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Le Tabac tue

 Le tabac tue

Il y a des morts qui choquent. Et des morts qui paraissent « normales ». Une personne malade de la vache folle, dix personnes malades de listéria : et c’est le scandale national, le matraquage des medias. D’un côté, des victimes, de l’autre des intérêts économiques. Le sort des victimes l’emporte sur les intérêts économiques. Et c’est bien.

Mais voyez donc ce qui se passe ailleurs : 8000 morts par an, en France, lors d’accidents de la route. Et tout le monde s’en fout. La mort de mon voisin est le prix à payer pour ma liberté de circuler .

60 000 personnes meurent en France, chaque année, du tabac. Mais tout le monde s’en fout. La mort de mon voisin est le prix à payer pour ma liberté de fumer.

On pourrait dire la même chose pour l’alcool, la drogue, l’amiante ...

Cette liberté que chacun réclame pour lui-même, se double de la défense d’intérêts économiques puissants. Le tabac, l’alcool tuent, mais ils sont en vente libre, et l’Etat perçoit même des taxes dessus ! Quant aux clubs sportifs, eux qui prônent le sport comme hygiène de vie, ils réclament « la troisième mi-temps », celle où les joueurs et les supporters peuvent consommer de l’alcool et faire rentrer des fonds dans les caisses du club.

 Bataille à Bruxelles

Le Parlement Européen a décidé des mesures plus sévères contre le tabac : suppression des cigarettes « légères », augmentation de la taille des avertissements sanitaires sur les paquets et réduction de la teneur en produits nocifs. Le sujet est venu en débat les 13-14 juin 2000 et n’a guère suscité d’échos en France. Pourtant partisans de la santé publique et défenseurs de l’industrie du tabac s’y sont affrontés vigoureusement

Certains députés, au nom de la santé publique et de la politique des consommateurs, ont massivement approuvé la proposition. A l’inverse, la commission juridique a rejeté le texte pour « défaut de base juridique » satisfaisant ainsi les lobbyistes du tabac. La commission de l’industrie, également saisie pour avis, en a réduit la portée

Esthétique

L’un des principaux sujets de controverse a concerné la taille des avertissements sanitaires sur les paquets de cigarettes, qui informent le consommateur des dangers de la consommation de tabac

Actuellement ces avertissements n’occupent que 4 % d’une des surfaces latérales. Le Parlement Européen a décidé de les porter à 30 %, en tenant compte d’une étude canadienne récente qui démontre que l’efficacité est proportionnelle à la taille.

Le Parlement a souhaité que ces avertissements soient inscrits noir sur blanc, ce qui hérisse les fabricants de cigarettes, soucieux de l’esthétique de leurs produits.

Le contenu du message a fait l’objet de nombreuses discussions. Actuellement, les paquets doivent afficher « Nuit gravement à la santé » sur leur face avant (celle qui s’ouvre), et « Fumer nuit à votre entourage » sur leur face arrière. Le parlement a souhaité que le premier message soit remplacé par « le tabagisme passif nuit à votre entourage et en particulier aux enfants » et qu’une autre formule soit indiquée : « Fumer tue 500 000 personnes par an dans la communauté européenne » - ou bien « Fumer provoque le cancer et les maladies cardio-vasculaires » ou bien « fumer c’est se suicider »

Light

La Commission souhaite proscrire les appellations du genre « légères », « mild » ou « light », considérant que ces termes peuvent tromper les consommateurs, en leur faisant croire que les produits qu’ils désignent sont plus sains, « alors qu’en fait ils représentent tout autant un risque important pour leur santé, notamment du fait que, pour obtenir une dose donnée de nicotine, il est nécessaire d’inhaler plus profondément la fumée », ce qui cause des cancers profonds de la gorge.

Ce faisant, les députés se sont attaqués au marché « féminin » des cigarettes : lancées dans les années 70 pour rassurer certains fumeurs, ces cigarettes dites légères ont eu principalement du succès auprès des femmes.

(ndlr du 12 novembre 2006 : au Canada, Imperial Tobacco, Rothmans Benson & Edges et JTI-Macdonald se sont entendus avec le Bureau de la concurrence pour accélérer le retrait des qualificatifs « light » ou de leurs variations. Les termes disparaîtront graduellement des emballages entre le 31 décembre 2006 et le 31 juillet 2007)

 Ammoniaque

Le Parlement européen se propose de réduire la teneur en goudron, substance qui provoque le cancer du poumon. Le texte propose en outre d’imposer une teneur maximale en nicotine, substance qui entraîne une dépendance chez les fumeurs et pour laquelle aucune législation communautaire n’est prévue.

De plus, la teneur maximale en monoxyde de carbone, gaz qui accroît les risques de maladies cardio-vasculaires, devrait elle aussi être réglementée

Enfin les députés veulent interdire l’adjonction d’ammoniaque, substance destinée à accroître la dépendance au tabac.

Cette dernière information montre bien la motivation des fabricants de cigarettes : retenir le fumeur, captif, non pas par le plaisir qu’il peut éprouver à fumer, mais par des substances cachées, comme l’ammoniaque, qui augmentent sa dépendance au tabac ! On ne s’étonne donc pas de voir le forcing fait, auprès des députés européens, par le lobby des fabricants de cigarettes.

Ceux-ci affirment « A priori, la nouvelle Assemblée est plus à droite, donc plus proche des intérêts de l’industrie », disent-ils. Mais d’autres s’inquiètent de la présence de 30 % de femmes au sein du Parlement Européen : « Elles ont trop tendance à épouser la cause de la santé publique ». C’est donc gênant ?

 Les femmes d’abord

À l’occasion de « la journée mondiale sans tabac », la secrétaire d’État à la Santé, Dominique Gillot, a dressé un bilan peu « réjouissant » du tabagisme en France.

Certes, le nombre d’adultes déclarant fumer est passé de 40 % en 1977 à 34 % aujourd’hui.

Certes, en moyenne, les jeunes fument de moins en moins (46 % en 1977, contre 27 % aujourd’hui), tandis que l’âge d’initiation à la cigarette recule (15 ans contre 12 ans en 1977).

Mais la consommation de tabac chez les femmes ne cesse d’augmenter, notamment chez les jeunes.

La différence de consommation entre hommes et femmes est passée de 31 points en 1970 à 8,3 points en 1999. Chez les 12-17 ans, on compte même plus de filles fumeuses que de garçons. Or, en plus des risques communs aux deux sexes (maladies cardio-vasculaires et cancers), les femmes encourent des risques spécifiques notamment lorsqu’elles sont enceintes (or un tiers des femmes enceintes continuent de fumer).


Ecrit le 2 avril 2003

 Espace fumeurs à la soirée DJ des jeunes !

Il a l’air malin, le maire de Châteaubriant, avec « l’espace-fumeurs » qu’il a laissé organiser dans les soirées « Didji » des jeunes adolescents. Voilà qu’il est désavoué par son cher Président, Jacques Chirac, qui vient de lancer, lundi 24 mars 2003, un plan national de lutte contre le cancer, en estimant notamment que « la lutte contre le tabac est une exigence prioritaire et absolue ».

Selon Jacques Chirac, en effet, 30 000 personnes par an seraient victimes, en France, de cancers dus au tabac (cancer du poumon, cancers des voies aéro-digestives)

Pour Jacques Chirac, ancien fumeur, « la lutte contre le tabac est une exigence prioritaire et absolue ». Car « le cancer du poumon est l’un des plus dangereux. Le taux de guérison est faible. Si rien n’est fait, le tabac pourrait tuer deux fois plus de personnes dans moins de vingt ans », a-t-il indiqué, visant le lobby du tabac.

Le chef de l’Etat s’est également prononcé pour une application « sans exception » de la loi Evin du 10 janvier 1991 dans les établissements scolaires et une meilleure diffusion des substituts nicotinés chez les jeunes.


Vu dans le Canard Enchaîné du 26 mars 2003, ce seul titre, à propos de la lutte que J.Chirac veut mener contre le cancer en général, et le tabac en particulier : « Lutte contre le cancer chez les flics : la fin des passages à tabac »


(écrit le 16 avril 2003) :

 Ectasy : La drogue des noctambules

Attention, selon le journal Libération, la consommation d’ecstasy progresse en France. Et change de cadre. Les derniers chiffres, pas encore rendus publics, montrent un quasi-doublement, en deux ans, de l’expérimentation de cette drogue chez les adolescents. A 17 ans, 5 % des garçons (contre 2,8 % en 2000) et 2,9 % des filles (1,4 %) déclarent en avoir consommé au moins une fois, parmi les 14 000 jeunes interrogés en 2002 lors de la journée d’appel et de préparation à la défense. La France se situe ainsi dans la moyenne européenne.

Neurones. Les avertissements des scientifiques s’appuyant sur des études chez le singe sont alarmants. « Avec l’ecstasy, on modifie sa relation aux autres, la sensation de fatigue se dissipe, on ne ressent plus le manque d’eau. Le problème, c’est qu’on se focalise sur les effets immédiats qui entraînent relativement peu d’accidents, mais quid des effets à moyen terme, les plus dangereux ? alerte Jean-Pol Tassin. Seuls les chercheurs disent « attention vous détruisez vos neurones ». »

Selon ce neurobiologiste du Collège de France, l’ecstasy accélère la disparition des neurones modulateurs de l’humeur. « Si on perd trop de ces neurones, cela peut provoquer des troubles comme la dépression ou une difficulté à se concentrer. ».

Ces troubles peuvent rester « silencieux » des semaines, voire des années. En résumé, « l’ecstasy est neurotoxique, et le risque dépend des caractéristiques physiologiques de l’individu, de la quantité de produit, mais aussi de ce qui est ajouté dans la pilule en plus de l’ecstasy », note Jean-Pol Tassin.

Nouveaux usagers. Ce recours à l’ecstasy s’accompagne d’un changement de comportement. « On est passé d’une consommation festive, une fois tous les quinze jours, à un usage avec les potes dans l’appart, chaque week-end, voire en semaine. Avant, on savait gérer la petite déprime du mercredi après la prise du samedi, mais maintenant ? » analyse Jean-Marc Priez, président de Technoplus, association de réduction des risques, qui déplore l’absence de toute campagne de prévention depuis l’arrivée du gouvernement Raffarin.


Ecrit le 8 novembre 2006

 Une BD contre le tabac

L’infirmier et l’Ankou

Un jeune infirmier castelbriantais, Marc Chedaleux a remporté le premier prix du concours de bande dessinée lancé par le Quotidien du Médecin, dans sa campagne contre le tabagisme des femmes enceintes.

Le lauréat a mis en scène une femme qui fume et que l’Ankou attend prématurément.

Marc Chedaleux, Michel Delc

Le Professeur Delcroix, auteur du livre Grossesse et tabac, a expliqué qu’actuellement, près de la moitié des femmes en France consomme du tabac et/ou de l’alcool et/ou des médicaments psychotropes. Près d’un tiers des adolescentes de 15-18 ans sont fumeuses. Cette augmentation de l’intoxication tabagique chez la femme en fait un problème de santé publique de premier ordre durant la grossesse. En effet, ses conséquences néfastes mettent en jeu la santé de l’enfant ainsi que celle de la mère. « La vie normale c’est la vie sans tabac » a déclaré Michel Delcroix en présentant un petit appareil qui permet de mesurer le monoxyde de carbone dans l’air expiré (voir photo).

« Chaque année sans cigarette c’est une année de vie en plus » a-t-il ajouté devant l’ensemble des élèves infirmiers de l’IFSI. L’Hôpital de Châteaubriant s’est engagé depuis 1998 dans ce combat et participe aux journées mondiales sans tabac.

Mais à la fin de la conférence les étudiants sont sortis .... pour fumer.


Mis en ligne le 1er février 2007

 

  Interdiction de fumer dans les lieux publics

  L’Europe et le tabac

L’interdiction totale de fumer dans les lieux publics est entrée en vigueur en France à compter du jeudi 1er février 2007. La mesure s’applique désormais dans les écoles, les administrations, les hôpitaux et les entreprises. Au 1er janvier 2008 elle s’appliquera aux restaurants et discothèques, qui commencent donc à s’adapter.

La grande majorité des pays européens a interdit la publicité du tabac, suite à une directive européenne entrée en vigueur en juillet 2005. Seules la Grèce et l’Allemagne tardent à transposer la législation européenne.

Dans la plupart des pays européens, la vente de cigarettes est interdite aux mineurs ou aux moins de 16 ans. En Allemagne, des distributeurs placés dans la rue permettaient de contourner cette législation : il faut désormais une carte bancaire pour les utiliser.

En Espagne, la vente de tabac est interdite dans les « ventas », ces petits commerces situés à la frontière qui faisaient le bonheur des Français.

Fumer dans les lieux publics ?

La disparition totale de la cigarette des lieux publics, y compris des bars et boites de nuit, est en vigueur en Belgique, au Royaume-Uni, en Irlande, en Suède, en Italie ; bref, dans la quasi-totalité de l’Europe Occidentale. Plus récemment, cette interdiction a vu le jour en Espagne, deuxième pays au hit parade européen du tabagisme après la Grèce.

Dans ces pays, des pièces sont réservées aux fumeurs, mais dans des conditions très strictes. Pour que les non-fumeurs n’aient pas à y pénétrer même pour quelques secondes, il est interdit d’y vendre quoi que ce soit.

Les pièces réservées aux fumeurs sont même totalement interdites en Norvège.

Dans les autres pays comme l’Autriche, la Suisse, les Pays-Bas et tous les pays d’Europe de l’Est, l’interdiction est partielle mais progressive. Cette évolution respecte une volonté de la commission européenne de proscrire le tabac des lieux publics.

Le paradis des fumeurs reste la Grèce. Il existe bien quelques mesures, mais celles-ci ne sont absolument pas respectées. Avec le paquet de cigarettes à moins de 3€, la publicité autorisée et les fumeurs omniprésents, près de la moitié de la population fume, alors que l’objectif de l’Union Européenne est de réduire la proportion de fumeurs à 20%. Un objectif que seuls le Danemark et la Suède ont aujourd’hui atteint.

Les non-fumeurs gagnent du terrain en Europe.
Le siège de l’Organisation Mondiale de la Santé, à Genève, a même décidé qu’elle « ne recrute plus de consommateurs de tabac, sous quelque forme que ce soit ». Une discrimination que permet la législation suisse.


Ecrit le 7 février 2007 :

 L’interdiction de pétuner ... fait un tabac

Première cause de mortalité évitable, le tabac tue 60 000 personnes chaque année en France, il est responsable d’un décès par cancer sur trois mais aussi de risques associés d’infarctus du myocarde et de mort subite. On peut chiffrer à environ 14 millions le nombre de fumeurs parmi les 18-75 ans en France ; près de 12 millions d’entre eux sont des fumeurs réguliers, c’est-à-dire qui fument au moins une cigarette par jour.

33 % des hommes et 26 % des femmes sont fumeurs réguliers ; l’usage du tabac est particulièrement fréquent avant 35 ans et décroît ensuite régulièrement avec l’âge.

Un dossier très bien fait :
http://www.futura-sciences.com/comprendre/d/dossier398-1.php

Pendant longtemps les non-fumeurs ont été considérés comme les emm.. hostiles à une joyeuse vie sociale. La survenue de cancers du fumeur, et de bronchites chroniques, chez les personnes qui ne fumaient pas, a fini par attirer l’attention sur le tabagisme passif.

 La loi Veil

En 1976, la France, sous l’impulsion de Simone Veil alors Ministre de la santé, engagea la lutte contre le tabagisme. La loi du 9 juillet 1976 reprenait les recommandations faites par l’OMS (Office mondial de la santé) l’année précédente. Cependant l’industrie du tabac découvrit rapidement des manières de détourner la loi Veil, qui présentait quelques lacunes. En 1986, le Comité National contre le Tabagisme publiait un catalogue des entorses à la loi Veil.

 La loi Evin

Face à ces manques, la loi devait être révisée. Claude Evin, Ministre des Affaires Sociales, initia la loi du même nom votée le 10 janvier 1991, qui semble faire le tour des principales mesures de lutte contre le tabagisme. Elle interdit toute publicité directe ou indirecte en faveur du tabac ainsi que toute distribution gratuite (sauf aux enseignes des débits de tabac) et décide l’interdiction de fumer dans des lieux affectés à un usage collectif.

Que n’a-t-on entendu alors sur cette loi liberticide !
Depuis 15 ans, 900 000 personnes, atteintes par le tabac, n’ont pas eu la liberté de vivre.

La loi Evin a provoqué de vives réactions des cigarettiers qui subventionnaient des manifestations sportives et distribuaient du tabac à ces occasions, créant ainsi peu à peu les conditions d’une dépendance au tabac qui favorisait leurs ventes par la suite.

Mais l’opinion publique a évolué, le contexte international aussi, dans le sens d’une protection accrue des non-fumeurs. Par exemple, au niveau de l’Europe, la recommandation du Conseil du 2 décembre 2002 va dans ce sens. L’Irlande en mars 2004, l’Italie en janvier 2005, l’Espagne en janvier 2006 se sont ainsi engagés dans la voie d’une interdiction de fumer dans les lieux publics pour parvenir à cette protection contre le tabagisme passif :

En France le décret n° 2006-1386 du 15 novembre 2006 a fixé les conditions d’interdiction du tabac dans les lieux affectés à un usage collectif, à compter du 1er février 2007. Ce qui est une bonne chose.

 Questions

On peut cependant se poser quelques questions :
– Lutter contre le tabac, oui. Mais pourquoi pas contre l’alcool ?
– Pourquoi culpabiliser les fumeurs ? Le tabagisme est une maladie, comme l’alcoolisme. Il serait plus efficace d’aider que de fustiger ou d’exclure
– Le tabac n’est pas le seul mal de notre société. Pourquoi ne pas mettre la même ardeur à lutter contre les pollutions environnementales ... et contre les exclusions de toutes sortes ?.

« La mise en cause de la responsabilité individuelle des fumeurs est une manière commode d’éviter de mettre en cause d’autres responsabilités collectives ou de puissance publique » comme dit l’éditorial du Monde du 2 février 2007.

En tout cas cette interdiction donne raison à ceux qui s’insurgeaient contre le droit de fumer donné aux jeunes, à Châteaubriant, dans les « soirées DJ » organisées par la municipalité.


Ecrit le 7 février 2007 :

 Carnet à souche

Le décret du 15 novembre 2006 confie aux inspecteurs et contrôleurs du travail la compétence pour réprimer les infractions en punissant d’une contravention de 3° classe (68 €) les personnes qui, dans l’entreprise, ne respecteraient pas l’interdiction de fumer.

C’est une première en droit du travail que de confier aux agents de l’inspection du travail la tâche de contrôler les comportements des salariés dans ce domaine.

Selon la circulaire du ministère : « un salarié fumeur génère des frais supplémentaires de l’ordre de 2500 à 4000 euros par an, dus notamment à une dégradation plus rapide du matériel, une augmentation des accidents du travail. Par ailleurs un salarié fumeur est plus souvent en arrêt maladie qu’un fumeur » .

Cette même circulaire indique que le fumeur est plus apte à développer un cancer professionnel. De là à ce que la reconnaissance de l’origine professionnelle de certains cancers soit davantage contestée il n’y a qu’un pas : ce fut déjà le cas, rappelons-le pour des cancers liés à l’amiante, les lobbies de l’époque n’hésitant pas à les attribuer à la consommation tabagique.

Cela peut placer les agents de l’inspection dans la position de sanctionner le salarié défaillant faute de quoi certains pourraient avoir la bonne idée de rendre l’inspection et l’agent responsables du risque auquel il est exposé du fait de son inaction...

Qu’en est il alors de la convention n°81 de l’OIT (organisation internationale du travail) qui laisse l’inspection du travail maîtresse des suites qu’elle entend en opportunité donner à ses constats ?

La mission de l’inspection n’est pas de sanctionner des conduites addictives en surveillant et punissant les salariés, mais de traiter des conditions de travail qui, se dégradant, poussent de plus en plus de salariés à prendre des « substituts » pour « tenir » et garder leur emploi...

L’Inspection du travail est une autorité au service de l’ordre public social et non un corps de contrôle au service de l’ordre social où tout individu qu’il soit employeur ou salarié est sur le même pied d’égalité dans l’entreprise

Ce qui est nouveau, dans cette histoire, c’est la mise en place d’un « carnet à souche » en vue de la verbalisation rapide des salariés.

Cela n’a jamais été fait pour aucune autre infraction patronale et cela choque les agents de l’inspection qui voient insensiblement leur mission se transformer.

Cela n’a jamais été fait pour l’alcool, l’employeur devant assurer discipline et sécurité.

Cela n’a jamais été fait pour les obligations d’affichage, en matière de sécurité, de non-port de chaussures de sécurité, de casque, d’équipements de protection individuelles, de droit syndical.

Cela n’a jamais été fait pour les obligations d’égalité hommes femmes, etc...

La Cgt-Sete, a publié un communiqué sur cette question, ici largement résumé, et appelle les confédérations syndicales à réagir.

Histoire de tabac

C’était le 23 mai 1862. Ce jour-là, le maire de Châteaubriant écrivit au Sous-Préfet : « Par votre lettre en date du 14 de ce mois, vous me donnez avis que le Ministre des Finances a décidé que des tabacs de cantine au prix de 4 frs le kg seront accordés à tous les établissements hospitaliers pour la consommation exclusive des individus nécessiteux ou malades recueillis dans ces établissements.

La Commission administrative de l’hospice est heureuse de témoigner au gouvernement sa gratitude à l’occasion de cette mesure bienfaisante ».

Eh oui, à l’époque le tabac était généreusement offert, à prix réduit, aux militaires, aux nécessiteux et aux malades. C’était une « bonne » idée que de les inciter ainsi à fumer.

Depuis le 1er février 2007 le tabac est interdit dans les lieux publics

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Des chiffres (2010) : http://www.invs.sante.fr/beh/2010/19_20/beh_19_20_2010.pdf


NOTES:

Pétuner : fumer
Ce verbe d’origine brésilienne s’est formé à partir du portugais petum (tabac).

L’origine géographique de pétuner fait immédiatement référence à l’époque héroïque et louche de l’expansion européenne. On imagine en effet ces marins de la Renaissance à la peau tannée par une longue route de sel et de mer et qui pétunent tranquillement en territoire conquis, la cervelle molle, émerveillée par le tabac, plante encore quasi-inconnue au pays.