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Bretagne et ...Corse

Ecrit Fin août 2000 ?

Un homme d’honneur, un dossier explosif

Il est rarissime qu’un homme (ou une femme) politique renonce à un poste de ministre dont la poursuite de l’exercice le mettrait en contradiction avec ses convictions profondes .

Jean Pierre Chevènement aura démissionné trois fois . Une première fois, ce fut du poste de Ministre de la Recherche et de la Technologie en février 1983 par opposition à la politique d’austérité (initiée par un nouveau Ministre des Finances, un certain DELORS) qui mènera ultérieurement à la fameuse politique du franc fort et à la déconfiture de la Gauche. La seconde fois, en 1991, ce fut du Ministère de la Défense par opposition à l’implication de la France dans la guerre du Golfe, voulue et décidée par l’Amérique, qui fera 200.000 morts et se poursuit toujours par un blocus qui affame et extermine la population irakienne tout en renforçant le pouvoir de Saddam HUSSEIN .Enfin la troisième fois ce sera le lundi 29 août 2000 en démissionnant de son porte- feuille de Ministre de l’Intérieur par opposition à la dévolution à terme de pouvoirs législatifs à l’Assemblée régionale de Corse remettant ainsi en cause les principes qui sont le fondement même de la République Française .

L’action ministérielle de Jean-Pierre CHEVENEMENT, tant à la Recherche et à la Technologie, qu’à l’Education Nationale, à la Défense ou à l’Intérieur a souvent été reconnue même par ses adversaires et son action politique depuis 1967 en a fait un véritable Homme d’Etat .Mais il faut ajouter que son départ en fait un homme d’honneur, ce qui mérite d’être salué et d’ailleurs les Français ne s’y sont pas trompés .

Double langage et marché de dupes

Il faut maintenant en revenir au dossier corse, tout au moins dans ses grandes lignes. (Il faut préciser tout d’abord qu’il n’est pas question de remettre en cause la politique Générale de Lionel JOSPIN, homme d’honnêteté et de rigueur. (Selon le Canard Enchaîné du 30 août, cette opération corse devrait beaucoup à son conseiller Alain CHRISNACHT, ancien Haut-Commissaire en Nouvelle-Calédonie à l’époque du plan ROCARD) .

Dans le but de régler définitivement le dossier Corse, le Premier Ministre a donc décidé de négocier en novembre 1999 avec l’assemblée régionale de Corse (faute d’autres interlocuteurs). Il faut noter que cette assemblée hétérogène et composite, composée de notables divers et de membres ayant partie liée avec les groupuscules clandestins corses, n’a aucune qualité et aucun mandat pour négocier, et encore moins pour conclure, au nom des citoyens de l’Ile qui n’ont jamais été consultés et dont plus de 70 % semblent en désaccord avec tout ou partie de ces négociations .Contrairement aux engagements pris depuis cette date les violences, assassinats, attentats, rackets, voire incendies criminels n’ont jamais cessé. (On peut d’ailleurs constater que les méthodes de certains groupuscules ultra-minoritaires en Corse tiennent plus de celles de l’E.T.A., ou de la maffia sicilienne, voire de l’O.A.S., que du militantisme politique)

Le 10 juillet 2000 le Gouvernement propose aux "négociateurs" corses "une compétence législative encadrée par le Parlement" et le 12 juillet, l’assemblée corse se positionne pour "une collectivité territoriale unique dotée d’un pouvoir législatif encadré non soumis au contrôle du Parlement" . - Quand le Gouvernement propose un statut régional spécifique pour la Corse, ses interlocuteurs traduisent en fait autonomie, voire indépendance de la Corse . (Lors de la libération de l’Italie en 1943, les Américains ont commis l’erreur de traiter directement avec la maffia sicilienne . Le résultat en est que depuis cette date, la maffia a contrôlé ou contrôle tous les rouages de l’Italie !).

La République est une et indivisible

En outre, même si cette dévolution d’un pouvoir législatif n’est prévue qu’à terme, elle est en contradiction absolue avec la Constitution de la République et avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789, dont elle se réclame, qui précisent : " La France est une République Indivisible" "La Souveraineté Nationale appartient au Peuple qui l’exerce par ses Représentants et par la voie du Referendum. Aucune section du Peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice." "Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation."

Ceci n’interdit nullement le développementde la régionalisation

Attention : Ceci ne veut pas dire, au contraire, qu’il ne faut pas parfaire, compléter la régionalisation, rapprocher la décision du Citoyen, briser la lourdeur administrative, déléguer, gérer sur place : c’est ce qui se fait déjà au niveau de la Commune, du Pays, du Département, ou de la Région, et c’est paradoxalement le "Jacobin" CHEVENEMENT qui en a amélioré l’exercice !Mais de grâce ne mélangeons pas tout et laissons le Parlement faire les lois (ce pour quoi il est élu, quitte à entériner celles qui lui sont imposées par la Commission Européenne (non élue) sans lui avoir préalablement demandé son avis). La séparation des pouvoirs, c’est la base de la démocratie. Si tout le monde légifère, il n’y a plus de démocratie .

Non à la Balkanisation de la République

Veut-on des Régions où chacune aurait son système scolaire, sa justice (sa peine de mort comme en Amérique !), où chacune, riche ou pauvre, se débrouillerait avec ses propres ressources, sans péréquation nationale ? Et puis gardons-nous de reconstituer des féodalités comme au Moyen-Age, contrôlées par des notables tout-puissants et inamovibles, comme c’est le cas le plus général actuellement. Refusons de "balkaniser" notre pays, et demeurons conscients qu’il existe de "bons apôtres" qui n’attendent que l’occasion pour fédérer les régions par dessus la têtes des Peuples et des Nations .Certes, il existe des états fédéraux qui sont en fait des regroupements récents de petits royaumes ou de petites principautés, comme l’Allemagne (qui a compté jusqu’à 39 Etats jusqu’en 1866), ou l’Italie (qui ne fut réunifiée qu’en 1870, et qui en porte toujours les séquelles politiques), ou la Belgique (pays de création récente comprenant deux régions qui parlent des langues différentes), ainsi que le Royaume-Uni de Grande Bretagne qui en réalité a toujours été composé de l’Angleterre, du Pays de Galles, de l’Ecosse et (jusqu’à ce jour) de l’Irlande du Nord . L’Espagne aussi était, jusqu’à une période récente dans une situation similaire à la Grande-Bretagne .Tel n’est pas le cas de la France, Nation millénaire, dont l’unité de fait remonte à plus de cinq siècles, unité confortée et consacrée par la Révolution et la République depuis plus de deux siècles

La Bretagne entité historique dans la République

Alors, mais la Bretagne, dira-t-on ? L’Histoire nous enseigne que le mariage d’Anne de Bretagne avec Charles VIII en 1491, puis avec Louis XII en 1499, consacra en réalité l’union de fait avec la France, union confortée par le traité voté par le Parlement de Bretagne en 1532, même si ce traité comportait des "privilèges bretons" qui furent abolis par les Députés, avec en tête ... les Députés bretons, la nuit du 4 août 1789 . La première chose à faire est d’abord la réunification administrative par le retour de la Loire-Atlantique arbitrairement séparée par PETAIN et le Régime de Vichy, sous l’occupation allemande (au profit non pas de Nantes, mais d’Angers) afin d’organiser des Pays artificiellement séparés comme celui de Châteaubriant ou de Redon, par exemple. Puis ensuite de parfaire la décentralisation administrative (il y a du pain sur la planche), d’encourager la culture (ou les cultures) bretonne, d’aider l’apprentissage et la connaissance des langues bretonnes,(sans rien imposer) y compris le parler gallo, la Haute-Bretagne n’utilisant pas le même langage que la Basse-Bretagne , etc, etc ".

Citoyen et ...« Patriote »deux mots à réhabiliter

On confondait souvent, jusqu’à un passé encore récent, les termes de bons républicains, de socialistes et de patriotes. Le mot citoyen a été réhabilité ; on l’utilise d’ailleurs parfois à tort et à travers. Mais le mot "patriote » reste à réhabiliter. La Bretagne a démontré pendant la glorieuse période de la Résistance qu’elle avait beaucoup plus de patriotes que de séparatistes. Il est certain que c’est encore vrai .Qui n’a pas de passé n’a pas d’avenir. C’est vrai pour la France, comme pour les Corses ou les Bretons, dont la grande majorité se considèrent toujours comme des Citoyens d’une République Indivisible, Laïque, Démocratique et Sociale (Art. 2 de la Constitution ) qui s’appelle la France .

Jean GILOIS(Militant du Mouvement des Citoyens)__________________________________

Douteux

Le Courrier International du 24 août 2000 publie sous le titre "ZOOM : JEAN-GUY TALAMONI, NATIONALISTE CORSE », sous la signature d’Antoine BOSSHARD, du Temps de Genève, un article significatif dont voici un extrait : « Je n’ai jamais chanté la Marseillaise et je ne la chanterai jamais. Le ton est donné. Jean-Guy TALAMONI aura fait comprendre aux lecteurs de Paris-Match, le 3 août, qu’il n’était pas de la même espèce qu’eux. » Eux ces Français qu’il traite d’allogènes. Constamment à la frange de la provocation, le chef de file des nationalistes corses en remet. Il prend la défense des tueurs du Préfet ERIGNAC, qui "se considéraient en situation de conflit armé" . Il prend de haut l’agacement des Français, qui reprochent aux Corses de se faire allaiter aux subventions. Il n’appellera pas Yvan COLONNA, assassin présumé d’ERIGNAC, à se rendre . "Je n’ai pas de conseil à lui donner . Les conditions d’un procès équitable ne sont pas réunies" tranche-t-il . Etudiant, TALAMONI adhère au club corse de l’U.N.I. (très à droite), passera de la Cuncolta Nazionale à la Cuncolta et en 1999, il réussit le tour de force de fédérer une dizaine de factions rivales : "un entourage d’extrême-droite" dira François SANTONI, pas tendre pour le personnage. Elu en mars 1999 à l’Assemblée Régionale, il fera son entrée à Matignon le 13 décembre 1999 : consensuel à Paris, il change une fois entré sur l’Ile. En gros, en somme, c’est un personnage douteux à qui il est préférable de ne faire aucune confiance