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Personnel communal (01)

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écrit le 27 mars 2001 :

CHASSE AUX SORCIERES

Dimanche 11 mars 2001, l’équipe de Martine Buron est battue aux élections. Lundi 12 mars, Martine Buron reçoit le futur maire, Alain Hunault, pour envisager la passation de pouvoirs qui doit se faire à la fin de la semaine. La première question du nouveau maire : « je demande la liste des personnels de cette mairie, et leurs salaires ». Ca commençait mal !

Lundi 19 mars au matin, le nouveau maire, entouré de 6 ou 7 adjoints, prend possession de la mairie après n’avoir salué que quelques salariés au passage. Neuf chaises sont installées dans le bureau du maire. Les chefs de service sont convoqués un à un devant ce qu’on pourrait appeler un « tribunal ». Les lignes téléphoniques directes sont quasiment toutes supprimées. C’est le secrétaire de mairie de Soudan qui vient faire fonction ... d’on ne sait trop quoi.

Chose étonnante : un certain nombre d’élus de la liste Hunault, et non des moindres, ne sont pas au courant de ce qui se trame. Bonjour le travail d’équipe.

Lundi 19 mars 2001 au matin, M. Dorison, directeur général des services de la ville est prié de rester chez lui.

Lundi 19 mars au matin, le chargé de mission aux affaires économiques est prié de donner sa démission, il refuse.

Claustrophobie

Lundi 19 mars au matin, deux employées municipales sont particulièrement visées, sans que l’on comprenne pourquoi. La première, sans doute en raison de sa proximité géographique du bureau de l’ancienne maire, la seconde en raison de son appartenance, connue, à l’Amicale Laïque.

Le nouveau maire, donc, s’adresse à la première de ces deux employées municipales : « Madame, je vais vous montrer votre bureau » et il lui demande de rester dans une petite salle de réunion, sans rien avoir à faire, en attendant qu’il soit statué sur son sort. La personne, qui s’ennuie, ouvre la porte, au moins pour voir du monde. Le maire passe par là, et ferme la porte. L’employée rouvre la porte peu après, ne désirant pas rester isolée, coupée de ses collègues.

Le maire qui passe, d’un ton très sec : « Madame, je vous prie de laisser cette porte fermée » - « Non, je souffre de claustrophobie, répond l’employée, et puis je vous prie de me parler sur un autre ton, je ne suis ni votre chien, ni votre valet, je suis une salariée et une citoyenne comme les autres ».

L’employée fut mise dans un bureau des Services Techniques, où il y avait déjà quelqu’un, devant une toute petite table encombrée de boites-archives, face au mur, avec même pas un crayon pour écrire. Face au mur ... ce qui veut dire au moins incorrection flagrante vis-à-vis des personnes qui rentrent dans le bureau, ce qui est contraire à toutes les règles de savoir-vivre que chacun connaît. Elle a passé l’après-midi à ranger des boites ...

Mutation forcée

Lundi 19 mars au matin, une autre employée, du service Finances, est convoquée au bureau du nouveau maire. « Suivez-moi ». Elle est « installée » d’office dans une petite pièce sans fenêtre, qui sert de rangement d’archives. « Faites-moi la liste de tout ce qu’il y a dans ces boites ». Les boites-archives sont marquées pourtant ....

Vers midi, cette personne passe devant le « tribunal » qui cette fois comprend un ou deux membres du personnel. Bonjour la délation !

On lui annonce qu’elle sera désormais affectée à un autre poste qui ne correspond absolument pas à sa qualification mais qui a l’avantage de l’isoler du reste du personnel. Il s’agit bien d’une mutation contre son gré. C’est la mise au placard en quelque sorte. Bravo pour la méthode !

Un certain nombre d’élus de la liste Alain Hunault, quand ils l’apprennent par la rumeur publique, ne sont pas très contents !

Sur diverses interventions, notamment de Jean-Claude Orrière auprès de Jean Seroux et Jacqueline Bombray (qui manifestement ne sont pas au courant), la personne est réintégrée à son poste en mairie le lendemain matin. Mais la pression psychique a été trop forte pour elle : elle fait un malaise l’après-midi et les pompiers doivent intervenir vers 16h30. Elle est sortie de la mairie sur une civière et doit être hospitalisée. La chose n’est pas passée inaperçue sur la place de la mairie, ni aux urgences à l’hôpital.


Politique et personnel

Il faut bien préciser les choses :La liste nouvellement élue est issue du suffrage universel. Elle a le droit d’appliquer son programme, même si celui-ci ne convient pas à tout le monde. C’est la règle de la démocratie.En revanche, elle n’a pas le droit de prendre des mesures de vengeance et de rétorsion vis-à-vis de membres du personnel municipal qui n’ont aucunement participé à la campagne électorale, qui ont fait leur travail municipal et rien d’autre.La liste nouvellement élue n’a pas le droit d’exercer des pressions morales, qu’elles soient violentes ou plus subtiles.Après les grosses erreurs de ce lundi 19 mars, qui ont conduit à l’hospitalisation d’urgence d’une employée, les choses ont paru se calmer. Il est possible cependant craindre qu’elles se poursuivent de manière plus insidieuse. Rappelons que le harcèlement moral est puni par la loi. Les salariés auraient tout intérêt à se syndiquer à un syndicat dynamique et à dresser, sur un petit carnet, la liste des pressions et vexations qu’ils risquent de subir dans l’avenir.

Lettre au Président de la République

Lettre envoyée par courrier électronique au Premier Ministre Lionel Jospin, au Président de la République Jacques Chirac, et à la Ligue des Droits de l’homme :SOS - Pouvez-vous faire quelque chose ?. La mairie de Châteaubriant, est passée entre les mains de Alain Hunault (frère du député RPR Michel Hunault). Le nouveau maire se livre à une vraie chasse aux sorcières parmi le personnel communal, s’attaquant à des personnels qui n’ont aucunement participé à la campagne électorale. Est-ce que vous pouvez faire quelque chose, est-ce que vous pouvez rappeler à ce maire qu’il doit respecter les droits de la personne humaine et ne pas se livrer à des intimidations et humiliations. Une employée municipale, victime d’une mutation brutale, arbitraire et humiliante, a fait un malaise et a dû être amenée à l’hôpital par les pompiers. Le personnel n’a pas à subir la vengeance et la revanche du nouveau maire.

B.Poiraud


Rappel : aux lendemain des élections, le syndicat CGT a distyribué la mise en garde suivante :

Ecrit en mars 2001

Mise en garde

Appel au respect de la neutralité
des fonctionnaires territoriaux
(communiqué)

Le syndicat CGT des territoriaux de Châteaubriant prend acte des résultats des élections municipales du 11 mars 2001

L’organisation syndicale n’a pas, compte-tenu de son champ d’intervention, à exprimer un jugement de valeur sur le choix politique fait par les citoyens castelbriantais

Toutefois, comme elle le ferait pour toute alternance politique dans l’exécutif local, elle tient à rappeler quelques principes inscrits dans la loi et auxquels elle sera plus que jamais attachée.

1.- Le statut de la fonction publique territoriale garantit aux agents entrant dans son champ d’application le respect de leur neutralité quels que soient les choix électoraux

2.- Ce même statut garantit l’égalité d’accès à l’emploi public et condamne le délit de favoritisme

3.- La loi du 26 janvier 1984 et la jurisprudence y afférant, bannit les sanctions déguisées et les mutations arbitraires.

En conséquence la CGT des Territoriaux de Châteaubriant, adresse une mise en garde sans ambiguïté à la nouvelle municipalité contre tout esprit revanchard, toute idée de chasse aux sorcières et de recrutement clientéliste dont le personnel municipal ferait les frais, et qui pourrait effleurer l’esprit des uns ou des autres.

Par ailleurs, elle se tient à la disposition de quiconque se sentirait menacé par quelque pression que ce soit.

Cette mise au point étant faite, la CGT s’engage, si les principes énoncés précédemment sont respectés, à demeurer un partenaire impartial du dialogue social à la mairie de Châteaubriant comme elle l’a toujours été.

Tél : 02 40 28 29 56 (avec répondeur enregistreur) -
Portable : 06 83 53 55 64