Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Divers > Ordre et désordre, dés-ordre

Ordre et désordre, dés-ordre

Ecrit le 2 avril 2008

Défaire l’ordre.

Depuis quelque temps une nouvelle théorie de management fait l’éloge du désordre obligé dans un monde qui serait trop organisé et qui nuirait au développement économique et à l’épanouissement des compétences.

Pourtant, la vie et l’organisation du « vivre ensemble » ont besoin de règles garanties par des lois votées par une Assemblée élue. Ainsi se met en place un ordre de fonctionnement des Hommes entre eux évoluant avec la société dans laquelle ils vivent. Organisation du travail, de la justice et leurs codes fixant les droits et devoirs, organisation de la vie citoyenne, des associations (ex : élections), laïcité de l’Etat, égalité Hommes-Femmes, droits à la santé, à l’enseignement, à se loger etc. Toutes ces organisations participent à un ordre de vie. N’est-il pas écrit, quelque part « Les Hommes naissent libres et égaux ! » ? La Vie démocratique, la Liberté, comme celle de s’exprimer ont besoin d’un cadre législatif les garantissant.

C’est vrai cette organisation du « vivre ensemble » peut paraître un ordre insupportable pour certains, ceux qui ne veulent qu’un seul ordre, le leur !! Défaire l’ordre démocratique devient leur combat. Dans une société comme la nôtre où la redistribution des richesses se traduit, encore, par la gratuité de l’enseignement, le droit aux soins (de moins en moins), etc.…les partisans du dés-ordre ne peuvent pas défaire l’ordre existant, brutalement, du jour au lendemain !! Ainsi ils dé-tricotent des droits que des générations d’hommes et de femmes ont réussi à imposer comme Ordres de vie. Ils savent aussi que des droits peuvent se perdre plus facilement par ceux qui ne se sont pas battus pour les gagner !! Les jeunes générations, nées avec des acquis issus des luttes de leurs aînés, peuvent être tentés par la remise en question de cet ordre de vie présenté comme une contrainte par ceux qui voudraient le voir disparaître. La solidarité envers les plus faibles devient un coût qu’ils jugent inopportun, inadapté à une économie exigeant des rentabilités toujours plus immédiates et grandes.

Le dés-ordre contre cet ordre de vie, ne peut être prôné que par ceux qui ont intérêt à briser l’organisation démocratique et solidaire de notre société.

Le désordre économique s’est imposé presque insidieusement par les délocalisations multiples vers des pays où l’organisation sociale ne permet pas la redistribution des richesses, et dont les coûts de fabrication sont de ce fait plus faibles. Notre code du travail, son salaire minimum, les 35 heures et la règle des heures supplémentaires, les congés, sont devenus une organisation sociale intolérable aux toujours plus de profits immédiats. Ce nouvel ordre économique s’installe en présentant le désordre comme seule solution aux difficultés de vie présente et à venir, nées de supposées contraintes.

Désordre veut dire défaire, ne plus appliquer les garanties, les droits de ceux qui travaillent mais aussi de ceux qui ont besoin de soins, d’enseignement, de culture, de sport etc. Ne plus respecter l’indépendance d’esprit par un Etat laïque ! Le désordre c’est la loi du plus fort, la loi de la jungle, ce n’est pas entrer en résistance contre une société qui serait devenue trop contraignante.

Ces contraintes sont dénoncées par les défenseurs d’un libéralisme économique qu’ils veulent imposer et qu’ils présentent comme seule gestion possible et unique. Ces contraintes participant à notre ordre de vie sont en réalité des droits permettant un mieux être pour un plus grand nombre, et une redistribution des richesses source d’une vie plus juste.

La remise en question et l’abandon des acquis si difficilement obtenus sont source, déjà, d’un désordre social : misère, précarité, discrimination et inégalités grandissantes. Cette nouvelle théorie de management, crée, encore davantage, de souffrances pour un grand nombre sans qu’elle en soit tenue responsable et pénalisée. Toute forme de désordre crée du chaos, de l’injustice et de la violence.

La violence économique est-elle normale ? C’est la mondialisation qui est responsable, nous rabâche-t-on dans les médias ! Au fait ! Qui l’a faite, cette mondialisation ? Ce qui est sûr : pas ceux qui souffrent et qui vivent mal !!! Ce désordre prôné doit-il dicter notre nouvel Ordre de vie ?

 

Michèle Hersant