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Grappillages 04.02.2004

Grappillages et Mée-disances du 4 février 2004

Je relèverai, en commençant cette chronique, cet extrait de l’article paru sous la plume d’Alain BESSON dans Ouest-France du 22 janvier 2004 en hommage à Gilbert DECLERCQ, récemment décédé : « C’était un jour de printemps à la fin des années 60 (...). Gilbert DECLERCQ parlait de justice sociale, d’action revendicative, du capitalisme qui faisait (déjà) si peu de cas des salariés que le leader C.F.D.T. appelait déjà des travailleurs. Comme Arlette, il parlait de la lutte nécessaire de toute éternité à la dignité prolétarienne, de l’unité d’action avec la C.G.T. de Roger ROUSSELOT et Jojo PRAMPART ; car en ce temps-là, il n’y avait pas de pauvres, de démunis, ou de laissés pour compte, mais des prolétaires ». Gilbert DECLERCQ, l’inventeur de la planification démocratique, et les militants cédétistes syndicalistes du socialisme autogestionnaire, avaient, à cette époque le sens inné de la classe ouvrière et n’hésitaient pas, malgré un contexte syndicalo-politique international pourtant beaucoup plus délicat qu’aujourd’hui à faire de la C.G.T. leur partenaire naturel et privilégié. Aujourd’hui, c’est le règne du social-libéralisme et de la social-démocratie. Les techniciens et stratèges syndicaux (ou politiques) ont remplacé les militants d’hier et parcourent l’Europe (leur nouveau terrain de chasse) et le monde avec des attachés-cases et des ordinateurs portables. Qu’est devenue la classe ouvrière ? Qu’est la C.F.D.T. devenue ?

Relevé dans le Canard Enchaîné du 21 janvier 2004 : « Mobilisation générale pour Bernadette CHIRAC et ses Pièces Jaunes : c’est le mot d’ordre lancé depuis quelques semaines par l’Élysée. Et le quêteur en chef est un ministre qui en ce moment n’a rien à refuser au Président : Luc FERRY . (...) Ca ne coûtera presque rien au ministère, explique un conseiller de FERRY, sinon un peu d’énergie et de personnel. Un peu, en effet : un fonctionnaire affecté durant trois mois à cette tâche dans chaque département, soit une centaine de personnes ! ! ». On croyait pourtant que l’époque était au tour de vis budgétaire. On se demande, au fait, si la même démarche a été faite par l’Élysée auprès du Ministre de l’Intérieur, un certain SARKOZY ?

Du Canard Enchaîné : « En voulant fustiger la future loi sur le port des signes religieux à l’école, le 15 janvier sur France Inter, le Cardinal LUSTIGER a vu sa langue fourcher comme celle d’un diable : - Je souhaite bien du plaisir à l’Académie Française pour nous dire la différence entre ostensible et ostensoir ». Le Cardinal nous la baille belle : s’agit-il d’une déformation professionnelle ou d’une confusion inquiétante ?

Du Canard (et du Parisien du 18/1) : « Roselyne BACHELOT, à la fin d’une récente réunion à Matignon sur les inondations, a lancé à RAFFARIN : Tout baigne ! La succession gaffeuse de MAC-MAHON (Que d’eau ! Que d’eau !) est assurée ». Il n’est pas assuré pour autant que Roselyne passe à la postérité.

Du Canard, enfin (et de l’Express du 19/1) : « C’est une black, déjà deux fois ministre dans ses gouvernements, Valérie Ann AMOS, que Tony BLAIR a désignée, il y a peu, pour présider la multiséculaire et prestigieuse Chambre des Lords. Une black immigrée, puisque la toute nouvelle « baroness » est originaire de Guyana, pays où est également né l’attaché de presse black du Prince de Galles. Ceci amène à relativiser un peu (hors attentats, bien sûr) tout le tintouin sur notre unique préfet issu de l’immigration ». A noter qu’il y a déjà eu en France un Président du Conseil et Président du Sénat de couleur, Gaston MONNERVILLE, né à Cayenne, et aussi bien sous la Gauche que sous la Droite, dans les dernières décennies, des ministres de couleur.

De Marianne du 19 au 25 janvier : « Qui a dit à propos de SARKOZY : Il est le meilleur d’entre-nous ? Patrick BALKANY député-maire de Levallois ; c’est un peu comme si vous receviez un prix de vertu de la main d’AL CAPONE », ou pour un gouvernement les félicitations du MEDEF (ce qui est d’ailleurs le cas !)

De Marianne, cette déclaration de BUSH : « Les droits fondamentaux de l’homme ont été octroyés par Dieu, a déclaré, non pas BEN LADEN, mais George BUSH, à Monterey. Pendant des siècles, Dieu a dû être très étourdi. Et encore aujourd’hui, en Irak ! » A moins que BUSH en soit arrivé à se prendre pour Dieu ou au moins son fondé de pouvoir exclusif.

De Marianne encore : « Le nombre de défaillances d’entreprises en 2003, selon l’assureur-crédit EULER-SFAC est de 47 936 (+ 11,7 % par rapport à 2002). Ce rythme est comparable à celui de la récession de 1993, même si, en volume, on reste bien en deçà du record alors établi (68 000) ». Châteaubriant, qui est maintenant une ville dans le vent, apporte allègrement sa modeste pierre aux défaillances d’entreprises.

Toujours de Marianne : « On dit toujours que le système de santé français coûte trop cher et qu’il urgent de le réformer, de préférence en copiant ce qui se fait à l’étranger (suivez mon regard...) Pourtant la France n’est pas plus mal lotie que les autres. La preuve : d’après l’O.C.D.E. en 2003 la part des dépenses de santé dans le produit intérieur brut est de 9,5 % en France, de 10,7 % en Allemagne et de 13,9 % aux États-Unis, lesquels réussissent à cumuler un système à la fois injuste et onéreux. Mais pourquoi les ultra-libéraux sont-ils si discrets sur le sujet ? » Pourquoi ne pas poser la question à MATTEI, à FILLON et bien entendu au MEDEF ?

Relevé dans le Courrier International du 22 au 28 janvier 2004 (en provenance de Prospect de Londres) : « La corruption (en France) serait indissociable du fonctionnement de l’élite et la fin de la grande époque des juges anti-cor-ruption, symbolisée par la démission d’Éva JOLY, ne marque pas l’arrêt des malversations car le rapport ambigu à l’argent et à l’impunité font partie de la culture hexagonale. Et de citer des hommes qui, sans être condamnés ont été éclaboussés, tels que Jacques CHIRAC, Alain JUPPE, Roland DUMAS, François MITTERRAND (caisse électorale de Helmut KOHL), mais on pourrait en citer beaucoup d’autres ». Tandis que les Anglais, eux, sont véritablement des petits saints, ainsi que les Italiens, les Allemands et évidemment les grands frères Américains qui déclenchent des guerres pour la démocratie et pas pour le contrôle du pétrole et qui ne profitent pas de leur place éminente aux affaires du pays pour privilégier les entreprises qu’ils dirigent dans la reconstruction de l’Irak, par exemple !

Du Courrier International (et de El Païs de Madrid) : « Le mandat d’arrêt européen, entré en vigueur depuis le 1er janvier 2004, permet à l’autorité judiciaire d’un État d’obtenir de son homologue d’un autre État l’arrestation et la remise immédiate d’une personne recherchée. Cela implique la reconnaissance mutuelle et automatique des décisions judiciaires dans trente-deux cas d’infractions graves, telles que le terrorisme, la traite d’êtres humains ou la corruption (...) Son ennemi le plus acharné est le gouvernement italien : il a du mal à accepter que ce nouvel instrument puisse s’appliquer aux délits de corruption ... ». Pourquoi ? Il y a beaucoup de corruption dans le pays de BERLUSCONI ? Pas BERLUSCONI lui-même, quand même ! Quoique ! Avec ses démêlés avec ses propres juges, on ne sait jamais !

Toujours dans le Courrier International (en provenance du New York Times) : « A la télévision et dans l’imagination populaire, lorsqu’on saisit la justice, l’affaire se termine par un procès public, tranché par des jurés. Dans la réalité c’est devenu de plus en plus rare. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée récemment pour l’American Bar Association : en 1962, 11,5 % des affaires civiles portées devant les juridictions fédérales allaient jusqu’au procès devant jury ; le chiffre n’est plus que de 1,8 % l’année dernière. C’est un changement culturel d’une énorme importance estime Arthur MILLER professeur de droit à Harvard . La tendance concerne également le pénal : si 15 % des affaires qui sont de la compétence des juridictions fédérales se réglaient par un procès en 1962, le chiffre était inférieur à 5 % l’année dernière, alors que le nombre des poursuites a plus que doublé au cours des 40 dernières années. (...) En matière pénale, tout le monde ou presque s’accorde à dire que le phénomène s’explique par la sévérité accrue des peines encourues. Les accusés qui exigent de passer devant un jury risquent une condamnation bien plus lourde que ceux qui acceptent un arrangement ». Ceci semble bien ressembler étrangement au projet PERBEN. En est-ce fini de la justice rendue au nom du Peuple Français ? Y aura-t-il demain une justice à deux vitesses ? L’une rendue publiquement, et l’autre en catimini, basée sur la religion du « plaidé coupable » (même si l’on est innocent) ?

Du Courrier International (et de Samir KASSIR dans An Nahar de Beyrouth) : « Les Islamistes ne comprennent rien à la France. La Gloire de mon père et le Château de ma mère sont deux livres qu’étudient les adolescents qui apprennent la langue française. Ce serait une bonne chose qu’ils soient traduits en Arabe pour qu’ils puissent aussi être lus par les adultes qui vilipendent la France en raison du projet de loi visant à interdire le port du voile dans les écoles publiques. Ces deux ouvrages donnent une image fidèle de la laïcité en France, lorsque la Troisième République se trouvait au plus fort de sa confrontation avec l’Église,l’école étant depuis cette époque le théâtre permanent de ce conflit. Leur lecture serait profitable à tous ceux qui prennent parti dans cette affaire, sans militantisme particulier, mais avant tout pour condamner ce qui leur semble être de l’intolérance de la part des Français envers les musulmans. Pour les autres, ceux qui conduisent cette campagne contre la France et accusent tous ceux qui ne partagent pas leur opinion d’atteinte à l’Islam, il semble que rien ne pourra changer leurs convictions, qui n’ont d’autre justification qu’elles-mêmes, comme c’est le cas pour toute pensée totalitaire ... ».

A méditer : voici en tous cas un Libanais qui connaît mieux ce qu’est la France que certains Français eux-mêmes .

Du Courrier International enfin (et du Pays de Ouagadougou) : « Chargés de surveiller la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest à Bouaké, des soldats auraient dérobé la SOMME DE 60 000 euros. Une mésaventure dont la grande muette se serait bien passée. L’événement pourrait constituer une grosse tache sur l’hermine des soldats de l’opération Licorne. Fin septembre, alors que des centaines de soldats de l’opération française sont déployés à la demande des forces nouvelles pour protéger le quartier des banques à Bouaké, quatre soldats du 126e régiment d’infanterie de Brive la Gaillarde, profitant de la chienlit, dérobent près de 38 millions de francs C.F.A. (60 000 euros) dans une agence de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) qu’ils devaient protéger des pillages ! » Voilà assurément une affaire dont nul n’a entendu parler ni à la télé, ni à la radio, ni dans son quotidien habituel. On compte sur MAM (pardon, Madame ALLIOT-MARIE) pour rectifier le tir et évidemment punir les coupables. Imaginez un instant que Georges W S BUSH qui l’a si gentiment reçue s’empare de l’affaire : vous voyez déjà le scandale ! !

Échos cueillis par Jean Gilois.