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Voeux du maire pour 2003

(écrit le 22 janvier 2003)

Les vœux du maire de Châteaubriant pour 2003 :
courtisanerie et clientélisme

Il y avait du monde ce lundi 13 janvier 2003 à Châteaubriant, peut-être 750 personnes ?, pour les vœux de la municipalité de Châteaubriant .

Beaucoup de monde avait été invité, il est vrai, plus de 1000 invitations, quelques personnes en ont même reçu deux ou trois. Comme lors des dîners du RPR, chers à Xavier (le père) et Michel Hunault (le fils), un certain nombre d’amis politiques des environs avaient été invités. « Tu as vu le monde qu’il y a ? » disait tout fier Michel Machard à un ancien boulanger en retraite. Un bon nombre de commerçants (par tradition), d’industriels (par opportunisme), de présidents d’associations (car on ne sait jamais), de membres du corps médical et des corps constitués, étaient présents. Il vaut toujours mieux être du côté du manche. C’est vrai quel que soit le pouvoir en place, à gauche comme à droite.

Sur l’estrade seuls figuraient les conseillers municipaux majoritaires. Les minoritaires étaient dans le public (rejetés ? Évités ? Martine Buron avait les idées plus larges à ce sujet). Le maire Alain Hunault a tenu un discours bien construit, dit d’une voix assurée. De ce côté-là il y a des progrès.

Bien construit, mais amnésique le discours, gommant tout ce qui s’est fait avant, récupérant à son profit tout ce qui était lancé d’avance, avant le changement de municipalité.

Finances, urbanisme, Pays de Châteaubriant  , développement économique, centre ville, sports, circulation, transports, sécurité, santé, personnes âgées, social, jeunes, vie associative, exploits sportifs, fêtes, tout y est passé. Ce compte-rendu de La Mée adoptera un autre plan, bouleversant le bel ordonnancement du discours. Que voulez-vous, c’est le rôle d’un journal différent de faire entendre un son différent. C’est ce qu’attendent les lecteurs de La Mée, n’est-ce pas ?

Les projets lancés qui ont été terminés

La municipalité d’Alain Hunault a poursuivi les projets lancés par l’ancienne municipalité. C’est tout à son honneur. Ca prouve en tout cas que ces projets étaient bons. Enumérons :

La fusion des deux Communautés de Communes a permis de passer de 12 à 19 communes. C’est un projet très ancien, qui a été bloqué (notamment par les amis du maire actuel) tant que les municipales de 2001 n’ont pas eu lieu. C’est réalisé maintenant, de même que la taxe professionnelle unique. C’est une bonne chose.

Du moins ce serait une excellente chose si elle s’accompagnait d’un fonctionnement démocratique et si les investissements n’étaient pas orientés principalement au service de Châteaubriant (et de la future réélection de son maire ?). Ce serait une excellente chose si tous les postes n’avaient pas été confisqués, si les minorités (qui atteignent près de 50 %) y étaient représentées, si un compte-rendu d’activité était fait régulièrement au Conseil Municipal de Châteaubriant par Alain Hunault puisqu’il est mandaté par la commune.

Le pays de Châteaubriant   est aussi sur les rails depuis longtemps, avec un territoire, une charte et le travail de quelque 300 personnes autour des élus. Ceux qui le prennent en charge actuellement n’ont pas participé à cette intense réflexion (par désintérêt, car ils auraient pu venir !). On nous promet un « contrat de développement » signé avec le Conseil Général ou l’Etat. Encore faudrait-il qu’il y ait un fonctionnement démocratique de ce Pays. Ce n’est pas le cas et les élus des Communautés de Communes de Derval et Nozay en font un constat féroce et amer. « nous sommes conscients que les grandes décisions risquent d’être dorénavant concentrées et accaparées entre les mains de quelques personnes. Ce n’est pas de cette fausse décentralisation que nous voulons. Nous n’avons pas été élus pour les démissions et les dissolutions en chaîne » a dit publiquement le maire de St Vincent des Landes évoquant tous les coups bas qui sont portés par en dessous, tandis que, devant l’opinion publique, on multiplie les sourires et les poignées de mains « chaleu-reuses ». Le Président de la Communauté de Communes de Nozay, par exemple, n’en est pas avare. En revanche c’est plus crispé avec la Communauté de Communes de Derval !

SCOT   : le « Pays de Châteaubriant   » sera une bonne chose si l’on arrive à un SCOT   (schéma de cohérence territoriale, à des projets définis et portés en commun, à un réel travail avec toutes les forces vives locales par exemple autour du Conseil de Développement . Cela ne semble pas en prendre le chemin.

Deux emplois par an

Le développement économique : le maire se déclare « à l’écoute des entreprises ». Ce n’est pas toujours l’avis, en privé, des responsables économiques. Certes le projet Focast s’est pour l’instant bien terminé, mais il ne dépendait pas de la volonté de la municipalité mais de celle de l’Union des Banques Suisses. Par ailleurs ce n’est pas la commune de Châteaubriant qui a craché au bassinet mais tous les habitants de la Communauté de Communes du Castelbriantais.

Il a aussi été question « d’Arma-Loire et Thermicentre qui vont doubler leurs effectifs » : ce n’est pas les informations que nous avons puisque, en réunion de Communauté de Communes du 9 juillet, il a été dit que Thermicentre allait passer de 15 salariés à 25 salariés en CINQ ans (ça ne fait guère que 2 emplois par an). Même chose pour Arma-Loire « 10 à 15 emplois en quelques années ». Il a été question aussi de « Mac’Donald’s, 30 emplois, dont les résultats dépassent les prévisions » : il ne s’agit le plus souvent que d’emplois à temps partiel, quant aux résultats, attendons de voir. Enfin le maire a annoncé l’implantation de la société Frans Bonhomme. Ca fait bien. Sauf qu’au Conseil Municipal du 20 décembre 2002 il a été expliqué qu’il s’agirait simplement d’un commerce en gros avec quelques emplois (sans autre précision). A titre de comparaison, l’association « Châteaubriant-Initiative   » que le maire semble snober, a créé avec succès 292 emplois en 7 ans soit plus de 40 emplois par an.

Ce dont n’a pas parlé le maire, c’est du développement du foirail de Châteaubriant. L’équipe de Martine Buron a mené à bien la construction d’un équipement neuf, agencé avec intelligence, ce qui a évité à Châteaubriant ce qui est arrivé à Clisson : le déclin et la fermeture du marché à bestiaux. Les résultats de 2002 montrent que Châteaubriant a progressé de 16,93 % en 2002 (par rapport à 2001, année de vaches maigres) sans toutefois retrouver les chiffres de l’an 2000.

Centre ville

Le centre ville : Le maire a rappelé que l’entreprise Cariane a vendu son bâtiment mais la disparition de la gare routière au 1er janvier 2003 n’est pas forcément une bonne chose. Le bâtiment devrait être démoli pour faire un bowling. On peut s’interroger sur le coût et l’opportunité d’un tel équipement.

Par ailleurs, il a été question de refaire la place Ernest Bréant en 2003 et la place de la Motte en 2004. Des plans existent depuis longtemps dans les cartons de l’ancienne municipalité qui enrageait de ne pas pouvoir passer à la réalisation, en raison de l’endettement excessif de la ville (dû à la gestion de Xavier Hunault, le père). La municipalité actuelle bénéficie de finances saines dues à une gestion serrée pendant les 12 années précédentes. Merci qui ?

Merci qui, aussi, pour le Théâtre de Verre   et la Halle de Béré   que l’actuelle municipalité est fière de proposer pour nombre de réunions, en oubliant qui les a fait construire.

Même chose pour le cinéma : l’implantation d’Atlantic Ciné avec cession d’un terrain communal est l’œuvre de la municipalité précédente (Jean-Claude Orrière). La construction va se faire pendant la municipalité Hunault. Ainsi vont les choses : à leur rythme. Mais il ne faudrait pas en gommer les origines.

Même chose pour la médiathèque  , la réhabilitation des friches Huard, la démolition de la petite verrue de la Porte Neuve : tout ceci était prêt au moment du changement de municipalité. L’actuelle municipalité a poursuivi, tant mieux.

Seule chose nouvelle : la rénovation du parking Pasteur, avec 40 places prises sur le jardin de l’école des Terrasses. Ca, oui, c’est l’œuvre de l’actuelle municipalité, de même que le goudronnage de certaines rues qui auraient pu attendre. Mais à défaut d’autre chose, le goudron, comme les illuminations de Noël (87 000 euros), cela présente un avantage : ça se voit.

Sports

A mettre au nombre des réalisations de l’actuelle municipalité : le début de construction d’un nouveau terrain de football dans la cité scolaire de la Rue des Déportés Résistants. C’était une nécessité inéluctable liée à la reconstruction du collège Schuman. Mais ce ne sera pas un terrain « en plus » mais un terrain « à la place d’un autre » qui va être transformé en parking. voir : gazon précultivé lavé et (terrain noyé->1799]

Le vélodrome devrait bénéficier d’une rénovation de sa piste, remise en état de la lice et aire d’entraînement dans son enceinte. L’appel d’offres a été lancé le 8 janvier 2003

Circulation, transports

L’acquisition de la station Shell pour transformer le carrefour est une opportunité apparue en 2002. L’actuelle municipalité l’a saisie. L’ancienne en aurait fait tout autant

La mise en giratoire du carrefour de la Ville en Bois était aussi programmée par l’ancienne municipalité. C’est l’actuelle qui l’a réalisée avec des subventions importantes. Il est vrai que le Conseil Général et le Conseil Régional savent faire des « coups » politiques à coups de subventions. La démocratie en prend un coup ! Faut-il rappeler que, naguère, il a été dit, au Conseil Général, qu’Issé n’aurait pas eu sa maison de retraite si « on » avait su que le maire de l’époque avait le cœur légèrement à gauche ?

La réouverture (?) de la ligne SNCF Nantes-Châteaubriant est annoncée pour 2006. Pour l’instant, en 2003, on n’en est qu’aux études de faisabilité, et la ligne peut être réouverte, en s’arrêtant par exemple à Nort sur Erdre. Attendons pour voir.

Sécurité

Ah, la sécurité ! C’est vrai qu’il y a eu embauche de policiers et qu’ils aiment bien de temps en temps faire une opération « Rambo ». Le reste du temps « les Mickey » comme disent les gens, se promènent nonchalamment à trois, voire quatre ou six, ce qui n’empêche pas les incivilités et cambriolages de continuer. Un certain nombre d’entre eux commencent d’ailleurs à en être gênés.

Santé

Le maire de Châteaubriant se gargarise beaucoup de l’implantation du scanner. Mais ce n’est pas lui qui, pendant huit ans a mouillé sa chemise et affronté la pluie et le vent pour faire signer quelque 8000 pétitions, porter le dossier en haut lieu. Finalement c’est un cabinet privé qui a ouvert le scanner. La municipalité actuelle n’y est pour rien. Les castelbriantais y ont gagné, c’est vrai car, antérieurement, les déplacements vers Cesson-Sévigné n’étaient pas une partie de plaisir.

Quant au rapprochement hôpital-clinique, Alain Hunault dit « c’était une priorité de notre équipe ». Mais il ne restait plus qu’à finir le travail entrepris avec opiniâtreté par Martine Buron, souvent contre son électorat. (De toutes façons c’est l’ARH qui l’a imposé et la Clinique, en raison de ses difficultés financières, n’avait pas le choix) Le pari est sans doute gagné en termes de construction d’un bâtiment pour la clinique sur le site de l’hôpital, mais il reste un certain nombre d’appréhensions chez les patients, dont n’a pas forcément conscience le corps médical, pour qui, public et privé, c’est la même chose.

Personnes âgées

Le « projet Trinité » a commencé à se concrétiser. Il était impulsé depuis des années par Jean Gauchet. L’actuelle municipalité a laissé dormir le dossier avant de finir par en reconnaître le bien-fondé, du moins en ce qui concerne la construction de logements adaptés. voir par ailleurs

En revanche, le regroupement de tous les services aux personnes âgées, en un même lieu, risque de prendre plus de temps que prévu et c’était le plus urgent.

Social en panne

Le maire a récupéré, dans son discours, l’inauguration du Centre d’Aide par le Travail. C’est là aussi un projet largement engagé d’avance, et porté essentiellement par une association : l’ADAPEI.

De même les 20 pavillons locatifs au Deil, et le lancement d’un nouveau lotissement : tout était sur les rails.

Le maire a récupéré aussi les « emplois aidés » : 12 jeunes et 6 contrats emploi-solidarité. Ce n’est que la poursuite de la politique précédente.

En matière de social, c’est tout, et le bilan est plutôt maigre de ce côté-là. A se demander s’il existe encore un Centre Communal d’Action Sociale.

Jeunes

A l’actif de l’actuelle municipalité : la mise en place d’un Conseil Municipal de Jeunes. C’est une chose que l’ancienne municipalité aurait dû faire depuis longtemps.

Mais à part ça, il ne faut pas rêver : « le lieu d’éducation civique et de réflexion » chanté par Alain Hunault, déçoit plus d’un jeune, même de son bord. Les jeunes, de nos jours, on ne les fait plus marcher à la baguette et s’ils ont toujours besoin d’idéal, ce n’est pas dans une piste de skateboard ou un minigolf qu’ils le mettent. « Tout ça c’est des problèmes d’adultes », disent-ils avec pertinence (impertinence ?). voir plus loin

Le bâtiment « adolescents » du Village des Enfants, inauguré fin 2002, était aussi programmé par l’ancienne municipalité.

Quant à la Maison de l’Enfance, programmée pour fin 2003, elle bénéficiera largement à Châteaubriant mais c’est une réalisation de la Communauté de Communes du Castelbriantais, payée en partie par les contribuables des autres communes. Il ne faudrait pas l’oublier.

Le maire a parlé d’une « salle pour les jeunes » à la Vernisserie. Ne pas croire qu’il s’agit d’un foyer de jeunes, d’une salle mise librement à leur disposition. Il s’agit plutôt d’un atelier pour des activités artistiques (danse, musique). Ndlr : cette salle a été affectée au club de billard

Toujours pour les jeunes, le maire a récupéré la construction d’un nouveau bâtiment pour le collège Robert Schuman. D’abord ce n’est pas la ville qui construit, mais le département. De plus le projet est lancé depuis longtemps et va traîner encore car d’appel d’offres en marché négocié rien ne commencera avant l’automne 2003.

Vie associative

En matière de vie associative, le maire s’est félicité et a récupéré, comme si cela venait de lui :

– la 953e foire de Béré (qui existait bien avant qu’il soit né),
– l’animation du château (en oubliant que c’est la ville, déjà du temps de son père, puis l’Office de Tourisme  , qui ont lancé les visites guidées, tandis que de nombreuses associations, dont Ar’Muse, organisaient des expositions)
– les promenades littéraires (lancées par l’Office de Tourisme   du temps de Martine Buron)
– la fête de la musique (ça c’est une réalisation municipale : la suite de ce qui existait avant)
– les concerts de chorales
– les illuminations de Noël (ça, oui, c’est une amplification de ce qui existait avant, mais pour 87 000 euros, ça pouvait être beau !)
– les étoiles fraternelles du Père Hugo (dans la tradition des spectacles donnés à Châteaubriant déjà du temps de son père)

– mais du coup, il a oublié 50 idées pour un été, et les autres animations, lancées et tenues à bout de bras depuis 1995 par l’Office de Tourisme  , du temps de Martine Buron, avant que n’arrive le soutien du Conseil Général.

– 

Alors que va-t-il se faire en 2003 ?

– La rénovation de la place Ernest Bréant ?
– La couverture du centre Municipal des Sports (prévue elle aussi et mise au budget par l’ancienne municipalité) ?
– La rénovation du vélodrome ?
– des logements pour les personnes âgées dans le cadre du « projet Trinité » ?
– la Maison de l’Enfance ?
– le plan local d’urbanisme ?

Espérons ! mais il y avait des projets annoncés pour 2002 (voir conseil municipal du 8 mars 2002) et qui ont pris du retard.

Alors, comme dit le Sous-Préfet, avec une ironie sans doute involontaire : « il y a beaucoup de projets annoncés. En 2003 on verra ce qui aura pu sortir de terre. »


Elevons ...

Deux intervenants ont un peu élevé le débat, en ne restant pas le nez sur le guidon « Châteaubriant ». C’est dans l’ordre le Conseiller Général Jean Seroux qui a souhaité à tous la santé, la solidarité (hum ! hum ! ça manque à Châteaubriant), et la Paix et qui a rappelé que le Président du Conseil Général a promis de veiller à ce que le Nord du département (et pas seulement Châteaubriant) ne prenne pas de retard (et même rattrape celui qu’il a) en matière d’infrastructures routières et ferroviaires, et en matière d’équipement informatique (ADSL   et Haut débit).

C’est ensuite le Sous-Préfet qui a rappelé le rôle important de l’Etat et des services publics, dans le développement local, et qui a insisté sur le fait que Châteaubriant doit être fière d’elle-même et de sa « belle région ».