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Premier Mai 2009

Ecrit le 6 mai 2009

 800 personnes

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Salariés de la lait
de Derval

800 personnes le 1er mai à Châteaubriant, quatre ou cinq fois plus que d’habitude !

L’assemblée a entendu notamment le témoignage des salariés de la laiterie de Derval expliquant que le groupe Bongrain profite de la crise pour fermer Derval, alors même que cette usine est compétitive.

En ce qui concerne la région de Châteaubriant, le Sous-Préfet a expliqué, lors d’une réunion à la Maison de l’Emploi, le 22 avril, que le gouvernement a mis en place une merveilleuse indemnisation du chômage partiel qui fait que, merveille, il n’y aura plus besoin de licencier. Patatras ! Le lendemain Team-Plastiques annonçait 6 à 9 licenciements !

A la FMGC au lieu de 66 licenciements, il devrait y en avoir 42 car des départs en retraite anticipée ont été acceptés. L’entreprise va financer totalement une cellule de reclassement. Chez Team-Plastiques, bien qu’elle n’y soit pas obligée, la Direction s’efforce d’accompagner les salariés en finançant, aussi, une cellule de reclassement. En revanche chez RBL où il y a eu 6 + 9 licenciements, rien n’a été fait dans ce sens !

La crise gagne peu à peu toutes les entreprises : Kuhn et Novembal, par exemple, ont mis fin à une partie des contrats d’intérim.

Mais, déception, dans la manif il y avait très peu de chômeurs, de CDD, d eprécaires, de jeunes …

 Grève générale

Pour Gilles Barracand (Solidaires), ce premier mai est exceptionnel : 8 syndicats appelaient nationalement à la manifestation commune. « Comme nous, vous avez entendu le ministre Hortefeux annoncer qu’il présenterait à l’assemblée un nouveau projet de loi sur le travail du dimanche en juillet. Comme nous, vous avez entendus les 25 professeurs chefs de service des Hôpitaux expliquer qu’avec la ministre Bachelot « le maître mot n’est plus la santé mais la rentabilité. La préoccupation centrale n’est plus le malade mais le compte d’exploitation de l’hôpital. Et que les premières victimes en seront les patients et les soignants ».

Oui le pire est à venir si nous ne les arrêtons pas, si nous ne passons pas à la vitesse sociale supérieure en nous engageant tous ensemble dans une grève totale et prolongée ».

 Réponses décalées

Pour Yves Le Gall (CFDT), »les salariés ne doivent pas payer une crise dont ils ne sont pas responsables. Messieurs Sarkozy et Fillon, Madame Parisot, vos réponses sont insuffisantes, décalées, réveillez-vous, il va falloir nous entendre. Il est urgent de :
– Supprimer le bouclier fiscal qui favorise les plus riches
– Stopper la défiscalisation des heures supplémentaires
– Maintenir et améliorer le pouvoir d’achat des salariés pour soutenir la consommation
– Remettre en cause la hiérarchie indécente des rémunérations

 Non au repli sur soi

Selon Serge Adry (CGT) : depuis deux mois sur Châteaubriant, des réunions ont lieu à la Maison de l’Emploi, pour faire la promotion des mesures gouvernementales destinées à éviter que les entreprises licencient. Pour la CGT, nous voyons comment le patronat local les utilise ! L’annonce quotidienne de plans de licenciement, de fermeture d’usines, de suppressions d’emplois comme, à la FMGC, Team plastique, RBL, la Laiterie à Derval et tous les précaires qui sont remerciés à la fin de leur contrat, engendrent de la détresse et une légitime colère.
Sans compter les répercussions dans les PME, les commerces, les services publics.

Dans le même temps les plus riches continuent à se partager les dividendes et les stocks options fruit du travail des salariés. Cela participe à créer un sentiment d’injustice, de révolte et de radicalisation légitime.

Dans ces conditions, la tentation du repli sur soi et de l’individualisme peut être forte. Mais aujourd’hui, c’est l’espérance collective qui émerge. On redécouvre que l’union fait la force. Que la mobilisation est nécessaire et efficace .


Ecrit le 6 mai 2009

 Haro sur le baudet

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom),
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés
A chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie,
Ni loups ni renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie ;
Les tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.

Le lion tint conseil, et dit : "Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux ;
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence
L’état de notre conscience

Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense ;
Même il m’est arrivé quelquefois de manger le berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut : mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter, selon toute justice,
Que le plus coupable périsse.

– Sire, dit le renard, vous êtes trop bon roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse.
Eh bien ! manger moutons, canaille, sotte espèce.
Est-ce un pêché ? Non, non. Vous leur fîtes, Seigneur,
En les croquant, beaucoup d’honneur ;
Et quant au berger, l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire."
Ainsi dit le renard ; et flatteurs d’applaudir.

On n’osa trop approfondir
Du tigre, ni de l’ours, ni des autres puissances
Les moins pardonnables offenses :
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.

L’âne vint à son tour, et dit : "J’ai souvenance
Qu’en un pré de moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et, je pense,
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net."

A ces mots on cria haro sur le baudet.

Un loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout le mal.

Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.

Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

(Source : Jean de La Fontaine, 17e siècle. Les animaux malades de la peste.
Quatre siècles plus tard, les choses ont-elle changé ?)