Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Elections > Régionales > Régionales 2004

Régionales 2004

Ecrit le 25 février 2004 :

La campagne des Régionales

Vendredi 13 mars 2004 a eu lieu à Châteaubriant la traditionnelle « Galette Républicaine » du Parti Socialiste, la tribune étant offerte, pour cette fois, à des représentants des Verts et du PCF puisque la liste de candidature aux Régionales rassemble ces trois sensibilités politiques de gauche. « Nous rassemblons TOUTES les forces de gauche » a dit Jacques Auxiette, tête de liste. Pourquoi mentir ainsi ? (lire plus loin)

Henri Baron

Après le mot d’accueil du secrétaire de section, Alain PRIMAULT, ce fut Henri BARON, conseiller régional sortant, qui prit la parole en disant : « On ne gagne pas une élection sur un bilan mais sur un programme ». Cependant, comme chaque année, il a donné un aperçu de son travail comme il s’y était engagé lors de son élection.

Trois raisons à cela :
1-. Dire à quoi sert et comment fonctionne une opposition au Conseil Régional
2.- rappeler ce que la Gauche aurait fait si elle avait été majoritaire
3.- préciser quelques résultats.

« On peut exercer un mandat d’opposant a minima » a dit Henri Baron « Après tout, ce n’est pas du travail de parlementaire attentif au mot à mot des textes de loi. Une réunion mensuelle de commission, on y pointe les failles attaquables de la Droite et, en session (4 fois dans l’année) on s’exprime sur le sujet. Point » .

Ce n’est pas cette façon de faire qui a été adoptée par l’opposition de Gauche : « Nous avons travaillé d’arrache-pied sur tous les dossiers, fait des contre-propo-sitions précises, provoqué des débats, tolérants et souvent constructifs, en commission. On mesure parfois que des Conseillers Régionaux de la Majorité n’ont pas toujours des arguments. On fait se révéler que le poids des Directions est autant politique que technique. On fait alors son trou auprès du personnel. Cela permet d’arracher quelques avancées ». Cela contribue à démontrer que la gauche sera capable, demain, de gouverner le Conseil Régional.

Qu’aurait fait la Gauche ?

Qu’aurait fait la Gauche si elle avait été majoritaire. Henri Baron, membre de la Commission de développement économique, donne quelques exemples.

Emplois jeunes : « Le groupe de Gauche a proposé d’aider les PME à gérer les 35 heures et de soutenir les associations qui voulaient des emplois-jeunes ». Rejet brutal de la Droite (du temps où François Fillon était Président du Conseil Régional) qui ne voulait pas soutenir une initiative   de Gauche. Quelques années plus tard, en devenant ministre, François Fillon s’empressera de supprimer les emplois-jeunes
Aide aux entreprises : en 1998 il y avait 17 aides possibles aux entreprises, « Avec tous les mauvais effets du saupoudrage ou de l’aubaine ». A force d’insister, la Gauche a contribué à ce qu’il n’y en ait plus que 5, mieux ciblées.

Formation : une formation a été proposée aux Chantiers de l’Atlantique, pour 12 millions d’EUROS au total. La Gauche avait demandé que les « organisations représentatives des salariés » y soient associées. Cet amendement a été rejeté . « Rapprochez cette attitude de l’abrogation en décembre 2002 de la loi Hue sur le contrôle des fonds publics. Il n’y aura que la Gauche pour associer les travailleurs au suivi de la bonne fin de cette formation, que ce soit aux Chantiers ou ailleurs, peut-être à Châteaubriant demain ». Henri Baron prend particulièrement l’exemple des fonds de formation attribués à un constructeur de bateaux en Vendée : le personnel a été formé mais ne bénéficie que d’emplois précaires en intérim.

Veille : avec Jacques Auxiette, et d’autres, Henri Baron a proposé que le Conseil Régional mette en place une structure de veille, d’anticipation sur les difficultés des entreprises et de l’emploi. « Ce serait une révolution dans l’usage de l’argent public ». Le modèle fonctionne au Québec, mais il exige la participation des salariés, c’est pourquoi la Droite l’a rejeté pour l’instant. « Le 14 décembre 2001 je suis intervenu en session sur ce thème. Depuis, j’ai soulevé le problème en commission. La Droite est perturbée sur ce thème. La Gauche le mettra en œuvre demain ». (ndlr : aux dernières nouvelles, le Conseil Régional actuel pourrait confier une mission de veille à un cabinet privé)

Grain de sable

L’opposition c’est le grain de sable dans la machine majoritaire (qui en Pays de Loire a deux ministres : François Fillon et Roselyne Bachelot). Un exemple : la Gauche a proposé une motion sur la réforme du code des marchés publics, l’assemblée Régionale l’a adoptée à l’unanimité, exprimant ainsi un désavoeu complet des propositions gouvernementales.

L’agriculture a été un lieu de débat sur les différentiations Gauche-Droite. La Gauche avait lancé les CTE (contrats territoriaux d’exploitation) qui amorçaient une réorientation du modèle productiviste et une meilleurs modulation des aides entre petits et gros producteurs. Il y avait 914 projets de CTE en Loire-Atlantique, 350 n’ont pas été honorés par la Droite quand elle a pris le pouvoir : la première décision du ministre Gaymard a été de supprimer les CTE.

« Pendant 4 ans, il a fallu se battre sur tout et proposer sans cesse des amendements en session. Ce fut souvent non : non pour le fonds de caution aux Jeunes Agriculteurs s’installant sur de petites exploitations, non sur les procédures de libération des bâtiments d’exploitation pour les jeunes agriculteurs. On nous disait souvent : les idées sont bonnes mais on ne peut les voter.

Le constat : un recul régulier des installations d’année en année. Le Conseil Régional consacrait 2 423 000 euros en 1998, et seulement 950 000 euros en 2004. On aurait pu redéployer sans crainte ».

4 ans de harcèlement

Henri Baron a expliqué que, sur 6 ans de mandat, il a pratiqué 4 ans de « harcèlement correct ».

« Un an pour prendre ses marques à la commission, quatre ans de propositions concrètes, argumentées, puis voici la dernière année et c’est OUI au fonds de garantie du fermage, OUI à la limitation des aides aux exploitants qui ne respecteraient pas les politiques départementales favorisant l’installation de jeunes, OUI au soutien aux chartes de voisinage entre ruraux et néo-ruraux, OUI à une politique de l’habitat, OUI à une remise à plat du fonctionnement et du financement de la Commission Régionale agricole, OUI à une subvention à SOS Paysans, OUI à l’aide au développement de semences protéagineux (de façon à protéger notre autonomie non-OGM) ».

Enfin, pour la bonne bouche, Henri Baron a proposé que, au moins une fois par an, les lycéens puissent manger de la bonne viande produite dans les Pays de Loire. Vote à l’unanimité puis blocage des services « Cela n’intéressera pas les lycées » disaient-ils. Finalement, après 20 mois d’atermoiements, l’expérience est en route, « 100 lycées ont donné leur accord (35 ont été retenus, faute de crédits suffisants pour les autres), 20 000 lycéens bénéficieront d’une viande bonne qualité gustative ».

111 fois

Henri Baron a ainsi montré ce que peut être une opposition constructive quand elle s’en donne les moyens. « J’ai fait 30 interventions principales en session, dont une sur le ferroviaire Nantes-Château-briant et une sur les Conseils de développement. Pour l’année 2003, je me suis déplacé 111 fois à Nantes. J’ai rempli mon mandat avec passion, j’ai peu communiqué mais j’ai soutenu toutes les initiatives qui concouraient au développement du castelbriantais : désenclavement, emploi, qualité de ses produits, défense de ses formations, reconnaissance de ses hommes » a-t-il conclu, « parce que j’aime notre Pays de La Mée, parce que j’ai voulu remplir le mandat que vous m’aviez donné, respecter les électeurs et aussi faire connaître le travail des élus »

Ce dernier discours fut le discours d’adieu d’Henri Baron à son mandat de Conseiller Régional. Mais ce n’est en fait qu’un au-revoir : Henri Baron continuera à militer sur le terrain et à apporter son expérience

Chômage

C’est ensuite Patrick Cottrel, pour les Verts, qui prit la parole pour parler du chômage et des aides que la Région peut apporter au développement des secteurs utiles et créateurs d’emplois.

Puis Françoise Gentil, « la régionale de l’étape » a pris la parole avec force et aisance pour démontrer que la situation de l’emploi s’aggrave dans notre région, et donner la liste des entreprises menacées ou en difficultés. Elle a dénoncé, chez Focast, un « complot politico-financier »

Pour le Parti Communiste, avec brio, Yves Blais a souhaité que ces élections ouvrent une perspective à gauche et donnent un coup d’arrêt au Medef qui inspire le gouvernement pour la mise en place d’un « système négrier avec main d’œuvre à moindre coût et mépris à la clé ». Il s’est dit scandalisé de la formule méprisante « La France d’en bas » utilisée par le gouvernement. « On dit que le chien avec le ventre vide court mieux. Je souhaite que bientôt les chiens bouffent leurs maîtres »

Enfin Jacques Auxiette a expliqué que la liste qu’il conduit « réunit l’ensemble des composantes politiques de la gauche » (ce qui est mensonger : voir plus loin) et il s’est attaché à démontrer à quoi sert la Région, à quoi servent les élus, à quoi sert de faire de la politique. Son programme s’intitule « A gauche, pour une région plus juste » avec 10 engagements autour de l’emploi, la formation, l’environnement, les services publics en milieu rural et les transports en commun. Des tracts seront distribués les 24-25 février pour que tout le monde puisse en prendre connaissance.

Quelques échos

Trente-trois : Il y a en tout 93 conseillers régionaux. En fonction de sa population la Loire-Atlantique en présente 33. Si tout se passe correctement, la liste de Jacques Auxiette peut espérer 12 élus.

F. Gentil : Sur la liste, la place des élus est déterminée par négociation entre les partis. Françoise GENTIL, conseillère municipale de Châteaubriant, se retrouve en 10e position, avec des chances d’être élue. La candidate a l’intention de travailler tous les dossiers en profitant de l’expérience d’Henri Baron.

Alternance : la loi impose la parité homme-femme. Si la section PS de Châteaubriant avait maintenu son intention de présenter un homme, en la personne d’Alain Primault, celui-ci aurait eu peu de chances d’être placé en position éligible.

Répartition : la composition de la liste doit aussi tenir compte d’un équilibre régional. La désignation de Françoise Gentil comme candidate du Nord du département, en position éligible, a fait disparaître Geneviève Chignac (élue de Blain). Celle-ci n’a pas apprécié.... C’est normal.

Malheur aux perdants : comme nous l’avions prévu, Christian de Grandmaison, après son échec aux Cantonales de Nozay, ne figure sur aucune liste aux Régionales. C’était pourtant un élu de qualité. Mais la qualité n’est pas le critère essentiel de choix quand il s’agit de « faire des voix ».

Explication

A la demande de nos lecteurs, expliquons :

CANTONALES : ces élections se situent au niveau d’un canton (regroupement de communes). Les élus, appelés Conseillers Généraux, siègent à l’assemblée départementale et gèrent un certain nombre de dossiers de leur compétence : voirie départementale, aide sociale, subvention aux communes, etc.

REGIONALES : cette élection concerne les Régions (regroupements de départements). Les élus s’appellent Conseillers Régionaux.

Les compétences sont ainsi partagées (ce qui n’exclut pas certains chevauchements). Par exemple, en simplifiant :

– . Les écoles maternelles et primaires sont de la compétence de la commune. (Conseil Municipal)

– . Les collèges sont de la compétence du département (Conseil Général)

– . Les lycées et universités sont de la compétence de la région (Conseil Régional).


Ensemble ?

« Nous réunissons l’ensemble des composantes politiques de la gauche » a dit Jacques Auxiette. Ce n’est pas l’avis de l’UDB (Union démocratique Bretonne) qui constate l’absence de l’UDB, des Alternatifs et de personnalités d’ouverture et appelle soit à s’abstenir soit à voter blanc.

De son côté, Jean Louis Le Bouedec, secrétaire départemental du M.R.C (mouvement républicain et citoyen) regrette l’absence de candidat MRC sur la liste Auxiette : « Ce refus (...) est la marque de l’incapacité du parti dominant de la gauche à tirer les enseignements des résultats du 21 avril 2002, en se privant des militants républicains qui avec Jean-Pierre Chevènement défendent avec détermination la restauration des valeurs républicaines et tournent le dos à un projet résolument anti-libéral permettant aux peuples de France et d’Europe, de s’opposer à la domination des marchés financiers et de la marchandisation du monde. (...)

Le M.R.C. dénonce cette attitude hégémonique et irresponsable du PS, ne pouvant qu’affaiblir l’opposition politique à la casse économique et sociale menée par le gouvernement RAFFARIN »

Dans ces conditions, il sera impossible, pour le M.R.C, de faire campagne pour une liste de gauche dite « de rassem-blement », en l’absence d’une des composantes du vrai projet républicain que représente le Mouvement Républicain et Citoyen de JP Chevènement.