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Grappillages 07.04.2004

Grappillages et Mée-disances du 7 avril 2004

Avertissement :

Cette chronique hebdomadaire a été rédigée à partir d’articles de presse parus avant la débâcle de la droite et le raz de marée rose du 28 mars 2004.

Machine à perdre

Relevé sur le Canard Enchaîné (en provenance du Monde du 23 mars) : « JUPPE avait assuré que l’U.M.P. serait une machine à faire gagner les élections ».
Mais il avait oublié que tout dépend des machinistes.

Modernisation

Relevé aussi dans le Canard : « Dans une note confidentielle de SARKOZY, relative à la modernisation de son ministère, on relève que pourraient être sous-traités à des entreprises privées le fichier national des empreintes génétiques, les sites Internet des préfectures, la gestion des appels en cas de crise, le contentieux juridique du ministère (de l’intérieur), la délivrance des cartes grises et autres documents, etc...

SARKOZY prévoit aussi l’augmentation, la diversification et la valorisation des distinctions honorifiques, l’augmentation des contingents de nominations dans les ordres nationaux, la création d’une flopée de médailles commémoratives, d’une récompense pour la sécurité intérieure (avec 3 échelons bronze, argent, or) et d’une croix de la valeur avec palmes et étoiles, enfin la réhabilitation des ’’félicitations’’ que certains chefs ignorent et que d’autres banalisent ! »

Pendant qu’on y est, on pourrait peut-être privatiser le ministre et transformer la rousse et les pandores en armée mexicaine.

Droit social

Selon le Canard encore : « Les Inspecteurs du travail constatent que les employeurs prennent de plus en plus de liberté avec le droit social au point qu’ils ont tiré (en vain) la sonnette d’alarme auprès de François FILLON : directions qui déménagent les équipements en catimini, négligent pendant des mois de payer les heures supplémentaires, licencient à tout va les représentants du personnel : chaque semaine connaît son lot d’exploits patronaux. (...) Les relevés d’infractions, qui se multiplient, donnent froid dans le dos. Ici, c’est un patron parisien qui organise une ‘’soirée amicale ‘‘ en boite de nuit pour ses salariés et laisse ses gentils vigiles rosser les quelques mauvais syndicalistes qui avaient eu le mauvais goût de distribuer des tracts à l’entrée. Là, c’est le directeur d’un centre de gestion qui convoque, en présence d’un huissier, les délégués syndicaux devant le conseil d’administration, histoire de faire porter le chapeau des mauvais résultats de l’entreprise à ces odieux représentants du personnel. Une inspectrice confirme : les patrons-voyous se lâchent. Pourquoi se gêner ? Les différents rouages de l’État, et la Cour de cassation elle-même (qui revient sur une jurisprudence vieille de 12 ans) encouragent les chefs d’entreprise à prendre quelques libertés avec la loi ».

Où y a de la gêne, y a pas de plaisir : c’est pas les professions chères à RAFFARIN, restaurateurs et cafetiers-limo-nadiers, qui sont les plus montrées du doigt par les inspecteurs du travail, qui vous diront le contraire !

Restauration

Du Canard (et du Point du 18/3 ), justement : « Après la baisse des charges et de la T.V.A., une profession veut faire partager sa joie : les associations de restaurateurs souhaiteraient instaurer une fête de la restauration le 25 octobre prochain . Leur idée : dresser un immense buffet sur les Champs-Élysées avec les produits des différentes régions de France. Et RAFFARIN qui ne sera peut-être même plus là pour le dessert ! »

Par contre, il n’a pas été confirmé qu’une fête de la restauration se tiendrait à Châteaubriant sur la nouvelle place derrière la mairie .

Parité

Selon le Canard enfin : « Bryan SYKES, titulaire de la chaire de génétique humaine à l’Université d’Oxford vient de publier chez Albin Michel « La malédiction d’Adam » : un futur sans hommes. Ses conclusions peuvent surprendre : selon lui le chromosome mâle Y si important régresse et, au fil des générations, le génome féminin prend le dessus, cannibalisant le chromosome Y (...) Conclusion choquante, s’il en fût : les hommes, lentement mais sûrement, sont appelés à disparaître : le sexe masculin est voué à l’extinction et la femme serait vraiment l’avenir de l’homme ! ». Et du coup les problèmes de quotas et de parité seront réglés. Est-ce que cela ira mieux de par le vaste monde pour autant ? !
Nous ne serons plus là pour le voir.

Baron moderne

Relevé dans Marianne du 22 au 28 mars : « L’opacité, c’est moderne. Ernest-Antoine SEILLIERE a présenté 44 propositions pour moderniser le Code du Travail. Pour le baron, il serait moderne de ne plus communiquer certaines informations aux Délégués du Personnel. On ne parle pas devant les domestiques. Et, quand on prévoit une délocalisation, c’est tellement plus moderne de déménager en secret et nuitamment l’outil de travail ».
D’ailleurs on ne licencie pas, on réorganise et puis chacun sait que toute vérité n’est pas bonne à dire .

Leurre

Relevé dans Marianne également : « Le Président polonais Alexander KWASNIEWSKI a déclaré, à propos de l’Irak : ‘‘ Qu’on nous ait leurrés avec les armes de destruction massive, c’est vrai ; on nous a menés en bateau ! ‘’. Le gouvernement polonais a été l’un de ceux qui ont fustigé le plus durement la France et l’Allemagne lorsqu’elles ont condamné l’intervention anglo-américaine ».

D’ailleurs pour BUSH , la France, l’Allemagne et la Russie c’était la vieille Europe forcément rétrograde, tandis que la Pologne, avec l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie et tutti quanti c’était la jeune Europe forcément moderne.

Mais le Président polonais ne va pas jusqu’à revendre les avions de chasse américains préférés aux avions européens.

Régions

Relevé dans l’édito de Bastille-République-Nations du 25 mars : « Un fait majeur attire l’attention : l’hyper médiatisation des élections régionales - devenues des quasi-présidentielles décentralisées - et l’extraordinaire escamotage du scrutin cantonal. Les élites présentent désormais les départements comme une survivance archaïque, alors que les régions constitueraient, par leur taille et les compétences qui leur ont été transférées, des ‘’espaces pertinents à l’heure de l’Europe’’. Ainsi, la Bretagne et les Pays de la Loire, par exemple, ont établi un bureau directement à Bruxelles, une démarche que les uns et les autres se proposent de renforcer dans la prochaine période. En outre les présidents de Conseils Régionaux sont devenus subrepticement des ‘’présidents de région’’, à la tête d’un ‘‘exécutif qui gouverne la région’’. Une dérive de langage accélérée par le nouveau mode de scrutin. Or, en deux siècles d’existence on n’a jamais parlé de ‘’président de département’’, cette collectivité n’ayant nullement eu l’ambition de devenir une entité autonome.

A l’inverse, les Régions se posent en interlocuteurs politiques reconstituant des baronnies capables de traiter avec Bruxelles, par dessus la tête du pouvoir national. A cet égard, la ‘‘collectivité territoriale corse’’ constitue un laboratoire. Les indépendantistes n’en ont d’ailleurs jamais fait mystère : ils comptent bien s’appuyer sur Bruxelles pour "dépasser le tête à tête avec Paris’‘. Cette transmutation des Régions prend en tenaille, avec l’Union Européenne, la souveraineté nationale, c’est-à-dire l’existence même de la politique. Il n’est que de jeter un regard sur les législatives en Espagne. La percée des partis régionalistes basques et catalans confirme une fuite en avant quasi-indépendantiste ».

Certes, la République France demeure à ce jour un solide bastion, mais dont la quasi totalité de la lé-gislation est établie et imposée par Bruxelles. Mais qui sait ce que peuvent donner quelques décennies de « communication » c’est-à-dire d’intox ?

La balkanisation de la République n’est pas pour demain ; mais autant y prêter attention sans trop attendre.

Espagne

De Bastille-République-Nations également :
« Après les sanglants attentats de Madrid, la déroute du Parti populaire lors des élections générales espagnoles s’accompagne d’une percée des nationalistes dans deux régions riches, la Catalogne et le Pays Basque. Outre les députés des deux grandes formations, siégeront au Congrès des représentants d’une myriade de groupes qui ne manqueront pas de monnayer la stabilité du gouvernement national contre des privilèges régionaux.

M. ZAPATERO pense gouverner seul, mais il devra tenir compte de la large représentation nationaliste (c’est-à-dire régionaliste) au Parlement (...) et les régionalistes comblés au plan national pourraient bientôt trouver dans l’intégration européenne de nouveaux motifs de satisfaction ».

Le socialiste Miguel Angel MORATINOS, futur chef de la diplomatie espagnole, assure qu’ il n’est pas nécessaire de maintenir la répartition du pouvoir prévue par le traité de Nice, ouvrant la porte sur le projet fédéraliste européen » et la suppression de fait des États nationaux allant de pair avec la création des féodalités régionales.
Conquêtes sociales

Toujours de B.R.N : « Selon Jean-Luc BENDEL, Secrétaire Général de la FNAF-C.G.T. (Fédération nationale agroalimentaire et forestière) : « L’Europe n’a aucune vocation sociale. Penser ou laisser penser le contraire, c’est occulter le fait que les conquêtes sociales se construisent dans les luttes, dans les entreprises et dans le cadre national » ». On serait d’ailleurs bien en peine de citer une seule conquête sociale qui aurait abouti dans un cadre international !

U.E. et O.N.U.

Selon Bastille-République-Nations encore : « Le Parlement Européen vient d’adopter un rapport qui propose que l’Union Européenne remplace progressivement les pays membres au sein de l’O.N.U. Le siège de la France au Conseil de Sécurité est notamment visé. Le rapport LASCHET voudrait promouvoir une gouvernance globale tournant le dos à l’esprit initial de la Charte des Nations-Unies, charte dont le préambule est fondé sur l’égalité et la souveraineté de chaque Etat. (...) L’O.N.U. se verrait assigner la tâche d’intervenir militairement partout sur la planète.

Le rapport LASCHET constitue une véritable bombe : d’une part à travers le rôle qu’il assigne à l’O.N.U , d’autre part du fait des propositions qui visent à effacer le poids de la France au sein de cette organisation. Les États membres de l’Union Européenne devraient s’abstenir de faire leurs propres déclarations nationales. De même que l’intégration européenne vise à effacer les nations, la gouvernance globale promeut de vastes zones planétaires structurées en organisations régionales qui formeraient une sorte de DIRECTOIRE DU MONDE ! » .

On est en pleine science-fiction. Dans la réalité ce serait se livrer pieds et poings liés à quelques États Impérialistes : on pourrait peut-être demander au si talentueux commissaire socialiste Pascal LAMY de nous représenter à ce Directoire du Monde ? !

Droit de grève

Toujours selon B.R.N : « Un rapport parlementaire s’inspire de l’Europe pour encadrer le droit de grève : le 9 décembre dernier, l’Assemblée Nationale consacrait une séance au ‘‘service minimum’’ (ou garanti) pour encadrer le droit de grève dans les services publics. Le débat s’est déroulé sur la base d’un rapport présenté par le député Robert LECOU (U.M.P), au nom de ‘’la délégation de l’Assemblée Nationale pour l’Union Européenne’’. Ce rapport ne se prive pas de citer la Directrice des affaires sociales de l’UNICE ( le MEDEF européen) et sa collègue de la Commission européenne ».

Selon cette dernière : « la France est, au regard de l’exercice de la grève, l’un des seuls pays membres de l’Union Européenne à se distinguer par l’absence de reconnaissance d’un principe de continuité des services publics ». En conséquence le rapporteur a estimé, au cours du débat oral « qu’une réforme devrait s’inspirer de la comparaison entre les systèmes étrangers d’autant que la France souffre d’une image inquiétante en Europe dans ce domaine ! »

En attendant ce sont plutôt les travailleurs français qui souffrent de plus en plus du modèle européen !

Venezuela

Enfin, relevé dans le Monde Diplomatique d’avril : « L’Opposition vénézuélienne dispose de porte-parole zélés au sein des groupes PPE (démocrates-chrétiens et droite) et PSE (parti-socialiste européen). Un héritage de l’époque bénie (avant la première élection du Président Hugo CHAVEZ le 6 décembre 1998) où leurs ‘‘partis-frères’’ du Venezuela - COPEI dans le premier cas et Action Démocratique dans le second - alternaient au pouvoir et puisaient sans compter dans les caisses bien remplies par la manne pétrolière. M. Carlos Andres PEREZ, deux fois président et longtemps vice-président de l’internationale socialiste (et actuellement exilé sous le coup de poursuites judiciaires pour corruption) avait été généreux avec ses amis européens : il est de notoriété publique que, sous la direction de Felipe GONZALEZ, le PSOE espagnol a largement bénéficié de sa « solidarité » financière. D’où, sans doute, l’éloquent silence des partis socialistes européens, lors du coup d’état anti CHAVEZ du 11 avril 2002. A l’époque, de son côté, AZNAR, qui présidait l’Union Européenne, avait reconnu de facto, conjointement avec les États-Unis, le « président » fantoche Pedro CARMONA ! »

Non seulement la monnaie, même en provenance du pétrole, n’a pas d’odeur, mais en outre elle rend aphone.

Échos cueillis par Jean Gilois

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