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Europe (12)- Le Franc

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Ecrit le 19 février 2002

Depuis dimanche 17 février à minuit, le Franc n’a plus cours comme monnaie en France. Il est remplacé par l’Euro. Les derniers billets seront « trouillotés » et les 8 milliards de pièces (qui pèsent 37 000 tonnes, quatre fois la Tour Eiffel°, seront fondues. L’histoire du Franc est liée à l’histoire de ... Derval. Voici pourquoi :

Le gouverneur du Pays de la Mée :
_Bonabes de Derval-Rougé
et l’histoire du Franc

Le 5 janvier 1999, OUEST FRANCE publiait un article de l’économiste rennais, Christian Bru, dans lequel on apprenait que : « le franc est né en 1360, pendant la guerre de Cent ans. Cette année-là, le roi franc Jean le Bon, prisonnier des Anglais, a dû sa libération au versement d’une rançon par ses sujets bourgeois. En contrepartie, ceux-ci ont obtenu la création d’une nouvelle monnaie (le franc-or ) et la garantie qu’il n’interviendrait plus sur sa valeur faciale. 1360, c’est l’année où la monnaie, autrefois fait du prince, est devenue monnaie du peuple ».

Le Pays de la Mée est concerné par la création de cette monnaie.

En effet, après la mort du duc de Bretagne, Jean III, en 1341, deux prétendants se disputent le Duché breton : Jean de Montfort, qui bénéficie de l’alliance anglaise, et Charles de Blois duc d’Anjou, pour le compte de son épouse Jeanne de Penthièvre nièce du duc défunt, soutenu par le Roi de France. Et c’est la guerre en Bretagne qui va se conjuguer avec celle de Cent ans.

Comme la plupart des grands seigneurs hauts-bretons, Bonabes de Derval-Rougé se trouve dans le camp de Charles de Blois et de l’alliance avec la France. Nommé Gouverneur du Pays de la Mée (vaste territoire ayant Guérande pour « capi-tale »), le seigneur de Derval devient chambellan et conseiller du roi de France Jean le Bon. Aussi, à la bataille de Maupertuis, près de Poitiers, (1356) est-il fait prisonnier par le Prince Noir, en même temps que Jean le Bon.

Edouard III, roi d’Angleterre, exigeait une énorme rançon pour la liberté du Roi des Francs mais les bourgeois de France, endettés, ne semblaient guère disposés à mettre la main à la bourse. Deux années s’étant écoulées, Jean le Bon choisit alors Bonabes de Derval-Rougé, comme messager, pour aller en France aplanir les difficultés qui s’opposaient à une conclusion de paix. L’affaire étant importante, Edouard III exigea, comme prix de sa liberté momentanée, et la garantie de son retour, que « Philippe, fils du Roi de France, ainsi que d’autres seigneurs de haut-rang se rendissent caution par corps et s’engageassent en outre à perdre honneur, biens, villes, châteaux et forteresses et à lui payer 12 000 écus dans le cas où le seigneur de Derval ne viendrait pas se reconstituer prisonnier en temps fixé » . Acte rédigé à Londres, le 7 juillet 1358, en présence du Roi de France, du cardinal de Rouen et de l’Archevêque de Sens. (Source : Preuves de Don Morice. Tome 1 . col . 1523 à 1526).

La mission de Bonabes de Derval accomplie, Jean le Bon, recouvrait sa liberté à la suite du traité de Bretigny (8 mai 1360), mais, désigné par le Roi d’Angleterre, Bonabes de Derval-Rougé fut du nombre des seigneurs que le Roi de France dut laisser comme otages pour sûreté de sa rançon.

De retour en France, Jean le Bon créait le Franc-or (déc. 1360). Cette monnaie se substituant à l’autre annulait les dettes des possédants.

Le traité de Guérande de 1365 attribuait le Duché breton à Jean de Montfort, tandis que Bonabes de Derval se voyait dépossédé de sa seigneurie de Derval-Rougé . Le Duc en fit don à son allié et ami, Robert Knolles, chef des Armées anglaises en Bretagne. C’était le prix à payer par le Seigneur de Derval qui avait choisi la « mauvaise » alliance Il mourut sans avoir pu récupérer son château et fut inhumé à l’abbaye de Melleray où ses pères avaient une fondation.

Julien Bretonnière
Association Pour la Sauvegarde
de la Tour Saint-Clair à Derval.


Ca rapporte !

Pour quel montant les Européens vont-ils conserver des pièces et des billets de leurs anciennes monnaies ? La réponse a une incidence sur le budget des Etats. En effet, les pièces et les billets qui ne seront

pas échangés contre des euros seront considérés comme appartenant à la puissance publique.

Car tous les billets des douze pays de la zone euro ne seront pas remplacés par des euros. Selon les experts « un nombre important de billets et de pièces vont être gardés en souvenir », et de nombreuses pièces resteront au fond des poches. Si les monnaies nationales pourront être échangées contre des euros pendant encore plusieurs années (dix ans en France pour les billets), les monnaies n’auront plus cours légal d’ici au 28 février 2002.

Selon une estimation du cabinet d’analystes EuroZone Advisors, composé d’économistes français, anglais ou allemands, le montant global de cette manne inespérée pour les douze pays devrait se situer entre 35 et 40 milliards d’euros, soit l’équivalent de près de 10 % de la masse monétaire en circulation, qui pourrait être reversé aux gouvernements européens par les banques centrales, sous la forme d’un dividende exceptionnel.

Profit exceptionnel

Finalement, la valeur des pièces et des billets manquant à l’appel constitue donc un profit exceptionnel, qui, loin d’être négligeable, pourrait faire les affaires des gouvernements européens, en période de basses eaux budgétaires. Dans le bilan des banques centrales, les billets et les pièces sont considérés comme une créance : si les particuliers ne la réclament pas, elle appartient à l’Etat. Au total, le projet de loi de finances de la France pour 2002 prévoit un gain de 240 millions d’euros pour les billets et de 533 millions d’euros pour les pièces.

La France, l’Italie et l’Espagne devraient être les premières bénéficiaires de ce non-retour des billets et pièces. L’Italie, compte tenu des dévaluations et du poids du crime organisé, devrait enregistrer l’un des taux les plus importants de non-retour