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Régionales 2004 - Françoise Gentil

 Retour sur les élections régionales

La France compte 26 Régions :
– 21 en métropole
– 1 en Corse
– 4 outre-mer : Réunion, Guadeloupe, Martinique et Guyane

Le gouvernement est cuit ...s’il n’est pas

A la suite du deuxième tour, 28 mars 2004, les socialistes ont accédé à la présidence de la quasi-totalité des 26 régions françaises, dont ils entendent faire des lieux de résistance politique et d’innovation. Au terme d’un scrutin historique, ils ont conquis ou gardé vingt régions métropolitaines, ainsi que la Guadeloupe et la Guyane, la Réunion restant communiste et la Martinique indépendantiste.

La droite, qui détenait 15 régions, n’a sauvegardé que l’Alsace, dont la présidence est toujours assurée par Adrien Zeller (UMP). Quant à la Corse ... seuls les Corses s’y retrouvent, en encore !

Les listes de gauche et divers gauche totalisent 50,34 %. C’est la première fois depuis 1947 qu’une opposition a la majorité absolue dans le pays. Les listes de droite et divers droite font 36,88 % Le reste se partage entre indépendantistes(0,39 %) et Front National (12,38 %) (source : Ministère de l’intérieur)

La « vague rose » s’est manifestée aussi à l’échelle des départements : la gauche, avec 51,3 % obtient une majorité absolue des suffrages exprimés dans les cantons renouvelables. La droite parlementaire totalise 42,7 %, alors que l’extrême droite fait 5 % (et divers : 1 %). Toutefois, sur les seuls cantons où ils pouvaient se maintenir au second tour, les candidats du FN   recueillent en moyenne 21 % des suffrages exprimés.

 Changements de couleur

Le choc de ce changement de couleur va se ressentir également en septembre prochain, au moment des élections sénatoriales. L’ampleur des basculements intervenus ce 28 mars 2004 pourrait conduire à un rééquilibrage inattendu au Sénat, compte tenu des « grands électeurs » dont disposera la gauche.

Ainsi, par son arrogance et son mépris pour la France d’En-Bas, le gouvernement a conduit à un profond bouleversement dans le pays. Un chroniqueur a d’ailleurs déclaré « Jean-Pierre Raffarin a le pouvoir extraordinaire de multiplier les voix qui se portent sur la Gauche » Ce n’était sans doute pas le but recherché

Pour les vainqueurs, les conseils régionaux pourraient devenir une « force de proposition dans l’équilibre des institutions de la République ». D’ores et déjà, Ségolèn Royal a appelé les maires de sa région concernés par des essais OGM en plein champ à reprendre des arrêtés d’interdiction, au nom du principe de précaution, et s’est engagée à les soutenir. De son côté, Michel Vauzelle veut déclarer la région PACA « zone hors OGM » et « zone hors Accord général sur le commerce et les services (AGCS) - accord dont la vocation est de privatiser les services publics »

En revanche, en maintenant Jean-Pierre Raffarin comme premier ministre et en reconduisant (mais à des postes différents) des ministres rejetés par le suffrage universel, le Président Chirac montre son désarroi. « On ne change pas une équipe qui perd » disent les commentateurs.

 Illusions ?

Ne nous faisons quand même pas d’illusions : quand on dit qu’une région est « à gauche » cela ne signifie pas forcément une adhésion massive aux idées de gauche, mais seulement un rejet des candidats de droite, et surtout de la politique menée par Chirac-Raffarin et les ministres depuis avril 2002. La presse mondiale est sévère, parlant de « claque pour Chirac », (International Herald Tribune) ou de « l’adieu des Français à Raffarin ».(Le Soir). Sur le même ton, le quotidien danois Politiken estime que ces élections régionales sont une gifle pour le gouvernement de Jacques Chirac. « Les réformes mises en place par le Premier ministre Raffarin sont la cause du virage à gauche des Français - une défaite qui voudrait que Chirac remplace son Premier ministre ». « Cette vague de fond s’explique donc par la désastreuse gestion gouvernementale, mais également par les ombres de la corruption qui touchent Chirac », rajoute le quotidien espagnol ABC. Beaucoup de journaux soulignent « l’arrogance » de la droite au pouvoir.

« Pour Jacques Chirac, il est à craindre que les élections européennes de juin ne soient une punition électorale de plus », commente La Repubblica, qui conseille toutefois la prudence. « Le succès de la gauche, même s’il a le mérite de la ragaillardir, donne surtout à réfléchir. La gauche ne doit pas crier victoire et encore moins voir dans son triomphe le début d’une inversion de tendance après la vague conservatrice qui a submergé la plupart des pays européens ».


Ecrit le 7 avril 2004 :

 La tâche

Dans un communiqué qui nous est parvenu, Jean-Pierre Chevènement déclare : « Nous avons changé de Constitution sans nous en apercevoir en 2001-2002 avec l’instauration du quinquennat et la tenue d’élections législatives dans la foulée de la présidentielle. La concentration des mandats politiques nationaux sur une période de cinq ans aboutit naturellement à surpolitiser les élections intermédiaires. Mais c’est aussi l’élection à 82 % de J. Chirac que les électeurs ont entendu compenser le 28 mars 2004. M. Raffarin a pêché par girondinisme. Lui, le chantre des régions et de la décentralisation à tous crins s’est vu renvoyer à la figure vingt et une régions à majorité socialiste. Il a ainsi appris à ses dépens que la France reste avant tout une nation politique. Maintenant, on attend de savoir quels projets politiques vont s’affronter en 2007. Pour le PS, la tâche est considérable : penser la mondialisation et le rôle de la France, remettre en cause les contraintes de Maastricht, faire retour en tout domaine aux « fondamentaux républicains ». Je souhaite, pour ce faire, beaucoup de courage à François Hollande. Il en aura grand besoin (communiqué)


Ecrit le 7 avril 2004 :

 Femmes : De la mixité à la parité. Et à l’égalité ?

La parité dans les listes de candidats a abouti à un plus grand nombre de femmes dans les conseils régionaux : 896, soit 47,6% des conseillers, contre 26,2% en 1998. « Notre démocratie vit une situation historique nouvelle. De la parité, à l’égalité, il n’y a qu’un pas. Encore faut-il le faire ce pas, Monsieur le Président ! » dit un communiqué des femmes de la Région Pays de Loire. « Nous, les femmes de gauche, qui vous avons élu, avons bien constaté que sur votre liste, le numéro 1 de chaque département de la région est un homme... Nous exigeons, qu’au delà de la parité, l’égalité soit mise en œuvre réellement dans notre région, ce qui signifie que les responsabilités soient confiées à part égale entre les unes et les autres - « A gauche, pour une région plus juste », pour les femmes aussi.

Communiqué du 29 mars 2004
Louisette GUIBERT, Les Alternatifs

(ndlr : au niveau du Conseil Général, la nouvelle assemblée départementale comporte 9 femmes presque toutes de gauche. « Toutes auront leur part de responsabilité » a affirmé le président Patrick Mareschal).


Ecrit le 7 avril 2004 :

 ATTAC rêve

Le mouvement ATTAC estime que le néolibéralisme a été expulsé par la porte des régionales. Il se demande : va-t-il revenir par la fenêtre des européennes ?

Briser le cercle infernal

« Les citoyens ont rejeté les politiques de démolition sociale menées depuis deux ans, en connivence avec le Medef. Ces élections ont prolongé victorieusement dans les urnes les mobilisations du printemps 2003 sur les retraites, et celles qui ont suivi : chercheurs, intermittents du spectacle, chômeurs, mal-logés, salariés voulant préserver leur emploi, enseignants, agents hospitaliers, pompiers...

Les citoyens ont censuré, entre autres, les mesures contre les services publics et la protection sociale. Ils ont condamné la passivité des pouvoirs publics face à la violence et la multiplication des vagues de licenciements, l’impunité des patrons voyous, le démantèlement du Code du travail, ainsi que les agressions frontales contre les droits des chômeurs. A cette version française des préceptes de la mondialisation néolibérale, préconisée par les institutions financières internationales, et parfois aggravée par les politiques européennes, la société vient de dire un « non » d’une vigueur sans précédent en France ». (communiqué de ATTAC)

Par son travail quotidien d’éducation populaire, Attac a contribué à ce rejet global et massif du néolibéralisme. Très logiquement, l’association a constamment insisté sur la nécessité d’une autre cohérence politique et sociale en brisant le cercle infernal du libéralisme.

L’exigence d’une autre politique

Les premières déclarations des principaux responsables du gouvernement et de sa majorité parlementaire, ainsi que la reconduction de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, démontrent une incapacité à entendre le message des électeurs. (...) La mobilisation sociale doit être à la hauteur de cette obstination, mais, pour être pleinement efficace, elle doit s’articuler à la perspective d’autres politiques dans tous les domaines concernés.

Il est certes indispensable de dire « non », mais on attend des responsables politiques qu’ils disent également « oui » à autre chose, en particulier à l’abrogation des mesures déjà adoptées, notamment en matière de retraites. Attac contribuera à cette démarche par ses analyses et ses propositions.

Ni absolution ni blanc-seing

Le vote de mars 2004 a servi de vecteur au refus d’une généralisation de la précarité à toutes les catégories de la société et à l’exigence de justice sociale. Il ne vaut pas pour autant absolution ou blanc-seing pour les formations politiques qui ont remporté les élections, et auxquelles les électeurs ont accordé une nouvelle chance. Elles sont maintenant au pied du mur, sous le regard circonspect de citoyens échaudés.

Deux très proches échéances permettront de vérifier si elles ont bien perçu le sens des votes des 21 et 28 mars, et d’apprécier leur détermination et la sincérité de leur engagement dans le combat contre le néolibéralisme.

En premier lieu, il leur appartiendra de faire des régions qu’elles dirigent des boucliers qui, dans le cadre de leurs compétences, s’opposeront aux politiques néolibérales et feront du neuf, principalement dans le domaine de la démocratisation de la vie publique, de la réduction des inégalités sociales, de l’emploi et du logement.

Plus généralement, il leur faudra donner un contenu concret, en termes de propositions alternatives, au message sans ambiguïté envoyé par le suffrage universel au gouvernement Chirac-Raffarin-Sarkozy.

Horizon : juin 2004

En second lieu, ces formations politiques devront adopter des positions sans équivoque à l’occasion de l’échéance qui se profile : celle de l’adoption, par les gouvernements des 25 pays membres de l’Union européenne, du projet de traité constitutionnel. Cette adoption pourrait intervenir juste avant ou juste après le 13 juin, date des élections européennes.

Si, comme tout le donne actuellement à penser, ce projet ne fait que reprendre les propositions de la Convention en matière de contenu des politiques européennes, c’est, comme nous en a aimablement avertis Valéry Giscard d’Estaing, à une peine incompressible de 30 à 50 ans de néolibéralisme que nous serions condamnés.

Le vote de mars ne doit pas être un coup d’épée dans l’eau. En d’autres termes, les électeurs auraient donné un coup d’épée dans l’eau les 21 et 28 mars, si les politiques néolibérales qu’ils ont rejetées ont de toute manière force de loi et statut constitutionnel « au nom de l’Europe ».

Dans ses analyses Attac dévoile ce que les grands médias et la majeure partie des responsables politiques se gardent bien d’avouer : le contenu de ce traité, dans sa forme actuelle, rendra quasi impossible à l’avenir toute « alternance » non compatible avec les canons néolibéraux, réduisant à la portion congrue le périmètre de choix des citoyens, et nourrissant ainsi un vote d’extrême droite qui prospère sur le thème de l’« impuissance » des élus.


Ecrit le 7 avril 2004 :

 L’appel de Michel Hunault

 : sans vergogne

Michel Hunault, ancien vice-président du Conseil Régional, a écrit à Jacques Auxiette, nouveau président du même Conseil, pour lui demander de donner « toute sa place à la minorité »

Dans la foulée, on peut supputer que Michel Hunault a déjà écrit à son frère, Alain Hunault, pour lui faire la même demande et lui suggérer
en particulier de donner un siège à son opposition, avec voix délibérative, à la Communauté de Communes du Castelbriantais . Il aurait été appuyé dans sa démarche par Jean Seroux, Conseiller Général


Ecrit le 7 avril 2004 :

  Retour sur les résultats locaux

Le « Pays de Châteaubriant   » (33 communes), dans son ensemble, a donné la majorité à la gauche (liste Auxiette : 51,01 %). La circonscription électorale a donné 53,20 % à la liste Auxiette. L’hebdomadaire local, porte-parole de la droite, estime que Jacques Auxiette est un inconnu dans notre région (ce qui est vrai) et que la progression de la gauche est due à l’influence de Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes. Cette explication a, pour lui, le mérite de lui éviter d’imaginer un rejet de la politique de la droite. (Politique que Chirac lui-même rejette puisque, dans son discours du 1er avril il semble revenir sur des décisions prises sous Raffarin II, au sujet des chercheurs, des intermittents du spectacle et de l’allocation ASS due aux chômeurs)

Le Canton de Nozay se distingue avec 54,47 % des voix à gauche, suivi du Canton de Châteaubriant (50,67 %), du Canton de Rougé (50,31 %) et du Canton de Derval (50,27 %). Il reste à droite les cantons de St Julien de Vouvantes (48,76 %) et Moisdon (47,10 %) avec cependant un total de voix de gauche jamais atteint dans le passé

Analyse des élections régionales
Analyse des élections régionales

Ecrt le 7 avril 2004 :

 Le gouvernement est cuit s’il n’est pas cru

Humour raffariné, Morceaux choisis

Une certaine presse internationale s’amuse beaucoup du gouvernement Raffarin III qui vient d’être mis en place. Qu’on en juge :

Le Kongeligt Online, webzine danois, regrette amèrement le mauvais emploi du potentiel pourtant réel de certains ministres : « Sarkozy aurait fait un remarquable ministre des Mathématiques, lui qui demeure le seul homme à avoir résolu la quadrature du cercle : comment paraître carré alors qu’on tourne en rond. Et Villepin, quel grand ministre-poète de l’Aristocrassie ce grand homme pourrait faire, lui qui a toujours été de mèche avec Luc Ferry. »

Le maintien de Michèle Alliot-Marie au ministère de la Défense réjouit fortement Unitá Bomba, le grand quotidien indépendantiste corse, qui estime que l’uniforme va à merveille « à celle qui n’est jamais parvenue à se distinguer ». Das Elsass, principal hebdomadaire germanophone de Strasbourg, vilipende la France, incapable de nommer Adrien Zeller, pourtant le dernier défenseur de la ligne bleue des Vosges, à un vrai poste, comme « haut représentant à la germanophonie » ou au moins « minizdre de la Guldure ».

La Gloubinskaïa Pravda, dans un article relu et corrigé par Bernadette Chirac elle-même - c’est dire la qualité de ce quotidien de Vladivostok - croit savoir que « la première dame de France pourrait se voir confier un ministère clé, comme celui de la Poudre aux yeux ou de la Restauration ». Mais le correspondant en Corrèze de la Gloubinskaïa ne croit pas à la folle rumeur qui veut que « Bernie se retrouve ministre d’Etat aux Oies blanches ou même déléguée de Matignon à la Collecte des pièces jaunes. » (Retrouvez Bernie en « Reine-soleil » page 4 de ce numéro et dans le Dossier, à paraître, du Canard Enchaîné)

L’Etorki révolutionnaire, quotidien basque, regrettera longtemps l’ex-ministre de la Chasse Roselyne Bachelot, que « les connaisseurs voyaient faire des éclats, en tant que muleta, cette saison dans les arênes ». Enfin, L’Escargot du Valais (Suisse) donne le cadre du futur mandat : « Le gouvernement sera cuit s’il n’est pas cru ».

(extrait du courrier international)


Ecrit le 11 mai 2004 :

 Indemnités

Les Conseillers Régionaux vont percevoir une indemnité de 2523 € par mois (avant paiement des cotisations et impôts). Le président Jacques Auxiette va proposer une mesure pour moduler cette indemnité en fonction de l’assiduité des élus.

Les députés (comme Michel Hunault) ont 6735 € d’indemnité de base + 6082 € d’indemnité de frais de mandat + 8511 € pour rémunérer du personnel (total 21328 €) + 2523 € comme Conseiller Régional


Ecrit le 13 décembre 2006

 Françoise Gentil, compte-rendu de mandat

Voir par ailleurs