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01-2004. Conseil Municipal, Voeux du maire pour 2004

écrit le 21 janvier 2004

Les vœux du maire : la petite musique

Vœux du maire de Châteaubriant : C’est bien commode d’être « au pouvoir » : on l’a vu encore le 12 janvier 2004 lors de la traditionnelle cérémonie des vœux du maire. Beaucoup de monde, 700 personnes environ dont une bonne centaine de personnes extérieures à la commune, dont des élus des communes voisines. Les absents ont eu tort : tout le monde était invité.

Bien pratique, le discours des vœux, pour mettre en musique la politique municipale. On n’entend jamais le maire parler autant que ce jour-là. Car ce jour-là, il n’a pas à craindre la contradiction comme au Conseil Municipal. Il peut dire ce qu’il veut, il est assuré de voir ses propos repris dans la presse. Les contradicteurs en sont réduits à s’exprimer après coup, en situation défensive en quelque sorte, ce qui n’est jamais bon. Et ceci est valable pour toutes les cérémonies de vœux, pas seulement à Châteaubriant.

La Mée, comme les autres journaux, se doit donc de rapporter ce qui s’est passé.

Salutations

Avant 18 h, le maire est à l’entrée de la salle, filtrant le passage des gens. Aux uns il dit « Meilleurs Vœux ». A d’autres, il serre seulement la main, même s’il aurait bien voulu l’éviter. Les « civilités » ont leurs obligations !

18h45, le groupe majoritaire se presse comme un orchestre sur l’estrade dressée en fond de salle. Les élus minoritaires n’ont jamais été invités à y aller. Chaque fois que possible, ils sont « évités » et n’ont qu’à se fondre dans la masse des « invités »

Discours. Le maire salue la présence du « Conseil Municipal des Jeunes ». A dire vrai, il n’y en a guère. Mais la parole permet de donner une présence aux absents.

Le maire a d’ailleurs trouvé un bon moyen pour mettre en valeur les jeunes de ce Conseil Municipal des Jeunes : il les félicite, non pas pour ce qu’ils ont fait, mais « parce que c’est en pensant à eux que de nombreuses réalisations ont été faites ».

Le maire est revenu sur l’année 2003 : construction d’une piste de skate et d’un minigolf (5500 visiteurs, dit-il), réfection de la piste du vélodrome et aménagement d’une aire d’entraînement, construction d’un terrain de foot à côté du lycée Etienne Lenoir (il n’a pas dit qu’il y avait des problèmes de drainage), aménagement de la place Ernest Bréant, construction d’un bowling (« Premiers résultats encourageants »).

Il récupère au passage les travaux faits par les autres : le cinéma Atlantic-Ciné   (dont les dirigeants ont été sollicités par la municipalité précédente et notamment par Jean-Claude Orrière, avec attribution d’un terrain municipal) ou le collège Robert Schuman (financement du Conseil général).

A propos de tous ces travaux, le maire se glorifie à grands coups de trompette : « Nous avons eu un taux exceptionnel de subventions : autour de 50 % ». Mais ces subventions ne tombent pas du ciel : elles viennent notamment du Conseil Général et du Conseil Régional, c’est-à-dire des impôts locaux que nous payons. (Les impôts communaux, départementaux et régionaux sont sur la même feuille). Ainsi les équipements de Châteaubriant sont payés par les castelbriantais, directement ou indirectement. N’oublions pas en outre que, à plusieurs reprises, les taux de subvention annoncés par le maire ont été exagérés : les taux obtenus étant inférieurs aux taux espérés et promis.

Social : en matière sociale, le maire a joué du violon, n’annonçant que l’amélioration des conditions d’accueil du Restau du Cœur et de St Vincent de Paul. « Les autres associations peuvent compter sur la municipalité » a-t-il dit. Espérons ...

Délinquance en hausse

En matière de sécurité, le maire a sorti la grosse caisse, rappelant le Contrat Local de Sécurité signé le 17 mars 2003. On n’en a guère vu les effets, mis à part le recrutement de policiers municipaux.

Sans doute là aussi la réalité n’est-elle pas à la hauteur des espoirs puisqu’on lit dans Ouest-France du 17 janvier 2004, que la délinquance a baissé de 1,8 % en 2003, mais augmenté de 6 % autour de Châteaubriant

En matière d’aménagement, le maire a signalé la réalisation du PLU   (plan local d’urbanisme) « Le premier en Loire-Atlantique ». C’est sans doute pour faire oublier que le POS (plan d’occupation des sols) de Châteaubriant a été le dernier réalisé en Loire-Atlantique : l’ancien maire Xavier Hunault, n’en voulait pas. De ce point de vue, son fils marque une évolution. Mais il avait promis une ZPPAUP qui est passée aux oubliettes, sans tambour ni trompettes.

Rocades

Il est toujours question de la Rocade « Ouest » qui, dit le maire, « a été validée financièrement par le Département et la Région ». Ce ne sont pas les informations que nous avons, d’autant plus qu’aucun chiffrage de cette rocade n’a été annoncé.

En revanche, la rocade Sud, qui fait partie de l’aménagement de la Nationale 171 (Laval-St Nazaire), n’est promise que dans un délai de trois ans. Elle est pourtant beaucoup plus importante.

En matière économique, le maire a joué mezza-voce, annonçant la création de 5 emplois au Bowling et n’évoquant que les 18 licenciements prévus chez Novembal. Rien sur les perspectives de Focast, ni sur la Confection Industrielle Castelbriantaise. Les chômeurs n’ont été traités que comme des chiffres.

Le maire a en effet annoncé que le nombre de chercheurs d’emploi en décembre 2003 est inférieur à celui de janvier 2003. Notons que :
– Il n’a pas donné de chiffres précis, donc il ne risque pas d’être contredit
– Les chiffres dont il dispose sont des chiffres bruts, non corrigés des variations saisonnières
– De plus, les chiffres bruts varient d’un mois à un autre et sont, habituellement, inférieurs en décembre à ceux de janvier !
– Enfin, il faut tenir compte du nombre important de salariés partant en retraite et de jeunes qui se rendent dans les grandes villes pour trouver le travail qu’il n’y a pas ici.

Monsieur le maire manie ainsi la poudre aux yeux et chacun sait bien que la situation de l’emploi castelbriantais n’est pas florissante. En témoignent les difficultés du commerce local, même au mois de décembre, période de fête.

Un petit « Tour » et puis s’en va

Pour 2004, le maire a envisagé
– le départ de la 7e étape du Tour de France pour juillet 2004
– l’ouverture de l’école Pigier (100 étudiants d’ici 4 ans) en septembre 2004
– la médiathèque   (qui commencera en mars 2004 et sera terminée au dernier trimestre de 2005)
– une nouvelle salle de quartier à Renac   (la demande de permis de construire a été déposée le 19 décembre 2003)
– la réfection du centre Municipal des Sports
– le village retraite de la Trinité (le délai d’instruction de la demande de permis de construire court jusqu’au 13 mars 2004)
– des ronds points
– et la Voie Verte : 13,8 km de voie goudronnée sur la ligne SNCF entre Châteaubriant et Rougé.

Finances : La dégonflette

Avec tout ca, le maire a joué de la dégonflette en rappelant la baisse de la fiscalité et la baisse de l’endettement de la ville. (La dégonflette est un nouvel instrument de musique qui gonfle et se dégonfle en produisant du vent).

La baisse de la fiscalité, on ne la voit guère .... parce que l’Etat augmente les bases de cotisation, parce que le Conseil Général et le Conseil Régional augmentent leurs taux (cela leur permet de décerner des subventions dont le maire se glorifie). Alors les feuilles d’impôts locaux ne varient guère : 10 € par an, environ !

La baisse de l’endettement, elle est réelle, mais il faut bien en voir les raisons.

Alain Hunault se réfère à l’endettement de 2003 par rapport à 2001.... Mais il oublie l’endettement de 1989. Faut-il donc remonter à Mathusalem ? Non. Seulement refaire un peu l’histoire.

La dette de la ville de Châteaubriant a diminué parce que :
– des emprunts sont tombés automatiquement
– la municipalité précédente a fait de gros efforts pour réduire la dette
– des emprunts ont été transférés
– des emprunts sont mis en annexe

Au premier janvier 1989, l’endettement de la ville était de 192 832 282,00 F C’était dû aux emprunts faits par l’ancien maire Xavier Hunault.

Au premier janvier 2001 (selon le bulletin municipal d’avril 2003) l’endettement de la ville était de 104 976 434,00 F. Ainsi l’équipe de Martine Buron a remboursé 88 millions de francs (soit 46 % de la dette), tout en faisant d’importants travaux : Théâtre de Verre  , Halle de Béré  , Maison de l’Economie, Maison de la Formation, réfection de la piscine, aménagement de zones industrielles, etc.

En 2002 sont « tombés », automatiquement, les plus gros emprunts faits par Xavier Hunault 15 ans auparavant. Cela, on le savait depuis longtemps. L’équipe de Martine Buron, qui a sué sang et eau pour réduire la dette pendant 12 ans, espérait avoir ainsi la possibilité de réinvestir. C’est Alain Hunault qui en a profité ! Tant mieux pour lui mais qu’il ne se glorifie pas des efforts faits par ses prédécesseurs !

Par ailleurs, du fait des transferts de compétences de la ville vers la Communauté de Communes, les emprunts sur certains équipements ont été transférés aussi.

Enfin, certains emprunts (bowling par exemple), ne figurent pas au budget ville mais sont mis en budget annexe.

Ainsi, par divers jeux de comptabilité, tout-à-fait légaux d’ailleurs, la dette de la ville apparaît moins importante qu’elle ne l’est.

Les citoyens n’y voient que du feu.

Les chiffres inconnus

Jean Seroux, Conseiller Général, a adopté la même présentation des choses. Il a dit par exemple que la ville de Châteaubriant a bénéficié de 7 500 000 € de financement. Sans dire que cet argent vient des impôts locaux payés par les contribuables.

Il a dit que le Conseil Général a créé une « Maison du Département   » inaugurée le 19 décembre 2003. Cette maison n’est que provisoire, en attendant l’implantation dans la future médiathèque  . Bizarrement, nul ne sait combien a coûté cette maison du département  . La Mée a tenté de le savoir. En vain.

Jean Seroux a cependant été capable d’annoncer que les travaux au Château ont coûté 715 000 € en 2003.

Alors comme ça, il y a des chiffres qu’on peut savoir et d’autres qu’on ne peut pas savoir ??

En ce qui concerne le RMI et le RMA, Jean Seroux a annoncé que la mise en place se fera en juillet 2004 (elle était prévue pour janvier), « pour la réinsertion des gens qui sont sur la touche ».

Un Sous-Préfet politique

Pour terminer, le Sous-Préfet a aussi offert ses vœux, disant que l’Etat et l’Europe ont apporté à la ville leur soutien pour les nouveaux équipements « qui renforcent l’attractivité du territoire ».

Il s’est montré très « politique » comme d’habitude : nommé par un gouvernement de Droite, il ne ménage pas son soutien aux municipalités et élus de Droite ! Les discours ne sont jamais anodins !

°°°

Allez, sur ces belles paroles, un petit verre de vin et une part de brioche. Castelbriantais vous étiez tous invités. Dommage que les citoyens de gauche se sentent exclus !

(ndlr : suite à cet article, le Sous-Préfet rappelle qu’il a été nommé par un gouvernement de gauche, celui de Lionel Jospin, et qu’il soutient tous les dossiers bien montés, qu’ils soient présentés par de maires de Droite ou de Gauche)