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La Corse

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Ecrit l’été 2000

L’été, temps de paresse ? Il ne semble pas que ce soit le cas cette année.

Exemple : la Corse. Sur la Corse, Lionel Jospin a fait des propositions audacieuses et risquées :

– Simplification administrative : un seul département au lieu de deux, d’ici 2004

– Décentralisation de nouvelles compétences : en matière d’aménagement de l’espace, de développement économique, éducation, formation professionnelle, sports, tourisme  , protection de l’environnement, services de proximité et transports

– Transfert de nouveaux pouvoirs : possibilité pour la Corse d’adapter à son territoire les dispositions législatives nationales (sous réserve, quand même, d’un contrôle du Parlement)

– Diverses règles concernant le statut fiscal et le financement de l’économie, et notamment le délicat problème de la fiscalité sur les successions (les Corses ne paient pas d’impôt en ce domaine)

– Enfin : organisation d’un enseignement de la langue corse qui pourra être suivi par tous les élèves, sauf volonté contraire des parents.

Le gouvernement pose néanmoins une condition : le retour à la paix civile sur l’île.

Questions

On peut cependant se poser des questions à ce sujet :

1) sur l’unité de la République : la Corse aurait donc le droit de ne pas appliquer les mêmes règles que l’ensemble du pays ? Quand on sait l’influence des extrémistes et de la mafia dans cette île, on peut se poser des questions. Quand on sait aussi avec quel « racisme » certains corses rejettent les non-corses (même s’ils sont français), on peut s’inquiéter fortement « concéder le pouvoir législatif, c’est concéder la souveraineté. Voulons-nous voir se créer, en Méditerranée, une île soumise à la loi d’un milieu qui déploie les trois quarts de son énergie en règlements de comptes et en luttes internes ? Quels moyens aurions-nous d’empêcher nos compatriotes corses de tomber sous ce joug ? » dit JP Chevènement. On peut craindre par exemple que la loi « littoral » qui garantit à tous le libre accès du littoral, ne soit mise en échec par les « gros bonnets » de la spéculation foncière.

2) sur la compatibilité de ces dispositions avec la construction européenne. L’Europe impose à la France, sanctions à l’appui, le respect de certaines normes. La Corse aurait le droit de déroger ? Cela paraît étrange. Ou serait-ce le début d’une « Europe des Régions » et non plus d’une Europe des Nations ?

3) Le retour à la paix civile est-il bien garanti ? « Même s’ils sont plus rarement revendiqués et encore moins médiatisés, les attentats continuent à bas bruit. On en compte près d’une centaine depuis le début de l’année. Tantôt ils sont dirigés contre des « allogènes », comme disent les nationalistes, continentaux ou Maghrébins, tantôt ils s’inscrivent dans la tradition de racket et de règlements de comptes qui sont le bruit de fond du corsican way of life » dit JP Chevènement qui s’inquiète du « toujours plus » revendiqué par les indépendantistes corses, d’autant plus qu’il n’est pas sûr que ces derniers puissent raisonner leurs factions les plus extrémistes.

4) Sur l’enseignement obligatoire du Corse on peut aussi se poser des questions « Je me demande si les familles qui voudraient obtenir une dispense de l’apprentissage du corse par leurs enfants ne seraient pas mises à l’index, soumises au chantage ou au plasticage et priées de plier bagage » dit encore J.P. Chevènement.

A part ça, on peut comprendre
la demande d’un enseignement systématique du corse à l’école. Il serait bon qu’il en soit de même pour le basque et le breton. Pourquoi accorder aux uns ce qu’on refuse aux autres ? (rappelons que la France a refusé de ratifier la charte européenne des langues régionales).

C’est pour tout cela qu’on peut dire que les propositions de Jospin, sont audacieuses ... et risquées. Elles ont été acceptées majoritairement par les élus Corses. Reste à savoir ce que cela va donner.


Dans un communiqué qui nous a été remis, l’Union Démocratique Bretonne (UDB) analyse les propositions du gouvernement Jospin pour la Corse et considère quelles sont « une vraie rupture avec la tradition jacobine : » et qu’elles nécessiteront une révision de la Constitution de la France sur divers points.

« Pour justifier cette « exception » corse (et faire en sorte qu’elle reste une exception ! ), certains se fondent sur l’insularité. Evidemment I’argument ne tient pas car la situation géographique de la Corse par rapport au continent ne peut être comparée à celle des territoires et départements d’outre-mer » dit l’UDB

Et le communiqué poursuit :

« La vraie raison de cette « exception » réside dans la revendication culturelle et politique qui s’exprime en Corse depuis plusieurs décennies et dans le rapport de force que ses partisans ont su établir avec l’Etat. Il est plus que regrettable que l’Etat donne le sentiment de « céder » dans un contexte marqué par la violence mais ce contexte ne saurait faire oublier qu’une très large majorité de l’Assemblée territoriale de Corse approuve les propositions du Gouvernement, sachant qu’elles correspondent pour l’essentiel à ses demandes »

Qu’en est-il en Bretagne aujourd’hui ?

Selon l’UDB, il existe une « revendication culturelle et linguistique de cohésion, de modernité et d’ouverture sur le monde. Nul n’ignore qu’en l’an 2000 la langue se transmet moins par le milieu familial que par l’école et les médias. L’avenir de la langue bretonne passe donc obligatoirement par la généralisation de son enseignement et une présence nettement accrue dans les médias, en particulier à la télévision »

TV Breizh, initiative   privée, s’annonce comme un vecteur de diffusion important de la culture et de la langue bretonnes ; pour autant un service public breton de radio et de télévision, comparable à ce que connaissent depuis longtemps la Catalogne, la Galice ou le Pays de Galles, reste une revendication d’actualité.

Les élus : en retard

Estimant parallèlement que, « La revendication politique, elle, est en retard. » l’UDB met le doigt sur « le conformisme et le manque de pugnacité qui caractérisent le Conseil Régional, majorité et opposition confondues. Les acteurs politiques bretons ont un retard considérable sur les acteurs culturels. »

« Pourtant, le culturel et le politique ont partie liée tant il est vrai que les militants culturels et linguistiques se trouvent freinés dans leurs projets et leur volonté d’aller de l’avant par les blocages politiques qu’imposent le pouvoir central et ses représentants locaux, qu’ils soient élus ou fonctionnaires d’Etat : cf. le refus de reconnaître à Diwan le statut d’école remplissant une mission de service public, l’inadaptation de la formation des professeurs bilingues aux besoins des écoles publiques, le refus d’un CAPES de breton monovalent comparable au CAPES de corse, le manque de moyens des antennes régionales de France 3 et Radio France, la gestion des principales scènes de Bretagne par des hommes choisis par le ministère parisien de la Culture.

Autonomie interne ?

Ces problèmes d’ordre culturel appellent une solution politique et cette solution réside dans une augmentation significative du pouvoir d’initiative   et des moyens budgétaires de la Région. Partout en Europe occidentale (Royaume Uni, Allemagne, Italie, Espagne), la régionalisation a pris la forme d’une dévolution de pouvoirs législatifs et réglementaires, en un mot l’autonomie.

Et l’UDB poursuit : « Les forces politiques qui dominent aujourd’hui le Conseil Régional de Bretagne, tant le RPR à droite que le PS à gauche, ne veulent pas d’un statut d’autonomie interne pour la Bretagne. Les représentants de ces partis en Bretagne ne changeront d’attitude que contraints et forcés par l’évolution des esprits et les événements. Le changement d’attitude d’un nombre non négligeable de membres de l’Assemblée territoriale de Corse et dans un laps de temps très court est d’ailleurs très instructif. Nous ne pensons pas que la malléabilité du personnel politique soit propre à la Corse.

La bataille de l’autonomie régionale se gagnera auprès des Bretons. L’UDB est convaincue que les Bretons, aujourd’hui très fiers de leur identité et aussi très attachés au principe d’égalité, n’accepteront pas le discours officiel, déjà ficelé, qui leur dira que « ce qui est valable pour la Corse ne l’est pas pour la Bretagne ».

Si la République Française admet désormais que « les spécificités » de certains territoires « peuvent justifier que des normes réglementaires voire certaines dispositions législatives soient adaptées » (1) , les Bretons ne seront pas longs à demander une égalité de traitement.

Rendez-vous ...

Le rendez-vous des prochaines élections régionales de mars 2004 sera décisif. Avec le nouveau statut qui s’annonce pour la Corse, il est déjà acquis que la question d’un statut d’autonomie interne pour la Bretagne sera l’enjeu politique majeur de ces élections.

En outre le nouveau mode d’élection à deux tours avec une prime à la liste arrivée en tête au second tour ne peut que renforcer le rôle des partisans de l’autonomie interne sans lesquels aucune majorité alternative ne pourra se construire. Déjà en 1998, le PS en a fait la crueIle expérience. . .

Dès 2002, les élections législatives permettront d’inscrire la question de l’autonomie bretonne au cœur du débat électoral.


L’UDB souhaite que s’ouvrent des espaces de discussion qui permettent aux acteurs politiques mais aussi économiques et sociaux, aux milieux culturels et aux citoyens bretons dans leur ensemble d’exprimer leur opinion et d’échanger leurs arguments. « Trois ans d’un débat en profondeur ne seront pas de trop pour préparer dans les meilleures conditions le statut d’autonomie interne dont la Bretagne a besoin à l’heure du marché unique européen, de l’euro, de l’élargissement de l’Union européenne à l’est et de la mondialisation. »

L’autonomie régionale est une réforme fondamentale, qui n’est pas qu’institutionnelle, elle ne doit et ne peut en aucun cas se décider à la va-vite et se réaliser comme une rapine au coin d’un bois. En revanche il est symptomatique de constater que cette question de l’autonomie régionale est la grande affaire politique de cet été alors que le quinquennat n’intéresse personne.


Ecrit en septembre 2000

Un homme d’honneur, un dossier explosif

Il est rarissime qu’un homme (ou une femme) politique renonce à un poste de ministre dont la poursuite de l’exercice le mettrait en contradiction avec ses convictions profondes .

Jean-Pierre CHEVENEMENT aura démissionné trois fois . Une première fois, ce fut du poste de Ministre de la Recherche et de la Technologie en février 1983 par opposition à la politique d’austérité (initiée par un nouveau Ministre des Finances, un certain DELORS) qui mènera ultérieurement à la fameuse politique du franc fort et à la déconfiture de la Gauche

La seconde fois, en 1991, ce fut du Ministère de la Défense par opposition à l’implication de la France dans la guerre du Golfe, voulue et décidée par l’Amérique, qui fera 200.000 morts et se poursuit toujours par un blocus qui affame et extermine la population irakienne tout en renforçant le pouvoir de Saddam HUSSEIN .

Enfin la troisième fois ce sera le lundi 29 août 2000 en démissionnant de son porte- feuille de Ministre de l’Intérieur par opposition à la dévolution à terme de pouvoirs législatifs à l’Assemblée régionale de Corse remettant ainsi en cause les principes qui sont le fondement même de la République Française .

L’action ministérielle de Jean-Pierre CHEVENEMENT, tant à la Recherche et à la Technologie, qu’à l’Education Nationale, à la Défense ou à l’Intérieur a souvent été reconnue même par ses adversaires et son action politique depuis 1967 en a fait un véritable Homme d’Etat .

Mais il faut ajouter que son départ en fait un homme d’honneur, ce qui mérite d’être salué et d’ailleurs les Français ne s’y sont pas trompés .

Double langage

et marché de dupes

Il faut maintenant en revenir au dossier corse, tout au moins dans ses grandes lignes. (Il faut préciser tout d’abord qu’il n’est pas question de remettre en cause la politique Générale de Lionel JOSPIN, homme d’honnêteté et de rigueur. (Selon le Canard Enchaîné du 30 août, cette opération corse devrait beaucoup à son conseiller Alain CHRISNACHT, ancien Haut-Commissaire en Nouvelle-Calédonie à l’époque du plan ROCARD) .

Dans le but de régler définitivement le dossier Corse, le Premier Ministre a donc décidé de négocier en novembre 1999 avec l’assemblée régionale de Corse (faute d’autres interlocuteurs). Il faut noter que cette assemblée hétérogène et composite, composée de notables divers et de membres ayant partie liée avec les groupuscules clandestins corses, n’a aucune qualité et aucun mandat pour négocier, et encore moins pour conclure, au nom des citoyens de l’Ile qui n’ont jamais été consultés et dont plus de 70 % semblent en désaccord avec tout ou partie de ces négociations .

Contrairement aux engagements pris depuis cette date les violences, assassinats, attentats, rackets, voire incendies criminels n’ont jamais cessé. (On peut d’ailleurs constater que les méthodes de certains groupuscules ultra-minoritaires en Corse tiennent plus de celles de l’E.T.A., ou de la maffia sicilienne, voire de l’O.A.S., que du militantisme politique)

Le 10 juillet 2000 le Gouvernement propose aux « négociateurs » corses « une compétence législative encadrée par le Parlement » et le 12 juillet, l’assemblée corse se positionne pour « une collectivité territoriale unique dotée d’un pouvoir législatif encadré non soumis au contrôle du Parlement » . - Quand le Gouvernement propose un statut régional spécifique pour la Corse, ses interlocuteurs traduisent en fait autonomie, voire indépendance de la Corse . (Lors de la libération de l’Italie en 1943, les Américains ont commis l’erreur de traiter directement avec la maffia sicilienne . Le résultat en est que depuis cette date, la maffia a contrôlé ou contrôle tous les rouages de l’Italie !).

La République est une et indivisible

En outre, même si cette dévolution d’un pouvoir législatif n’est prévue qu’à terme, elle est en contradiction absolue avec la Constitution de la République et avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789, dont elle se réclame, qui précisent :

« La France est une République Indivisible »

« La Souveraineté Nationale appartient au Peuple qui l’exerce par ses Représentants et par la voie du Referendum. Aucune section du Peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice. »

« Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. »

Ceci n’interdit nullement
le développement de la régionalisation

Attention : Ceci ne veut pas dire, au contraire, qu’il ne faut pas parfaire, compléter la régionalisation, rapprocher la décision du Citoyen, briser la lourdeur administrative, déléguer, gérer sur place : c’est ce qui se fait déjà au niveau de la Commune, du Pays, du Département, ou de la Région, et c’est paradoxalement le « Jacobin » CHEVENEMENT qui en a amélioré l’exercice !

Mais de grâce ne mélangeons pas tout et laissons le Parlement faire les lois (ce pour quoi il est élu, quitte à entériner celles qui lui sont imposées par la Commission Européenne (non élue) sans lui avoir préalablement demandé son avis). La séparation des pouvoirs, c’est la base de la démocratie. Si tout le monde légifère, il n’y a plus de démocratie .

Non à la Balkanisation
de la République

Veut-on des Régions où chacune aurait son système scolaire, sa justice (sa peine de mort comme en Amérique !), où chacune, riche ou pauvre, se débrouillerait avec ses propres ressources, sans péréquation nationale ? Et puis gardons-nous de reconstituer des féodalités comme au Moyen-Age, contrôlées par des notables tout-puissants et inamovibles, comme c’est le cas le plus général actuellement. Refusons de « balkaniser » notre pays, et demeurons conscients qu’il existe de « bons apôtres » qui n’attendent que l’occasion pour fédérer les régions par dessus la têtes des Peuples et des Nations .

Certes, il existe des états fédéraux qui sont en fait des regroupements récents de petits royaumes ou de petites principautés, comme l’Allemagne (qui a compté jusqu’à 39 Etats jusqu’en 1866), ou l’Italie (qui ne fut réunifiée qu’en 1870, et qui en porte toujours les séquelles politiques), ou la Belgique (pays de création récente comprenant deux régions qui parlent des langues différentes), ainsi que le Royaume-Uni de Grande Bretagne qui en réalité a toujours été composé de l’Angleterre, du Pays de Galles, de l’Ecosse et (jusqu’à ce jour) de l’Irlande du Nord . L’Espagne aussi était, jusqu’à une période récente dans une situation similaire à la Grande-Bretagne .

Tel n’est pas le cas de la France, Nation millénaire, dont l’unité de fait remonte à plus de cinq siècles, unité confortée et consacrée par la Révolution et la République depuis plus de deux siècles .

La Bretagne
entité historique dans la République

Alors, mais la Bretagne, dira-t-on ? L’Histoire nous enseigne que le mariage d’Anne de Bretagne avec Charles VIII en 1491, puis avec Louis XII en 1499, consacra en réalité l’union de fait avec la France, union confortée par le traité voté par le Parlement de Bretagne en 1532, même si ce traité comportait des « privilèges bretons » qui furent abolis par les Députés, avec en tête ... les Députés bretons, la nuit du 4 août 1789 .

La première chose à faire est d’abord la réunification administrative par le retour de la Loire-Atlantique arbitrairement séparée par PETAIN et le Régime de Vichy, sous l’occupation allemande (au profit non pas de Nantes, mais d’Angers) afin d’organiser des Pays artificiellement séparés comme celui de Châteaubriant ou de Redon, par exemple.

Puis ensuite de parfaire la décentralisation administrative (il y a du pain sur la planche), d’encourager la culture (ou les cultures) bretonne, d’aider l’apprentissage et la connaissance des langues bretonnes,(sans rien imposer) y compris le parler gallo, la Haute-Bretagne n’utilisant pas le même langage que la Basse-Bretagne , etc, etc ".

Citoyen et ...« Patriote »
deux mots à réhabiliter

On confondait souvent, jusqu’à un passé encore récent, les termes de bons républicains, de socialistes et de patriotes. Le mot citoyen a été réhabilité ; on l’utilise d’ailleurs parfois à tort et à travers.

Mais le mot "patriote » reste à réhabiliter.

La Bretagne a démontré pendant la glorieuse période de la Résistance qu’elle avait beaucoup plus de patriotes que de séparatistes. Il est certain que c’est encore vrai .

Qui n’a pas de passé n’a pas d’avenir. C’est vrai pour la France, comme pour les Corses ou les Bretons, dont la grande majorité se considèrent toujours comme des Citoyens d’une République Indivisible, Laïque, Démocratique et Sociale (Art. 2 de la Constitution ) qui s’appelle la France .

Jean GILOIS
(Militant du Mouvement des Citoyens)


Douteux

Le Courrier International du 24 août 2000 publie sous le titre « ZOOM : JEAN-GUY TALAMONI, NATIONALISTE CORSE », sous la signature d’Antoine BOSSHARD, du Temps de Genève, un article significatif dont voici un extrait : « Je n’ai jamais chanté la Marseillaise et je ne la chanterai jamais. Le ton est donné. Jean-Guy TALAMONI aura fait comprendre aux lecteurs de Paris-Match, le 3 août, qu’il n’était pas de la même espèce qu’eux. » Eux ces Français qu’il traite d’allogènes. Constamment à la frange de la provocation, le chef de file des nationalistes corses en remet. Il prend la défense des tueurs du Préfet ERIGNAC, qui »se considéraient en situation de conflit armé« . Il prend de haut l’agacement des Français, qui reprochent aux Corses de se faire allaiter aux subventions. Il n’appellera pas Yvan COLONNA, assassin présumé d’ERIGNAC, à se rendre . »Je n’ai pas de conseil à lui donner . Les conditions d’un procès équitable ne sont pas réunies« tranche-t-il . Etudiant, TALAMONI adhère au club corse de l’U.N.I. (très à droite), passera de la Cuncolta Nazionale à la Cuncolta et en 1999, il réussit le tour de force de fédérer une dizaine de factions rivales : »un entourage d’extrême-droite" dira François SANTONI, pas tendre pour le personnage. Elu en mars 1999 à l’Assemblée Régionale, il fera son entrée à Matignon le 13 décembre 1999 : consensuel à Paris, il change une fois entré sur l’Ile. En gros, en somme, c’est un personnage douteux à qui il est préférable de ne faire aucune confiance .