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Des esclaves en Europe

 Charline, fille du Pérou

Charline a 22 ans, elle est en France depuis huit ans. Originaire d’une famille pauvre du Pérou, elle s’est rendue à Paris en mai 1992, pour travailler chez la fille de son employeur. Elle sait alors tout juste lire et écrire et ne parle pas français. Ses deux soeurs, Célestine et Mariette sont déjà en France, au service des mêmes employeurs. La vie de Charline tourne vite au cauchemar. Elle est enfermée dans la maison, doit s’occuper du fils et des deux frères de l’employeur. Ses journées commencent à huit heures et se terminent à minuit. Elle dort sur le carrelage de la cuisine à même le sol. Le salaire de 200 francs par mois qui lui a été promis ne lui est pas payé.

En 1993, le régime se durcit : Charline doit travailler pour le beau-frère et le frère de son employeur dans une entreprise de nettoyage. Des trois soeurs, seule Mariette a droit à un lit pour dormir.

 Esclavage domestique

Esclavage domestique, servitude pour dettes, prostitution forcée, exploitation des enfants par la mendicité : les victimes de l’esclavage, pauvres d’entre les pauvres, ne sont pas l’apanage des pays en voie de développement. Aujourd’hui, les esclaves voyagent avec leurs maîtres ; et on les retrouve par milliers, privés de leur identité et des droits fondamentaux (confiscation de papiers, séquestration, non paiement de salaire, mauvais traitements) dans les pays dits civilisés. Des situations intolérables se perpétuent dans le monde et étendent leurs ramifications jusqu’en Europe.

Ce sont la plupart du temps des adolescentes et des fillettes emmenées contre leur gré, ou sur des promesses fallacieuses, de leur pays pauvre vers des pays européens. Mises en esclavage à l’abri des regards, au domicile de leurs oppresseurs, elles sont privées de tous leurs droits et soumises à toutes formes de violence. Séquestrées ou en condition de séjour illégal, elles ne peuvent exercer aucun de leurs droits et sont en état de totale soumission. L’esclavage peut être le résultat d’une traite délibérée avec de multiples intermédiaires comme il peut être le résultat d’un état de dépendance qui a dégénéré. Les oppresseurs sont parfois des membres de la famille.

(extrait du journal « Esclaves, encore » édité par le CCEM, Comité contre l’Esclavage Moderne, 4 place de Valois, 75001 Paris - tél 01 55 35 36 55)

email : ccem@imaginet.fr

 SOS Mauritanie

« SOS Esclaves Mauritanie », association interdite, publie son 4e rapport annuel . Avec un sens rigoureux de la démonstration, les discours, les comportements et les pratiques illustrent, ici, la permanence du fait esclavagiste en Mauritanie, cela, 19 ans après son abolition. On peut demander ce rapport à l’adresse email : al.nadhir@wanadoo.fr

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La médiatisation de l’esclavage en France amène chaque semaine des citoyens à dénoncer l’intolérable. C’est encore insuffisant. Sur 48 victimes, seules 6 ont pu être aidées alors qu’elles étaient mineures. Les autres ont dénoncé leur situation une fois adultes. Il est alors souvent trop tard pour porter plainte : les prescriptions sont acquises, les preuves ont disparu.

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Cesser la soumission au maître, est souvent considéré comme la rupture d’un pacte, de justification métaphysique ; le manquement entraîne alors la damnation du récalcitrant, son exclusion du Salut dans l’au-delà. Avant tout, l’esclave est enchaîné en esprit.

 Violés, battus

Depuis 3 ans, le CCEM (Comité Contre l’Esclavage Moderne) a assisté 48 victimes mineures sur le territoire français. 34 de ces enfants ont été victimes de violence, 15 ont été violés, 9 ont fait l’objet d’actes de torture et de barbarie, 1 adolescent est handicapé, et une jeune fille est décédée.

Les enfants esclaves en France endurent un véritable calvaire. Vous pouvez les croiser à la grille d’une école parisienne où ils accompagnent les enfants de leur employeur. Mais eux ne vont pas en classe.

Des jeunes filles passent discrètement à l’hôpital, non pour y recevoir des soins, mais pour subir une I.V.G. Les moins chanceuses sont avortées à la maison.

Les mineurs en fuite sont parfois adressés aux services sociaux ou à la police, mais l’histoire de ces enfants est compliquée : ils parlent mal le français, n’ont pas de papiers, ne connaissent même pas leur âge.

77 % des victimes arrivées mineures en France sont originaires d’Afrique de l’Ouest. Certains couples n’hésitent pas à s’offrir les services d’un enfant qui travaillera en moyenne 15 heures par jour pendant 5 ans. Le coût n’excède pas celui d’un billet d’avion.

L’employeur peut également louer un enfant à une rabatteuse : une petite Béninoise se négocie à 500 F par mois à Paris. La « marchandise » est livrée directement et remplacée en cas de problème.

Arraché à sa structure familiale, dépossédé de son identité, l’enfant domestique est vulnérable. L’isolement et la peur d’un environnement inconnu expliquent qu’il finisse par se résigner à son triste sort. Toute tentative d’émancipation est sanctionnée par des châtiments corporels. 34 enfants ont fait l’objet de privation de nourriture, coups, introduction de purée de piment dans les yeux et les organes génitaux.

Si 84 % des victimes ont moins de 15 ans lorsqu’elles arrivent en France, la plupart est recueillie par le CCEM entre 18 et 21 ans. A ces âges les employeurs se débarrassent de leurs domestiques car, devenues des femmes, on craint qu’elles déstabilisent le ménage. Sans papiers, elles font aussi courir un risque à ceux qui les hébergent. On les remplace alors par des fillettes plus dociles, tout juste arrivées d’Afrique.

 Un statut de victime

Libres, les victimes n’osent pas toujours porter plainte. Dépourvues de toute existence légale, elles peuvent difficilement faire valoir leurs droits devant les tribunaux. Leur famille est souvent opposée à cette démarche. Certaines encourent même l’opprobre de leur communauté qui craint d’être stigmatisée par la médiatisation de certaines pratiques.

Le CCEM pense que la justice doit être saisie de ces dossiers. Certaines traditions culturelles doivent être dénoncées et faire l’objet de sanctions lorsqu’elles portent atteinte à l’intégrité physique de l’enfant. Quatre employeurs ont déjà été condamnés pour avoir soumis des mineurs à des conditions de vie indignes. L’introduction de piment dans les yeux ou dans le vagin des petites filles est, en droit français, un acte de torture et de viol. Pourtant aucune décision n’est à ce jour intervenue pour condamner ces pratiques. Combien de larmes d’enfants devront encore être versées avant que la justice française s’intéresse à leur cas ?

L’odieux trafic se perpétuera tant que les pouvoirs publics n’auront pas mis en place un cadre préventif et coercitif. Les enfants domestiques continueront à se taire tant qu’un statut de victime ne leur sera pas reconnu

(extrait du journal « Esclaves, encore » édité par le CCEM, Comité contre l’Esclavage Moderne, 4 place de Valois, 75001 Paris - tél 01 55 35 36 55)

courriel : ccem@imaginet.fr

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L’homme qui ne voulait pas être esclave