.

Combats de clochards

Aux Etats-Unis, une nouvelle pierre vient d’être posée à l’édifice de la sous-culture, type « télé (fausse)-réalité » et « loft-story »

Depuis quelques mois, il est possible d’acheter sur Internet une vidéo montrant de véritables combats de clochards, filmés caméra au poing. La vidéo-scandale, intitulée Bum Fights (« combats de clochards »), fait grand bruit auprès des médias américains. Pour environ 20 €, n’importe qui peut se procurer cette cassette.Plus de 200 000 copies ont déjà été écoulées.
Au programme : beaucoup de castagne et un manque d’éthique évident. Afin d’éviter les effets redondants, les producteurs ont su faire varier les « plaisirs » tout au long de ce documentaire. Dans une scène, un homme se tape férocement sur la tête après avoir réalisé que ses cheveux ont pris feu. Un peu plus loin, on peut voir un autre s’arracher les dents avec une tenaille. Un troisième a les mains en sang.

En échange de ces tristes prouesses, les réalisateurs de la vidéo offrent aux vagabonds de la nourriture, des vêtements ou de l’argent : selon la « performance », le nécessiteux se verra offrir entre 20 et 100 euros. Devant une telle déferlante de rage, il arrive fréquemment que certains combats dégénèrent, et que les « acteurs » se blessent (plaies, fractures…).

Les instigateurs de ce film sont deux étudiants de Las Vegas, qui gardent toute leur contenance lorsqu’on les accuse de mettre en scène des combats violents et d’exploiter le malheur d’êtres démunis. A cela, ils rétorquent que « les combats font partie de la culture de la rue. C’est une manière pour les miséreux d’évacuer leur colère ». « Nous sommes simplement là pour les filmer », précisent-ils, ajoutant même : « Les clochards nous adorent, ils sont contents de nous voir. » L’un d’eux admet pourtant que les combats sont violents et que bien souvent il y a des blessés. Dans ce cas, les producteurs paient les frais médicaux. Sympa, non ?

Aucune plainte n’a pour l’instant été déposée contre les jeunes producteurs. Pour cela, il faudrait que les acteurs portent plainte contre les producteurs. Il n’en est rien.

Vraiment, sommes-nous descendus si bas ? ….