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Grappillages 21.04.2004

Grappillages et Mée-disances du 21 avril 2004

Promesses

Relevé dans le Canard Enchaîné du 7 avril 2004 : « Si en plus de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, BORLOO récupère le Logement, c’est sûrement pour avoir montré de grandes compétences dans ce domaine : l’an dernier il promettait solennellement à l’association Droit au Logement (D.A.L.) de reloger ,avant Noël 2003, 500 familles en quête d’un habitat décent. Le jour dit, selon D.A.L.,11 de ces familles avaient trouvé un toit (20 d’après BORLOO) et début février 34 selon D.A.L. ( 50 d’après BORLOO) ., lequel promettait du coup un début de processus de relogement pour toutes d’ici à la fin 2004 ».
Comme quoi, comme dit PASQUA, les promesses n’engagent que ceux qui y croient .

Club moderne

Relevé dans le Canard également : « Anne-Marie RAFFARIN, après la nomination de son mari à Matignon, lui avait succédé à la présidence du club Giscardisme et Modernité. On ignore encore si ce club va survivre à la défaite de GISCARD en Auvergne ? » On pourra toujours remplacer cette association par un club du souvenir et conserver sa présidente .

CFDT amère

Selon le Canard (et le Nouvel Observateur du 31 mars) : « François CHEREQUE, Secrétaire Général de la C.F.D.T. se montre très amer et a confié au Nouvel Obs : Le Gouvernement nous a fait un enfant dans le dos ».
On recommande toujours aux jeunes filles inexpérimentées de ne pas faire confiance à n’importe qui et de ne pas sortir seules .

Bon apôtre

Selon le Canard et la vie financière du 2 avril : « Les résultats annuels de WENDEL Investissement, dont le P.D.G. n’est autre que Ernest-Antoine SEILLIERE ont connu une hausse de 53 % en 2003. Quant à son cours en Bourse, il a augmenté de 48 %:la croissance n’est pas la même pour tout le monde ». Ce qui n’empêche nullement ce bon apôtre de pleurer de toutes ses larmes sur la grande misère des entreprises françaises (et notamment des entreprises financières) .

Modeste Raffarin

Toujours selon le Canard : « Au cours de sa déclaration de politique générale, RAFFARIN s’est fait soudain très modeste en ouvrant le dossier de l’assurance maladie. RAFFARIN a même eu l’élégance inhabituelle de prévenir les socialistes, quelques heures avant de monter au perchoir, qu’il leur tendrait la main . Les chiffres, il est vrai donnent le vertige : 15 milliards d’euros de trou attendus cette année et 35 milliards en deux ans . A quoi il faut ajouter 38 milliards de dette sociale héritée du plan JUPPE plus environ 8 milliards d’intérêts qui reste à payer. Dans l’immédiat, la Sécu a atteint son plafond d’avances de trésorerie auprès de la Caisse des Dépôts et doit maintenant s’adresser aux banques pour ses fins de mois.
Aux dernières nouvelles, le P.S. serait prêt à jouer le jeu (...) Jean-Marie LE GUEN, député socialiste et spécialiste des questions sociales : Nous ne jouerons pas les roues de secours, mais sur un dossier aussi important pour les Français, nous ne pouvons pas nous contenter de notre rôle d’opposition. En bon français : les socialistes mettront leurs projets sur la place publique, mais sans se faire d’illusions ! »
Si on retranchait les exonérations de cotisations accordées aux entreprises ces dernières années (exonérations qui n’ont jamais été compensées par les gouvernements) et les cadeaux divers, sans compter les conséquences des licenciements et du chômage (en matière de cotisations), on ne serait pas loin de boucher la majeure partie du trou de la Sécu !

Naboléon III

Relevé par un lecteur du Canard cet extrait d’un ouvrage de Victor HUGO intitulé ‘’ Ce que c’est l’exil (1875) ‘‘ : « Il est incontestable, soit dit en passant, que NAPOLEON III eût été un académicien convenable ; l’Académie, sous l’empire, avait, par politesse sans doute, suffisamment abaissé son niveau pour que l’Empereur pût en être ; l’Empereur eût pu se croire là parmi ses pairs littéraires. Et le Canard d’ajouter : Cent vingt-neuf après, ça sonne encore juste, et au Giscard de ton près ».
Et ça n’empêchera pas GISCARD dit d’ESTAING de siéger au Conseil Constitutionnel en tant qu’ancien Président de la République, comme il vient de l’annoncer. Ce qui est sans doute plus rentable .

Parité

Du Canard enfin : « En Espagne, resserré pour de vrai (seize ministres seulement), le nouveau gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez ZAPATERO comprendra huit hommes et huit femmes ». Comme quoi en Europe de l’Ouest il existe des dirigeants qui appliquent strictement la parité (et leurs promesses à ce sujet), cependant que d’autres en causent

Convergences ?

Relevé dans Marianne du 5 au 11 avril 2004 cet extrait de l’éditorial de Jean-François KAHN : « Pour la première fois depuis 1981, une majorité contestatrice de l’ordre néolibéral a pris corps et dépassé la barre des 51 % de votants. Pour la première fois un espace de convergence s’est ouvert qui permet de dépasser, de transcender les enfermements corporatistes, les résistances catégorielles, les rabougrissements socialistes partisans, les replis poujadistes, les impasses gauchistes, le confinement dans un pré carré centriste, les nostalgies gaullistes, les rétrécissements de clôture idéologiques sociale-démocrate ou démocrate chrétienne. Pour la première fois toutes les catégories sociales, que broient ou sont susceptibles de broyer les Panzers divisions de la déshumanisation pancapitaliste, du chercheur rentabilisé comme un chef de rayon, à l’artisan ou à l’entrepreneur libre livré tout cru à l’impérialisme des multinationales, en passant par l’exclu disqualifié par le marché et le producteur salarié sacrifié à l’économie financière, tous se sont fondus dans un même front du refus qu’il s’agit désormais de transformer en force unitaire de propositions alternatives. De « positiver (sic) », de métamorphoser en un « tous ensemble » mobilisateur « pour », au delà des combats particuliers « contre » Tel est l’enjeu. Considérable. Peut-être salvateur ».

C’est cela que nous appelons « refonder un projet révolutionnaire » démocratique et humaniste. Non pour changer de société, mais pour changer cette société ». Encore faut-il préalablement faire sauter ces corsets ‘pancapitalistes’ qui nous enserrent comme autant de pieuvres ou de toiles d’araignées géantes, à commencer par la plus proche, celle du libéralisme totalitaire sur lequel est fondée l’Europe et rétablir concrètement les notions et les valeurs de République, de Peuple Souverain et de démocratie depuis trop longtemps confisquées.

Cohésion

De Marianne, sous la plume de Thomas VALLIERES : « A l’origine on disait « inégalités » ou « injustices sociales », puis CHIRAC a lancé l’expression de « fractures ». Il était encore dans l’opposition : à BALLADUR, puis à JOSPIN. - Le problème, c’est qu’aujourd’hui il est le Chef. Alors plus question d’inégalités ou de fractures, mais de « cohésion sociale », c’est plus cool et ça ne mange pas de pain. Qu’est-ce qu’un pauvre ? Qu’est-ce qu’un riche ? Des gens qui manquent de cohésion ! Entre DASSAULT et un Rmiste, entre SEILLIERE et un chômeur en fin de droits, il s’agit simplement de créer plus de « cohésion ». Ils ont tout compris. Quand on ne veut pas changer les choses, il y a toujours possibilité de changer les mots ! » Du moins tant que les mots ne vous sautent pas à la figure.

Un bon patriote

De Marianne, sous la plume de Jack DION : « Le baron SEILLIERE a prononcé une conférence à Rio de Janeiro sur « La France, le Brésil et la mondialisation ». Le Président du MEDEF a présenté un exposé d’où l’on peut extraire 2 formules choc : « La France n’est plus qu’un morceau d’Europe déjà intégré, elle n’est plus autonome » et « Les jeunes se disent qu’il vaut mieux devenir citoyen du monde que s’enliser dans la société française ».

Bref pour SEILLIERE, La France serait un pays en voie de marginalisation, la province décadente d’un conglomérat informe, et le mieux est de la fuir comme on fuit des sables mouvants : on appréciera la grandeur du message, la hauteur de la vision et la profondeur du projet (...) En 1789, les émigrés s’étaient installés à Coblence. En 2004, ils vont beaucoup plus loin ». Le plus triste et le plus grave, c’est qu’il existe des gens de tous bords, y compris le bord opposé à SEILLIERE , qui tiennent à peu près le même discours.

Salaires

Toujours de Marianne : « Quel est le pays où le patron des patrons s’en est pris aux « salaires trop élevés de certains P.D.G. ? ». La France ? Perdu ; L’Allemagne, en la personne de Dieter HUNDT, président de la confédération allemande des patrons, la version du MEDEF d’outre-Rhin. En France, quand le baron SEILLIERE dénonce des salaires excessifs, ce sont ceux des smicards ». Il faut dire aussi qu’il y a plus de smicards que de P.D.G, c’est arithmétique ; mais allez donc leur faire comprendre ça !

Titanic

De même source : Ainsi l’U.D.F. a refusé de rejoindre RAFFARIN III « Pas question, a commenté SANTINI, d’embarquer sur le Titanic ». Surtout a ajouté un fidèle de BAYROU, qu’avec DOUSTE-BLAZY on sait qui réquisitionnera le premier canot de sauvetage ».
Et pourtant DOUSTE-BLAZY sait nager.

Effets

Toujours de :même source : « Effet SARKO, effet SARKO a ronchonné un proche de CHIRAC, La vérité, c’est que les attaques franches de BAYROU nous ont fait perdre 2 % des suffrages et les attaques feutrées de SARKOZY, 4 % ! Alors, je préfère l’effet HOLLANDE ! » SARKO botterait-il contre son camp ? Ou plutôt pour son propre compte .

Babel

Du même journal : « Avec l’élargissement de l’Union Européenne, le 1er mai, ce ne sont plus 11 mais 20 langues qui seront parlées au sein de l’institution communautaire. Le coût de l’opération, 1 milliard d’euros, ne représente cependant que 1 % du budget. Dans cette moderne tour de Babel, c’est l’anglais qui domine, suivi modestement par le français.

Ainsi, toutes les négociations se sont déroulées en anglais, y compris avec la Roumanie, pourtant francophone ». Ceci n’est-il pas une preuve supplémentaire que l’Europe dont il s’agit est celle des affaires et des marchands ?

Protection sociale

Du Courrier International du 8 au 14 avril ( et du Wall Street Journal Europe de Bruxelles) : « La présidence de CHIRAC a pour thème dominant la réforme du système de protection sociale. Son but : transférer le fardeau de l’Etat providence sur les individus. A deux reprises une majorité de Français se sont révoltés contre cet objectif, qu’ils associent aux politiques anglo-saxonnes d’une Margaret THATCHER ou d’un Ronald REAGAN ». En décembre 1995, le Premier ministre Alain JUPPE a déclenché une grève générale en essayant de réformer la Sécurité Sociale.

L’année dernière le Premier Ministre Jean-Pierre RAFFARIN a repris les choses en main là où JUPPE les avait laissées. Malgré son style plus proche du Peuple, il a abouti aux mêmes résultats : des grèves en série et aujourd’hui un raz de marée électoral à gauche (...)
A l’instar des patrons des grandes entreprises, les politiques sont confrontés à une crise de gouvernance : les actionnaires ne tolèrent plus certains comportements. Les propositions conservatrices qui ont fonctionné pendant un quart de siècle sont rejetées par les électeurs, tandis que les dirigeants de droite cherchent des têtes susceptibles de plaire aux électeurs, comme s’ils mettaient en scène un reality show. La droite française est-elle morte ? Non, elle est juste en coma dépassé ». Et tant qu’elle s’effacera derrière le délire verbal, hier du C.N.P.F, aujourd’hui du MEDEF et de son grimaçant baron, elle demeurera en profonde léthargie.

Ajusteur

Du Courrier International (et de Der Spiegel de Hambourg) : « Alors que la Confédération Européenne des Syndicats a du mal à se faire entendre, les salariés vivent de drôles de drames, ils ne sortent plus les drapeaux rouges, mais les fanions de la nation ».
Dirk SCHMIDT se sent vraiment mal dans sa peau. Ce n’est pas un bon jour pour le dirigeant du groupe OTIS. Ca l’est encore moins pour les salariés de l’usine implantée à Statdthagen en Basse-Saxe : SCHMIDT est venu expliquer aux 360 ouvriers pourquoi leur usine allait fermer et délocaliser totalement sa production d’escaliers mécaniques à Bréclav en République Tchèque.

Il faut consentir des rabais aux clients, baisser les prix d’au moins 2,5 %, donc réduire les coûts de production - les actionnaires l’exigent. En Allemagne, un ajusteur coûte à OTIS 2651 euros par mois. En République Tchèque, il ne coûte que 381 euros. Les ouvriers d’OTIS ont participé à la construction de l’usine tchèque, formé les collègues tchèques et croyait que la nouvelle usine ne leur ferait pas concurrence.
Pour manifester dans quelques jours, ils ne prendront pas les drapeaux rouges, mais le drapeau national.

Pour comble : La Chambre du Commerce et d’Industrie du coin a incité les patrons locaux à « saisir la chance de l’élargissement de l’Union Européenne ! ! »

Échos cueillis par Jean Gilois


Ils doutent de rien !

1er décembre 2004 : le président du Medef, Ernest-Antoine Seillière, a estimé lors de l’émission « France Europe Express » que les chefs d’entreprise, dans un premier temps « impatients », puis « déçus » de la politique du gouvernement, sont « maintenant à la limite de l’indignation ».

Les salariés, eux, en voyant se multiplier les licenciements et délocalisations, font le dos rond. Pour combien de temps encore ?