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Grappillages 17.03.2004

Grappillages et Mée-disances du 17 mars 2004

Dette ou banqueroute ?

Relevé dans le Canard Enchaîné du 3 mars 2004 (en provenance des Échos du 2 mars) : « La dette de la France a atteint le seuil symbolique des 1000 milliards d’euros, soit 15 000 euros (près de 100 000 F par français). Comme le notent sournoisement les Echos : à ce niveau, le risque est celui d’une perte de contrôle des finances publiques ; les charges d’intérêt, à des taux supérieurs à ceux de la croissance, augmentent mécaniquement le déficit puis la dette ». A ce niveau, ce n’est plus la faillite, mais la banqueroute qui s’annonce .

Cellule ou bidonville ?

Relevé dans le Canard également : « Marie-Christine BLANDIN est rentrée effarée de sa visite du 20 février à la maison d’arrêt de Loos, à la demande de l’Observatoire international des prisons : une cellule visitée était occupée par cinq femmes ( 2 x 2 sur des lits superposés, et un matelas au sol le matin). Si elles se tiennent debout hors de leur lit, elles sont l’une contre l’autre ! Le même jour le sénateur P.C. Roland BRET effectuait, lui aussi, une visite surprise à la maison d’arrêt de Toulon : la sur-occupation des deux établissements constatée par le C.P.T. (Comité Européen de prévention de la torture) a à peine baissé. Le 27 janvier, PERBEN avait pris le rapport du C.P.T. de haut, se gaussant « d’un certain nombre d’approximations, d’erreurs et de propositions inadaptées » ». Le Garde des Sceaux en serait-il resté à une conception de l’incarcération qui remonte au temps de la chiourme ?

Exotisme !

Toujours selon le Canard : « Candidate à sa propre succession au Conseil Régional de la Guadeloupe, Lucette MICHAUX-CHEVRY, indéfectible groupie de CHIRAC, est inéligible. Condamnée le 25 novembre 2002 à 20 000 euros d’amende pour « favoritisme », elle a fait appel, puis s’est désistée, ce qui a rendu sa condamnation définitive le 1er avril 2003, la rendant inéligible pour 5 ans. Mais elle dispose d’un casier toujours vierge. Pour un voleur de poule ou de scooter, l’inscription d’une condamnation au casier prend quelques semaines, tout au plus. Pour Lucette, c’est nettement plus long. PERBEN, bien entendu n’a rien vu. Et SARKOZY, lui-même, est allé sur place soutenir « à la demande de Jacques CHIRAC » la candidate inéligible ». Le soutien conjoint du Ministre de la Justice et du Ministre de la Police, il faut le faire ! Mais comme disait jadis un certain directeur de fabrication castelbriantais : ceux qui font les lois sont au-dessus des lois !

Asinus...

Du Canard encore (et de « Lettres ») : « SAINT-ROBERT éditorialiste de Lettres, revue éditée par l’association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française, rappelle que les qualités littéraires de la Constitution européenne rédigée par GISCARD d’ESTAING ont été beaucoup brocardées. En particulier par les académiciens, qui ont tout de même élu GISCARD sous la coupole. Et SAINT-ROBERT cite Pierre MESSMER. Celui-ci a confié que « l’académie a relevé quelque six cents fautes de français dans cette malencontreuse Constitution mort-née ». Et le Canard d’en conclure : c’est un bicorne d’âne pour le nouvel académicien ! ». Ainsi donc Valéry GISCARD d’ESTAING serait une réincarnation de Maître ALIBORON en personne ?

Optimiste

Vu dans Marianne du 1er au 7 mars 2004 : « De passage à Bordeaux, Luc FERRY a lancé : Si je continue dans ce ministère après le remaniement, je ferai de la politique ! ! ». Peut-être tentera-t-il de devenir Ministre, voire Ministre de l’Éducation Nationale ! Pourquoi pas ? Ferry viré et reclassé

Bush

Vu dans Marianne également : « On sait quelle pression exerça BUSH sur le Conseil de Sécurité de l’O.N.U. pour lui faire voter la résolution sur les « armes de destruction massive » irakiennes. Or, que dit BUSH aujourd’hui ? Que s’il a déclaré la guerre, ce n’est pas sa faute, c’est celle du Conseil de Sécurité, qui avait confirmé l’existence de ces fameuses armes. Comme quoi, il ne faut jamais faire la moindre concession à BUSH ! ». Décidément, ce BUSH est une vraie tête à claques.

De Marianne (et de l’Humanité du 23 février) : « Ils sont américains, ils ont une vingtaine d’annéed, et ils sont revenus mutilés de la guerre d’Irak. L’Humanité lève l’omerta du Pentagone et de la presse américaine sur les milliers de blessés, d’amputés d’un ou plusieurs membres (11 000 GI évacués d’Irak, selon l’US. Air Force). Transférés de nuit pour ne pas faire trop de bruit, ils s’entassent dans l’‘hôpital militaire Walter REED. Sinistre présage, pendant la guerre du Vietnam, cette structure médicale accueillait les blessés du conflit. Pour seule récompense, on leur offre 30 % de leur salaire par membre amputé. » Ca, BUSH a également oublié de s’en vanter !

Délocalisons !

Lu dans le Monde Diplomatique de mars 2004 : « Lors du forum mondial économique de Davos, en janvier 2004, un sujet d’inquiétude a surgi : les délocalisations. Tant que celles-ci concernaient les industries traditionnelles, nul n’y trouvait à redire. Désormais elles affectent des emplois de service parfois qualifiés (informa-tique, conseil juridique ....) et touchent les classes moyennes. Les Dirigeants occidentaux commencent à s’en inquiéter.

En France, à la veille des échéances électorales, le Président de la République et le gouvernement font semblant de découvrir les dégâts de la désindustrialisation afin de masquer leur bilan social désastreux.

L’affaire MOULINEX représente un cas d’école. Soumise à la dure loi des marchés financiers, l’entreprise a exigé des salariés des adaptations sans fin .... dont elle est morte ! » Et ce n’est pas le seul cas : les financiers sont dans l’industrie ce que le renard est dans le poulailler.

Privilégiés

Relevé également dans le Monde Diplomatique : « Soupçonnés de vivre comme des privilégiés - avec à peine plus de 13 euros par jour ! - les érémistes, devenus érémastes, sont priés d’accepter n’importe quel emploi sous payé, sans même disposer de la protection des salariés (pas de cotisation retraite, par exemple). Ce RMA se révélera une aubaine pour l’employeur, qui disposera d’un salarié, parfois qualifié (27 % des bénéficiaires du R.M.I. ont le bac et plus), payé aux deux tiers par la collectivité, et sans droits ou presque. Les grands prêtres du libéralisme appellent ‘ça « l’activation des politiques de l’emploi ». Une fois les salariés les plus faibles précarisés, il faut s’attaquer à ceux qui ne le sont pas encore. Au nom de l’égalité de traitement avec « les travailleurs temporaires », l’O.C.D.E. réclame « une libéralisation de la législation en matière de protection de l’emploi pour les travailleurs permanents » ».

Le bon Monsieur FILLON est un exécutant fidèle non seulement de la politique du MEDEF et du Gouvernement, mais par surcroît du libéralisme européen et mondial. Monsieur FILLON brade et nous renvoie au temps de ZOLA !

Droit d’asile

Selon le Monde Diplomatique toujours : « L’Europe enterre le droit d’asile : des milliers de réfugiés sont tenus à distance. A une large majorité, le Parlement néerlandais a approuvé, le 17 février, la décision d’expulser 26 000 étrangers sans papiers, vers des pays comme la Tchétchénie, l’Afghanistan et la Somalie. Les tenants d’une politique dure vis-à-vis de l’asile ont trouvé des collaborateurs dans tous les Gouvernements Européens. Avec la participation (monnayée) des pays d’origine, ils mettent en place toute une architecture visant à exporter le « traitement » des réfugiés : ce qui passe par l’ouverture de camps et signifie, à terme, la mort du droit d’asile ». Ce qui signifie que l’Union Européenne, c’est non seulement un paquet de SEILLIERE, de FILLON et de PERBEN, mais aussi un paquet de petits SARKOZY qui deviendront grands. Voire un boisseau de petits LE PEN qui vert-de-grisent. L’Europe ce serait plutôt des lendemains qui déchantent !

Progrès social

Du Monde Diplomatique enfin : « L’Histoire avancerait-elle à reculons ? Si le programme du Conseil National de la Résistance (C.N.R.), à la pointe du progrès économique et social, a pu s’appliquer à partir de 1944 dans un pays ravagé par la guerre, on ne voit pas pourquoi dans une France et une Europe regorgeant de richesses, des changements de même ampleur ne seraient désormais qu’une aimable utopie incompatible avec les « contraintes » financières. En fait, tout dépend du rapport des forces politiques (...). Hélas, les auteurs du programme du CNR n’avaient pas prévu que 60 ans plus tard, dans un pays immensément plus riche, il existerait un revenu minimum d’insertion (RMI), des restos du cœur, des sans domicile fixe (SDF), que la pauvreté, le chômage et la précarité seraient en pleine expansion, et que la majorité des grands médias français seraient entre les mains de marchands d’armes ».

Il faudrait peut-être rappeler qu’‘en 1944, le rapport de forces n’était pas exactement le même et qu‘une majorité de représentants du capital avaient plutôt le profil bas. Quant au rapport de force politique actuel, encore faudrait-il que les forces politiques « étiquetées à gauche » se décident à revenir à gauche et à rompre les amarres avec un certain néo-libéralisme réputé inéluctable et moderniste. On risque fort d’attendre longtemps hélas !

Licenciement cool

Du Courrier International (et du Wall Street Journal Europe de Bruxelles) :

« Christopher GRIEDER rayonne au milieu des 45 invités qui lui portent un toast. Un accordéoniste joue un air enlevé. Tout ce monde fête-il une promotion ? Pas du tout : on est en pleine « cérémonie de compression d’effectifs », un nouveau rituel étonnant qui apparaît aux États-Unis. Au cours de cet événement qui va bien plus loin qu’un pot d’adieu, un « célébrant » fait prononcer à la personne licenciée des vœux relatifs au traumatisme qu’‘elle vient de subir : « Acceptez-vous cette expérience et voulez-vous vous en souvenir consciemment comme faisant partie intégrante de votre vie » demande solennellement Charlotte EULETTE. « Oui » répond sur le même ton M. GRIEDER. Alors que près d’un chômeur sur quatre aux États-Unis est à la recherche d’un emploi depuis plus de 6 mois (la plus forte proportion depuis 1983), nombreux sont ceux qui cherchent un nouveau moyen de soigner leur amour-propre mis à mal. Ressasser sa rancœur après la perte d’un emploi entame les chances d’en trouver un autre, puis de le garder. C’est ainsi qu’est née l’idée de cérémonies destinées à aider les victimes d’un licenciement à s’en remettre plus rapidement ».

On apprend plus loin que cette fête a coûté 322 euros et a été payée par un ami ; mais on ne dit pas si le patron licencieur a été invité.
Une dizaine d’officiants, dont Mme EULETTE, ont été formés par la Celebrant USA Foundation, branche américaine d’un mouvement australien : en voilà qui ont su trouver un emploi !

Parité

Du Courrier International du 4 au 10 mars 2004 : « A la fin du mois de février, sous la pression aussi bien des organisations féminines irakiennes que de l’opinion internationale, le Conseil de gouvernement transitoire irakien a renoncé à abroger le code de la famille de 1959 qui accordait aux femmes irakiennes des droits importants. Profitant de l’absence de plusieurs membres du Conseil, les islamistes irakiens avaient réussi, fin décembre 2003, à faire voter à la sauvette une loi abrogeant ce code. Une autre victoire attendait cette semaine les irakiennes. Le quotidien de Bagdad Az Zaman révèle qu’‘un compromis a été conclu avec les islamistes du Conseil du Gouvernement pour accorder aux femmes 25 % des sièges du prochain parlement, alors que les Irakiennes représentées dans le Conseil réclamaient 40 % des sièges. Un autre compromis stipule que l’Islam n’est qu’une référence parmi d’autres dans la nouvelle constitution irakienne ». Si ça continue le Parlement français devra prendre modèle sur le Parlement irakien : pourvu que ça dure ! !

Le 22 à Asnières !

Du Courrier International enfin (et du Times of India de New Delhi) : « Pour connaître les horaires des trains Londres-Bristol, téléphonez en Inde. Quelque 150 000 personnes appellent les services de renseignements des chemins de fer britanniques chaque année. A partir du mois d’avril, la moitié de ces communications seront traitées dans des centres d’appel indiens, à Bangalore pour BRITISH RAIL et à Bombay pour VENTURA. Ces deux compagnies seront les derniers grands groupes à délocaliser leurs services de renseignements, après les banques comme HSBC et ABBEY et la compagnie d’assurances AXA. Selon les syndicats, ces changements ont coûté 50 000 emplois au Royaume-Uni ». Ceci rappelle l’époque où le regretté humoriste Fernand RAYNAUD était obligé d’appeler NEW-YORK pour obtenir le 22 à ASNIERES ! Mais cela illustre aussi tragiquement l’article du Monde Diplomatique cité plus haut concernant l’accélération des délocalisations, après les emplois industriels, des emplois de services parfois qualifiés. Il s’agit de la sacro-sainte loi du marché, du plus offrant, bref de la mondialisation au rabais, du retour au servage, voire à l’esclavage !

Échos cueillis par Jean Gilois