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Philippe Seguin, Bernard Le Nail, Georges Charpak

Ecrit le 13 janvier 2010

 Philippe Seguin

Philippe Se

Philippe Seguin est mort brutalement le 7 janvier 2010, à l’âge de 66 ans. Pour Martine Aubry, secrétaire du PS, « C’était un homme que j’appréciais, pour lequel j’ai estime et amitié. J’ai pu apprécier ses engagements gaullistes et son ouverture d’esprit, au-delà de nos différences politiques.

Avec Philippe Seguin disparaît un très grand serviteur de l’Etat qui a eu toute sa vie une passion pour l’intérêt général. C’était un Républicain respecté bien au-delà de son camp. Il a profondément marqué la vie politique. Ces dernières années, grâce à son travail admirable à la Cour des Comptes, il était devenu pour la République un sage dont la voix était une référence et une boussole.

C’était une vraie personnalité, exigeante, attachante et qui disait ce qu’il pensait. Un homme passionné, profondément honnête et sincère. On aimait ses colères et on les écoutait car elles tombaient juste. C’était un homme chaleureux qui aimait la vie, un épicurien qui ne manquait jamais de parler des derniers résultats de football. »

Marie George Buffet, secrétaire du PCF : « je voudrais dire aujourd’hui mon respect pour le travail du Président de la Cour des Comptes. En tant que Ministre des Sports jusqu’en 2002, je tiens également à saluer l’amoureux du sport, l’amoureux du Foot qu’était Philippe Seguin ».

 Indépendance

Les combats de Philippe Seguin sont tous marqués par un thème : celui de l’indépendance. Contre son camp, il défendra avec la gauche l’abolition de la peine de mort, en 1981. En 1992, sa carrière politique bascule : il s’engage contre le traité de Maastricht, qu’il accuse d’être trop libéral et de menacer l’indépendance de la France. Indépendance toujours : il soutient le Parti indépendantiste québécois en 1994, ce qui lui vaudra d’être traité de « loose cannon » (« irresponsable ») par l’ambassadeur canadien de l’époque.

Nommé président de l’Assemblée nationale après la victoire de la droite en 1993, il s’évertuera à défendre l’autonomie du Parlement face au gouvernement. En 2002, Jacques Chirac décide de créer un nouveau parti, l’UMP. Séguin, chef du groupe RPR au Conseil de Paris, s’y oppose et démissionne. Il réintègre alors la Cour des Comptes qu’il entraîne dans l’élaboration et la publication de nombreux rapports. Une façon de répondre à la mission d’information des citoyens dévolue à la Cour ; sans hésiter à épingler la gestion des finances publiques. Le dernier rapport (déc 2009) est sévère par exemple sur le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.


Ecrit le 20 janvier 2010

 Bernard Le Nail

Bernard Le
Document : Agence Bretagne Presse

C’est avec grande tristesse que le Parti Breton a appris la disparition de Bernard Le Nail : militant infatigable, intellectuel aux très vastes intérêts, fervent patriote, Bernard Le Nail incarnait une véritable ambition pour la Bretagne : celle d’un pays réunifié, disposant de l’ensemble de ses droits linguistiques et culturels, celle d’un pays à l’économie dynamique ouvert sur le monde, celle d’une société bretonne humaniste et moderne.

Nous tenons à saluer sa mémoire en souhaitant que son engagement soit un exemple pour le plus grand nombre.
 

 

Communiqué du Parti Breton, Gérard Olliéric

 

 
Pour l’UDB (Union Démocratique Bretonne) : « Durant quarante ans Bernard Le Nail a été un acteur de premier plan de l’affirmation de la Bretagne sur le plan culturel mais aussi sur le plan institutionnel. En effet sa formation économique l’avait conduit à travailler pour la CCI de Nantes puis pour le CELIB dont il fut le secrétaire général. Il y travailla aux côtés de son fondateur Joseph Martray dont il fut à la fois l’ami et le disciple. À ce titre il fut un acteur de la régionalisation.

Passionné par l’histoire et la culture de Bretagne, il mit son érudition au service de l’Institut culturel de Bretagne dont il fut le directeur durant 17 ans. Depuis 2001 il était un acteur direct du monde de l’édition après avoir fondé les éditions Les Portes du Large. Il s’y consacra à sortir de l’ombre nombre de personnages qui ont illustré l’histoire de la Bretagne mais aussi celle du monde entier, notamment parmi les Bretons expatriés.

Bernard le Nail avait encore beaucoup à donner pour le rayonnement littéraire et culturel de la Bretagne. C’est un puits de connaissance que le peuple breton vient de perdre ».


Ecrit le 6 octobre 2010

 Georges Charpak

Georges Charpak est mort le 29 septembre 2010. Il avait une voix douce et une humilité sans fond. Comme lorsqu’il évoquait l’association La main à la pâte, dont il fut à l’origine et qui a changé la manière d’aborder l’enseignement de toutes les sciences pour nombre de bambins. « Surtout, ne plus apprendre idiot », disait-il tout sourire. Voilà l’homme, prix Nobel en 1992, qui avait l’intelligence rare de faire aimer la physique. Et qui, obstinément, cherchait à comprendre les autres disciplines. Sa soif de vulgarisation l’honorait, elle était spontanée parce qu’il se voyait avant tout en « passeur de sciences ». 

Au-delà du scientifique, il y a l’homme. Celui dont les étapes de la vie se lisent comme un exemple d’intégration.

Né à Dabrovica, en Ukraine, alors polonaise, le 1er août 1924, c’est un jeune Polonais qui arrive en France à l’âge de sept ans et qui va devenir un pur produit de l’école de la République. Ancien élève de l’Ecole des mines de Paris, Georges Charpak s’engage durant la seconde guerre mondiale dans la Résistance. En 1943, il se retrouve en captivité au camp de concentration de Dachau.

Après-guerre, il obtient sa naturalisation. Il travaille de 1948 à 1955 au laboratoire de chimie nucléaire du Collège de France dirigé alors par Frédéric Joliot. Il obtient son doctorat ès sciences en 1955. Détaché en 1959 au laboratoire synchrocyclotron du CERN (laboratoire européen pour la physique des particules), il y devient physicien permanent en 1963 et y reste jusqu’en 1989. C’est à cette époque qu’il conçoit le détecteur de particules qui lui vaudra son prix Nobel en 1992, la « chambre à fils ».

Passeur de sciences

Georges Charpak était titulaire, depuis 1984, de la chaire Joliot-Curie à l’Ecole supérieure de physique et de chimie de Paris. Il s’est investi en 1996 dans La Main à la pâte, un programme destiné à enseigner la science de manière ludique.

Georges Charpak, a aussi combattu sur de nombreux fronts. Contre l’URSS en 1978 lorsque celle-ci condamnait les scientifiques dans des camps pour propagande anti-soviétique (le physicien Youri, en l’occurrence). Mais en France surtout, « ce pays si merveilleux » où il n’a eu de cesse de participer à la vie publique. Notamment en défendant l’énergie nucléaire d’une part, mais en condamnant son utilisation militaire d’autre part : il fut un des plus ardents apôtres du désarmement nucléaire. Toujours face au lobby nucléaire, l’un de ses derniers combats a porté contre le réacteur du futur, Iter, à usage civil mais dont l’avenir, en regard des crédits de recherches qu’il engloutit, lui a toujours semblé être une erreur. Georges Charpak était un homme libre et humain. Tout simplement.

Ndlr : jusqu’à présent, sa nationalité française ne lui a pas été contestée.

Rudi le Gall


Ecrit le 30 novembre 2011

 Danielle Mitterrand - la petite voix d’une grande dame

Danielle Mitterrand est décédée le 21 novembre 2011. Une grande dame, comme on dit, mais surtout une militante, une femme d’un courage, d’une indépendance, et d’une obstination à gauche exceptionnelle vient de disparaître. Elle a défendu Cuba contre l’infâme blocus économique des Usa, quand presque personne n’osait plus le faire autant qu’il le fallait. Elle a pris position, contre toute sa proche famille, pour appeler à voter “non”, courageusement au référendum du 26 mai 2005, à ce catastrophique Traité constitutionnel européen qui conduit maintenant l’Europe au bord du gouffre.

Elle a mené campagne pour la protection de l’eau comme le bien humain n°1 dans le monde entier, et n’a pas hésité à dénoncer les faux sociaux-démocrates assassins qui tiraient à la mitrailleuse lourde en Bolivie contre le peuple lorsque celui-ci exigeait que l’eau pillée par un trust français lui soit rendue. Elle a mené campagne pour les droits de l’homme, là où les préjugés des banques et des capitalistes interdisaient de le faire.

Dans le concert des louanges post-mortem, peut-être est-il intéressant d’entendre encore sa voix ... quand elle parlait « des richesses indispensables à la vie » et de l’illusoire richesse monétaire. Femme d’action, femme de convictions, elle s’impliquait, dans de grandes causes et pour un autre monde, avec modestie mais détermination et sens du jeu collectif, avec une intelligence des enjeux couplée à l’intelligence du cœur. Elle disait :

"Les grandes institutions internationales, la Banque mondiale en tête, continueront à classer comme « pays pauvres » ceux qui, pour préserver l’avenir de leurs enfants, ne transforment pas systématiquement leurs richesses naturelles en monnaies sonnantes et trébuchantes.

En opposition aux richesses monétaires, nous nous proposons de désigner les richesses essentielles, c’est-à-dire les quatre éléments constitutifs de la vie [ndlr : la terre, l’eau, l’air, le feu] dons de la nature, et d’élaborer une politique nouvelle fondée sur le respect absolu du bien commun. L’Homme apporte le cinquième élément essentiel à l’organisation de ces richesses dans le respect de la vie : l’intelligence.

Malheureusement, depuis plusieurs décennies, cette intelligence est mise au service du marché, de cette pseudo-logique qui sert d’alibi aux exigences du profit financier

Tout cela peut vous paraître utopique, un mirage, un rêve éveillé ! Songez cependant que la représentation d’une chose dans l’esprit humain a toujours précédé sa réalisation. C’est dans l’esprit de l’homme que la société s’est construite et se construit encore. Prenons date en travaillant à notre objectif sans nous soucier de ceux qui ne savent qu’imaginer le passé«  »Nouveaux résistants à l’ordre néolibéral, bâtisseurs d’un monde où chacun trouve sa part de vie, de liberté et d’action, expérimentateurs de solutions alternatives aux problèmes du temps… qu’ils se rassemblent, s’unissent, fusionnent partout dans le monde pour mettre un terme à la dictature économique et financière, suppôt des dictatures politiques. Celles-ci semblent être, enfin, ébranlées par la colère des peuples. C’est heureux mais ce n’est qu’un début"


NOTES:

Brève de clavier du 13 janvier 2010 :

Sarkozy pleure Seguin ?

Le Président tout-puissant devrait proposer une loi, en urgence, pour interdire les morts brutales. Sauf celles qui l’arrangent.